Free Fall : Renaissance – Chapitre 3 (Version Française)

Free Fall 2 : Renaissance – Chapitre 3

Voici le chapitre 3 de ma suite au film Free Fall / Freier Fall ! J’espère qu’il vous plaira ! Un évènement inattendu attend Marc et cela risque de bouleverser un peu sa vie quotidienne.

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Je sens des mains douces remonter le long de mes hanches, caresser mon dos, puis m’enlacer. Je me retourne et contemple les yeux couleur bleue des mers de chine de Kay. Il m’adresse ce sourire angélique qu’il sait si bien faire. Je lui souris à mon tour et approche mon visage du sien. Je l’embrasse passionnément. Ses mains se posent sur mes joues. Je les sers tellement fort, comme si je ne voulais jamais les quitter. Il dépose un doux baiser sur le lobe de mon oreille gauche. Je succombe à son appel. Je l’enlace, je le prends dans mes bras. La chaleur de son corps nu réchauffe le mien.

Il pose sa tête au creux de mes épaules. Je lui embrasse le front délicatement. Notre étreinte dure quelques minutes, mais j’ai l’impression d’avoir perdu la notion de temps. J’aimerais rester avec Kay dans cette sphère paisible pour l’éternité.

Soudain, Kay relève sa tête et me regarde de son air innocent mais pourtant si malicieux. Sa voix sucrée effleure mes oreilles :

– Tu n’as jamais pensé à te casser quelque part ? Recommencer à zéro ?

Je le regarde avec un léger doute.

– Mais c’est ce que j’ai fait non ?

– Alors pourquoi nous ne sommes pas ensemble Marc ? Où es-tu ? Viens me chercher. Ne me laisse plus seul, dans les ténèbres.

Je me réveille brusquement, recouvert de sueur. Je respire difficilement.

– Kay … ? Kay !!! crie-je en vérifiant les draps à côté de moi.

C’est seulement au bout de plusieurs secondes que je me rends compte que je sors d’un rêve. Tout ça avait l’air si réel. Pourquoi me suis-je réveillé ? J’aurais voulu rester là avec lui encore et encore. Je n’en peux plus et je craque. Des larmes commencent à inonder mes joues.

– Kay … je balbutie en pleurant.

Je vérifie à nouveau mon lit, dans un fol espoir que Kay ait bien été présent. Mais il n’y a rien ni personne. Juste le vide laissé par Kay.

– Merde ! je hurle en lançant un coussin à travers la pièce.

À partir de cet instant, il n’est clairement plus possible de me rendormir. Ce rêve si doux mais si dur hante mon esprit. Je jette un œil à mon réveil : il est 3h50. Comme je tourne en rond depuis dix minutes, je décide d’enfiler rapidement un pantalon de sport et un sweat. J’attrape une serviette et mon maillot de bain que je fourre dans un sac, puis je sors de mon appartement. Je traverse aussi discrètement que possible la cour, puis rejoints le grand bâtiment où est située la piscine de la caserne.

Il est normalement interdit d’y aller la nuit, mais à cette heure, je ne risque pas de me faire prendre. Je me déshabille, enfile mon maillot de bain, puis me plonge doucement dans l’eau tiède. Cela me fait un bien fou. Je sens mes muscles se décontracter, se détendre. Je prends une grande inspiration puis j’effectue quelques longueurs à la brasse. Enfin, je décide de simplement me mettre sur le dos, comme si j’étais allongé sur l’eau, puis me laisse porter par le courant. Mes oreilles sont dans l’eau et je n’entends plus rien hormis les bruits aquatiques. Quel calme. Je ferme mes yeux. Je repense à la fois où Kay et moi avions fait les fous dans la piscine. Juste après notre brimade par Werner Brandt. C’est vraiment là que nous avions commencé à nous lier d’amitié. Sacré Kay. Il était toujours prêt à enfreindre les règles. Il se fichait bien d’être attrapé ou de ce qu’on aurait pu lui dire. Il savait pimenter sa vie, être insouciant, ouvrir son cœur en grand. Mon exact opposé. Tout l’inverse de moi. Je crois que c’est pour ça qu’il m’a attiré dès le départ.

Je me fonds dans ces pensées paisibles et me laisse aller au fil de l’eau. J’ignore combien de temps je reste ainsi, mais au bout d’un moment je me décide à rentrer à l’appartement avant qu’on ne me prenne sur le fait accompli. Certains officiers arrivent assez tôt à la caserne. Je sors de l’eau, me sèche, me rhabille puis regagne l’appartement.

Jusqu’au petit matin, je lis un bouquin et je regarde la télé. Vers 9h15, je rejoins la caserne pour partir en mission. Aujourd’hui, nous couvrons de nouveau l’événement culturel de la veille. Tout se passe bien.

En fin d’après-midi, alors que nous nous apprêtons à rentrer à la caserne, nous recevons un appel urgent du poste central nous annonçant que des débordements ont lieu dans la banlieue chaude d’une ville voisine. Nous sommes tous réquisitionnés, ainsi que d’autres unités proches des lieux, afin d’intervenir rapidement.

– Merde, lance Matthias sur un ton ironique. Moi qui pensait rentrer tranquillement ce soir !

– La ferme, Pfeiffer, peste Werner Brandt. Contente-toi de suivre les ordres !

Je maudits intérieurement cette mission de dernière minute, car Bettina m’a donné rendez-vous ce soir, et j’ai laissé mon portable à la caserne. Impossible de la prévenir.

– Merde, je murmure en silence.

Sur place, c’est le chaos. Visiblement, un large groupe de casseurs a décidé d’en découdre avec la police. Il nous faut plusieurs heures avant de rétablir le calme. À un moment donné, perdu dans mes pensées, je ne fais pas attention à un jeune qui fonce sur moi avec une batte de baseball dans la main. Je reçois un coup à l’épaule droite. Je me retourne aussitôt et aperçois la batte se diriger en plein sur mon visage. Heureusement, Matthias arrive à temps et se jette sur le forcené, le bloquant au sol puis le menottant.

– Merci … je murmure à Matthias.

– Qu’est-ce qui t’arrive mec, ressaisis-toi, on est pas en balade là !

– Promis.

Quand la mission se termine enfin et que nous rentrons, il est près de 23h30. Je sors du camion anti-émeute en courant et retire mon équipement en toute hâte dans les vestiaires. Je ne prends pas de douche et fonce directement vers ma Golf.

J’arrive à la maison vers minuit. Je sonne à la porte mais personne ne répond. Pourtant je vois de la lumière à travers la vitre. J’ouvre machinalement la porte.

– Bettina ? je crie.

Aucune réponse. Quand j’arrive dans le salon, je découvre Max dans son landau. Celui-ci est déjà tout prêt, comme s’il était sur le point d’être emmené. Un sac d’affaires est posé juste à côté. Je jette un œil rapidement dans toutes les pièces, mais aucune trace de Bettina. Je reviens vers Max qui commence à s’agiter et le prend dans mes bras.

– Alors mon bébé. Chut. Là.

Je le berce quelques instants, l’embrasse, puis le replace dans son landau. C’est en le repositionnant que je découvre une enveloppe de la part de Bettina sur le canapé. Je l’attrape et y trouve une lettre :

– « Marc … Je ne peux plus continuer comme ça. J’ai essayé de résister autant que j’ai pu, de tenir bon, mais je suis arrivé au bout de mes limites. J’aime Max de tout mon cœur, mais avec notre rupture quelque chose s’est brisé. Max est notre fils. Je voulais que nous l’élevions ensemble. J’avais tellement de rêves. Et ils se sont tous effondrés. Je ne vais pas épiloguer longtemps … Je te confie la garde de Max. Je ne peux pas élever un enfant qui n’aura jamais son père à ses côtés. Je suis désolée, Marc. Ce n’est pas l’idée que je m’étais faite de la famille. Je ne supporte plus d’être seule avec lui. N’essaye pas de me faire changer d’avis. Ne m’attend pas. Je ne reviendrai pas avant plusieurs jours. J’espère que tu comprendras. Bettina. »

– Merde, je hurle en lançant sa lettre à travers la pièce.

Comment pouvait-elle me faire ça ? Je sens la colère m’envahir. Bien évidemment, je serais le plus heureux des pères si je pouvais avoir Max, mais je vis dans une caserne, dans un petit appartement. Est-ce un lieu vraiment approprié pour élever un enfant ? A-t-elle pensé à tout cela ?

J’entends Max qui se met à pleurer. Je le prends dans mes bras pour le réconforter et il se calme peu à peu. Des larmes commencent aussi à se répandre sur mes joues.

– T’inquiètes pas petit bonhomme, papa sera toujours là pour toi. Je ne te laisserai jamais tomber, je lui susurre à l’oreille.

J’attrape l’enveloppe de Bettina et y découvre une liasse de billets accompagnée d’un petit mot : «Marc, voici tout l’argent que tu m’as envoyé depuis notre rupture, et un peu plus. Je ne l’ai jamais utilisé. J’espère que ça t’aidera. Bettina. ». Elle croit vraiment que l’argent réglera tout ? Ça m’aidera, mais ça n’arrangera pas tout.

Je n’ai plus rien à faire ici. Je replace Max dans son landau. Je passe de pièce en pièce et ferme toutes les lumières ainsi que les volets. Quand je reviens vers Max, celui-ci s’est paisiblement endormi. J’emporte son landau ainsi que plusieurs boites de lait en poudre et des biberons. Enfin, je referme à clef à la maison et m’avance de quelques pas.

J’y jette un dernier coup d’œil puis je regarde Max et pour la première fois depuis longtemps, en l’observant, mon visage s’illumine. Je ne sais pas pourquoi, mais j’ai le sentiment qu’une nouvelle vie m’attend. Avancer, ne plus se retourner.

Musique du Chapitre

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4 réflexions au sujet de « Free Fall : Renaissance – Chapitre 3 (Version Française) »

  1. Anakinsky

    Je suis heureux de voir que quelqu’un ait été aussi touché par ce film…
    J’ai ressenti la même chose que toi lorsque j’ai vu cette fin : énorme frustration…
    J’ai donc lu avec plaisir ta mini série, qui du coup m’a quelques peu apaisé.
    C’est super cool d’avoir fait ça 🙂

    Par contre j’ai un peu de mal à voir Marc comme narrateur. Ce film est pratiquement un film sans mot, fait avec des regards, des touchés… alors voir les sentiments de chacun posé comme cela, c’est un peu bizarre pour moi.

    Peut être aussi que ton histoire part trop amour fleur bleu a mon goût, mais cela suffit pour effacer la frustration.
    Pour ma part, j’imagine simplement que KAY et MARC se retrouvent par hasard des années plus tard… Et après… Cela appartient à l’histoire…

    Quoiqu’il en soit c’est une excellente initiative
    Merci. Je suis content d’être tombé là dessus.

    Bonne suite d’écriture !

    Répondre
    1. milocorvinus Auteur de l’article

      Bonjour Anakinsky 🙂

      Merci d’avoir pris le temps de lire ma suite à Free Fall ! Et surtout merci pour ton commentaire. Je suis ravi que ça te plaise.

      Concernant Marc comme narrateur, cela peut être surprenant, mais comme l’a dit le réalisateur de Free Fall, Stepha Lacant, si on observe bien, tout le film est entièrement du point de vue de Marc. Il n’y a pas une seule scène où il n’est pas présent. On voit tout à travers ses yeux. Et on ne sait donc pas ce qui se passe quand les autres personnages ne sont pas avec lui. C’est la raison pour laquelle j’ai choisi ce point de vue narratif, afin de retranscrire la même mécanique que dans le film. J’aurais très bien pu faire un point de vue externe et quand bien même ne suivre que Marc, mais j’avais envie de me plonger un peu plus à travers lui, que les lecteurs puissent le découvrir plus intimement.

      Ce qui est bien avec Free Fall, c’est que chacun est libre de s’imaginer sa propre suite, et ton idée est tout aussi intéressante ^^

      En ce moment je suis en train de traduire le chapitre 3 en anglais, donc j’espère pouvoir faire le chapitre 4 bientôt !

      Au plaisir 🙂

      Répondre
  2. Alex

    I wish I could understand french… I’m going to start learning next semester at college, spanish is my first language by the way.
    Amazing fanfic! lovely!

    Répondre
    1. milocorvinus Auteur de l’article

      I’m very happy and thankful that people all around the world are coming here to read my fanfic ! Thank you so much for that ^^ I wish you good luck for learning french, I hope you will enjoy our language, and maybe visit France one day ? Don’t worry Chapter 3 is coming in English very soon so you’ll be able to read it 🙂

      Répondre

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