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Free Fall : Renaissance – Chapitre Bonus (Version Française)

Enfin le voici ! Comme promis, je vous présente le Chapitre Bonus de Free Fall : Renaissance, qui vient célébrer les deux ans de la première publication de ma fanfiction, en Mars 2014 🙂 Je vous ai fait attendre depuis que je vous l’ai annoncé, mais c’est parce qu’il fallait que je termine la traduction de la version anglaise 😉 J’espère que ça vous plaira, c’est un chapitre plus léger et coquin, loin des tourmentes précédentes ! N’hésitez pas à me dire ce que vous en pensez. Ce sera mon dernier écrit sur Free Fall, j’ai créé ce chapitre surtout pour faire plaisir à un ami. J’ai également enregistré une petite vidéo pour tous vous remercier de votre fidélité tout au long de ces deux années et pour vous expliquer la genèse de ce chapitre bonus. Je vous conseille de la regarder avant 😉 (je l’ai enregistrée en anglais par contre, pour qu’un maximum de gens puissent la comprendre. J’essaierai d’ajouter des sous-titres en français si j’en ai le courage xD). Bonne lecture !


Free Fall : Renaissance – Chapitre Bonus

L’odeur du café me réveille. Mes yeux s’ouvrent doucement. Je regarde par la fenêtre. Il fait toujours noir dehors mais le soleil commence à pointer le bout de son nez. Je jette un œil sur ma droite et découvre Kay avec une tasse de café dans la main.

– Salut toi, me lance-t-il.

– Salut chéri.

Plusieurs mois se sont écoulés depuis que Kay et moi nous sommes retrouvés. Je jongle entre ma vie de CRS, ma vie avec Max et ma vie avec Kay, ce qui devient vraiment difficile et épuisant, sans compter l’appartement de la caserne qui commence à devenir trop petit pour nous deux.

Kay s’assoit à mes côtés. Je le regarde droit dans les yeux. Il est si magnifique. J’ai vécu à travers l’obscurité et l’enfer pendant des mois après avoir foiré avec Bettina. Et maintenant, je peux juste savourer l’instant présent et apprécier le visage de Kay, sans peur de le perdre à nouveau. Et je dois dire que j’aime ça.

– Approche, je chuchote.

Sans prononcer aucun autre mot, je l’embrasse, dévorant ses lèvres et goûtant sa langue. Mes mains caressent délicatement son dos. Nous restons ainsi plusieurs bonnes minutes à nous étreindre. Je souhaite aller un peu plus loin qu’une simple étreinte, et je commence à glisser ma main sur son ventre en dessous de son t-shirt. Mais je le sens soudain qui m’empoigne pour retirer ma main.

– Non, pas tout de suite mon amour, me susurre Kay à l’oreille.

– Pourquoi ça ? dis-je en faisant la moue. J’ai envie de toi !

– J’ai une meilleure idée. Aujourd’hui et demain, tu es en repos n’est-ce pas ?

– Oui, en effet, je réponds. Pourquoi ?

Il se rapproche un peu plus de moi, et je sens son entrejambe se coller contre moi, ce qui me provoque une montée de plaisir.

– Figure-toi que l’autre jour, quand je suis allé courir à plusieurs dizaines de kilomètres d’ici, dans les collines, j’ai découvert un endroit vraiment très charmant, m’explique-t-il. J’aimerais t’y emmener et passer la nuit avec toi là-bas. D’autant plus que le temps devrait se réchauffer avec du soleil dans l’après-midi.

– Tu veux dire, camper ?

– Absolument, me répond-t-il avec un large sourire.

– Je ne suis pas contre, mais tu oublies Max …

En temps normal, c’est Kay qui garde Max quand je ne suis pas là, car il n’a pas encore repris le boulot.

– J’ai déjà tout prévu, me dit Kay d’un ton rassurant. J’ai appelé Lena et elle accepte de garder Max durant notre escapade. Je n’ai qu’à la rappeler pour lui confirmer notre sortie.

– Alors, c’est d’accord, dis-je.

– Parfait ! s’exclame-t-il en venant déposer un baiser sur ma joue. Nous partirons en début d’après-midi.

Aussitôt dit, aussitôt fait. Kay prévient Lena, et de mon côté je vais me laver et réunir quelques affaires pour cette mystérieuse sortie. Kay se charge quant à lui de préparer un grand sac où il réunit des affaires de camping et des provisions.

Au moment de partir, Lena arrive, et nous la laissons avec Max pour prendre la voiture. Lorsque nous posons nos sacs dans le coffre, j’y découvre une tente dépliable prête à l’emploi dans son étui que je ne n’avais jamais vue auparavant. Kay avait visiblement prévu son coup depuis quelques temps. Il s’installe au volant.

Nous roulons pendant environ une heure, quittant la ville et nous enfonçant un peu plus dans la campagne, jusqu’à arriver dans une région forestière et vallonnée au Nord. Nous nous garons sur un parking où débute un sentier menant dans les bois. Nous sortons, prenons nos sacs dans le coffre et laissons la voiture derrière nous pour emprunter le chemin de marche.

Au bout de quelques instants, j’observe Kay commencer à faire de petites foulées. Voyant que je ne le suis pas, il se retourne vers moi en continuant à sautiller en sens inverse.

– Alors fainéant, tu ne me suis pas ? Tu as oublié comment courir, comme au bon vieux temps ? Pussy !

Il me fait rire, et je repense effectivement à ce sport qui nous a immédiatement rapprochés tous les deux à l’époque où nous nous étions rencontrés. Si nous n’avions pas courus ensemble, notre histoire n’aurait probablement jamais vu le jour.

Je m’échauffe brièvement puis commence à le suivre en exécutant quelques foulées rapides, jusqu’à courir à la même cadence que lui. Cela fait quelques temps que je ne cours plus aussi souvent qu’avant, et au début j’ai du mal à me coller à son rythme, même si après quelques minutes, mes forces passées me reviennent.

Au bout d’un moment, nous arrêtons de courir, et nous marchons simplement pour profiter du temps passé ensemble. Nous déambulons ainsi à travers la forêt pendant au moins plusieurs bonnes heures, sous un soleil de plomb, faisant une pause toutes les demi-heures afin de nous réhydrater. Heureusement, les arbres nous fournissent une ombre plus que bienvenue. Progressivement, les choses se compliquent, car le terrain monte en hauteur et nous escaladons une grande colline escarpée.

En début de soirée, nous atteignons enfin le sommet boisé de cette haute colline. Après quelques pas, nous débouchons sur une clairière. Je suis alors émerveillé par la vue que je découvre. Devant nous se dresse un petit lac, et par derrière, en contrebas, on peut apercevoir l’infinité du paysage et des plaines depuis notre point de vue haut perché. Aucune ville à l’horizon, juste la nature sauvage. Je respire l’air qui commence à rafraichir à plein poumon et j’admire cette vue stupéfiante pendant de longues secondes.

– Alors, qu’est-ce que tu en dis ? me demande Kay qui se place derrière moi et enroule ses bras autour de mon ventre.

– Kay, c’est juste … magnifique. Tu as eu raison de me convaincre de venir ici.

Je me retourne vers lui pour l’embrasser. Puis nous commençons à installer la tente. Pendant que Kay finit de planter les piquets, je m’affaire à ramasser du bois pour faire un feu. Par chance, personne d’autre ne fait son apparition. Il semble nous aurons cette clairière rien que pour nous, et je m’en réjouis d’avance.

Le temps que tout soit enfin en place, la nuit a commencé à tomber, et la lueur des étoiles se met à scintiller dans le ciel sans nuages. Le disque rond de la lune fait également son apparition. Je ne pensais pas que la lune serait pleine ce soir.

Alors que je suis en train de mettre ma main dans l’eau du lac pour en apprécier le fraîcheur, je sens soudain Kay m’attraper brusquement par derrière pour me relever. Il a retiré son haut, et je sens mes hormones faire des cabrioles à la vue de son torse nue. Sans crier gare, il m’embrasse fougueusement. Surpris, je réponds tout de même à son invitation. Je me délecte de notre baiser. J’ai la sensation de me retrouver pris dans un tourbillon inextricable.

– Ça te dit d’aller te baigner ? me demande Kay.

– Tu rigoles ? Elle doit être fraîche !

Sans me prévenir, il me pousse à l’eau. Je ressens aussitôt la fraîcheur du liquide raffermir ma peau et mes muscles. Mes habits sont complètement trempés.

– Tu vas me le payer ! je lui hurle.

– Ah ouais ? me répond-t-il sur un air de défis.

À mon tour, je me jette sur ses jambes et je l’attire dans l’eau sans ménagement. Il m’éclabousse le visage et je réplique aussitôt. Nous jouons comme des gamins pendant cinq bonnes minutes, jusqu’à ce que Kay se rapproche silencieusement de moi. Cette fois, je prends les devants, et je l’embrasse tendrement. Je sens tout à coup ses mains ôter mon t-shirt mouillé. Je défaits son pantalon, et quelques gestes plus tard, nous nous retrouvons chacun entièrement nus. J’espère que personne ne va soudainement arriver dans la clairière, mais je dois avouer que cela pimente mon excitation grandissante.

Je sens le membre durcissant de Kay contre le mien, et il ne m’en faut pas plus pour l’attirer encore plus près de moi. J’embrasse ses joues, son cou, puis je mordille son oreille. Il semble ne plus répondre de rien. En retour, il embrasse chaque parcelle de mon visage et de mon cou, et rien n’est laissé au hasard dans ses gestes. Il agrippe mon membre dans un va-et-vient qui me laisse au bord de l’extase pendant plusieurs secondes avant de revenir sur mes lèvres.

Il est difficile de décrire à quel point je suis heureux d’être là avec Kay, et de profiter de ce pur instant de bonheur à ses côtés. Rien que nous deux. Uniquement éclairés par les rayons de la pleine lune, avec cette vue plongeante magnifique depuis la colline sur les plaines alentours en contrebas. Notre étreinte dure encore plusieurs minutes, jusqu’à ce que nous décidions de sortir du lac pour rejoindre la tente où nous serons plus au chaud.

Aussitôt que nous sommes à l’air libre, nus comme des vers, nous nous retrouvons frigorifiés. Nous courons vers la tente, et je sors deux serviettes. Je recouvre Kay avec l’une d’entre elle.

– Je vais allumer le feu, me dit-il.

Je pose un grand plaid à terre, et je l’observe en train de s’exécuter. Il tellement sexy, avec ses cheveux mouillés. Lorsque les premières flammes commencent à lécher les brindilles puis les morceaux de bois, il vient s’asseoir à côté de moi.

– Tu sais, je commence, pendant que je ramassais du bois tout à l’heure, je me disais que ça serait bien qu’on puisse s’enfuir …

– Qu’est-ce que tu entends par s’enfuir ? me demande-t-il en m’enlaçant et en attirant ma tête vers son torse.

– Souviens-toi, une fois, lorsque nous discutions sur ton balcon, quand notre affaire était encore secrète, tu m’as proposé qu’on s’enfuisse ensemble. La caserne, c’est devenu bien trop petit pour nous trois. Ce n’est plus possible. J’aimerais bien qu’on déménage. Qu’est-ce que tu en dis ?

– J’en dis que c’est une très bonne idée. Tu sais que j’ai toujours mon appartement à Düsseldorf.

Il dépose un baiser dans le creux de mon coup.

– Düsseldorf ? Ça fait loin.

– À toi de voir.

Mais avant que j’ai pu répondre, il me laisse tomber sur le plaid et vient se positionner au dessus de moi. Nous nous fixons dans les yeux pendant quelques instants, puis j’approche mon visage du sien, j’embrasse délicatement ses lèvres puis son torse. Je le sens aussi embrasser mes cheveux, mordiller mon oreille. Ses mains glissent sur mon ventre puis viennent empoigner mon sexe. Je me laisse faire, impuissant. Des sensations exquises s’emparent de tout mon corps. Puis Kay me retourne sur le côté et vient se placer derrière mois. Je n’ai plus aucun contrôle, Kay dirige chacun de mes mouvements, chacun de mes gestes, et même chacune de mes émotions. Je me livre entièrement à lui.

Je le sens me pénétrer, et des ondes de plaisir intenses s’entrechoquent partout en moi. J’agrippe sa main que je colle contre mon torse tandis que son bassin va et vient. La chaleur du feu grandissant vient réchauffer nos peaux dénudées. Son corps contre mon corps. Son âme liée la mienne. Nous deux. Rien que nous deux. Deux âmes auparavant égarées, qui se sont trouvées, ont été séparées, et qui sont désormais réunies pour de bon. Le souffle de Kay se fait de plus en plus vif et profond tandis qu’une file pellicule de sueur fait son apparition sur nos chairs en extase. Nos mouvements sont parfaitement rythmés et nos gestes synchronisés, comme si nous ne faisions plus qu’un.

Puis soudain la main de Kay vient empoigner mon membre d’un geste vigoureux. Mon corps ne peut plus se retenir, et je ressens le plaisir monter rapidement en moi. Après une escalade de sensations indescriptibles, je tourne ma tête vers Kay pour l’embrasser, et nous atteignons tous les deux un orgasme ardent au même moment.

Nous laissons tomber nos corps inertes et épuisés sur le plaid, et Kay vient se lover dans mes bras.

– C’était … génial, je lui glisse à l’oreille en prenant soin de déposer un baiser sur son front.

– Et comment !

Nous restons là, étendus tous les deux, sans dire un mot pendant ce qui me semble être une heure. Cela me laisse le temps de réfléchir à la proposition de Kay, suite à notre conversation un peu plus tôt. Au bout d’un moment, je décide de prendre la parole. Je pose ma main sur sa tête et carasse ses cheveux dorés et soyeux.

– Kay, j’ai bien réfléchi à notre conversation de tout à l’heure. Je … je crois que tu as raison. J’accepte ta proposition. Partir à Düsseldorf me semble être une bonne idée.

Kay se relève légèrement et me fixe pendant plusieurs secondes.

– Marc, c’est super. On peut partir quand tu veux ! Mais pour ton job ?

– Je peux demander un transfert. Je ne pense pas que Werner Brandt y verra d’inconvénient. Il sait dans quelle situation je me trouve.

– J’espère que tu as raison, me dit-il.

Je me dis que cette décision de partir ne pourra qu’être bénéfique pour nous tous. Non seulement elle nous permettra de tirer un trait sur tous les évènements néfastes qui se sont produits, mais aussi d’avoir plus d’espace et de prendre un nouveau départ.

Finalement, comme la nuit n’est pas trop froide, nous décidons de dormir à la belle étoile près du feu ardent. Nous sortons le matelas gonflable et les draps de la tente, que nous installons sur le plaid.

Nous nous glissons sous les draps, et Kay vient de nouveau se lover contre mon torse. Nous observons l’infinité des étoiles dans le ciel.

– Tu sais quel est mon rêve ces derniers temps ? me questionne Kay d’un ton songeur.

– Non. Dis-le-moi mon amour.

– Un jour, j’aimerais qu’on parte vivre à l’étranger tous les deux, quitter l’Allemagne, et pourquoi pas fonder une famille ensemble, avoir un enfant issu de notre amour à tous les deux …

Au début, je ne sais pas trop quoi dire, mais j’aime tellement Kay et il m’apporte tellement d’espoir que je serais prêt à le suivre n’importe où désormais.

– Kay, je te promets qu’un jour, on réalisera ce rêve.

Nous finissons par nous endormir sous la lueur de la pleine lune, bercés par le cliquetis des vagues du lac, nos deux corps l’un contre l’autre, profitant de l’instant présent comme deux âmes réunies et liées pour l’éternité.


Musique du Chapitre 1 (Scène dans le Lac)

Musique Finale de Free Fall : Renaissance


P.S. : Cette musique finale est un clin d’oeil à un Max Riemelt. Il s’agit de la musique finale de l’excellente série Sense8 où il interprète le personnage de Wolfgang.

Free Fall : Renaissance – Épilogue (Version Française)

Épilogue

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Cinq ans plus tard

La journée est magnifique, ensoleillée. Cela fait maintenant un an que Kay et moi nous sommes installés en France, non loin de la frontière allemande. Notre vie est tranquille, paisible.

Nous sommes assis dans l’herbe, Kay allongé contre moi, sa tête reposant sur mon épaule. Mes bras enlacent tendrement son torse. Nous regardons au loin Max s’amuser dans notre grand jardin. Il est accompagné de sa petite sœur, Malia, âgée de deux ans, dont Kay est le père biologique. Elle tournicote joyeusement autour de Max. Matthias, Steffi, Lukas et Lena, qui sont restés des amis proches, nous ont rejoint pour le weekend. Ils sirotent un soda sur la terrasse.

Beaucoup de choses ont changé ces cinq dernières années. J’ai quitté mon job pour quelque chose de plus calme, et Kay et moi nous sommes mariés civilement. Nous avons décidé d’avoir un enfant ensemble grâce à une mère porteuse afin de fonder une véritable famille.

Bettina et moi sommes restés en bon terme. Elle a refait sa vie avec un autre homme et de leur union est né un second garçon. Même si elle m’a officiellement laissé la garde de Max, elle tient toujours beaucoup à lui et le prend sous son aile durant les vacances et certains weekends.

Je repense souvent à ma rencontre avec Kay, qui a drastiquement bouleversée ma vie entière, dont je pensais à l’époque le chemin tout tracé : mon boulot, Bettina, un enfant. Mais parfois la vie nous réserve des surprises inattendues, à l’image de Kay. Un ange qui arrive et qui vous emporte, pour le meilleur comme pour le pire. Mais le pire étant derrière nous depuis longtemps, nous profitons à présent du meilleur.

Je caresse les cheveux dorés de Kay. Il tourne sa tête vers moi, me sourit et m’embrasse chaleureusement. Je me réjouis de pouvoir contempler à loisir ses beaux yeux bleus et son sourire rebelle. Ceux qui m’ont fait craquer pour lui au premier regard. Ceux qui m’ont fait tomber amoureux. L’amour a alors pris une toute autre dimension pour moi.

Oui, s’il y a une chose que j’ai apprise et que j’ai retenue grâce à Kay, c’est que l’amour est bien plus fort que toutes les dénominations qu’on veut bien lui donner.

Musique Finale

À nouveau un grand merci à tous d’avoir suivi Free Fall : Renaissance 🙂 Cet épilogue est un petit complément bonus qui permet de s’imaginer ce que deviennent Marc et Kay et ce qu’il se passe pour eux dans une vie « normale », sans tous les tracas qu’ils ont traversés.

Afin de célébrer la fin de la publication de Free Fall : Renaissance, j’aimerais organiser quelque chose. J’ai vu que certains d’entre vous me posaient souvent des questions au sujet des personnages, de l’histoire, de l’écriture, etc. Ainsi, je vous invite pour ceux qui sont intéressés à poser vos questions dans les commentaires de l’article. Je prévois ensuite de faire une vidéo où je sélectionnerai les meilleures questions afin de vous répondre directement et qu’on puisse échanger sur Free Fall 🙂 Vous pouvez me demander ce que vous voulez, que ça concerne le film en lui-même, ma fiction ou des questions plus personnelles. C’est à vous !

Free Fall : Renaissance – Chapitre 10 – Chapitre Final (Version Française)

Voilà, l’aventure Free Fall : Renaissance touche à sa fin. Une formidable aventure débutée le 11 Mars 2014, il y a presque un an, date à laquelle j’ai officiellement publié le premier chapitre de ma fiction faisant directement suite au film. Vous êtes très nombreux à avoir attendu la conclusion de cette histoire, moi le premier. Je sais que ça a été très long, car j’ai parfois manqué de temps, et aussi de motivation pour écrire, donc je tiens sincèrement à remercier tous ceux qui ont continué à suivre la publication des chapitres et qui m’ont envoyés de nombreux messages de soutien. Je ne pensais vraiment pas que cette fiction sans prétention obtiendrait un tel succès. Comme je vous l’ai déjà annoncé précédemment, je songe à l’idée de proposer la fiction sous forme d’ebook / livre électronique. Je vous tiendrai informé de l’évolution de la chose, car j’aurai plus de temps à consacrer à cette question maintenant que Free Fall : Renaissance est terminé. Encore un grand merci à tous et bonne lecture !! P.S. : restez connectés Samedi prochain, une dernière petite surprise vous attend.

Final Chapter Banner

Chapitre 10 – Chapitre Final

Cela ne fait que deux jours que j’ai laissé Kay à Düsseldorf, pour autant je n’ai envie que d’une seule chose : le revoir. Si cela ne tenait qu’à moi, je prendrais ma Golf et je le rejoindrais à nouveau pour ne plus le quitter. Malheureusement, même si je beigne dans un bonheur infini car je l’ai enfin retrouvé, je ne peux pas oublier ma vie ici, mon travail et surtout Max.

Au travail, on me complimente, car les gens doivent voir que mon silence et ma tristesse des mois passés se sont mués en une joie et un bonheur que rien ne pourrait arrêter. Tel un adolescent vivant ses premiers amours, je suis sans cesse rivé sur mon portable, en quête du moindre texto de Kay. C’est notre seul moyen pour échanger en plus de nos appels en attendant de pouvoir nous revoir.

– Dis donc, tu es tout le temps fourré sur ton téléphone, me charrie Matthias alors que nous sommes assis dans un fourgon en partance pour une mission. N’oublie pas ton job. Cette manifestation en centre-ville risque bien de dégénérer, ce n’est pas le moment de se déconcentrer.

– Tu as raison, mais je suis tellement excité depuis que j’ai retrouvé Kay, tu n’imagines pas à quel point.

– J’en suis le premier ravi, me dit Matthias, mais il ne faudrait pas que tu te fasses chopper par Brandt. Surtout que tu as été absent de nombreuses fois ces derniers temps. Tu es sur la corde raide.

La manifestation se déroule finalement dans le calme et nous patrouillons le restant de la journée afin d’assurer la sécurité des civils.

Lorsque je rentre au soir, je découvre avec stupéfaction Bettina dans le salon, en train de bercer Max. Lena n’est plus là.

– Je lui ai demandé de partir, annonce calmement Bettina, comme si de rien n’était.

– Tu es revenue du Brésil ?

– Oui, hier.

– Pourquoi tu es là ?

Bettina se lève et se rapproche de moi.

– Écoute Marc. J’aimerais essayer de recoller un peu les morceaux. Je sais que rien ne sera plus comme avant, mais pendant que j’étais au Brésil, je me suis aperçue que j’avais aussi ma part de responsabilité dans toute cette histoire. Je n’ai pas essayé de comprendre ce que tu traversais, car j’étais submergé par la colère et la rage.

Je suis surpris de ce discours.

– Il faut penser au bien-être de notre fils, poursuit-elle.

– Je suis d’accord avec toi sur ce point, et tu le sais déjà.

– On ne sera plus jamais ensemble, mais au moins, on peut essayer de faire en sorte d’entourer Max du mieux que nous pouvons. Je me suis rendue compte que j’ai commis quelque chose d’horrible en le laissant.

– Pourquoi tu es partie ? je demande.

– Je pense que j’ai fait un rejet total suite à cette situation. J’ai fait comme si je pouvais tout oublier, mais c’est impossible. Max est tout autant ton fils qu’il est le mien, donc je me suis dit que tu étais aussi en droit de l’élever. Et de ce que j’ai pu en discuter avec cette Lena, tu as été un père parfait.

Un moment de silence s’en suit.

– J’ai envie de discuter avec toi, de comprendre, finit-elle par dire.

Pour la première fois depuis plusieurs mois, je sens enfin que Bettina est prête à m’écouter, même si je lui en veux énormément d’avoir abandonné Max. Bien sûr, je suis aussi fautif en premier lieu de l’avoir trompée. Nous nous asseyons sur le sofa, et pendant plusieurs heures, je lui raconte de long en large tout mon ressenti, mais également tout ce qui s’est passé depuis son absence, notamment ma recherche de Kay et nos retrouvailles.

– Je ne vais pas dire que je suis heureuse, lance-t-elle, car c’est quand même l’homme qui a brisé notre couple, mais si ça te permet d’avancer et de te sentir mieux, alors je suis au moins contente pour toi.

– Merci Bettina.

Comme elle n’a pas vu Max depuis longtemps, je lui propose de lui confier quelques jours, ce qu’elle accepte avec plaisir. Car, comme elle l’a dit, Max a autant besoin de moi qu’il a besoin d’elle. Cet enfant est issu de notre union, et rien ne pourra changer ça, quelle que soit la situation actuelle.

Étant donné que Max est désormais entre les mains de Bettina, je me concentre le reste de la semaine sur mon travail pour repartir sur de bonnes bases. Je passe chaque soir dans notre ancienne maison afin de rendre visite à Bettina et voir Max. Notre relation, quoique toujours tendue, s’améliore considérablement. J’ai enfin le sentiment que ma vie reprend peu à peu une allure normale, ce que j’aurais cru impossible il y a encore quatre mois. Je suis satisfait d’avoir tenu bon.

Vendredi soir, j’appelle Kay.

– Bonsoir, mon amour.

– Salut toi. Tu viens toujours demain, rassure-moi ?

– Bien entendu !

J’en profite pour lui raconter le retour de Bettina.

– Tu ne peux pas savoir à quel point je suis impatient de te prendre dans mes bras, m’annonce-t-il. Cette semaine sans toi a été la plus longue de ma vie.

– Par contre, j’ai une mauvaise nouvelle. Je ne pourrai arriver qu’en plein milieu de la nuit, je suis désolé. Brandt nous a collé une foutue mission, et je ne peux pas me défiler. La bonne nouvelle, c’est qu’on a notre lundi, donc je pourrai quand même rester deux jours.

Le lendemain soir, je prends le train de nuit pour Düsseldorf. Je suis si pressé que je ne prends pas le temps de me changer. Je pars avec mon uniforme, mon arme de service et ma petite valise déjà préparée. Le train débarque en gare vers 4h30 du matin. Je me dirige aussitôt à pied vers l’appartement de Kay. Lorsque j’arrive devant l’immeuble et que je sonne en bas, aucune réponse. Cela m’inquiète et je suis bloqué. J’appelle sur le portable de Kay mais pas de réponse. Il doit dormir, me dis-je.

Fort heureusement, un groupe de jeunes fêtards légèrement ivres, probablement tout juste sortis de boîte, rentre dans l’immeuble. J’en profite pour m’engouffrer derrière eux. Quand j’arrive devant la porte de l’appartement Kay, je constate avec surprise qu’elle est entrouverte et la serrure défoncée, comme si quelqu’un avait donné un grand coup de pied pour l’ouvrir de force. Je me rue aussitôt à l’intérieur. L’appartement est sans dessus dessous. Il y a eu une lutte ici, c’est indéniable. La peur et l’angoisse m’envahissent aussitôt. Que s’est-il passé ? Où est Kay ? Puis soudain, je repense à ce qu’il m’a expliqué la semaine dernière : Gregor Limpinski l’avait poursuivi pendant plusieurs jours en le harcelant après son départ de l’unité. Ça ne peut être que lui. Je hurle de rage.

Je retrouve à peine Kay qu’on me le reprend aussitôt. J’essaye tant bien que mal de garder mon calme et commence à fouiller l’appartement à la recherche d’indices. Je ne mets pas longtemps à trouver une feuille de papier posée en évidence sur le lit de Kay. Un mot est inscrit dessus avec une écriture brouillonne : Rendez-vous à la Rheinturm. Si tu appelles les flics, je butte Kay. Il s’agit de la grande tour qui sert d’émetteur d’ondes pour la télévision et la radio dans la région de Düsseldorf.

Aucune indication de nom, mais je suis maintenant quasiment certain qu’il s’agit de Limpinski. Le salopard ! Je m’effondre au sol, impuissant. J’hésite un instant à appeler la police, mais je sais pour avoir travaillé avec lui que Gregor n’est pas du genre à plaisanter et qu’il est mentalement instable. Je vais devoir me débrouiller seul. Je me relève. Finalement, je me réjouis d’avoir emporté mon arme de service avec moi, car je ne sais pas ce qui m’attendra là-haut. Tout ce que j’espère, c’est que Kay est sain et sauf et que cet enfoiré ne l’a pas touché. Je ne préfère pas penser qu’il ait pu lui arriver autre chose. Je me demande surtout comment Gregor a réussi à se rendre en haut de la tour avec Kay sans être repéré. Mais s’il a réussi, c’est qu’il doit échafauder son plan depuis longtemps. Il était même au courant que je venais aujourd’hui. C’est logique, je pense. Il espère faire d’une pierre deux coups. Kay croyait être en sécurité, mais Gregor, d’une manière ou d’une autre, l’a retrouvé. Il est prêt à tout pour assouvir sa vengeance.

– Espèce d’enfoiré, je souffle.

Je vérifie mon arme de service, d’un calibre 9mm, et la planque minutieusement derrière mon pantalon. J’ôte ma veste d’uniforme et pique un sweatshirt de Kay que je trouve dans un placard et l’enfile. Je passe le sweatshirt par dessus mon pantalon afin de dissimuler mon arme. Sans attendre, je prends immédiatement la route vers la Rheinturm, en me faisant aussi discret que possible. J’enfile la capuche du sweat sur ma tête. Le temps d’arriver à la Rheinturm, il est à peu près 5h30. Un panneau indique que des travaux de rénovation ont lieu en haut de la tour pour plusieurs jours et que toute activité y est momentanément interrompue. Limpinski a vraiment bien choisi son moment.

Je trouve une porte d’accès à l’arrière de la tour. La serrure de sécurité est explosée. C’est probablement par là qu’a dû passer Gregor. Je me faufile sans un bruit, retire ma capuche et monte quatre à quatre les marches de l’escalier de secours, évitant l’ascenseur pour ne pas être repéré. Je suis épuisé en arrivant en haut, et m’arrête quelques secondes afin de reprendre mon souffle. J’ai peur qu’il soit trop tard. Que Kay soit mort. J’essaye de chasser cette pensée funeste de ma tête et pénètre dans la salle du restaurant panoramique de la Rheinturm, mais il n’y a aucun bruit. L’endroit est plongé dans la pénombre, uniquement éclairé par les lumières de la ville. Pas de signe de vie ici. J’inspecte les étages supérieurs du haut de la tour mais ne trouve rien ni personne non plus. J’en conclus donc que Gregor et Kay se trouvent au dernier niveau relié aux antennes.

J’ouvre délicatement la porte, une main derrière le dos, prêt à saisir mon arme. La pièce, plus étroite que les étages inférieurs, est composée de tours informatiques et remplies de disques durs. Seules les lueurs de la ville viennent éclairer l’endroit en plus des diodes vertes, rouges et bleues des ordinateurs. Je m’engage prudemment dans ce dédale de serveurs semblable à un labyrinthe. Aucun bruit. Et soudain j’entends sa voix grave dans mon dos.

– Alors espèce de sale tapette, tu as osé ramener tes couilles ici, félicitations.

Mes doutes sont confirmés. Je me retourne doucement et découvre avec effroi Gregor Limpinski, un pistolet à la main, directement braqué sur moi. Kay se trouve juste à côté de lui, agenouillé, un sac en tissu noir sur la tête et les mains liées derrière le dos. Il porte un t-shirt blanc tâché de sang.

– Qu’est-ce que tu lui as fait espèce de gros porc ? j’enrage.

Limpinski me lance un regard furieux puis affiche un sourire malsain.

– Tu es venu retrouver ton amant maudit ? C’est bien, vous allez pouvoir vous dire adieu.

Gregor ôte le sac et j’aperçois alors le visage tuméfié de Kay. Sa bouche est bâillonnée, de sorte qu’il ne peut pas parler ou appeler à l’aide. Je suis horrifié de le voir ainsi. Bien plus encore que lorsque je l’ai retrouvé dans ce bar, à moitié mort. Je sens une lumière d’espoir dans ses yeux humides lorsqu’il se rend compte de ma présence. La colère monte aussitôt en moi et j’avance vers Gregor, prêt à en découdre.

– Tssss, arrête-toi, mauvaise idée, maugrée-t-il.

Il braque son flingue sur la tempe de Kay. Je fais aussitôt halte.

– Ne fais pas ça, je t’en supplie, je hurle de désespoir.

Il agite son arme près du visage de Kay. Je vois son corps trembler et une larme couler le long de sa joue.

– Toi et ton copain avez foutu ma carrière en l’air, tu le sais ça ? J’allais être promu. Vous avez tout gâché. Si cette tafiole d’Angel ne s’était pas ramené dans l’unité, rien de tout ça ne serait arrivé.

Je lève les mains délicatement en signe de soumission et m’avance prudemment.

– Il n’est pas trop tard Gregor, tu peux encore te réengager, dis-je en essayant de tempérer la situation. On ne dira rien, je te le promets.

– Tu rigoles j’espère ? Tu crois sérieusement qu’une quelconque unité voudrait de moi ? J’ai été rayé de la liste. N’essaye pas de faire diversion.

– Pourquoi tu fais ça ? Crois-tu vraiment que ça en vaille la peine ?

– Je n’ai plus rien à perdre. Même ma putain de femme m’a quitté. J’ai cogné cette salope. Tout ce qu’il me reste, c’est la vengeance. Je vais vous abattre tous les deux.

Une peur irascible me prend soudain. Perdre Kay, perdre la vie. Hors de question.

– Tu seras pourchassé, traqué, si tu fais ça, je menace afin de le déstabiliser.

– Aucun risque, j’ai tout prévu. Je maquillerai la scène du crime. J’imagine déjà les gros titres : Deux amants maudits se déchirent. Pris de folie, il tue son compagnon et se suicide.

– Tu nages dans un délire total. Tu seras démasqué.

– Trêve de bavardage, il est temps de vous dire adieu. Un dernier mot pour Marc, Kay ?

Gregor lui retire son bâillon. Kay prend une grande inspiration. Je vois de nombreuses larmes commencer à couler sur son visage. Kay prend la parole en ne prêtant même pas attention à Gregor, l’ignorant :

– Marc, je t’aime tellement, prononce-t-il avec difficulté, sans doute pétrifié par la peur et la douleur. Ne tente rien d’impossible pour moi, ok ? Le plus important, c’est qu’on ait pu se retrouver, poursuit-il. Si j’avais dû mourir avant, seul, sans toi, je serais parti malheureux.

Kay fait une pause et toussote.

– Mais je peux mourir en paix sachant que nous sommes à nouveau ensemble. J’aurais dû anticiper que cette sous-merde me retrouverait, finit-il par dire en regardant Gregor d’un regard méprisant en affichant un sourire insolant.

Limpinski lui donne un coup dans le dos, probablement agacé par cette dernière phrase.

– Pathétique, crache Gregor. Je le butte d’abord, après c’est ton tour Borgmann.

Gregor enlève le cran de sûreté.

– Arrête, salopard ! je grogne.

– Ton visage est la dernière chose que j’emporte, me dit Kay avec un sourire.

Je vois le doigt de Limpinski se rapprocher de la détente, impuissant.

– Non ! je crie en extirpant mon arme aussi rapidement que possible, profitant de ce moment crucial d’inattention de Gregor. Je tire une balle dans sa direction. Manque de chance et à cause de la panique, la balle rate sa cible et s’encastre dans un mur.

– Fils de pute, hurle Gregor, en pointant son arme sur moi.

J’ai tout juste le temps de me jeter sur le côté quand il tire. Je perds mon pistolet au passage. La balle percute une vitre de la tour qui vole en éclat. Je me relève aussitôt et ne lui laisse pas le temps d’agir, fonçant droit sur lui. Je le culbute de toutes mes forces, l’emportant vers un mur où son dos se cogne avec violence. Son revolver vole à travers la pièce et s’écrase au sol.

Il m’attrape par les épaules et m’envoie valser sur le côté. Il est beaucoup plus fort que moi. Tandis que je me relève, je me rends compte qu’il se dirige vers son arme. Je ne lui laisse pas l’opportunité d’atteindre son but et me jette sur lui à nouveau. Je lui décoche un coup de poing en pleine figure. Son nez se met à saigner. Il grogne tel un animal et me rend coup pour coup. J’essaye tant bien que mal de parer ses assauts. Il semble pris d’une rage folle.

– Je vais t’éclater, sale raclure ! aboie-t-il.

Je tente de lui envoyer un nouveau coup, mais je m’aperçois qu’on se rapproche dangereusement de la vitre éclatée. Le vide me menace à quelques pas. D’un bref mouvement, je file sur le côté et tente d’abattre mon pied sur la jambe de Gregor afin de le faire chuter, en vain. Je suis à bout de force, déjà épuisé à la base par la montée de la tour. Finalement, il parvient à me plaque contre un mur et agrippe violemment mon cou de ses deux mains, commençant à le serrer mortellement. J’essaye de me défaire de son étreinte mais n’y parvient pas. Même mes jambes ne semblent plus vouloir bouger. Je n’arrive plus à respirer. Ma vision se brouille. Tout est fini. Merde !

J’entends tout à coup la voix de Kay derrière Gregor.

– Hé, connard !

Gregor se retourne, surpris. Il me lâche le cou. Je retombe au sol, à moitié inconscient. Il me faut quelques secondes pour découvrir Kay, debout. Il a profité de notre lutte et de l’inattention de Gregor pour réussir à faire passer ses poings liés sous ses jambes et à récupérer mon arme qu’il tient des deux mains, pointée sur Gregor.

– Tu n’oseras pas tirer, mauviette, dit Gregor avec un rire dérangé tandis que je peine à recouvrer mes esprits. Tu vas me laisser partir, mais je continuerai sans relâche à te traquer. Ce n’est pas fini, crois-moi, menace-t-il.

Kay ne se laisse pas démonter et braque fermement l’arme sur Gregor.

– Je ne plaisante plus.

– Tu auras ma mort sur la conscience, Angel.

Dans une tentative désespérée de s’en sortir, Gregor se jette sans prévenir sur Kay, qui vide aussitôt le chargeur, le criblant de balle. Gregor tombe à genou et regarde ses multiples blessures, le sang commençant à couler. Kay s’approche de lui.

– Oui, j’aurais ta mort sur la conscience sale enfoiré, c’est vrai … mais ça soulage, conclut Kay.

Limpinski s’effondre raide mort au sol. Le silence retombe dans la pièce. C’en est fini.

Kay s’écroule à son tour, à bout de force. Je le rejoins à la hâte et le prend dans mes bras. J’essuie son visage maculé de sang de mes mains.

– Kay, ça va ? Répond-moi !

Il m’adresse un sourire et caresse mon visage.

– Tu m’as sauvé la vie, lui dis-je en pleurant.

– C’était mon tour cette fois, trouve-t-il le courage de chuchoter en plaisantant.

Je l’embrasse et l’aide à se relever.

Je lui demande de s’accrocher à mon épaule afin de lui faciliter la marche. Nous nous rapprochons de la vitre brisée afin de respirer l’air frais.

– Il est arrivé sans prévenir, explique Kay. Je dormais en t’attendant, et il a fait irruption dans l’appartement. J’ai essayé de lutter, mais il m’a assommé. J’ai cru que j’étais en plein cauchemar quand je l’ai vu débarquer. Je pensais en être débarrassé. Mais j’ai surtout eu la plus grande peur de ma vie : ne plus jamais te revoir.

Je le sers dans mes bras pour le réconforter et le laisse verser ses larmes de chagrin.

– Je suis là maintenant, et Gregor ne fera plus jamais de mal à qui que ce soit. Il a eu ce qu’il méritait. Si ce n’était pas lui, alors c’était nous qui serions morts à l’heure qu’il est. Tu as fait ce qu’il fallait. Il s’agissait de légitime défense, on ne sera pas poursuivis. On expliquera tout à la police.

Je pose ma tête contre la sienne.

– J’ai cru que tu étais mort Kay. Quand je suis arrivé dans ton appartement. Quand j’ai couru pour venir ici. Je me suis dit que j’allais arriver trop tard.

– Je savais que tu viendrais, Marc.

Kay relève son visage vers le mien.

– Je t’aime.

– Moi aussi, je lui réponds.

Nous restons collés dans les bras l’un contre l’autre, en essayant d’oublier le traumatisme que nous venons de vivre.

– Désormais plus rien ne pourra nous éloigner. Je te promets de rester à tes côtés pour toujours, Kay. Plus de séparation. On s’installe ensemble, et on démarre une nouvelle vie. On a assez souffert. Tu es d’accord pour me suivre ?

– Plus que jamais, Marc.

Nos lèvres se rapprochent, et nous nous embrassons indéfiniment tandis que le soleil se lève, ses premières lueurs effleurant et réchauffant nos visages.

Nos démons sont à présent derrière nous. Tout ce qui aurait pu entraver notre relation fait parti du passé. Notre amour a surmonté les épreuves difficiles qui se sont mises sur notre chemin, de notre rencontre jusqu’à ce jour.

Un nouveau chapitre nous attend désormais.

Et pour la première fois, je regarde le visage de Kay illuminé par le soleil avec un nouvel espoir.

FIN

Musique du Chapitre

 
Une petite surprise rien que pour vous, un clip vidéo de ma création !

Free Fall : Renaissance – Chapitre 9 (Version Française)

Salut les amis ! Tout d’abord je vous souhaite à tous un très joyeux Noël 🙂 J’espère que vous passez un moment merveilleux en compagnie de vos familles et de vos amis. Qui dit Noël, dit cadeaux ! Et justement, j’ai un joli cadeau à vous offrir : le Chapitre 9 de Free Fall : Renaissance 😀 C’est vraiment le Chapitre que j’attendais le plus de pouvoir écrire, car c’est enfin le moment de la vraie « réunnion » de Marc et Kay ! Que va-t-il se passer ? À vous de lire pour le découvrir ^^

Chapitre 9

Free Fall Chap 9

Kay et moi sortons silencieusement de la gare. Mon cœur bat à tout rompre. Je n’arrive toujours pas à réaliser qu’il est enfin là, pour de vrai, à mes côtés. Pas ailleurs. Pas dans un état second. Pas inanimé. Il me lance un petit regard de côté et me souris. Je lui réponds par un sourire dissimulé, presque gêné.

Nous marchons à pied pendant quelques minutes et rejoignons les berges du Rhin, où nous profitons du soleil pour nous installer sur un banc face au fleuve. Je me doutais qu’il serait nécessaire pour nous de discuter, au moins pour s’expliquer, car Kay a dû énormément souffrir. Il voudra en parler.

– Jamais je n’aurais cru te revoir, Marc, débute-t-il. J’avais tiré un trait sur toi après m’être tiré. Tu étais le seul soutien que j’avais dans la Task et tu m’as abandonné. Je sais que ce n’était pas une situation évidente pour toi. Tu étais pris entre moi, Bettina, ton fils, ton boulot, tes obligations. Je t’en ai peut-être trop demandé, me lance-t-il. Mais j’espérais au moins avoir une épaule sur la quelle me reposer un peu. La tienne.

Je sens le poids de la responsabilité et de la faute tomber sur moi. Il n’a pas tord. Je le regarde droit dans les yeux.

– Kay, je … c’est vrai, tu as raison. Je ne savais plus comment m’en sortir. Je vais être franc avec toi : j’ai décidé de couper les ponts car je pensais que ce que je faisais était une erreur. Que tu n’étais qu’une aventure. C’est seulement après que Bettina soit revenue que j’ai réalisé à quel point je m’étais trompé.

Je marque une pause et contemple à nouveau le fleuve. Je sens le regard de Kay posé sur moi.

– Pourquoi tu es revenu, Marc ? me demande-t-il.

– J’ai compris que ce n’était pas que ça. Que c’était bien plus. Tu as ouvert quelque chose en moi, Kay. Quelque chose que je ne connaissais pas. Tu as libéré le vrai Marc. Ma vie était si plate, si morose, si monotone et si uniforme. La seule chose qui me motivait, c’était de savoir que j’allais être père. Puis tu es apparu. Tu as changé tout ça. Avec toi je me sentais moi-même. Mais je n’ai pas géré comme je l’aurais dû. J’ai été incapable d’assumer. Je n’ai pas avoué les choses. Et enfin je suis tombé en chute libre. Kay, si tu savais comme je suis désolé. Tu avais raison, quand nous nous étions engueulés dans ton appartement. Je n’ai été qu’un sale égoïste, je n’ai pensé qu’à moi. Et quand je me suis enfin rendu compte de tout cela, j’ai voulu revenir vers toi, je suis allé à ton appartement, mais tu n’étais plus là. Tu avais disparu. Kay, je me sentais si seul, si perdu sans toi. Je me suis aperçu que je t’aimais. Oui, que j’étais profondément amoureux de toi. Et que je ne voulais plus jamais te quitter.

Les larmes me montent à nouveau aux yeux.

– Hé, Marc, me dit doucement Kay en me prenant la main. Que tu me dises tout ça, ça résout déjà une bonne partie des choses. Pourquoi ne pas m’avoir fait ces aveux avant ?

– Je n’en ai pas eu le courage. C’était impossible pour moi à l’époque.

Kay effleure mon visage avec ses doigts. J’en ai des frissons dans tout le corps.

– Il faut aussi que je t’avoue quelque chose, m’annonce-t-il. Je tiens à m’excuser également. Je t’en ai trop demandé. Dans un sens, j’ai été égoïste aussi, car je ne te voulais rien que pour moi. Je n’ai pas pris en compte le fait que tu avais déjà une famille. Je pensais pouvoir t’arracher à ta femme et à ton fils, et ce n’était pas bien. J’étais furieux. Furieux de ne pas t’avoir chaque soir à mes côtés. J’ai failli faire foirer ta carrière, car si on avait appris pour nous deux, adieu la police.

Son discours me fait le plus grand bien, car j’ai l’impression qu’un abcès se crève enfin. Il se lève du banc.

– Viens, je t’emmène, continuons cette discussion chez moi. Je veux être seul avec toi.

Vingt minutes plus tard, nous nous retrouvons dans le nouvel appartement de Kay, situé en centre-ville, dans un joli quartier. Il va directement vers le frigo et sort deux bières qu’il décapsule. Son appartement possède un petit balcon sur lequel nous nous rendons, ce qui me rappelle le bon vieux temps.

– Pourquoi tu es parti ? j’ose finalement lui demander.

– Tu oublies que c’est toi qui m’a conseillé de me casser, me répond-t-il d’un ton accusateur.

– C’est vrai mais … je ne pensais pas ce que je disais.

– De toute manière, je n’ai pas vraiment eu le choix. Dès que Gregor Limpinski et les autres ont appris pour moi, j’étais grillé. Gregor a commencé à s’acharner sur moi. Après la petite fête chez toi, il m’a trouvé et m’a tabassé, comme tu l’as constaté lors de notre dernière entrevue …

Je me sens soudain énormément coupable. Je ne sais pas quoi répondre. Kay s’en charge.

– Mais ça ne s’est pas arrêté là. J’ai appris quelques jours plus tard par Britt qu’il avait été viré. Pour t’avoir agressé. J’avais pris une chambre dans un petit hôtel miteux en bordure de la ville. Quelqu’un lui a donné mon numéro de portable. D’abord, il m’a appelé. Il me menaçait, me disait que tout était ma faute, que si je n’étais pas arrivé dans l’unité rien de tout ça ne se serait produit. Il m’a clairement fait comprendre qu’il voulait ma mort. Il était complètement dérangé, cinglé. J’ai coupé ma ligne téléphonique.

Cela explique pourquoi je n’ai pas réussi à joindre Kay quand je suis revenu dans son appartement.

– Et je ne sais pas comment, un soir, il a trouvé mon hôtel. Il vociférait à l’extérieur de ma chambre, complètement ivre. J’ai fait comme si je n’étais pas là. Dès le lendemain, j’ai fuit dans une autre ville, en espérant qu’il me laisse en paix. Je n’avais pas vraiment peur, mais je voulais juste tout oublier, toi y compris, car c’était trop dur. De toute manière, personne n’aurait pu me venir en aide. Dans cette histoire, j’étais seul.

Je n’en reviens pas.

– Kay, je suis tellement désolé. Je ne pensais pas que ça avait pris de telles proportions. On n’avait plus entendu parler de Gregor après que Werner Brant l’a viré.

– Ce n’est pas de ta faute. Toujours est-il qu’il a à nouveau, je ne sais comment, réussi à retrouver ma trace. Il avait l’adresse de mon nouvel appartement, et j’ai dû fuir en catastrophe, encore une fois. On aurait dit qu’il ne s’arrêterait pas tant qu’il n’aurait pas eu ma peau. Il rejette tous ses maux sur moi. Alors j’ai décidé de partir encore plus loin, ici, à Düsseldorf. Ça fait environ deux mois que je suis tranquille.

Sans crier gare, je le saisis et le sert fort dans mes bras, comme pour le protéger. Il plonge son visage dans mon épaule.

– Kay, je suis là maintenant. Et je te promets que je ne laisserai plus qui que ce soit te faire du mal désormais.

Je sors la photo où nous sommes ensemble de ma poche et la lui montre.

– J’y suis allé, dans ce studio. Je ne savais même pas que tu dessinais, dis-je en pointant du doigt un croquis accroché au mur. Je me rends compte que j’ignorais beaucoup de choses à ton sujet.

– On ignorait beaucoup de choses l’un sur l’autre, il ajoute. Coincés dans notre relation cachée, nous n’avions pas véritablement le temps et l’opportunité d’apprendre à mieux nous connaître. Maintenant on va pouvoir rattraper le temps perdu. Dessiner me permettait de garder un fragment de toi à mes côtés. Mais ce n’était qu’une illusion.

Nous continuons à discuter de tout et de rien, à nous remémorer les bons moments du passé, en essayant d’éclipser les mauvais. Puis nous nous rendons compte que plusieurs heures se sont écoulées. Il est pratiquement 20h.

– Viens, m’annonce Kay. Je t’invite à dîner. Je meurs de faim.

– Avec plaisir.

Nous sortons dans un restaurant italien du centre-ville. Nous passons la quasi intégralité du repas à nous observer avec des regards complices, comme si les trois mois où nous ne nous sommes pas revus avaient disparu de nos mémoires. Je sens un bien fou m’envahir. Tout ce dont j’ai toujours rêvé depuis que Kay est parti se réalise. Je le retrouve enfin, et nous rions ensemble.

Après le dîner, nous revenons chez Kay. La nuit est tombée. L’ambiance est calme, sereine et reposante. Nous allons sur le balcon fumer une cigarette. La lune est pleine.

– Kay, tu m’as fait très peur, la semaine dernière, je ne peux m’empêcher de lui dire. Quand je t’ai retrouvé dans ce bar, j’ai bien cru que tu étais mort. Pourquoi tu as fait une chose pareille ?

– J’étais désespéré. J’avais l’impression que ma vie n’avait plus aucune signification, plus aucun sens. Je suis sorti comme j’en avais l’habitude, et j’ai bu. Trop bu. Mélangé ça avec des pilules. Je ne sais pas ce qui m’a pris. Merci de m’avoir sauvé la vie en donnant ton sang. Toute cette semaine je me suis senti misérable. Pathétique. J’ai vraiment hésité à venir te retrouver à la gare. J’avais honte de ce que tu aurais pu penser.

Kay se rapproche de moi et se blottit dans mes bras. Je sens qu’il a besoin d’affection. Lui qui pouvait paraître parfois si détaché. Je l’enlace.

– Heureusement que tu m’as retrouvé, poursuit-il. Réfléchis, combien y avait-il de chances que tu me trouves là, à cet endroit ? Je crois que c’est le destin qui nous a réuni. Si deux personnes sont faites pour être ensemble, alors elles se retrouvent.

– Tu le penses vraiment ? je demande.

– Oui.

– Moi aussi, j’avoue. Quand tu n’étais plus là, c’est ma foi en toi qui m’a fait tenir face au chaos.

J’approche mes lèvres de celles de Kay et l’embrasse fougueusement. Il répond à mon appel, et je sens nos deux langues se mêler savoureusement l’une à l’autre. Mes mains descendent le long de son corps. J’ôte son t-shirt, et je sens qu’il fait la même chose avec le mien. Petit à petit, nous retournons à l’intérieur de l’appartement en laissant les portes du balcon grandes ouvertes. Nous nous jetons sur le lit et enlevons délicatement le restant de nos habits. Aucune lumière n’est allumée. Seul le clair de lune illumine nos corps nus, collés l’un contre l’autre. Une petite brise emplit la pièce et les rideaux transparents des portes du balcon se mettent à flotter dans l’air. L’endroit est plongé dans une ambiance bleutée et nocturne.

Je sers tellement fort Kay contre moi, je contemple ses yeux et son corps magnifique. Je ne veux plus le relâcher. Ses mains douces effleurent mes jambes, mon dos, mon torse et mon visage, m’aspirant dans un kaléidoscope de sensations indescriptibles. J’embrasse à mon tour le corps de Kay. Je savoure chaque bouchée, chaque centimètre carré de sa peau de porcelaine. Je sens l’excitation de mes sens grimper en flèche.

Nous commençons à faire l’amour dans un va-et-vient délicat, empli de tendresse. Kay attrape ma main. Il dépose un baiser délicieux sur chacun de mes doigts. Ma bouche mordille et titille son torse, ses tétons, son cou, ses joues puis ses oreilles. Je ne peux m’empêcher d’humer l’odeur exquise de ses cheveux dorés. Des ondes de plaisir intense traversent nos deux corps, qui se mêlent et se fondent l’un en l’autre.

Toute notion de temps a de nouveau disparu, comme lors de nos retrouvailles à la gare, et j’ignore combien de minutes voire d’heures dure notre étreinte savoureuse, jusqu’à ce que nous atteignions le point de paroxysme où nous jouissons au même moment en nous embrassant mutuellement.

Quelques instants plus tard, enfermés dans notre bulle d’affection, où nous avons l’impression que plus rien ne peut nous atteindre, nous nous endormons paisiblement dans les bras l’un de l’autre.

Nous sommes réveillés le lendemain matin par les premières lueurs du soleil qui viennent chatouiller nos visages. Je m’aperçois que je suis assoupi sur le torse de Kay, mes mains enlaçant son ventre.

– Salut toi, me susurre-t-il en plongeant ses mains dans mes cheveux froissés.

Je me relève, m’approche de son visage et l’embrasse.

– J’ai l’impression de me réveiller au Paradis, dis-je en souriant.

Nous restons à barboter au lit une heure de plus, profitant de l’instant présent. Puis nous décidons enfin de nous lever. Nous allons prendre une douche ensemble, l’occasion pour nous de passer un nouveau moment complice, et pour moi d’admirer la beauté de Kay. Je masse et lave délicatement chacune des parties de son corps qui semble fragile. Je ressens le besoin profond de le protéger. Je découvre sur son bras droit la cicatrice de la transfusion de la semaine dernière. Comme pour effacer un mauvais souvenir, je passe ma main dessus avec un peu de savon.

Après nous êtres lavés et préparés, nous sortons prendre le petit déjeuner en extérieur. Nous passons le restant du Dimanche à Cologne, non loin de Düsseldorf, à gambader, à discuter, à rigoler, comme si rien n’avait changé, comme s’il s’agissait d’un premier amour, innocent et pur. Nous nous fichons éperdument du regard que les gens peuvent bien avoir sur nous. Nous visitons le Dom, la grande cathédrale, et nous terminons la journée en nous rendant dans le magnifique zoo de Cologne.

Puis il est l’heure de revenir à Düsseldorf, et pour moi de rentrer. Sur le trajet du retour, nous restons silencieux dans la voiture de Kay, main dans la main, car nous savons que d’ici une heure, nous ne serons plus ensembles. De retour à l’appartement, j’emballe mes affaires et Kay me raccompagne jusqu’à la gare. Je sens la tristesse monter en moi. Le genre de tristesse qui vous prend aux tripes lorsque vous devez quitter une personne à qui vous tenez énormément avant un long voyage.

– Je ne veux pas partir, je souffle.

Kay me rejoint et me prend dans ses bras. Je pose ma tête sur son épaule. Je me délecte de ce dernier instant qu’il nous reste avant mon départ.

– Et moi j’aimerais tellement que tu restes. Mais tu dois partir. Ton fils t’attend.

– Je reviens le weekend prochain, promis.

– Marc, j’ai passé deux jours formidables à tes côtés. Jamais je n’aurais pensé avant la semaine dernière qu’on se retrouverait. Je n’avais tellement plus d’espoir que j’en avais oublié la possibilité que ça se produise. Pour moi ça n’était qu’une illusion. Je n’ai même pas cherché à revenir vers toi. Merci d’avoir eu ce courage, cette force, de me retrouver. Ça a beaucoup de valeur à mes yeux, plus que tu ne peux l’imaginer. Personne n’a jamais fait ça pour moi.

Je dépose un baiser sur ses lèvres, puis grimpe dans le train qui vient d’arriver sur le quais. Une fois monté à l’intérieur, je me retourne vers lui.

– À la semaine prochaine, je lui lance.

– Dépêche toi de revenir, me répond-il de son air malicieux.

Puis la porte se referme. Au moment où le train commence à avancer, il me crie :

– Pussy !

Je rigole et lui fait un doigt d’honneur. Tandis que je m’éloigne, je l’observe à travers le carreau. Petit à petit, je vois sa silhouette rapetisser, jusqu’à disparaître de mon champ de vision. Je pensais être terriblement malheureux, mais je m’étonne à sourire, car je sais que je le reverrai très bientôt. À dans une semaine, Kay.

Musique du Chapitre

Free Fall : Renaissance – Chapitre 8 (Version Française)

Le voilà enfin, ce Chapitre 8 ! Un chapitre énormément attendu par beaucoup d’entre vous car il marque le tournant le plus important de cette fanfiction, la raison même pour laquelle je l’ai créée afin de me faire plaisir et de vous faire plaisir. Pour palier une chose qui nous a tous beaucoup frustré : la fin de Free Fall ! Je ne vous en dis pas plus et je vous laisse découvrir tout ça. Pour rappel, il me reste encore 2 chapitres à publier avant que tout ne se termine 🙂 Bonne lecture et gros bisous ❤

10705309_10201679100014341_1481171910_nMagnifique Fanart par Lupera-GER

Chapitre 8

Après quelques heures de route, je rentre totalement épuisé chez moi. Il est environ midi quand je suis de retour. Je retrouve Lena et mon fils Max avec un grand plaisir. Après ces derniers jours intenses, je sens que j’ai besoin de calme et surtout de repos, et le fait d’être avec Max me fait le plus grand bien.

– Il a été très sage, m’annonce Lena, qui est en train de mitonner un repas dont l’odeur succulente parvient jusqu’à mes narines.

Je serre Max dans mes bras et il me fait un grand sourire.

– Je meurs de faim !

– Alors à table, dit Lena en préparant des assiettes.

Je suis si affamé que je me ressers deux fois. Puis, à bout de force, je me rends dans ma chambre où je m’écroule sur le lit. Je dors pratiquement toute l’après-midi. Le dimanche se termine et Lena quitte les lieux. Elle reviendra demain pour s’occuper de Max.

Le lendemain matin, je reprends le travail avec difficulté mais je suis heureux de retrouver Matthias. Pendant une mission hors de la caserne où nous sommes ensemble, j’en profite pour lui raconter les dernières nouvelles et lui annoncer que j’ai retrouvé Kay.

– Je suis vraiment content pour toi, mon pote, me sourit-il en me tapotant l’épaule.

Le Mercredi soir, nous allons tous prendre un verre dans un pub de la ville. Lukas et Lena sont également là. Max dort tranquillement dans sa poussette.

Je sors fumer une cigarette avec Lukas et l’informe également de mes retrouvailles difficiles avec Kay.

– Je retourne à Düsseldorf Samedi. J’espère qu’il sera là.

– S’il t’aime et s’il tient toujours à toi, il sera là, me rassure Lukas. Tu as quand même fait tout ce chemin pour le retrouver alors que tu ne savais même pas où il était parti. Il ne pourra pas l’ignorer. Peu de gens auraient fait ce que tu as entrepris, Marc.

– Je sais. Mais c’est aussi grâce à toi et aux autres. Vous m’avez tous tellement soutenus que je ne saurai jamais comment vous remercier. Vous m’avez fait prendre conscience qu’il fallait que je me bouge.

– Et ça a payé. Je pense sincèrement que Kay sera là.

Malgré les paroles optimistes de Lukas, je ne reçois aucun appel de Kay pendant la semaine, ce qui m’inquiète énormément et remet pendant un temps en question mon envie de revenir à Düsseldorf. L’infirmière qui s’est occupée de lui a-t-elle bien transmis mon mot ? Est-ce que Kay ne veut plus entendre parler de moi ? Mais une promesse est une promesse et j’irai à Düsseldorf Samedi matin.

Le restant de la semaine passe à une vitesse complètement folle et j’évite de me poser trop de questions. Le Vendredi soir, je ne parviens pas à trouver le sommeil. Les baies vitrées de ma chambre sont grande ouvertes et les rideaux flottent dans l’air. J’observe les étoiles dans le ciel dégagé, pensif. Je ne cesse de me ronger l’esprit en pensant à demain. J’ai peur que Kay ne soit pas au rendez-vous. Peut-être qu’il ne m’a pas pardonné de l’avoir abandonné. D’avoir été égoïste. Peut-être qu’il a même déjà une nouvelle personne dans sa vie. Je chasse toutes ces idées néfastes de ma tête tant bien que mal en essayant d’être optimiste, mais cela reste difficile.

Finalement, le matin arrive et désormais il n’est plus possible de faire demi-tour. Mon destin est en marche. Lena arrive vers 7h pour garder Max pendant le week-end, car je ne sais pas quand je serai de retour. Je boucle une petite valise où j’ai mis le nécessaire puis me dirige vers le salon afin de dire au revoir à mon fils. Au moment de partir, Lena me rejoint.

– Bonne chance, me souffle-t-elle tendrement en me faisant un bisou sur le front. J’espère que tu trouveras ce que tu attends.

– Merci, dis-je, légèrement stressé.

Je prends enfin la voiture et me dirige vers la gare où j’embarque dans mon train pour Düsseldorf. Le trajet dure quelques heures pendant lesquelles je reste totalement impassible et silencieux. Je ne pense à rien. Je sens seulement une boule d’angoisse s’intensifier petit à petit en moi, au fur et à mesure que je me rapproche de la destination finale.

J’arrive en gare de Düsseldorf vers 11h. Je scrute le quai tandis que le train ralenti sa marche pour finalement s’arrêter. J’attrape mon petit bagage et descends du wagon. Je reste immobile sur la plateforme et observe les alentours. Pas de Kay à l’horizon. Je me mets à avancer pour rejoindre l’intérieur de la grande gare.

Que faire à part attendre ? Peut-être que Kay est déjà passé, m’a déjà attendu et est déjà reparti ne me voyant pas arriver. Il est vrai que je n’ai même pas pu lui préciser à quelle heure je débarquais n’ayant aucun moyen de le contacter directement. J’aurais sans doute dû prendre un train plus tôt pour arriver suffisamment à l’avance. Une chose à laquelle je n’avais pas réfléchi.

Pendant de longues minutes, j’observe les voyageurs aller et venir. J’ai l’impression d’être un intrus dans cette foule en mouvement. De ne pas être à ma place. Petit à petit, la gare se vide, peu de trains débarquant sur les quais. Le calme revient. Ne tenant plus en place, je me lève et commence à faire les cent pas de long en large.

Je perds mon temps. Kay n’est pas venu, n’est pas là, et ne viendra pas. Comment peut-on pardonner un idiot tel que moi, malgré tous les efforts possibles ? Comment pardonner quelqu’un qui vous a abandonné, au moment où vous aviez le plus besoin de soutien ? Je me demande comment j’aurais réagi à la place de Kay.

Perdu dans mon égarement, je ne remarque pas que je suis planté seul comme un imbécile en plein milieu de la gare. Les gens autour doivent penser que je suis fou.

Mais soudain, j’entends une voix au loin, derrière moi. Elle parvient à mes oreilles comme une mélodie inespérée, qu’on n’escomptait plus entendre. Je reconnais immédiatement ce ton sarcastique, typique :

– Je ne pensais pas te revoir un jour.

Il ne me faut qu’une fraction de seconde pour reconnaître la voix de Kay. Je me retourne, hébété, abasourdi, n’y croyant pas.

Il se tient là, face à moi, à une quinzaine de mètres. Son visage est magnifique, son regard angélique, son air fragile. Il a une mine beaucoup plus belle que celle de la semaine dernière à l’hôpital.

Aucun mot ne parvient à sortir de ma bouche. Nous nous regardons pendant plusieurs secondes. J’ai l’impression d’être face à un mirage, face à une illusion. Mais il est bien là, je ne rêve pas, j’en suis sûr. J’ai attendu ce moment pendant des mois. Pourtant j’ai peur de tenter quoi que ce soit. Est-il furieux ? Va-t-il m’envoyer paitre ? Qu’importe.

Je laisse tomber mon sac à terre. Des larmes commencent à couler sur mes joues. Je titube lentement comme un zombie vers lui. Il me lance son petit sourire en coin habituel et commence à s’avancer vers moi aussi, ce qui me rassure d’un coup.

Nous nous jetons littéralement dans les bras l’un de l’autre. C’est seulement lorsque je sens le contact de sa peau que je suis sûr de ne pas rêver. En cet instant précis, plus rien n’a aucune importance. Le temps est figé. Je le sers aussi fort que possible, ne voulant plus le laisser partir. Son doux parfum vient effleurer mes narines. Je ne sais pas combien de secondes, voire de minutes, nous restons ainsi, dans notre étreinte.

Puis finalement, il me susurre délicatement à l’oreille :

– Tu es revenu.

J’arrive enfin, difficilement, à sortir quelques bribes de mots.

– Kay, je suis tellement désolé.

Il se desserre de moi, prends mon visage entre ses mains, et de ses pouces sèche mes larmes.

– On en parlera plus tard.

Sans crier gare, il me lance un baiser fougueux auquel je succombe instantanément, impuissant. Il y a quelques mois, je l’aurais vivement repoussé, gêné, coincé dans le carcan de la pudeur, des non-dits, de la honte. Mais aujourd’hui, j’ai changé, et je me fiche totalement des gens qui sont autour de moi et de ce qu’ils peuvent bien penser.

Je réponds à son invitation en l’embrassant langoureusement. J’ai l’impression qu’une partie du cauchemar et de mes démons sont chassés, exorcisés. Je vis un moment de pur bonheur. De ceux que je n’ai pas vécus depuis bien longtemps, à part la naissance de Max. La vie m’offre enfin une fleur lumineuse après m’avoir cloîtré dans une pièce sombre.

Je presse mon front contre celui de Kay. Je glisse mes doigts à travers ses cheveux dorés.

– Merci d’être venu, je lui murmure tendrement.

– Non, Marc. Merci à toi d’être venu me retrouver … et de m’avoir sauvé la vie, me répond-t-il en collant son visage contre ma joue.

C’est comme si nous ne nous étions jamais quittés. Comme si notre complicité d’autrefois était intacte.

– Viens, allons faire un tour, me dit Kay. Nous avons beaucoup de choses à nous dire et à rattraper.

Musique du Chapitre

Chapitre 8 terminé ! Chapter 8 finished !

Coucou !! Ça y est, enfin, le Chapitre 8 de Free Fall : Renaissance est terminé ! J’ai pris le temps aujourd’hui de le finir. Comme d’habitude, afin que personne ne soit lésé, je ne le posterai qu’une fois traduit en anglais 🙂 Je ne vous promets rien mais je vais faire le maximum pour que la traduction soit finie aujourd’hui, demain au plus tard. Je fête mon anniversaire aujourd’hui (c’était le 10 Octobre mais on n’a pas eu le temps de faire quelque chose avant ^^), mais je vais essayer de commencer 😛 Bisous à tous !

Hello ! Finally, Chapter 8 of Free Fall : Renaissance is over ! I took some time today to finish it. As always, so that everyone can read it at the same time, I will post it once the english translating is done 🙂 I can’t promise anything but I will do the maximum to finish the translation today, tomorrow at the latest. I celebrate my birthday today (it was on the 10th of October but we had no time to do something before ^^), but I will try to start 😛 Kiss everyone !

Free Fall : Renaissance – Chapitre 7 (Version Française)

Le voilà le Chapitre 7 !! Depuis que j’ai commencé mon nouveau boulot, j’ai beaucoup moins de temps pour écrire car lorsque je rentre le soir je suis assez crevé, dur dur de trouver la motivation. Mais j’ai tellement envie de finir mon histoire que j’irai jusqu’au bout, je vous le promets. J’ai adoré écrire ce Chapitre 7 car il y a beaucoup de passages que je souhaitais mettre en scène depuis longtemps que je peux enfin coucher sur le papier. C’est assez émotionnel. J’espère que vous ressentirez les mêmes choses que moi lorsque je l’ai créé. Vous remarquerez également l’apparition d’un nouveau personnage, Kuba, directement sorti du film gay Ligne d’Eau / Floating Skycrapers : c’est un petit crossover que j’ai voulu faire car j’ai bien aimé ce film. Bonne lecture ! Et à très vite pour le Chapitre 8 je l’espère 🙂

holding-hands

 

Chapitre 7

La colère et le désespoir m’envahissent tandis que l’ambulance disparaît. Je claque mes poings sur le sol, de rage. Je vois mes larmes tomber sur le bitume. Plusieurs secondes s’écoulent pendant lesquelles le temps semble s’être arrêté. Je n’entends même plus les bruits de la ville autour de moi.

Je suis extirpé de mon égarement lorsque je sens deux mains chaudes attraper mes épaules et m’aider à me relever. Je ne comprends rien mais je me laisse faire. La personne me tient fermement et m’amène à l’écart, tandis que la foule qui m’observait commence à se disperser. On me pose sur un banc. C’est seulement à cet instant que je prends conscience qu’un homme âgé d’une trentaine d’année, plutôt mignon, avec de beaux yeux bleus et portant une petite moustache ainsi qu’une barbichette est assis à côté de moi et me fixe. C’est lui qui m’a aidé à me relever.

– J’ai vu ce qui s’est passé, est-ce que ça va ?

– Merci, je parviens à peine marmonner.

– Je m’appelle Kuba.

Je n’arrive même pas à répondre, tout juste à déglutir. Sûrement les effets de l’alcool mélangés au choc d’avoir retrouvé Kay pour le reperdre aussitôt.

– Dis, c’était qui ce mec ? Tu le connaissais ?

– Longue histoire.

– Suis-moi, je t’offre un café, je crois que tu en as besoin.

Kuba attrape mon bras pour le faire passer par dessus son épaule et nous rentrons quelques mètres plus loin dans un Starbuck encore ouvert. Après m’avoir installé à une table, il revient avec deux cafés latte.

– Merci …

J’avale une gorgée brûlante et cela me redonne un coup de fouet.

– Pourquoi tu n’es pas monté dans l’ambulance ? me demande Kuba.

– On ne m’y a pas autorisé.

– Tu dois sacrément aimer le type qui a été embarqué pour être aussi désespéré. Pourquoi tu n’essayes pas de rattraper l’ambulance ?

– Je ne sais pas …

Je décide de me confier et raconte à Kuba ce qui m’a mené à Düsseldorf. Je lui dois bien ça pour son aide. Il est le seul dans cette foule de badauds avides à être venu me voir.

– Attends, tu viens de retrouver ton « amour perdu », et tu le laisses filer comme ça ? Mais bouge-toi bon sang !

– Le destin n’arrête pas de me mettre des bâtons dans les roues. Que va-t-il encore se passer cette fois si je le revois, hein ? Dis le moi ?!

– Calme-toi … Ce que j’essaye de te dire, c’est que tu dois arrêter de laisser le destin décider pour toi. Tu l’as déjà fait en venant en Düsseldorf, et tu dois poursuivre en retrouvant Kay d’urgence. Laisse-moi te raconte quelque chose … Je suis polonais, et il y a quelques années, quand je vivais encore en Pologne, je suis tombé amoureux d’un homme … alors que j’étais en couple avec une nana. C’était l’amour fou. Mais le genre d’amour complètement impossible. Il s’appelait Michal. Le problème c’est que je n’ai pas fait grand chose pour le garder à mes côtés. J’ai tout foutu en l’air. Je n’ai pas pris les bonnes décisions au bon moment.

– Et qu’est-ce qui s’est passé ?

– Il est mort … On l’a retrouvé le crâne fracassé dans un parking souterrain.

– Je suis désolé, je prononce à demi-mot, choqué.

Je n’ose même pas imaginer comment je réagirais s’il arrivait une chose pareille à Kay.

– Mais le pire, poursuit-il, c’est que la fille avec qui j’étais est tombée enceinte. Heureusement, elle a finalement décidé d’avorter au bout d’un moment. Car je lui ai fait comprendre que j’avais découvert ma vraie nature. Et que je n’aurais pas pu apporter l’amour nécessaire à cet enfant. Et il était hors de question pour elle de l’élever seul. Après ça, j’ai décidé de recommencer à zéro et de fuir la Pologne. Je ne regrette pas d’être parti. J’ai laissé mes vieux démons derrière moi.

Son histoire me fait beaucoup penser à la mienne. Mais elle me fait également l’effet d’un électrochoc. Grâce à lui, je comprends plus que jamais que je dois tout faire pour récupérer Kay. Maintenant que je sais qu’il est là, je n’abandonnerai plus. Tous mes efforts ne seront pas vains.

– Il faut que tu retrouves ton Kay. Contrairement à moi, tu as encore la possibilité de changer les choses. Ne laisse pas cette chance t’échapper.

– Mais, comment savoir où ils l’ont emmené ? Il doit y avoir plusieurs hôpitaux dans cette ville !

– Justement, de la chance, tu en as. Je suis infirmier dans le coin. Je connais bien les hôpitaux des environs. Laisse-moi passer un ou deux coups de fils, je vais trouver où a été emmené Kay.

Kuba se lève aussitôt et sort dehors. Je patiente quelques minutes, complètement stressé. Et s’il ne trouvait pas où les secouristes ont emmené Kay ? Kuba revient enfin et se rassoit en face de moi.

– C’est bon, je l’ai trouvé. Il a été emmené à l’UniversitätsKlinikum. Ce n’est pas très loin, je t’y conduis. Tu ne peux pas prendre ta voiture avec ton état de fatigue.

Je sens une folle lueur d’espoir déferler en moi.

– Je vais mieux, je t’assure ! dis-je d’un air pressé, prêt à partir immédiatement.

– Tu ne sais même pas où c’est ! Arrête de dire des conneries. Allez, viens, on y va tout de suite.

Nous quittons le Starbuck puis nous rendons à la voiture de Kuba garée non loin. Je suis tellement excité que les secondes défilent sans que je m’en rende compte. Sur le trajet, Kuba commence à me parler :

– Écoute, je ne veux pas t’alarmer, mais d’après ce que m’a dit le médecin que j’ai eu tél, c’est assez grave. Ils ont retrouvé beaucoup de drogue dans son sang. Son état est critique. Ils ont déjà commencé à lui faire un double lavage. Dans un premier temps un lavage d’estomac, pour s’assurer qu’il n’ait plus de drogue dans le tube digestif. Ensuite ils vont lui ôter une partie de son sang et lui en transfuser en même temps.

Je panique totalement à l’idée que Kay ne tienne pas le coup. Tout ce processus a l’air très lourd. Après plusieurs minutes que je ne vois pas passer, nous arrivons enfin à l’UniverstätsKlinikum. Je sors aussitôt de la voiture et court vers l’entrée de l’hôpital, bientôt suivi de Kuba.

– Suis-moi, m’ordonne ce dernier.

Nous déambulons dans plusieurs couloirs avant d’arriver dans le service des urgences.

– Attend-moi là, je vais chercher le médecin urgentiste de charge cette nuit.

Je fais des centaines d’allers-retours dans le couloir, impatient. À un moment donné, je vois le secouriste qui avait refusé que je monte dans l’ambulance débouler dans le couloir. Il me regarde d’un air étrange. Je suis tellement énervé que je lui collerais bien mon poing en pleine figure, mais je me retiens. Mieux vaut ne pas chercher les ennuis maintenant. Il doit lire la fureur sur mon visage car il passe rapidement son chemin.

Kuba revient enfin en compagnie d’un homme d’une soixante d’années au visage sérieux.

– Bonsoir Monsieur, me salut-t-il. Je suis le médecin urgentiste.

– Bonsoir …

– Je vous présente Marc Borgmann, un ami proche de Kay, insiste Kuba.

– Votre ami est dans de sals draps, M. Borgmann. Nous avons déjà procédé au lavage d’estomac, mais toute la drogue a déjà pénétré son système sanguin. Il risque un arrêt cardiaque. Nous avons tenté de contacter sa famille pour les prévenir mais nous n’avons trouvé aucun téléphone portable sur lui, tout juste son portefeuille, et bien sûr, le restant de sa drogue … Nous allons désormais procéder à la transfusion sanguine.

– Comment ça va se passer à partir de maintenant ? je demande.

– Hé bien, généralement, on utilise une ou plusieurs poches sanguines pour combler le sang qui est évacué, tout ceci associé à des médicaments. Le souci, c’est que nous n’avons plus de poches du même groupe sanguin que Kay, nous en sommes tombé à court plus tôt dans la journée. Nous venons de demander qu’on nous en apporte en urgence d’un hôpital voisin. Ils sont déjà en route, mais le mieux serait d’avoir une personne auprès de qui effectuer directement le transfert pour ne pas perdre de temps.

– Quel est le groupe sanguin de Kay ? intervient Kuba.

– D’après un premier bilan que nous avons effectué quand il est arrivé, A Positif.

J’en crois à peine mes yeux.

– Je suis également A Positif, dis-je aussitôt. Utilisez-moi. Tout de suite !

– Quelle aubaine ! s’exclame le médecin. Mais avant toute chose nous allons procéder à de rapides tests et à un questionnaire obligatoire, on ne peut pas prendre n’importe qui comme ça, vous comprenez bien.

– Ne perdons pas un temps précieux, faites ces tests tout de suite.

Nous nous rendons immédiatement dans une salle voisine où une infirmière procède à des vérifications. Elle effectue une prise de sang qu’elle insère ensuite dans une machine, puis me pose diverses questions pendant que les tests sont effectués. Étant donné que je n’ai pas subi d’opérations dans les mois précédents et que je n’ai pas d’antécédents, je suis éligible. Ce qui est de nouveau confirmé par les tests qui confirment entre autre mon groupe sanguin.

– Dieu merci, je pense tout bas. Kay, je vais te sortir de là.

Le médecin urgentiste revient, et après avoir reçu l’approbation de l’infirmière, m’emmène à travers un couloir puis dans une chambre. Là, j’y trouve Kay, complètement endormi, un masque à oxygène sur le visage. Son teint est plus livide que jamais, presque cadavérique. Cette vision me peine et je m’en veux encore plus de ne pas avoir tenté de le retrouver avant. On aurait pu éviter tout ça. Je m’approche de lui et saisit sa main froide. J’essaye de la réchauffer. De mon autre main je lui caresse tendrement le visage. Je remarque que le médecin m’observe.

– Qui est-il par rapport à vous, en réalité ? me demande le médecin.

– C’est une longue histoire. Mais … je l’aime. Et je ne le laisserai plus tomber. Allez, mettons-nous en route, je termine en séchant les larmes qui me montent aux yeux.

L’infirmière pénètre dans la pièce accompagnée de deux autres aides-soignants et au bout de plusieurs minutes, tout est mis en place. Je suis allongé dans un lit à côté de celui de Kay, et un cordon relit mon bras gauche à son bras droit. Son bras gauche est relié à une machine qui va lui extraire le sang vicié par la drogue. Je sens le médecin enfoncer une aiguille dans mon bras, et soudain, je vois mon propre sang rejoindre le corps de Kay.

– Bien, cela prendra quelques petites minutes. Une fois que ça sera terminé, nous devrons vous retransfuser du sang car vous en aurez tout de même donné une quantité non négligeable.

– Très bien, je réponds.

J’attrape la main droite de Kay et la sert fort, tandis que je sens mon propre sang rejoindre ses veines. Cela m’apaise de lui transmettre mon énergie et ma force vitale. J’observe avec attention son visage endormi. J’ai comme l’impression de déjà le voir reprendre quelques couleurs, ce qui me rend heureux.

– Kay, reste avec moi, je susurre. Fini de fuir. Fini les mensonges. C’est toi que j’aime. Maintenant j’en suis sûr, plus que jamais.

Je ferme les yeux et m’imagine le serrer fort. Après quelques minutes, l’infirmière revient dans la pièce.

– Je pense que ça ira m’annonce-t-elle.

Elle se dirige vers les ordinateurs de contrôle et analyse les données.

– On dirait que ses fonctions vitales sont de nouveaux stables, son cœur bat moins vite. Il va avoir besoin de beaucoup de repos maintenant. Il faut le laisser dormir.

On me défait la sonde de transfusion.

– Vous pouvez me suivre, annonce l’infirmière après m’avoir appliqué un petit pansement.

J’attends qu’elle ait quitté la salle, et avant de la rejoindre, je m’approche de Kay, ôte son masque même si cela est sans doute interdit, et l’embrasse délicatement sur la bouche. Ses lèvres sont toujours aussi douces et des souvenirs intenses me reviennent tels des flashes à leur contact.

– À très vite, mon amour.

Je me surprends à sortir cette phrase que je n’aurais jamais pensé dire un jour, même à Bettina. L’amour prend un tout autre sens pour moi désormais. J’en ai découvert le secret, l’essence même. Je remets son masque à Kay, l’observe une dernière fois, puis rejoints l’infirmière. On m’effectue une transfusion pour combler le sang que j’ai donné à Kay.

Kuba m’attendait dans le couloir. Je suis surpris de le trouver encore là.

– Kuba, je … je voulais te dire merci pour tout. Si nos chemins ne s’étaient pas croisés ce soir, je ne sais pas comment j’aurais fait. J’aurais peut-être laissé Kay à son propre sort. Rien que d’y penser, ça me dégoûte.

– Pas de soucis mon ami. Les infirmiers m’ont dit que l’état de Kay était beaucoup plus stable. Il va s’en sortir. Viens, je vais te ramener, tu pourras revenir le voir demain matin.

– Ok. Avant ça, j’aimerais qu’on laisse un mot de ma part à Kay. Car je dois repartir chez moi demain, malheureusement.

Je griffonne quelques mots sur un bout de papier rapidement : « Kay, je suis désolé d’avoir mis tout ce temps à revenir vers toi. Je t’ai abandonné comme un lâche. Je ne sais pas si tu te souviendras de nos retrouvailles en te réveillant, mais sache que si c’est le cas, tu n’as pas rêvé. J’étais bien là, à tes côtés. Je serai de retour à Düsseldorf la semaine prochaine, Samedi matin, à la gare. Je dois rentrer chez moi par obligation. Voici mon numéro si tu veux me contacter en attendant. Tu m’y attendras si tu le souhaites. En tout cas, moi j’y serai. Je t’aime. Marc. »

J’adresse mon mot à l’infirmière qui s’est occupée de moi, et lui demande de me promettre de le remettre à Kay à son réveil. J’aimerais tellement rester jusqu’à son réveil. Seulement je dois être de retour demain à la caserne. Ma petite période de repos prend fin et mon fils m’attend.

Kuba me ramène à ma voiture dans le centre-ville de Düsseldorf. Avant de le quitter, je le remercie de nouveau pour son aide précieuse et prend son numéro pour garder contact avec lui. Je retourne à l’hôtel mais décide de ne pas me rendormir. De toute manière je sais très bien que je ne retrouverai pas le sommeil. Je range mes affaires, paye ma chambre et repart aussitôt à la maison. Quand je traverse le pont qui surplombe le Rhin et que je quitte Düsseldorf, je regarde une dernière fois en direction de la ville illuminée, de l’hôpital, de Kay.

Puis j’attrape la photo de nous deux que j’ai retrouvée dans son appartement précédent et la contemple en conduisant.

– Kay, si tu as vraiment envie de me donner une seconde chance malgré le mal que j’ai fait, alors j’espère tu seras là Samedi prochain.

Musique du Chapitre