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Free Fall : Renaissance – Chapitre 5 (Version Française)

Salut ! Voici le Chapitre 5, bien motivé pour l’écrire suite à vos commentaires chaleureux. Hé hé je vous fais languir, mais quand Marc va-t-il enfin revoir Kay ?? Ou peut-être jamais ? Continuez à lire Free Fall : Renaissance pour le savoir 😀

Chapitre 5

PhotoMarc

Contrairement à ce que j’avais imaginé, retrouver la trace de Kay, ou du moins son nouveau lieu de vie, n’avait pas été si compliqué. Un rapide coup d’œil dans les fichiers de la police auxquels j’avais pu avoir accès grâce à un contact interne m’avait appris que Kay avait demandé un transfert dans une ville située à environ 80 kilomètres.

Il me fallut environ deux heures pour la rejoindre. Une fois arrivé non loin de l’adresse obtenue, je me gare dans la rue. J’hésite de très longues minutes avant de sortir. C’est complètement fou. Que vais-je dire à Kay ? Comment va-t-il réagir en me voyant ? J’en tremble rien que d’y penser. La dernière fois que je l’ai vu, je lui ai clairement laissé entendre qu’il était préférable de partir afin d’éviter les ennuis et je l’avais laissé tomber. Jamais il ne pourra me pardonner.

Je réfléchis à toute cette histoire. En réalité, j’ai été un parfait égoïste du début à la fin avec Kay. C’est lui qui s’est toujours plié en quatre pour moi, pour m’aider, pour qu’on vive notre relation secrètement. Et moi en retour je ne lui ai pratiquement jamais exprimé tout l’amour que je ressentais véritablement pour lui. Il avait entièrement raison quand il m’avait dit « Avec toi Marc, c’est toujours moi, moi, moi ». Je n’ai jamais pensé à lui, à ses problèmes, à tout ce qu’il a pu ressentir. D’ailleurs était-il vraiment amoureux de moi ? Peut-être que notre relation était juste physique. Au moins, j’en aurais le cœur net en le voyant. Mais de mon côté je sais que j’ai de forts sentiments pour lui, sinon je ne viendrais pas jusqu’ici.

Lorsque je me décide enfin à sortir de ma Golf, je rejoins l’immeuble où est domicilié Kay. C’est le début de soirée, et j’ose espérer qu’il est chez lui en ce moment. En arrivant devant le bâtiment, je me rends compte qu’il faut un digicode pour rentrer à l’intérieur, et il n’y a pas d’interphone …

– Scheisse.

Je suis bloqué dehors. Il ne me reste plus qu’à retourner dans la voiture en espérant avoir la chance de voir rentrer ou sortir Kay. Au moment où je m’apprête à repartir, une vieille dame me fait signe et vient m’ouvrir la porte.

– Vous venez voir quelqu’un ? me demande-t-elle.

– Bonjour. Oui, je viens voir Kay. Kay Engel.

– Entrez jeune homme, je suis la concierge.

Je pénètre dans le vestibule de l’immeuble.

– Êtes-vous sûr que vous êtes au bon endroit ? Kay a quitté les lieux il y a peu de temps, me dit-elle en se retournant.

Je suis à la fois surpris et terriblement déçu de cette annonce.

– Combien de temps ?

– Environ deux semaines maintenant. Il est parti tellement rapidement, en toute hâte. Si bien qu’il a laissé tout un tas d’affaires, et le propriétaire me tanne pour que son appartement soit débarrassé. Il a laissé beaucoup d’objets personnels, je ne sais pas comment je vais m’y prendre.

– Ça vous dérangerait de me montrer son appartement ?

– Non, pas de problèmes. Suivez-moi.

Nous prenons les escaliers pour arriver au deuxième étage. La vieille dame ouvre la porte de l’appartement.

– Vous avez oublié quelque chose chez lui ?

– Euh, oui, mentis-je, déstabilisé par sa question. Il m’avait emprunté un document dont j’ai besoin en urgence.

– Hé bien, je vous laisse, je vais vérifier que la salle de bain a bien été nettoyée par la femme de ménage et qu’elle est propre pour les premières visites pendant ce temps.

Tandis que la concierge est partie, je me rends dans la chambre de Kay. Tout est ordonné et le lit est fait. Je ne peux m’empêcher de m’asseoir dessus et de respirer les draps tout en passant ma main dessus. J’ai l’impression de sentir la douce odeur de Kay.

Mon regard se porte sur la table de chevet. J’en ouvre le tiroir et y trouve avec surprise une photo abîmée dedans. Je l’attrape et découvre avec émotion un cliché de Kay et moi que nous avions pris lors d’une séance de jogging dans la forêt. Nous sourions et avons l’air heureux. J’avais complètement oublié cette photo. Je lui avais laissée car je ne voulais pas prendre le risque que Bettina la découvre, même si cela n’aurait au final rien changé.

L’émotion monte en moi à la vue de cette belle image, si bien que j’en ai les larmes aux yeux.

Je me lève et rejoins une pièce attenante à la chambre emplie de ténèbres. Quand j’allume la lumière, je découvre avec surprise un endroit rempli de tableaux et de croquis laissés tels quel.

– Jeune homme, votre ami a laissé plusieurs dessins et peintures, comme vous pouvez le voir, me dit la concierge en arrivant sur le pas de la porte de chambre. Ce n’est pas ce que vous cherchez par hasard ?

Surpris dans ma solitude, je sèche discrètement mes larmes et me retourne vers elle.

– De quoi vous parlez ? Euh non, les toiles n’ont aucune importance.

Elle me rejoint et entre dans la pièce.

– Vous avez trouvé ce que vous cherchiez dans ce cas ?

– Non, dis-je en cachant la photo dans une de mes poches arrière.

– Alors c’est peut-être dans cette pièce. Jetez-y quand même un œil.

– C’est Kay qui a créé tout ça ? fais-je avec étonnement.

– En effet.

Je n’avais jamais su que Kay dessinait et peignait. Il ne m’en avait jamais parlé et je n’ai vu aucun tableau dans son précédent appartement où nous avions l’habitude de nous voir. Je suis frappé lorsqu’en regardant plus précisément des esquisses, je m’aperçois qu’elles représentent toutes une figure masculine.

– J’ai un peu discuté avec Kay, il se confiait de temps en temps à moi. C’était quelqu’un de solitaire, avec une nature cachée, m’explique la concierge. D’après ce qu’il m’a expliqué, tous ces tableaux représentent un garçon qu’il a connu, un certain Marc.

Je sens un frisson parcourir mon corps mais n’en laisse rien paraître. Je m’approche alors d’autres toiles et observe de plus près les dessins. Il ne fait plus de doute qu’on reconnaît certains de mes traits dessus.

– Ce qui est étrange, c’est que ce Marc semble si triste sur ces toiles. Comme désabusé, amer, me dit-elle.

– Ou il a le cœur brisé, bafouillé-je.

– Kay ne m’a jamais dit qui était ce Marc.

– Peut-être que c’était juste son modèle ? lancé-je pour me couvrir au cas où la concierge me reconnaitrait à partir des ébauches, je préfère rester discret autant que possible.

La concierge s’approche de moi et me montre du doigt plusieurs croquis.

– Ça a peut-être commencé comme ça, mais ça a pris une autre dimension, m’explique-t-elle. Il suffit de voir comment il a représenté ce Marc. La courbe de son dos. La douceur de sa peau. Il était sous son charme, passait tout son temps à le peindre. Il inspirait chaque coup de pinceau. Je sais que je n’ai pas à me mêler de tout ça, mais j’ai l’impression que Kay était amoureux de ce Marc.

– Mais ils n’étaient pas ensemble, dis-je pour tenter d’effacer les pistes. Kay ne m’a jamais parlé d’un Marc.

– Très franchement, j’ai du mal à y croire. Je ne sais pas, peut-être que Kay voulait que tout ça reste secret. Peut-être qu’ils se sont séparés. La peinture était sans doute le seul moyen qu’avait Kay pour pouvoir vivre cette histoire.

– Mais s’ils s’aimaient comme des dingues, demandé-je, pourquoi Marc l’aurait repoussé alors ?

– Peut-être qu’il y avait une tierce personne ou des gens qui ont empêché que ces deux là soient ensemble. Ou bien Marc pensait ne pas être digne de Kay. Ou les deux.

Je reste muet quelques instants. Jusqu’à ce que je remarque le regard de la concierge qui me dévisage.

– Vous êtes Marc, n’est-ce pas ? me demande-t-elle.

Je me suis trahi moi-même.

– Oui … j’avoue dans un murmure.

– Je l’ai deviné dès que je vous ai vu arriver. Je me disais bien que votre visage me rappelait quelqu’un. Je l’avais vu sur ces croquis à plusieurs reprises.

Je ne sais pas quoi lui répondre.

– Ce n’est pas quelque chose que vous êtes revenu chercher. C’est Kay.

– Et il n’est plus là désormais, je lui réponds, déçu.

Quelques larmes inondent mon visage.

– Je l’aime tellement. Je donnerais n’importe quoi pour le retrouver, dis-je en effleurant un des croquis me représentant dans les bras de Kay, comme si rien ne pouvait nous séparer, comme si nous étions ensemble pour l’éternité, figés dans cette agréable position.

– Je peux peut-être vous aider. Tout ce que je sais, c’est qu’avant de partir, Kay m’a dit qu’il s’en allait pour Düsseldorf, pour fuir le plus loin possible. Pour recommencer à zéro.

– Il ne vous a donné aucune adresse ? je demande en sentant un fol espoir m’envahir.

– Non. Comme je vous l’ai dit, il est parti si vite.

Je reste encore quelques minutes dans l’appartement. Je prends soin de récupérer quelques croquis en souvenir, au cas où je ne reverrais jamais Kay. Je sèche mes larmes et après avoir remercié chaudement la concierge, je quitte l’immeuble.

Dans la rue, je ressors la photo où je suis avec Kay. Pourquoi m’échappes-tu alors que je décide enfin de réparer mon erreur ?

Je m’accroche à mon désir sans faille de revoir Kay. Tant que je ne l’aurais pas retrouvé, je ne baisserai pas les bras. Je rentre dans ma voiture et mets en route mon GPS.

Direction Düsseldorf.

Musique du Chapitre

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