Free Fall : Renaissance – Chapitre 7 (Version Française)

Le voilà le Chapitre 7 !! Depuis que j’ai commencé mon nouveau boulot, j’ai beaucoup moins de temps pour écrire car lorsque je rentre le soir je suis assez crevé, dur dur de trouver la motivation. Mais j’ai tellement envie de finir mon histoire que j’irai jusqu’au bout, je vous le promets. J’ai adoré écrire ce Chapitre 7 car il y a beaucoup de passages que je souhaitais mettre en scène depuis longtemps que je peux enfin coucher sur le papier. C’est assez émotionnel. J’espère que vous ressentirez les mêmes choses que moi lorsque je l’ai créé. Vous remarquerez également l’apparition d’un nouveau personnage, Kuba, directement sorti du film gay Ligne d’Eau / Floating Skycrapers : c’est un petit crossover que j’ai voulu faire car j’ai bien aimé ce film. Bonne lecture ! Et à très vite pour le Chapitre 8 je l’espère 🙂

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Chapitre 7

La colère et le désespoir m’envahissent tandis que l’ambulance disparaît. Je claque mes poings sur le sol, de rage. Je vois mes larmes tomber sur le bitume. Plusieurs secondes s’écoulent pendant lesquelles le temps semble s’être arrêté. Je n’entends même plus les bruits de la ville autour de moi.

Je suis extirpé de mon égarement lorsque je sens deux mains chaudes attraper mes épaules et m’aider à me relever. Je ne comprends rien mais je me laisse faire. La personne me tient fermement et m’amène à l’écart, tandis que la foule qui m’observait commence à se disperser. On me pose sur un banc. C’est seulement à cet instant que je prends conscience qu’un homme âgé d’une trentaine d’année, plutôt mignon, avec de beaux yeux bleus et portant une petite moustache ainsi qu’une barbichette est assis à côté de moi et me fixe. C’est lui qui m’a aidé à me relever.

– J’ai vu ce qui s’est passé, est-ce que ça va ?

– Merci, je parviens à peine marmonner.

– Je m’appelle Kuba.

Je n’arrive même pas à répondre, tout juste à déglutir. Sûrement les effets de l’alcool mélangés au choc d’avoir retrouvé Kay pour le reperdre aussitôt.

– Dis, c’était qui ce mec ? Tu le connaissais ?

– Longue histoire.

– Suis-moi, je t’offre un café, je crois que tu en as besoin.

Kuba attrape mon bras pour le faire passer par dessus son épaule et nous rentrons quelques mètres plus loin dans un Starbuck encore ouvert. Après m’avoir installé à une table, il revient avec deux cafés latte.

– Merci …

J’avale une gorgée brûlante et cela me redonne un coup de fouet.

– Pourquoi tu n’es pas monté dans l’ambulance ? me demande Kuba.

– On ne m’y a pas autorisé.

– Tu dois sacrément aimer le type qui a été embarqué pour être aussi désespéré. Pourquoi tu n’essayes pas de rattraper l’ambulance ?

– Je ne sais pas …

Je décide de me confier et raconte à Kuba ce qui m’a mené à Düsseldorf. Je lui dois bien ça pour son aide. Il est le seul dans cette foule de badauds avides à être venu me voir.

– Attends, tu viens de retrouver ton « amour perdu », et tu le laisses filer comme ça ? Mais bouge-toi bon sang !

– Le destin n’arrête pas de me mettre des bâtons dans les roues. Que va-t-il encore se passer cette fois si je le revois, hein ? Dis le moi ?!

– Calme-toi … Ce que j’essaye de te dire, c’est que tu dois arrêter de laisser le destin décider pour toi. Tu l’as déjà fait en venant en Düsseldorf, et tu dois poursuivre en retrouvant Kay d’urgence. Laisse-moi te raconte quelque chose … Je suis polonais, et il y a quelques années, quand je vivais encore en Pologne, je suis tombé amoureux d’un homme … alors que j’étais en couple avec une nana. C’était l’amour fou. Mais le genre d’amour complètement impossible. Il s’appelait Michal. Le problème c’est que je n’ai pas fait grand chose pour le garder à mes côtés. J’ai tout foutu en l’air. Je n’ai pas pris les bonnes décisions au bon moment.

– Et qu’est-ce qui s’est passé ?

– Il est mort … On l’a retrouvé le crâne fracassé dans un parking souterrain.

– Je suis désolé, je prononce à demi-mot, choqué.

Je n’ose même pas imaginer comment je réagirais s’il arrivait une chose pareille à Kay.

– Mais le pire, poursuit-il, c’est que la fille avec qui j’étais est tombée enceinte. Heureusement, elle a finalement décidé d’avorter au bout d’un moment. Car je lui ai fait comprendre que j’avais découvert ma vraie nature. Et que je n’aurais pas pu apporter l’amour nécessaire à cet enfant. Et il était hors de question pour elle de l’élever seul. Après ça, j’ai décidé de recommencer à zéro et de fuir la Pologne. Je ne regrette pas d’être parti. J’ai laissé mes vieux démons derrière moi.

Son histoire me fait beaucoup penser à la mienne. Mais elle me fait également l’effet d’un électrochoc. Grâce à lui, je comprends plus que jamais que je dois tout faire pour récupérer Kay. Maintenant que je sais qu’il est là, je n’abandonnerai plus. Tous mes efforts ne seront pas vains.

– Il faut que tu retrouves ton Kay. Contrairement à moi, tu as encore la possibilité de changer les choses. Ne laisse pas cette chance t’échapper.

– Mais, comment savoir où ils l’ont emmené ? Il doit y avoir plusieurs hôpitaux dans cette ville !

– Justement, de la chance, tu en as. Je suis infirmier dans le coin. Je connais bien les hôpitaux des environs. Laisse-moi passer un ou deux coups de fils, je vais trouver où a été emmené Kay.

Kuba se lève aussitôt et sort dehors. Je patiente quelques minutes, complètement stressé. Et s’il ne trouvait pas où les secouristes ont emmené Kay ? Kuba revient enfin et se rassoit en face de moi.

– C’est bon, je l’ai trouvé. Il a été emmené à l’UniversitätsKlinikum. Ce n’est pas très loin, je t’y conduis. Tu ne peux pas prendre ta voiture avec ton état de fatigue.

Je sens une folle lueur d’espoir déferler en moi.

– Je vais mieux, je t’assure ! dis-je d’un air pressé, prêt à partir immédiatement.

– Tu ne sais même pas où c’est ! Arrête de dire des conneries. Allez, viens, on y va tout de suite.

Nous quittons le Starbuck puis nous rendons à la voiture de Kuba garée non loin. Je suis tellement excité que les secondes défilent sans que je m’en rende compte. Sur le trajet, Kuba commence à me parler :

– Écoute, je ne veux pas t’alarmer, mais d’après ce que m’a dit le médecin que j’ai eu tél, c’est assez grave. Ils ont retrouvé beaucoup de drogue dans son sang. Son état est critique. Ils ont déjà commencé à lui faire un double lavage. Dans un premier temps un lavage d’estomac, pour s’assurer qu’il n’ait plus de drogue dans le tube digestif. Ensuite ils vont lui ôter une partie de son sang et lui en transfuser en même temps.

Je panique totalement à l’idée que Kay ne tienne pas le coup. Tout ce processus a l’air très lourd. Après plusieurs minutes que je ne vois pas passer, nous arrivons enfin à l’UniverstätsKlinikum. Je sors aussitôt de la voiture et court vers l’entrée de l’hôpital, bientôt suivi de Kuba.

– Suis-moi, m’ordonne ce dernier.

Nous déambulons dans plusieurs couloirs avant d’arriver dans le service des urgences.

– Attend-moi là, je vais chercher le médecin urgentiste de charge cette nuit.

Je fais des centaines d’allers-retours dans le couloir, impatient. À un moment donné, je vois le secouriste qui avait refusé que je monte dans l’ambulance débouler dans le couloir. Il me regarde d’un air étrange. Je suis tellement énervé que je lui collerais bien mon poing en pleine figure, mais je me retiens. Mieux vaut ne pas chercher les ennuis maintenant. Il doit lire la fureur sur mon visage car il passe rapidement son chemin.

Kuba revient enfin en compagnie d’un homme d’une soixante d’années au visage sérieux.

– Bonsoir Monsieur, me salut-t-il. Je suis le médecin urgentiste.

– Bonsoir …

– Je vous présente Marc Borgmann, un ami proche de Kay, insiste Kuba.

– Votre ami est dans de sals draps, M. Borgmann. Nous avons déjà procédé au lavage d’estomac, mais toute la drogue a déjà pénétré son système sanguin. Il risque un arrêt cardiaque. Nous avons tenté de contacter sa famille pour les prévenir mais nous n’avons trouvé aucun téléphone portable sur lui, tout juste son portefeuille, et bien sûr, le restant de sa drogue … Nous allons désormais procéder à la transfusion sanguine.

– Comment ça va se passer à partir de maintenant ? je demande.

– Hé bien, généralement, on utilise une ou plusieurs poches sanguines pour combler le sang qui est évacué, tout ceci associé à des médicaments. Le souci, c’est que nous n’avons plus de poches du même groupe sanguin que Kay, nous en sommes tombé à court plus tôt dans la journée. Nous venons de demander qu’on nous en apporte en urgence d’un hôpital voisin. Ils sont déjà en route, mais le mieux serait d’avoir une personne auprès de qui effectuer directement le transfert pour ne pas perdre de temps.

– Quel est le groupe sanguin de Kay ? intervient Kuba.

– D’après un premier bilan que nous avons effectué quand il est arrivé, A Positif.

J’en crois à peine mes yeux.

– Je suis également A Positif, dis-je aussitôt. Utilisez-moi. Tout de suite !

– Quelle aubaine ! s’exclame le médecin. Mais avant toute chose nous allons procéder à de rapides tests et à un questionnaire obligatoire, on ne peut pas prendre n’importe qui comme ça, vous comprenez bien.

– Ne perdons pas un temps précieux, faites ces tests tout de suite.

Nous nous rendons immédiatement dans une salle voisine où une infirmière procède à des vérifications. Elle effectue une prise de sang qu’elle insère ensuite dans une machine, puis me pose diverses questions pendant que les tests sont effectués. Étant donné que je n’ai pas subi d’opérations dans les mois précédents et que je n’ai pas d’antécédents, je suis éligible. Ce qui est de nouveau confirmé par les tests qui confirment entre autre mon groupe sanguin.

– Dieu merci, je pense tout bas. Kay, je vais te sortir de là.

Le médecin urgentiste revient, et après avoir reçu l’approbation de l’infirmière, m’emmène à travers un couloir puis dans une chambre. Là, j’y trouve Kay, complètement endormi, un masque à oxygène sur le visage. Son teint est plus livide que jamais, presque cadavérique. Cette vision me peine et je m’en veux encore plus de ne pas avoir tenté de le retrouver avant. On aurait pu éviter tout ça. Je m’approche de lui et saisit sa main froide. J’essaye de la réchauffer. De mon autre main je lui caresse tendrement le visage. Je remarque que le médecin m’observe.

– Qui est-il par rapport à vous, en réalité ? me demande le médecin.

– C’est une longue histoire. Mais … je l’aime. Et je ne le laisserai plus tomber. Allez, mettons-nous en route, je termine en séchant les larmes qui me montent aux yeux.

L’infirmière pénètre dans la pièce accompagnée de deux autres aides-soignants et au bout de plusieurs minutes, tout est mis en place. Je suis allongé dans un lit à côté de celui de Kay, et un cordon relit mon bras gauche à son bras droit. Son bras gauche est relié à une machine qui va lui extraire le sang vicié par la drogue. Je sens le médecin enfoncer une aiguille dans mon bras, et soudain, je vois mon propre sang rejoindre le corps de Kay.

– Bien, cela prendra quelques petites minutes. Une fois que ça sera terminé, nous devrons vous retransfuser du sang car vous en aurez tout de même donné une quantité non négligeable.

– Très bien, je réponds.

J’attrape la main droite de Kay et la sert fort, tandis que je sens mon propre sang rejoindre ses veines. Cela m’apaise de lui transmettre mon énergie et ma force vitale. J’observe avec attention son visage endormi. J’ai comme l’impression de déjà le voir reprendre quelques couleurs, ce qui me rend heureux.

– Kay, reste avec moi, je susurre. Fini de fuir. Fini les mensonges. C’est toi que j’aime. Maintenant j’en suis sûr, plus que jamais.

Je ferme les yeux et m’imagine le serrer fort. Après quelques minutes, l’infirmière revient dans la pièce.

– Je pense que ça ira m’annonce-t-elle.

Elle se dirige vers les ordinateurs de contrôle et analyse les données.

– On dirait que ses fonctions vitales sont de nouveaux stables, son cœur bat moins vite. Il va avoir besoin de beaucoup de repos maintenant. Il faut le laisser dormir.

On me défait la sonde de transfusion.

– Vous pouvez me suivre, annonce l’infirmière après m’avoir appliqué un petit pansement.

J’attends qu’elle ait quitté la salle, et avant de la rejoindre, je m’approche de Kay, ôte son masque même si cela est sans doute interdit, et l’embrasse délicatement sur la bouche. Ses lèvres sont toujours aussi douces et des souvenirs intenses me reviennent tels des flashes à leur contact.

– À très vite, mon amour.

Je me surprends à sortir cette phrase que je n’aurais jamais pensé dire un jour, même à Bettina. L’amour prend un tout autre sens pour moi désormais. J’en ai découvert le secret, l’essence même. Je remets son masque à Kay, l’observe une dernière fois, puis rejoints l’infirmière. On m’effectue une transfusion pour combler le sang que j’ai donné à Kay.

Kuba m’attendait dans le couloir. Je suis surpris de le trouver encore là.

– Kuba, je … je voulais te dire merci pour tout. Si nos chemins ne s’étaient pas croisés ce soir, je ne sais pas comment j’aurais fait. J’aurais peut-être laissé Kay à son propre sort. Rien que d’y penser, ça me dégoûte.

– Pas de soucis mon ami. Les infirmiers m’ont dit que l’état de Kay était beaucoup plus stable. Il va s’en sortir. Viens, je vais te ramener, tu pourras revenir le voir demain matin.

– Ok. Avant ça, j’aimerais qu’on laisse un mot de ma part à Kay. Car je dois repartir chez moi demain, malheureusement.

Je griffonne quelques mots sur un bout de papier rapidement : « Kay, je suis désolé d’avoir mis tout ce temps à revenir vers toi. Je t’ai abandonné comme un lâche. Je ne sais pas si tu te souviendras de nos retrouvailles en te réveillant, mais sache que si c’est le cas, tu n’as pas rêvé. J’étais bien là, à tes côtés. Je serai de retour à Düsseldorf la semaine prochaine, Samedi matin, à la gare. Je dois rentrer chez moi par obligation. Voici mon numéro si tu veux me contacter en attendant. Tu m’y attendras si tu le souhaites. En tout cas, moi j’y serai. Je t’aime. Marc. »

J’adresse mon mot à l’infirmière qui s’est occupée de moi, et lui demande de me promettre de le remettre à Kay à son réveil. J’aimerais tellement rester jusqu’à son réveil. Seulement je dois être de retour demain à la caserne. Ma petite période de repos prend fin et mon fils m’attend.

Kuba me ramène à ma voiture dans le centre-ville de Düsseldorf. Avant de le quitter, je le remercie de nouveau pour son aide précieuse et prend son numéro pour garder contact avec lui. Je retourne à l’hôtel mais décide de ne pas me rendormir. De toute manière je sais très bien que je ne retrouverai pas le sommeil. Je range mes affaires, paye ma chambre et repart aussitôt à la maison. Quand je traverse le pont qui surplombe le Rhin et que je quitte Düsseldorf, je regarde une dernière fois en direction de la ville illuminée, de l’hôpital, de Kay.

Puis j’attrape la photo de nous deux que j’ai retrouvée dans son appartement précédent et la contemple en conduisant.

– Kay, si tu as vraiment envie de me donner une seconde chance malgré le mal que j’ai fait, alors j’espère tu seras là Samedi prochain.

Musique du Chapitre

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4 réflexions au sujet de « Free Fall : Renaissance – Chapitre 7 (Version Française) »

  1. Martyne

    waouh d’enfer le chapitre 7, j’adore!
    et même si j’ai trouvé le film « ligne d’eau » plutôt mauvais, un peu comme une pâle copie de free fall avec des clichés à hurler de rire, surtout par rapport à la mère de Kuba… cependant j’ai bien aimé que tu fasses apparaître un bout de ce film dans ce chapitre.

    en attendant j’ai lu « nocturne » c’est la première fois que je lis ce genre d’histoire et en tout cas j’y retrouve le rythme et le suspens que j’apprécie dans tes écrits. Donc j’ai bien adhéré aussi.

    courage pour tes multiples activités et au plaisir de lire les suites
    Martine

    Répondre
  2. MaryMoon

    ooohhhhhhh, il faut que Kay soit là « samedi prochain »!!!! :p j’aime toujours autant!!! je les aime ces deux là, et encore merci de prolonger leur histoire!!! 🙂

    Répondre
  3. SL

    Comme beaucoup j’ai adoré le film mais j’ai été affreusement frustrée par la fin alors quelle ne fut pas ma joie de découvrir ta fanfic un peu par hasard.
    Alors merci, merci,merci 🙂

    PS: j’espère que ça ne te dérange pas mais je le suis permis de faire de la pub sur le site mixde plaisirs (c’est un fofo dédié aux romances M/M, principalement les livres, mais on y trouve aussi des films).

    Vivement le chapitre 8

    Répondre

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