Archives mensuelles : mars 2014

Mon avis sur le film Summer Storm / SommerSturm

Sommersturm

Titre original : SommerSturm
Date de sortie France : 29 Juin 2005
Date de sortie (Allemagne) : 02 Septembre 2004
Réalisé par : Marco Kreuzpaintner
Avec : Robert Stadlober, Kostja Ullmann, Alicja Bachleda-Curus, Hanno Koffler, Tristano Casanova, Miriam Morgenstern, Marlon Kittel
Nationalité(s) : Allemand
Genre(s) : Drame, Romance
Durée : 1h42

Synopsis : Tobi et Achim sont copains depuis des années. L’un barreur, l’autre rameur dans une équipe d’aviron, ils vont disputer la plus grande régate de la région. Lorsque le flirt d’Achim et Sandra devient sérieux, Tobi comprend que ses sentiments pour Achim sont plus que de l’amitié. Arrive alors dans la compétition une équipe de jeunes homosexuels athlétiques qui affichent fièrement leurs tendances. Tobi et ses camarades sont forcés de revoir leurs préjugés, leurs craintes, et leurs secrètes attirances. Au fur et à mesure que la tension monte, une confrontation entre les jeunes gens devient inévitable, en même temps qu’une violente tempête menace d’éclater sur le lac …

Bande-Annonce

Mon avis : Après avoir vu l’excellent film allemand Free Fall / Freier Fall de Stephan Lacant, qui, comme vous le savez, m’a inspiré pour en écrire une petite suite, j’étais en quête d’un nouveau métrage à me mettre sous la dent, dans la même veine ! C’est après quelques recherches sur l’acteur Hanno Koffler, mon nouveau chouchou, qui jouait Marc Borgmann dans Free Fall, que j’ai entendu parler de Summer Storm / SommerSturm (littéralement Tempête d’Été).

Un film qui fête en 2014 ses dix années d’existence ! Que dire, à part que j’ai littéralement adoré ! C’est véritablement un beau petit film très sympathique, sans aucune prétention. À part celle de nous montrer à quel point nos vies peuvent être chamboulées sur une petite période de temps suite à des événements soudains.

À la lecture du synopsis, je m’attendais vraiment à ce que l’histoire ne tourne qu’autour du duo Tobi / Achim et que ça en devienne lassant, mais au final, pas du tout ! Le film est beaucoup plus large que ça et s’intéresse vraiment à tous les personnages présentés : bien sûr la relation Tobi / Achim, mais aussi leurs flirts respectifs, Sandra et Anke. Chacun se pose de questions sur l’avenir de leurs relations. Il y a aussi Georg, qui voit d’un mauvais oeil l’arrivée des Queer, une équipe d’aviron ouvertement gay. Pourtant, le capitaine de l’équipe, le sexy Malte (joué par Hanno Koffler hé hé) va le chambouler un peu. Ou encore Leo qui va aider Tobi à prendre conscience de son orientation et à l’affirmer. Tous ces personnages mêlés les uns aux autres vont créer des histoires et des retournements inattendus et savoureux !

Le film nous rappellera à tous ces périodes de jeunesse où nous étions avec les amis, où nous nous posions tous tant de questions sur nous-même. Ce moment de l’adolescence où on se cherche, où on ne sait pas vraiment qui on est, ce qui nous attire vraiment. Même si certaines choses nous paraissent évidentes au premier abord (« jamais je ne tomberai amoureux d’un mec/d’une fille »), au fond de nous ce n’est pas aussi simple. On a tous eu au moins des attirances, des pulsions ou une excitation pour l’autre sexe, qu’on soit hétéro ou gay. Seulement certains le nieront en bloc car ils en auront honte.

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La mise en scène du film est très douce, délicate. On est vraiment dans l’instant présent, les émotions, plutôt que dans l’action. La réalisation est accompagnée de superbes musiques composées par Niki Reiser. À cela s’ajoutent des morceaux de divers artistes qui collent parfaitement aux scènes, notamment les excellents groupes américains Nada Surf et VAST. J’ai trouvé que la scène la plus touchante était celle qui réunissait Tobi et Leo dans le refuge, avec le titre Flames de VAST (voir plus bas pour l’écouter).

Concernant la fin, sans rien dévoiler, ouf, elle est bien moins frustrante que Free Fall ! Elle est très naturelle et ne tombe pas dans la romance stupide, et c’est tant mieux. Bref, Summer Storm est un très joli film gay-friendly que je conseille à tous ceux qui veulent passer un doux moment !

Pour finir cette critique, laissez-vous emporter par l’extrême beauté de cette musique de VAST présente dans le film, vous ne le regretterez pas ! Je dois vous avouer quelque chose : cette musique m’a fait pleurer … Et c’est assez rare !

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Free Fall : Renaissance – Chapitre 3 (Version Française)

Free Fall 2 : Renaissance – Chapitre 3

Voici le chapitre 3 de ma suite au film Free Fall / Freier Fall ! J’espère qu’il vous plaira ! Un évènement inattendu attend Marc et cela risque de bouleverser un peu sa vie quotidienne.

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Je sens des mains douces remonter le long de mes hanches, caresser mon dos, puis m’enlacer. Je me retourne et contemple les yeux couleur bleue des mers de chine de Kay. Il m’adresse ce sourire angélique qu’il sait si bien faire. Je lui souris à mon tour et approche mon visage du sien. Je l’embrasse passionnément. Ses mains se posent sur mes joues. Je les sers tellement fort, comme si je ne voulais jamais les quitter. Il dépose un doux baiser sur le lobe de mon oreille gauche. Je succombe à son appel. Je l’enlace, je le prends dans mes bras. La chaleur de son corps nu réchauffe le mien.

Il pose sa tête au creux de mes épaules. Je lui embrasse le front délicatement. Notre étreinte dure quelques minutes, mais j’ai l’impression d’avoir perdu la notion de temps. J’aimerais rester avec Kay dans cette sphère paisible pour l’éternité.

Soudain, Kay relève sa tête et me regarde de son air innocent mais pourtant si malicieux. Sa voix sucrée effleure mes oreilles :

– Tu n’as jamais pensé à te casser quelque part ? Recommencer à zéro ?

Je le regarde avec un léger doute.

– Mais c’est ce que j’ai fait non ?

– Alors pourquoi nous ne sommes pas ensemble Marc ? Où es-tu ? Viens me chercher. Ne me laisse plus seul, dans les ténèbres.

Je me réveille brusquement, recouvert de sueur. Je respire difficilement.

– Kay … ? Kay !!! crie-je en vérifiant les draps à côté de moi.

C’est seulement au bout de plusieurs secondes que je me rends compte que je sors d’un rêve. Tout ça avait l’air si réel. Pourquoi me suis-je réveillé ? J’aurais voulu rester là avec lui encore et encore. Je n’en peux plus et je craque. Des larmes commencent à inonder mes joues.

– Kay … je balbutie en pleurant.

Je vérifie à nouveau mon lit, dans un fol espoir que Kay ait bien été présent. Mais il n’y a rien ni personne. Juste le vide laissé par Kay.

– Merde ! je hurle en lançant un coussin à travers la pièce.

À partir de cet instant, il n’est clairement plus possible de me rendormir. Ce rêve si doux mais si dur hante mon esprit. Je jette un œil à mon réveil : il est 3h50. Comme je tourne en rond depuis dix minutes, je décide d’enfiler rapidement un pantalon de sport et un sweat. J’attrape une serviette et mon maillot de bain que je fourre dans un sac, puis je sors de mon appartement. Je traverse aussi discrètement que possible la cour, puis rejoints le grand bâtiment où est située la piscine de la caserne.

Il est normalement interdit d’y aller la nuit, mais à cette heure, je ne risque pas de me faire prendre. Je me déshabille, enfile mon maillot de bain, puis me plonge doucement dans l’eau tiède. Cela me fait un bien fou. Je sens mes muscles se décontracter, se détendre. Je prends une grande inspiration puis j’effectue quelques longueurs à la brasse. Enfin, je décide de simplement me mettre sur le dos, comme si j’étais allongé sur l’eau, puis me laisse porter par le courant. Mes oreilles sont dans l’eau et je n’entends plus rien hormis les bruits aquatiques. Quel calme. Je ferme mes yeux. Je repense à la fois où Kay et moi avions fait les fous dans la piscine. Juste après notre brimade par Werner Brandt. C’est vraiment là que nous avions commencé à nous lier d’amitié. Sacré Kay. Il était toujours prêt à enfreindre les règles. Il se fichait bien d’être attrapé ou de ce qu’on aurait pu lui dire. Il savait pimenter sa vie, être insouciant, ouvrir son cœur en grand. Mon exact opposé. Tout l’inverse de moi. Je crois que c’est pour ça qu’il m’a attiré dès le départ.

Je me fonds dans ces pensées paisibles et me laisse aller au fil de l’eau. J’ignore combien de temps je reste ainsi, mais au bout d’un moment je me décide à rentrer à l’appartement avant qu’on ne me prenne sur le fait accompli. Certains officiers arrivent assez tôt à la caserne. Je sors de l’eau, me sèche, me rhabille puis regagne l’appartement.

Jusqu’au petit matin, je lis un bouquin et je regarde la télé. Vers 9h15, je rejoins la caserne pour partir en mission. Aujourd’hui, nous couvrons de nouveau l’événement culturel de la veille. Tout se passe bien.

En fin d’après-midi, alors que nous nous apprêtons à rentrer à la caserne, nous recevons un appel urgent du poste central nous annonçant que des débordements ont lieu dans la banlieue chaude d’une ville voisine. Nous sommes tous réquisitionnés, ainsi que d’autres unités proches des lieux, afin d’intervenir rapidement.

– Merde, lance Matthias sur un ton ironique. Moi qui pensait rentrer tranquillement ce soir !

– La ferme, Pfeiffer, peste Werner Brandt. Contente-toi de suivre les ordres !

Je maudits intérieurement cette mission de dernière minute, car Bettina m’a donné rendez-vous ce soir, et j’ai laissé mon portable à la caserne. Impossible de la prévenir.

– Merde, je murmure en silence.

Sur place, c’est le chaos. Visiblement, un large groupe de casseurs a décidé d’en découdre avec la police. Il nous faut plusieurs heures avant de rétablir le calme. À un moment donné, perdu dans mes pensées, je ne fais pas attention à un jeune qui fonce sur moi avec une batte de baseball dans la main. Je reçois un coup à l’épaule droite. Je me retourne aussitôt et aperçois la batte se diriger en plein sur mon visage. Heureusement, Matthias arrive à temps et se jette sur le forcené, le bloquant au sol puis le menottant.

– Merci … je murmure à Matthias.

– Qu’est-ce qui t’arrive mec, ressaisis-toi, on est pas en balade là !

– Promis.

Quand la mission se termine enfin et que nous rentrons, il est près de 23h30. Je sors du camion anti-émeute en courant et retire mon équipement en toute hâte dans les vestiaires. Je ne prends pas de douche et fonce directement vers ma Golf.

J’arrive à la maison vers minuit. Je sonne à la porte mais personne ne répond. Pourtant je vois de la lumière à travers la vitre. J’ouvre machinalement la porte.

– Bettina ? je crie.

Aucune réponse. Quand j’arrive dans le salon, je découvre Max dans son landau. Celui-ci est déjà tout prêt, comme s’il était sur le point d’être emmené. Un sac d’affaires est posé juste à côté. Je jette un œil rapidement dans toutes les pièces, mais aucune trace de Bettina. Je reviens vers Max qui commence à s’agiter et le prend dans mes bras.

– Alors mon bébé. Chut. Là.

Je le berce quelques instants, l’embrasse, puis le replace dans son landau. C’est en le repositionnant que je découvre une enveloppe de la part de Bettina sur le canapé. Je l’attrape et y trouve une lettre :

– « Marc … Je ne peux plus continuer comme ça. J’ai essayé de résister autant que j’ai pu, de tenir bon, mais je suis arrivé au bout de mes limites. J’aime Max de tout mon cœur, mais avec notre rupture quelque chose s’est brisé. Max est notre fils. Je voulais que nous l’élevions ensemble. J’avais tellement de rêves. Et ils se sont tous effondrés. Je ne vais pas épiloguer longtemps … Je te confie la garde de Max. Je ne peux pas élever un enfant qui n’aura jamais son père à ses côtés. Je suis désolée, Marc. Ce n’est pas l’idée que je m’étais faite de la famille. Je ne supporte plus d’être seule avec lui. N’essaye pas de me faire changer d’avis. Ne m’attend pas. Je ne reviendrai pas avant plusieurs jours. J’espère que tu comprendras. Bettina. »

– Merde, je hurle en lançant sa lettre à travers la pièce.

Comment pouvait-elle me faire ça ? Je sens la colère m’envahir. Bien évidemment, je serais le plus heureux des pères si je pouvais avoir Max, mais je vis dans une caserne, dans un petit appartement. Est-ce un lieu vraiment approprié pour élever un enfant ? A-t-elle pensé à tout cela ?

J’entends Max qui se met à pleurer. Je le prends dans mes bras pour le réconforter et il se calme peu à peu. Des larmes commencent aussi à se répandre sur mes joues.

– T’inquiètes pas petit bonhomme, papa sera toujours là pour toi. Je ne te laisserai jamais tomber, je lui susurre à l’oreille.

J’attrape l’enveloppe de Bettina et y découvre une liasse de billets accompagnée d’un petit mot : «Marc, voici tout l’argent que tu m’as envoyé depuis notre rupture, et un peu plus. Je ne l’ai jamais utilisé. J’espère que ça t’aidera. Bettina. ». Elle croit vraiment que l’argent réglera tout ? Ça m’aidera, mais ça n’arrangera pas tout.

Je n’ai plus rien à faire ici. Je replace Max dans son landau. Je passe de pièce en pièce et ferme toutes les lumières ainsi que les volets. Quand je reviens vers Max, celui-ci s’est paisiblement endormi. J’emporte son landau ainsi que plusieurs boites de lait en poudre et des biberons. Enfin, je referme à clef à la maison et m’avance de quelques pas.

J’y jette un dernier coup d’œil puis je regarde Max et pour la première fois depuis longtemps, en l’observant, mon visage s’illumine. Je ne sais pas pourquoi, mais j’ai le sentiment qu’une nouvelle vie m’attend. Avancer, ne plus se retourner.

Musique du Chapitre

Free Fall : Renaissance – Chapter 2 (English Version)

Free Fall : Renaissance – Chapter 2

Here is the second chapter of my written sequel to the movie Free Fall =) Happy reading and don’t hesitate to leave me your opinion in the comments or to share 😉

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When I am back at the Task Force quarters, it is around 9am. Although the sun is now fully risen, it is still a little bit cold outside. I get into my apartment and prepare some tea to warm up myself. I then sit down on my sofa and gaze at the barracks square through my bay window. Here and there, numerous members of the Task* are preparing to set out on mission. My apartment is located on the third floor of the building, and overlooks the large inner courtyard of the barracks. I swallow a mouthful of burning tea. I feel its warmth spread in me. I enjoy these few minutes of relaxation before beginning my day to have a look at my cell phone, which I had left here. When I go running, I like to cut myself off everything.

I find a message from Bettina. She is asking me if I can visit her at home tomorrow evening and wants a quick answer. This is obviously pretty urgent, and I am a little bit scared of it, because she never sent me such text messages since our break-up. Generally, when we need to see each other, we prefer to call and plan a meeting some days before, even if our conversations never last very long. Having nothing planned for tomorrow, I confirm her my agreement.

I stay on the sofa some more instants to relax when I suddenly hear someone knock at the door. Surprised, I go open it and find Matthias.

– Hi Marc ! How are you doing ? he exclaims while entering the apartment without being asked to do so.

Matthias Pfeiffer is a friend I made two months ago. He is a 25 years old young man, with short cut blond hair and green eyes. He has a pretty impressive build, which originates from the sport he practices since his earliest childhood, rugby. He had just joined the unit when we met for the first time. In order to welcome Matthias as well as another newcomer, the whole squad went in a bar. This had reminded me the unexpected integration of Kay in the team a few months ago … The unit stays, but the faces change. These two new recruits had arrived to fill the successive departures of Kay and Gregor.

– Not so bad, I answer with a slight smile while closing the door.

 I quickly became friend with Matthias when he had started to reveal me his personal story. His parents abandoned him and his little brother while they were still very young. They were then placed from families to social care institutions. Matthias’ brother, Lukas, was of a frail and timid nature, and homosexual. Therefore, Matthias has always been there to protect and take care of him.

I was deeply affected by his life story, and I felt Matthias was in a position to understand my situation. This is the reason why one month after I met him, I also narrated him my own personal background, apprehensively. It is usually very rare I dare confide in someone. Fortunately, I had the right feeling, because Matthias showed himself very comprehensive, and vowed to keep the secret. Being able to talk about all of this with an outside person did me a world of good and took a weight off me. I opened my door to Matthias and I hope I won’t regret it one day. Because if there’s one thing I’ve learnt with all these months, it’s that police is a very closed-minded and homophobic environment. So I have to hide and preserve myself at all cost.

When I had finished to tell him everything, Matthias asked me if I was gay or straight, if I made a choice. I answered him that I had no idea, that there was probably nothing to choose, just to accept. I never felt an attraction for any other guy except Kay. He was the only one to have ever given rise to such an effect on me. Matthias affirmed me afterwards that love knows no frontier, that homosexuality and heterosexuality are at bottom the same thing. Because love never warns and you can never know when it will strike, and how.

– Let me guess, he says while sitting on the sofa. You’ve been running ?

I answer him by nodding.

– Still no sign of Kay ?

– Still not.

– Sorry dude … But you know, I don’t understand why you stay here, lamenting on your fate. Since I know you, it looks like you try to do everything to forget him, but when I look at you, I only notice one thing.

– Oh really, and what is it ? I ask him on a slightly annoyed tone.

– You’re dying to see him again.

– Stop talking bullshit. Kay left. It’s been three months I’ve not seen him. All is over, I moved on.

– Have you even tried to call him ? he insists.

– Yes, of course I did. When I discovered he had left his apartment and the unit without telling me, I tried to reach him on his phone, but the line was cut. He had changed his number. Listen Matthias, I don’t really want to talk about this …

– Ok, ok, ok, sorry, he apologies while getting on his feet.

– Why are you here anyway ?

– I just wanted to pick you up to go to work together.

– That’s nice. I forgot it’s almost time to leave. So let’s go.

It is 9.30am when we arrive in the barracks’ hall. I come across Britt, one of my colleagues, who was a close friend to Kay. She is consequently aware of the whole story, but, luckily, she held her tongue. She stares at me with a dark gaze. Our relation has become pretty cold. She has probably not liked my behaviour towards Kay or even my family. As long as she doesn’t reveal anything to the others, I don’t wont to offend her. So I avoid as much as I can to stand in her way.

Today, Frank is not here because he has taken some days off. The day passes pretty quickly. We are patrolling until tomorrow in the streets of a nearby town where a cultural event takes place in the open air. At the end of the day, Matthias and I decide to have a drink in a bar.

I go to the counter to order two beers and a bowl of chips for Matthias and I, and then join him.

– Pretty quiet day, huh ? he asks.

– Yeah it was okay, I reply while swallowing a mouthful of beer.

– You seemed a bit weird today. Something’s perturbing you ?

– What makes you say so ?

– It’s only been two months since I know you Marc Borgmann, but your trick of the poker-faced guy who tries to show nothing through doesn’t work with me.

I answer nothing and grab a chips.

– When we get to know you better, we can see quickly that something’s wrong with you. Especially when you’re doing that face, he continues while giggling.

– It’s about Bettina, I admit to him.

– Tell me.

I hesitate a few moments, but I finally decide myself to talk.

– She sent me this text message, in the morning. She wants me to visit her tomorrow evening, but I don’t really know why, and it scares me. I have the feeling something’s going to turn wrong.

– It cannot be worse that what you’ve already gone through.

– True, but, I don’t know … She entrusts Max to me more and more these days. I was lucky if I saw him once every three weeks in the beginning.

– This is the reason why you moved by the way.

– Exactly.

– Listen, don’t worry. You will see what she has to tell you tomorrow, okay ?

– I hope you’re right …

– Moreover, what are you complaining about ? Seriously, how many men who just split up got the chance to continue seeing their child like you ? Bettina could have very well broke off all ties and prevent you from seeing Max.

A feminine voice suddenly starts talking behind Matthias :

– Hey guys, I hope we’re not disturbing you. Lukas told me you were both here, so we decided to join you.

It is Steffi, Matthias’ girlfriend. Lukas, the young brother of Matthias, accompanies her.

– Hello beauty ! he exclaims while getting up from his chair to kiss her. And you, come here little guy ! He takes his brother in his arms then friendly tousle his hair.

We discuss all four quietly around our drinks. At one point, I feel the need to have a smoke outside. When I grab my pack, Lukas calls out to me :

– I come with you ! I’d like to smoke one too.

We both get out in front of the bar, and I offer him one cigarette. I tried to stop smoking some weeks ago, but this task proved itself to be far more complicated than expected. I came to the conclusion it was not the moment for me yet. A feeling of well-being invades me when I inhale my first puff. I look at Lukas. He is a bit taller than his brother, but he has a lean body, not like Matthias. His hair is also brighter.

– So, how is it going at the barracks, he asks me.

– It’s okay. It’s not always simple. The routine if you prefer.

– I see … I know I should not tell you this, but Matthias has talked to me about your story.

– Oh, I answer on a calm tone, whereas I feel upset inside of me by this announcement. I hope he hasn’t told anybody else, I worry to Lukas. I fully trust him. My reputation can be totally destroyed in the space of one day. You don’t know how police works. I was able to see it three months ago.

– No, don’t worry, you secret is well kept, I promise. The only reason why Matthias told me about it is because, as he has probably said to you, I’m gay. And I think he needed to have an external point of view.

– And, what did you say ? I ask while I take a drag on my cigarette.

– Listen … I’m almost ten years younger than you, so frankly I cannot really judge, especially as I’m not involved at all, but … something’s troubling me.

– What is it ?

– Why have you never tried to find Kay again ?

This question destabilizes me so much that I let my cigarette fall on the ground.

– I’m sorry, Marc, I didn’t mean … I didn’t mean to push you around, apologizes Lukas.

– It’s nothing. It’s just … I’m always embarrassed when I hear his name. And it’s difficult for me to talk about it. The wounds are still opened. I try to forget him, you understand. He took his decision, he left.

A few seconds of silence ensue. I decide to break it.

– And, I don’t even know who I am anymore. What I am. I don’t know if I prefer women, or if I like men.

Lukas places his hand on my shoulder and fixes his gaze on me.

– Listen Marc. Maybe you don’t have to choose. In the end, you are still the same. What occurred between you and Kay goes beyond the notion of orientation. Tell yourself that you have not fallen in love with a man, but with a human being. We are all human beings. Why do you want to put yourself in a box at all cost ? You are who you are, you are what you are, and it’s all that matters. Don’t ask yourself more questions. The more you torture your mind with it, the more your life will get complicated. Trust me.

This speech from Lukas strikes me with full force like a cannonball. He was not wrong. I was too tormented. Trapped inside a fog from which I couldn’t extract myself since three months.

Later, when I finally slip under the duvet from my bed, I am unable to help repeating  myself in a continuous loop Lukas’ statements in my head. “Why have you never tried to find Kay again ?”. Never a second this thought had crossed my mind. For me Kay had taken his decision and I had no right to question it, to go back. This was the punishment I had been inflicted, and I had to accept it. I always thought there was no possible expiation. I had to continue alone and get myself back together.

What if I tried to start searching for him ? No, this is totally insane … I will never find him again. I had quickly taken the decision to not catch him up. Because the truth was I realized during our romance that, paradoxically, the more I was getting away from Kay, the more I craved to be by his side. I had to burn the bridges.

I’m so gnawed in my thoughts that I open the bay window of my living room and light a cigarette to have a change of air. The big inner courtyard is calm, peaceful. No sound can be heard.

I think again about all those intimate moments passed with Kay. Plunged into his gaze and his arms, I felt safe, cut from the world, far from my oppressing family. This family which was incessantly trying to infiltrate in my life, which was asking so many questions, which always wanted to know everything. Kay was my secret sanctum. And thanks to him, I no longer had the feeling of suffocating. No, I was breathing.

I finally go back to my bed. As I’m still unable to fall asleep, I decide to put back out the last fragment of Kay I’ve got left. I have not hold it in my hands since more than two months. It is his almost black, navy-blue sweatshirt, which he often wore when we were running. I extract it from my chest of drawers. One day, he lent it to me, and I did not have the chance to give it him back.

I hold it tight against me, I smell its sweet scent. It is as if Kay was by my side once again for a brief moment. I calm down, and without realizing it, I fall in a deep sleep.

Task = Task is a special unit in the German police. It is equal to the CRS in France. The task for which they are best known is crowd and riot control and re-establishment of order.

Chapter’s Song


It took me some time to decide myself on a song. And I finally chose Fly. I’m not specially fan of Hilary Duff, but this song is really superb and the lyrics perfectly fit with this chapter’s idea. That means it is time for Marc to let his torments behind him, and above all, open this part of him he tries to hide. And finally, be positive in order to better move forward.

To see the lyrics : http://www.azlyrics.com/lyrics/hilaryduff/fly.html

Free Fall : Renaissance – Chapitre 2 (Version Française)

Free Fall : Renaissance – Chapitre 2

Voici le deuxième chapitre de ma suite écrite au film Free Fall =) Bonne lecture et n’hésitez pas à me laisser votre avis en commentaire ou à partager 😉

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Lorsque je suis de retour à la caserne, il est environ 9h. Bien que le soleil soit désormais levé, il fait toujours assez frais à l’extérieur. Je rentre dans mon appartement et me prépare du thé afin de me réchauffer, puis je m’assois dans mon canapé et observe la cour extérieure par la baie vitrée. Ici et là, de nombreux membres de la Task s’activent pour partir en mission. Mon appartement est situé au troisième étage de l’immeuble, et surplombe la grande cour intérieure de la caserne. J’avale une gorgée du thé encore brûlant. Je sens sa chaleur m’irradier. Je profite de ces quelques minutes de répit avant de commencer ma journée pour consulter mon portable que j’avais laissé ici. Lorsque je vais courir, j’aime bien me couper de tout.

J’y trouve un message de Bettina. Celle-ci me demande s’il est possible de passer demain soir à la maison et souhaite une confirmation rapidement. Visiblement c’est assez urgent, et cela me fait un peu peur, car elle ne m’a jamais envoyé ce genre de message depuis notre rupture. En général, quand nous avons besoin de nous voir, nous préférons nous appeler, même si nos conversations ne durent jamais très longtemps. N’ayant rien de prévu demain soir, je lui confirme mon accord.

Je reste encore quelques instants à me détendre sur le sofa, quand j’entends quelqu’un frapper à la porte. Surpris, je vais ouvrir et découvre Matthias.

– Salut Marc ! La forme ? s’exclame-t-il en rentrant dans l’appartement sans y avoir été invité.

Matthias Pfeiffer est un ami que je me suis fait il y a deux mois. C’est un jeune homme de 25 ans aux cheveux blonds coupés courts et aux yeux verts. Il possède une carrure assez imposante, qui lui vient du sport qu’il pratique depuis son plus jeune âge, le rubgy. Il venait d’intégrer l’unité quand nous nous sommes rencontrés pour la première fois. Afin d’accueillir Matthias ainsi qu’un autre nouveau venu, tout le commando avait été dans un bar. Cela m’avait rappelé l’intégration inattendue de Kay à l’équipe quelques mois plus tôt … L’unité reste, mais les gens changent. Ces deux nouvelles recrues étaient arrivées pour combler les départs successifs de Kay et de Gregor.

– Ça peut aller, je réponds avec un léger sourire en refermant la porte.

Je m’étais rapidement lié d’amitié avec Matthias quand celui-ci avait commencé à me dévoiler son histoire personnelle. Lui et son frère cadet avaient été abandonnés par leur leurs parents alors qu’ils étaient encore très jeunes, et avaient ensuite été placés de familles en foyers. Le frère de Matthias, Lukas, était homosexuel, et de nature assez fragile et craintive. Matthias avait donc toujours été là pour le protéger et veiller sur lui.

Son histoire m’avait beaucoup touché, et j’ai senti que Matthias était en mesure de comprendre ma situation. C’est pourquoi, un mois après l’avoir rencontré, je lui avais également narré mon propre parcours, non sans crainte. En temps normal, il est très rare que j’ose me confier. J’avais heureusement eu le bon pressentiment, car Matthias s’était montré très compréhensif, et avait juré de garder le secret. Pouvoir parler de tout cela avec une personne extérieure m’avait fait un bien fou et m’avais enlevé un poids. J’avais ouvert ma porte à Matthias et j’espère que je n’aurai pas à le regretter un jour. Car s’il y a bien une chose dont je me suis rendu compte au fil des mois dans la police, c’est que c’est un milieu très fermé d’esprit et homophobe. Alors je dois à tout pris me cacher et me préserver.

Lorsque j’eus terminé de tout lui raconter, Matthias m’avait demandé si j’étais gay ou hétéro, si j’avais fais un choix. Je lui avais répondu que je n’en savais rien, qu’il n’y avait sans doute rien à choisir, juste à accepter. Je n’avais jamais ressenti d’attirance pour un autre homme que Kay. Il était le seul à avoir produit un tel effet sur moi. Il m’avait alors répondu que l’amour n’avait pas de frontière, et que l’homosexualité et l’hétérosexualité n’était au fond que la même chose. Car l’amour ne prévient jamais et qu’on ne sait jamais qui il frappera, et de quelle manière.

– Laisse-moi deviner, dit-il en s’asseyant dans le sofa, tu as été courir ?

Je hoche la tête de haut en bas en signe de réponse.

– Toujours pas de trace de Kay ?

– Toujours pas.

– Désolé, mec … Mais tu sais, je ne comprends pas pourquoi tu restes là à te lamenter. Depuis que je te connais, on dirait que tu essayes de tout faire pour l’oublier, mais quand je te regarde, je n’ai l’impression que d’une chose, s’arrête-t-il.

– Ah oui, et quoi ? je lui demande sur un ton légèrement agacé.

– Que tu meurs d’envie de le revoir.

– Arrête de raconter des conneries. Kay est parti. Ça fait plus de trois mois que je ne l’ai pas revu. Tout est terminé, je suis passé à autre chose.

– Tu n’as même pas essayé de l’appeler ? insiste-t-il.

– Si, bien sûr. Quand j’ai découvert qu’il avait quitté son appartement et l’unité sans me prévenir, j’ai essayé de le joindre sur son téléphone, mais la ligne était coupée. Il avait changé de numéro. Écoute Matthias, je n’ai pas vraiment envie de parler de ça …

– Bon bon bon, désolé, s’excuse-t-il en se relevant du canapé.

– Pourquoi tu es là au fait ?

– J’avais envie de venir te chercher pour partir ensemble à la caserne.

– C’est gentil. C’est vrai qu’il est déjà l’heure de partir. Alors allons-y.

Il est 9h30 quand nous arrivons dans le hall de la caserne. Je croise Britt, une de mes collègues, qui était aussi une amie proche de Kay. Elle est de ce fait au courant de toute l’histoire, mais, heureusement, a su garder sa langue. Elle me dévisage d’un regard sombre. Notre relation est devenue assez froide après tout ceci. Elle n’a sûrement pas dû apprécier mon comportement vis à vis de Kay ou même de ma famille. Tant qu’elle ne révèle rien aux autres, je ne veux surtout pas la froisser, alors j’évite autant que faire se peut de me mettre en travers de sa route.

Aujourd’hui, Frank n’est pas là car il a pris plusieurs jours de congés. La journée se passe plutôt rapidement. Nous sommes de patrouille jusque demain dans les rues d’une ville voisine où a lieu une manifestation culturelle en extérieur. En fin de journée, nous décidons avec Matthias d’aller boire un verre dans un bar.

Je vais au comptoir chercher deux bières ainsi qu’un bol de chips, puis je rejoins Matthias.

– Journée plutôt tranquille, hein ? s’enquiert-il.

– Oui ça peut aller, dis-je en avalant une gorgée de bière.

– Tu avais l’air un peu bizarre aujourd’hui, quelque chose te perturbe ?

– Qu’est-ce qui te faire dire ça ?

– Ça ne fait que deux mois que je te connais Marc Borgmann, mais ton petit manège du mec renfermé qui ne veut rien laisser transparaître ne marche pas avec moi.

Je ne réponds rien et attrape une chips.

– Quand on te connaît mieux, on sait tout de suite que quelque chose ne va pas, surtout quand tu fais cette tête, poursuit-il en pouffant de rire.

– C’est à propos de Bettina, lui avoué-je.

– Raconte-moi.

J’hésite quelques instants, mais je me décide finalement à parler.

– Elle m’a envoyé ce texto, ce matin. Elle veut que je vienne la voir demain soir, mais je ne sais pas vraiment pourquoi, et ça me fait un peu peur. J’ai le pressentiment que quelque chose va mal tourner.

– Ça ne peut pas être pire que ce que tu as déjà vécu.

– C’est vrai, mais, je ne sais pas … Ces derniers temps, elle me confie de plus en plus Max, alors qu’au début j’avais de la chance si je le voyais une fois toutes les trois semaines.

– C’est pour ça que tu avais changé d’appart’ d’ailleurs.

– Exact.

– Écoute, ne te tracasse pas. Tu verras bien ce qu’elle aura à te dire demain, d’accord ?

– J’espère que tu as raison …

– Et puis, de quoi tu te plains ? Sérieusement, combien d’hommes qui viennent de se séparer ont la chance de pouvoir continuer à voir leur enfant comme toi ? Bettina aurait très bien pu couper les ponts définitivement et t’empêcher de voir Max.

Une voix féminine s’élève soudain derrière Matthias :

– Salut les mecs, j’espère qu’on ne vous dérange pas. Lukas m’a dit que vous étiez ici, alors on a décidé de vous rejoindre.

C’est Steffi, la petite amie de Matthias. Elle est venue accompagnée de Lukas, le jeune frère de Matthias.

– Hey, salut beauté, s’exclame-t-il en se levant de sa chaise pour l’embrasser. Et toi, viens ici p’tit mec ! Il serre son frère dans ses bras puis lui chiffonne amicalement les cheveux.

Nous discutons tranquillement tous les quatre autour de nos verres. À un moment donné, l’envie me prend d’aller fumer une cigarette dehors. Quand je sors mon paquet, Lukas m’interpelle :

– Je viens avec toi ! Je m’en grillerais bien une aussi.

Nous sortons tous les deux devant le bar, et je lui offre une cigarette. J’ai essayé d’arrêter de fumer il y a quelques semaines, mais la tâche s’avéra bien plus compliquée que prévu. J’en ai conclu que ce n’était pas encore le moment pour moi. Un sentiment de bien-être m’envahit lorsque j’inspire ma première bouffée. J’observe Lukas. Il est légèrement plus grand que son frère, mais il a un corps fin, contrairement à Matthias. Ses cheveux sont aussi plus clairs.

– Alors, ça se passe bien à la caserne ? me demande Lukas.

– Ça peut aller. Ce n’est pas toujours évident. La routine quoi.

– Je vois … Je sais que je ne devrais peut-être pas te dire ça, mais Matthias m’a un peu parlé de ton histoire.

– Ah, je réponds sur un ton calme, alors qu’au fond de moi je suis un peu agacé par cette nouvelle. J’espère qu’il n’en a parlé à personne d’autre, m’inquiété-je. Je lui fais entièrement confiance. Ma réputation peut être complètement détruite en l’espace d’une journée. Tu ne sais pas comment ça fonctionne dans la police. J’ai pu m’en apercevoir il y a trois mois.

– Non, ne t’inquiètes pas, ton secret est bien gardé. La seule raison pour laquelle Matthias m’a parlé de tout ça, c’est parce que comme il te l’a déjà dit je suis gay, et je pense qu’il avait besoin d’avoir un point de vue externe.

– Et alors, tu lui as dit quoi ? je demande en tirant sur ma cigarette.

– Écoute … j’ai pratiquement dix ans de moins que toi, alors franchement je ne peux pas vraiment juger, surtout que ça ne me concerne pas, mais … quelque chose me chiffonne.

– Quoi donc ?

– Pourquoi tu n’as jamais essayé de retrouver Kay ?

Cette question me déstabilise tant que je laisse tomber ma cigarette au sol par inadvertance.

– Je suis désolé, Marc, je ne voulais pas … je ne voulais pas te brusquer, s’excuse Lukas.

– C’est rien. C’est juste que … je suis toujours gêné quand j’entends son nom. Et j’ai beaucoup de mal à en parler. Je ne suis pas le genre de mec à s’épancher sur ses problèmes personnels. Les plaies sont encore ouvertes. J’essaye de l’oublier, tu comprends ? Il a pris sa décision, il est parti.

Quelques secondes de silence s’ensuivent, que je décide de briser.

– Et puis, je ne sais même plus qui je suis. Ce que je suis. Je ne sais pas si j’aime les femmes, ou si j’aime les hommes.

Lukas pose sa main sur mon épaule et me fixe dans les yeux.

– Écoute Marc. Peut-être que tu n’as pas à choisir. Au fond, tu es toujours le même. Ce qui s’est passé entre toi et Kay dépasse la notion d’orientation. Dis-toi que tu n’es pas tombé amoureux d’un homme, mais d’un être humain. Nous sommes tous des êtres humains. Pourquoi vouloir à tout pris te placer dans une case ? Tu es ce que tu es, tu es qui tu es, et c’est tout ce qui compte. Ne te pose pas plus de questions. Plus tu te tortures l’esprit avec ça, plus ta vie sera compliquée. Crois-moi.

Ce discours de Lukas me frappe de plein fouet comme un boulet de canon. Il n’avait pas tord. J’étais trop tourmenté. Piégé dans un brouillard dont je n’arrivais pas à m’extirper depuis trois mois.

Un peu plus tard, lorsque je me glisse enfin sous les couettes de mon lit, je ne peux m’empêcher de repasser en boucle les déclarations de Lukas dans ma tête. « Pourquoi n’as-tu jamais essayé de retrouver Kay ? ». Jamais une seule seconde cette pensée ne m’avait effleuré l’esprit. Pour moi Kay avait pris sa décision et je n’avais pas le droit de la remettre en cause, de revenir en arrière. C’était le châtiment qu’on m’avait infligé, et je devais l’accepter. J’ai toujours cru qu’il n’y avait pas d’expiation possible. Il fallait continuer seul et me reconstruire.

Et si j’essayais de me lancer à sa recherche ? Non, c’est complètement fou … Je ne le retrouverai jamais. J’avais très vite pris la décision de ne pas le rattraper car la vérité, c’est que je m’étais aperçu que durant notre idylle, paradoxalement, plus je m’éloignais de Kay, plus j’avais envie de le rejoindre et être à ses côtés. Il fallait couper les ponts.

Je suis si tiraillé dans mes pensées que j’ouvre la baie vitrée de mon salon et allume une cigarette pour changer d’air. La grande cour intérieure de la caserne est calme, paisible. On n’entend plus un bruit.

Je repense aux moments intimes passés avec Kay. Plongé dans son regard et dans ses bras, je me sentais en sécurité, coupé du monde, loin de ma famille oppressante. Cette famille qui sans arrêt tentait de s’infiltrer dans ma vie, qui me posait tant de questions, qui voulait toujours tout savoir. Kay était mon jardin secret. Et grâce à lui, je n’avais plus l’impression d’étouffer. Non, je respirais.

Finalement, je regagne mon lit. N’arrivant toujours pas à trouver le sommeil, je décide de ressortir le dernier fragment qu’il me reste de Kay. Je ne l’ai pas eu entre mes mains depuis plus de deux mois. Il s’agit de son sweat bleu marine, qu’il mettait souvent quand nous allions courir. Je l’extirpe d’un tiroir de ma commode. Un jour, il me l’avait prêté, et je n’avais pas eu l’occasion de le lui rendre.

Je le serre contre moi, j’hume son odeur. C’est comme si Kay était de nouveau à mes côtés pour un cours instant. Je m’apaise, et sans m’en rendre compte, le sommeil m’enlace enfin.

* Task = La Task est une unité spéciale de la police Allemande. L’équivalent des CRS en France.

Musique du Chapitre


J’ai mis beaucoup de temps avant de me décider sur une musique. Et j’ai finalement choisi Fly. Je ne suis pas spécialement fan d’Hilary Duff, mais cette musique est vraiment superbe et les paroles correspondent parfaitement à l’idée de ce chapitre. À savoir qu’il est temps pour Marc de laisser ses tourments derrière lui, et surtout, d’ouvrir cette partie en lui qu’il tente de dissimuler. Et au final, positiver pour mieux avancer.

Pour voir les paroles : http://www.azlyrics.com/lyrics/hilaryduff/fly.html

Free Fall : Renaissance – Chapter 1 (English Version)

Free Fall : Renaissance – Chapitre 1

Here is the first chapter of my sequel to Free Fall (Freier Fall), named Renaissance ! Enjoy =) Don’t hesitate to give me your feedback and thoughts about this first chapter. I made the translation from French to English myself. I hope it is ok. If you see some mistakes or strange things, please tell me, so I can improve the translation ^^

Chapter 1

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The morning dew gradually turns as a light fresh mist while the sun rises. The forest is calm, deserted. This is the moment I prefer to go running. But also to change my mind. To forget.

It has been three months since Kay has vanished into nature. Three months since Bettina and I have split up and we are in bad terms. My relationship with Kay has turned my life upside down as never before. Everything has collapsed around me as I was taken in this vicious spiral, in which I threw myself into when I yielded to this consuming passion shared with Kay.

At first, everything was fine, but I knew that soon or later, it would change. Bettina is an intelligent woman, far from being idiot, and she had felt straight from the beginning that something did not turn smoothly anymore with me. I had become too reserved, both on the emotional and physical plan.

I had found myself facing a terrible dilemma : my life with Bettina and my child, or my burgeoning love for Kay. I was not able to make a choice. I was not able to take any decision. As a result, I lost all three.

At the beginning, it had been really hard. I tried to fill Kay’s absence and the frustration of loosing my girlfriend and my son with the help of drugs or getaways in disreputable and obscure places. But all that only brought me illusion and disillusion. And no comfort. I was trying to fill a void that would never leave.

However, life had to go on. Some times after that tragedy, I had to accept it, and, somehow, I drew something positive out of it. My experience with Kay allowed me to greatly move forward and lifted the veil on a part of my personality I didn’t even consider existing. A place, hidden in me, enclosed, rooted in the deepest part of my being. Sometimes, I’m wondering why I never discovered anything before my meeting with Kay. In our society, we are all so molded and put into specific boxes right after our birth that we are rarely given the chance to know who we really are and what we really want to be. Sometimes, you have to wait for the arrival of a guardian angel, a soul mate, to find out. Kay played this role for me. Maybe no one else besides him could have done it if I’d never met him. Was it what they called destiny ?

Kay was the only one to ever have succeeded in unlocking this padlock concealed in me. And I let him escape from me, foolishly thinking that my relationship with Bettina could start again, as if nothing had happened. Actually, our couple shattered the very moment I met Kay, but I was not aware of it back then.

I start to warm up by doing several strides. A few minutes after, I begin my jogging on the beaten path where Kay and I used to run. On this path where so many things happened. I wonder why I still come here, whereas I could very well run somewhere else. I think that, somehow, unconsciously, I hope every day I come here Kay will wait for me, as he did before. But he never comes. And he never will. I cannot hold myself on to this hope from now on.

While I cross a bridge flying over a little river, I am unable to inwardly help thanking Kay for his training. Thanks to him, I was able to improve my endurance at running, which was my biggest weak point and would have caused me to fail at the exam to join the police squad I wanted to be part of. Not only had Kay helped me to catch up with the others, but also, he had helped me to surpass myself. This thought put the smile back on my face for a brief moment.

Bettina and I have decided to put an end to our relation shortly after Kay’s disappearance, because none of us was able to continue in such a way. No matter the efforts we could have done, nothing would have changed. The harm had been done. I therefore left the house where we just moved in, and had no other choice but to take up residence in the barracks. In my former bedroom, where I lived with Kay during our training. It was terrible to end up in this place again, but I had no other solution.

My parents grew apart from me, most likely by shame toward this entire story. As for Bettina’s parents, let’s not talk about it. Honestly, I was not mad at them. I understand that my attitude and my secret affair with Kay could confuse and deeply chock them all. But sometimes, I feel a lot of rage toward them though. Because they never tried to step in my shoes and to understand what I got through.

Fortunately, Bettina authorized me to see our son Max from time to time. We had not judged necessary to bring this entire story before the Court and we came to an amicable agreement. As we were not married yet, things got easier. I didn’t want to cause her more sorrow than I had already done to her and had accepted all her conditions. Given that she had not got back to work yet, I was sending her some money every week in order to help her financially and to raise our child.

But the rare times where we phoned each other, I had this feeling that something was changing in her, as if she was drawing away from everything. These past weeks, she had entrusted Max to me more than usual. She was distancing herself more and more from him. So much that I had to demand my superior, Werner Brandt, to change my accommodation in order to be able to receive my child. Therefore, I ended up in a more spacious apartment somewhere else in the barracks. Fortunately, without paying a penny. I wanted the best for my son. He was all I had left from now on. My anchor in this world.

Luckily, my past relation with Kay remained hidden thanks to Frank, Claudia’s husband. Claudia was Bettina’s sister. Frank was the only one to show a semblance of understanding regarding my situation, and for that I will be forever grateful toward him. Although I was mad with him revealing my hidden affair with Kay in the beginning.

The day that bastard of Gregor Limpinski, member of my unit, also discovered my secret, when I reluctantly admitted to him my relation with Kay, he had badly reacted. So bad he injured me with his truncheon. Without Frank’s intervention, Gregor would have probably beaten me in a fit of rage until I was fully covered with blood. If he had gone that far, I would have done nothing to defend myself. Quite simply because I considered I would have deserved it. It was my punishment. For having let everyone escape around me. For not having told Bettina the truth earlier. For not having preserved our family. For having let Limpinski beat up Kay when he learned he was gay. For not having taken Kay in my arms. For not having protected him from this brute.

Limpinski was immediately dismissed from the unit for serious misconduct. He was transferred to another city. Frank finally decided to report the problem to unit leader Werner Brandt, who threatened to remove Gregor Limpinski from police forever if he revealed anything after his transfer. I never heard of him anymore afterward, and I must admit it took a weight off my mind. I’ve got so many problems to deal with already. Turning other colleagues because of this against me would only have added another burden to my ordeal. And in that case, I think I would have left the unit, not Limpinski. Finally, Gregor’s departure was a calming down for the rest of the team. The relationships between colleagues had improved. A certain tension had disappeared.

It has been one hour now since I go back and forth through the woods. I stop to take a break and drink some water. The place where I am gives onto a nice clearing. This is the very place where Kay and I smoked a joint for the second time. This is also here he had kissed me for the first time, by pretending to share a puff of smoke with me. He told me it was a joke back then, but I immediately knew it wasn’t true. Because, without being aware of it, he had kindled in me the spark, which was going to change everything. This is really what was called playing with fire.

I start again, then continue to run for half an hour. Finally, exhausted, I take my car and go back to the barracks.

Chapter’s Song


I wanted to add this song because I think the lyrics from Wo Bist Du are very beautiful and fit pretty well to the theme of this first chapter, between the attempt to go forward and memories from the past.

Free Fall : Renaissance – Chapitre 1 (Version Française)

Free Fall : Renaissance – Chapitre 1

Voici le premier chapitre de ma suite de Free Fall (Freier Fall), intitulée Renaissance ! Enjoy =) N’hésitez pas à laisser votre feedback !

Chapitre 1

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La rosée matinale se transforme peu à peu en une légère brume fraiche au fur et à mesure que le soleil se lève. La forêt est calme, déserte. C’est le moment que je préfère pour aller courir. Mais aussi pour me changer les idées, pour oublier.

Cela fait désormais trois mois que Kay s’est volatilisé dans la nature. Trois mois que Bettina et moi sommes en froid et que nous sommes séparés. Mon histoire avec Kay a bouleversé ma vie comme jamais. Tout s’est effondré autour de moi tandis que j’étais emporté dans cette spirale infernale, où je me suis moi-même engouffré quand j’ai succombé à cette passion dévorante partagée avec Kay.

Au début tout allait bien, mais je savais que tôt ou tard, cela changerait. Bettina est une femme intelligente, loin d’être idiote, et elle a senti dès le départ que quelque chose ne tournait plus rond avec moi. J’étais devenu trop distant, aussi bien sur le plan émotionnel que physique.

Je m’étais retrouvé face à un dilemme terrible : ma vie avec Bettina et mon enfant, ou mon amour naissant pour Kay. Je n’ai pas su faire de choix. Je n’ai pas su prendre de décision. Résultat : je les ai perdus tous les trois.

Cela été très dur. Au début, J’ai essayé de combler l’absence de Kay et la frustration de perdre ma femme et mon fils à l’aide de la drogue ou d’escapades dans des lieux peu recommandables et obscurs. Mais tout ceci ne m’apportait qu’illusion et désillusion. Et aucun réconfort. J’essayais de combler un vide qui jamais ne partirait.

Néanmoins, la vie devait continuer. Je m’étais fait une raison quelques temps après ce drame, et, d’une certaine manière, j’en ai aussi tiré du positif. Mon expérience avec Kay m’a permis d’aller grandement de l’avant et a levé le voile sur une partie de ma personnalité dont je ne soupçonnais même pas l’existence. Un endroit, caché en moi, clos au plus profond de mon être. Parfois, je me demande pourquoi je n’ai rien découvert avant ma rencontre avec Kay. Dans notre société, nous sommes tous si formatés et mis dans des cases dès la naissance qu’on ne nous laisse que trop rarement la chance de savoir qui nous sommes vraiment et ce que nous voulons vraiment être. Il faut parfois attendre la venue d’un ange gardien, d’une âme-sœur, pour le découvrir. Kay a joué ce rôle pour moi. Peut-être qu’aucun autre que lui n’aurait pu le faire si je ne l’avais jamais rencontré. Est-ce cela, le destin ?

Kay était le seul à avoir réussi à déverrouiller ce cadenas fiché en moi. Et je l’ai laissé m’échapper, pensant bêtement que ma relation avec Bettina pourrait reprendre, comme si rien ne s’était passé. En réalité, notre couple s’est brisé à l’instant même où j’ai rencontré Kay, mais je n’en avais pas encore conscience à ce moment là.

Je commence à m’échauffer en effectuant plusieurs foulées. Puis, quelques minutes après, je débute ma course sur le sentier de terre où Kay et moi avions l’habitude de courir. Sur ce sentier où tant de choses se sont produites. Je me demande pourquoi je continue à venir ici, alors que je pourrais très bien courir ailleurs. Je crois que, quelque part, inconsciemment, j’espère chaque jour où je viens ici que Kay m’attendra, comme autrefois. Mais jamais il ne vient. Et jamais il ne reviendra. Je ne peux plus m’accrocher à cet espoir désormais.

Tandis que je traverse un pont survolant un petit cours d’eau, je ne peux m’empêcher de remercier intérieurement Kay pour son entrainement. C’est grâce à lui si j’ai pu améliorer mon endurance à la course, qui était mon gros point faible et m’aurait valu un refus d’obtention d’examen pour intégrer définitivement l’unité des CRS. Kay m’avait non seulement aidé à rattraper les autres, mais plus encore, il m’avait aidé à me surpasser moi-même. Cela me redonna pour un court instant le sourire.

Bettina et moi avions décidé de mettre fin à notre relation peu après la disparation de Kay, car aucun de nous deux n’était plus en mesure de continuer sur cette voie. Peu importe les efforts que nous aurions pu fournir, cela n’aurait rien changé. Le mal avait été fait. J’étais donc parti de la maison où nous venions tout juste d’emménager, et je n’avais eu d’autre choix que de prendre mes quartiers dans la caserne. Dans mon ancienne chambre où j’avais durant notre formation logé avec Kay. C’était terrible de se retrouver à nouveau dans cet endroit, mais je n’avais pas eu d’autre solution.

Mes parents s’étaient éloignés de moi, sûrement par honte vis à vis de toute cette histoire. Quant aux parents de Bettina, n’en parlons même pas. Honnêtement, je ne leur en veux pas, je comprends que mon attitude et ma relation cachée avec Kay ait tous pu les choquer profondément et les dérouter. Mais parfois j’éprouve quand même de la fureur à leur égard. Car ils n’ont jamais essayé de se mettre dans ma peau et de comprendre ce que j’avais traversé.

Fort heureusement, Bettina m’avait autorisé à voir notre fils Max de temps en temps. Nous n’avions pas jugé nécessaire de porter toute cette histoire devant un tribunal et nous étions arrangés à l’amiable. Comme nous n’étions pas encore mariés, cela avait facilité les choses. Je n’avais pas voulu lui causer plus de peine que je n’avais déjà pu lui en infliger et avait accepté chacune de ses conditions. Étant donné qu’elle n’avait pas encore repris le travail, je lui envoyai toutes les semaines de l’argent afin de l’aider financièrement et à élever notre enfant.

Mais les rares fois où nous nous téléphonions, j’avais ce sentiment que quelque chose changeait en elle, comme si elle se détachait de tout. Ces dernières semaines, elle m’avait bien plus confié Max que d’habitude et prenait de plus en plus de distance vis à vis de celui-ci. Si bien que j’avais dû réclamer à mon supérieur, Werner Brandt, un changement de logement afin de pouvoir accueillir mon fils. Je m’étais donc retrouvé dans un appartement ailleurs dans la caserne, plus spacieux, et, fort heureusement, sans avoir à débourser un centime de plus. Je voulais le meilleur pour mon fils. Il était tout ce qui me restait désormais. Mon ancre dans ce monde.

Par chance, ma relation passée avec Kay a pu rester plus au moins cachée grâce à Frank, le mari de la sœur de Bettina, Claudia. Il est le seul qui a su montrer un semblant de compréhension face à ma situation, et pour cela je lui serai toujours redevable, même si je lui en ai au début voulu d’avoir révélé à Bettina ma relation cachée avec Kay.

Le jour où cet enfoiré de Gregor Limpinski, membre de mon unité, a aussi découvert mon secret, où je lui ai avoué à demi-mot mon aventure avec Kay, il avait très mal réagi, allant jusqu’à me blesser avec sa matraque. Sans l’intervention de Frank, Gregor m’aurait probablement battu jusqu’au sang, de rage. S’il avait été jusque là, je n’aurais rien fait pour me défendre. Tout simplement car je considérais que je méritais cela. C’était ma punition. Pour avoir laissé s’échapper tout le monde autour de moi. Pour ne pas avoir dit la vérité à Bettina plus tôt. Pour ne pas avoir préservé notre famille. Pour avoir laissé Limpinski tabasser Kay quand celui-ci a appris qu’il était gay. Pour ne pas avoir pris Kay dans mes bras. Pour ne pas l’avoir protégé de cette brute.

Limpinski fut aussitôt renvoyé de l’unité pour faute grave suite à notre altercation, et muté dans une autre ville. Frank s’était finalement décidé à rapporter le problème au chef de l’unité, Werner, qui avait menacé de rayer définitivement Gregor Limpinski de la police si celui-ci dévoilait quoi que ce soit après sa mutation. Je n’avais jamais plus entendu parler de lui depuis, et je dois avouer que j’en étais soulagé. J’avais déjà bien assez de problèmes à régler. Me mettre à dos les autres collègues n’aurait fait que rajouter un fardeau de plus à mon calvaire, et je crois qu’alors c’est moi qui aurais quitté l’unité, et non Limpinski. Finalement, le départ de Gregor fut un apaisement pour le reste de l’équipe. Nos liens à tous s’étaient resserrés. Une certaine tension avait disparu.

Cela fait désormais une petite heure que je sillonne les bois. Je m’arrête pour faire une pause et boire un peu d’eau. L’endroit où je me trouve donne sur une jolie clairière. C’est ici-même que Kay m’avait fait fumer un joint pour la deuxième fois. C’est aussi là qu’il m’avait embrassé pour la première fois, en faisant semblant de partager une bouffée de fumée avec moi. Il m’avait alors dit que c’était une blague, mais j’avais tout de suite su que c’était faux, car, sans le savoir, il avait allumé en moi l’étincelle qui allait tout changer. C’était vraiment ce qui s’appelait jouer avec le feu.

Je me remets en route, puis continue de courir pendant une demi-heure. Enfin, épuisé, je reprends la voiture et rentre jusqu’à la caserne.

Musique du Chapitre


J’ai voulu ajouter cette musique car je trouve que les paroles de Wo Bist Du sont très jolies et correspondent plutôt bien au thème de ce premier chapitre, entre tentative d’aller de l’avant et souvenirs.

L’écriture de ma mini-suite pour Free Fall / Freier Fall a débuté !

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Salut tout le monde !

Comme certains d’entre vous le savent, j’ai vu Free Fall du réalisateur Stephan Lacant récemment, et même si j’ai adoré le film de bout en bout, la fin m’a tout de même laissé un sentiment de frustration. Je ne voulais pas voir l’histoire de ces personnages que j’ai tant adoré voir évoluer se terminer sur cette note.

J’avais donc aussitôt décidé d’écrire une mini-suite, surtout pour mon plaisir personnel, mais aussi pourquoi pas pour ceux qui veulent découvrir ce qu’il pourrait bien advenir de Marc Borgmann après la fin du film. Bien évidemment, tout cela sera assez subjectif car écrit pour combler mes attentes et de mon point de vue, et peut-être que quand vous lirez tout ça, vous vous direz que vous aviez imaginé le futur de Marc autrement. C’est ça qui est formidable avec les films, chacun peut interpréter les faits différemment, et notre imagination ne connaît aucune limite.

Bref, tout ça pour vous dire que j’ai débuté l’écriture de cette mini-suite qui se composera de quelques courts chapitres. Le chapitre 1 est terminé et je vais entamer le chapitre 2. Une fois que le 2 sera terminé je les posterai sur mon blog dans une nouvelle section spéciale que je créerai. Le récit sera narré du point de vue interne de Marc, à la première personne au présent, ce qui permettra de plonger en profondeur dans ses émotions et son ressenti.