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Mon avis sur le film [●REC]⁴ : Apocalypse

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Titre original : [●REC]⁴ : Apocalypsis
Date de sortie France : 12 Novembre 2014
Date de sortie (Espagne) : 31 Octobre 2014
Réalisé par : Jaume Balagueró
Avec : Manuela Velasco, Paco Manzanedo, Ismael Fritschi, Héctor Colomé, Crispulo Cabezas, María Alfonsa Rosso
Nationalité(s) : Espagnol
Genre(s) : Épouvante, Horreur, Action
Durée : 1h36

Synopsis : Quelques heures après les terribles événements qui ont ravagé le vieil immeuble de Barcelone. Passé le chaos initial, l’armée décide d’intervenir et envoie un groupe d’élite dans l’immeuble pour poser des détonateurs et mettre un terme à ce cauchemar. Mais quelques instants avant l’explosion, les soldats découvrent une ultime survivante : Angela Vidal … Elle est amenée dans un quartier de haute-sécurité pour être mise en quarantaine et isolée du monde afin de subir une batterie de tests médicaux. Un endroit parfait pour la renaissance du Mal … L’Apocalypse peut commencer !

Bande-Annonce

Mon avis : Voici enfin venu l’ultime épisode de la saga REC, initiée en 2007 avec le premier film. Après un REC 3 qui a déçu de très nombreux fans, REC 4 se devait de relever la barre assez haut afin de faire oublier cet aparté raté. Et le pari est réussi !

Je me rappelle encore de la première fois où j’ai vu REC 1 en 2008. Ce film d’horreur venu tout droit d’Espagne, loin des habituels standards américains, a été pour moi une véritable claque. Le film décide d’utiliser le found footage, à l’époque encore balbutiant (les gens se souviennent surtout à ce moment là du projet Blair Witch). C’est à cette même période que commencent alors à arriver toute une flopée de métrages utilisant ce style délicat à maîtriser : Paranormal Activity, Cloverfield et bien d’autres encore, avec plus au moins de réussite.

Néanmoins la particularité de REC, c’est son atmosphère absolument étouffante et stressante, avec une tension qui monte graduellement tout au long du film, tandis que le spectateur découvre éberlué une fin totalement hystérique qui restera dans les mémoires, avec une Tristana Medeiros absolument effrayante.

En 2009 le film suivant a débarqué, et pour moi c’était une suite tout à fait satisfaisante qui a apporté pas mal de réponses par rapport au premier film, et notamment au sujet de l’infection qui se propageait dans l’immeuble, même si certaines questions restaient toujours en suspens. L’horreur laissait un peu plus de place à l’action avec l’arrivée d’un commando armé jusqu’aux dents. À l’issu de ce film, il est annoncé par les co-réalisateurs des 2 premiers opus, Paco Plaza et Jaume Balagueró, que la saga sera clôturée par deux nouveaux films qui ne seront plus réalisés ensemble par le duo, mais plutôt que chacun s’occupera d’une des suites. Paco Plaza sera chargé de REC 3, et Jaume Balagueró de REC 4.

C’est ansi que débarque en 2012 REC 3, énormément attendu par les fans, notamment vis à vis de son titre trompeur « Genesis », à l’époque interprété comme un retour à la source, qui permettrait de comprendre les origines du chaos. Au final, le titre n’est qu’une référence à la « Genèse » dans la Bible et le film n’est ni une préquelle, ni une séquelle à la saga, mais ce qu’on appelle un « sidequel », c’est à dire que le film se passe en même temps que REC 1 et 2. C’est donc une parenthèse apportée à la saga, qui permettait de découvrir de tout nouveaux personnages et un nouveau foyer d’infection. Malheureusement, le film a énormément souffert de la direction prise par son réalisateur, Paco Plaza. Celui-ci a en effet ajouté une dimension comique tout à fait mal venue, s’écartant complètement du ton sombre et angoissant établi avec les deux premiers films. On se retrouve donc plutôt avec une comédie horrifique qu’un véritable film d’horreur. Beaucoup de personnes, moi-compris, se sont senties dupées par cette suite tant escomptées. Néanmoins, il faut dire que le film a tout de même apporté son lot de points positifs : tout d’abord, un rafraîchissement total au niveau de la mise en scène, puisque le found footage a été abandonné au profit d’une réalisation classique, ce qui permet à la franchise un renouvellement bienvenue, plutôt que de se reposer sur ses acquis en terme de mise en scène. De même, les acteurs étaient vraiment tops, à commencer par Laetitia Dolera jouant le rôle principal de la mariée avec quelques séquences d’anthologie, notamment ses scènes à la tronçonneuse. Dans le même ordre idée, certaines réponses étaient de nouveau apportées, notamment le fait que Tristana Medeiros, la « patiente zéro », contrôlait en quelque sorte tous les infectés. Hélas, le film a aussi été gâché par une fin mal menée, atroce, où tout le monde a probablement pensé « What the fuck ?! » car n’apportant absolument rien à la saga. La néant total.

C’est donc avec beaucoup d’appréhension que les adorateurs de REC attendaient cet ultime épisode qu’est REC Apocalypse. Et la patience a été, me concernant, à la hauteur de mes attentes, puisque j’ai retrouvé avec plaisir l’ambiance des deux premiers films. Tout d’abord grâce au début qui permet un come-back dans « l’immeuble » de Barcelone, véritable icône à lui seul de la saga. Mais également grâce au lieu de l’action, un cargo, propice au retour des thèmes essentiels de REC : enfermement (où aller quand vous êtes coincés sur un bateau, entouré par l’immensité de l’océan ?), claustrophobie, environnement inhospitalier, etc.

On retrouve avec une immense joie le personnage clef de la saga, Angela Vidal, qui a enfin pu ressortir de l’immeuble de Barcelone … pour se retrouver de nouveau enfermée sur ce cargo servant de QG à une équipe scientifique de pointe chargée de lui faire passer de nombreux tests afin de vérifier si oui ou non cette dernière est toujours infectée, et surtout trouver un remède à l’infection. Malheureusement, film d’épouvante oblige, tout ne se déroule pas comme prévu, puisqu’un singe ayant servi de cobaye afin de créer ledit vaccin s’échappe, libérant l’infection sur le bateau, ce qui engendre en un rien de temps un chaos sans nom.

Angela se retrouve accompagnée de nouveaux personnages : Guzman, un des soldats l’ayant extraite de l’immeuble, ainsi que son coéquipier Lucas. Une survivante de REC 3 qui permet de faire le lien avec le film précédent est également présente, Anciana, visiblement la mère de Koldo, car si j’ai bien compris, elle dit être la belle-mère de la mariée, alias Clara dans REC 3. Son personnage est véritablement drôle et apporte une touche d’humour, qui, contrairement à REC 3, est parfaitement amenée et permet d’apaiser certains moments de tension. Du côté de l’équipe du cargo, on fait la connaissance du Docteur Ricarte en charge des expérimentations. Il a un rôle prépondérant et ne reculera devant rien pour trouver le remède. Enfin, dernier personnage crucial, Nic, fan des émissions d’Angela Vidal et accessoirement spécialiste informatique qui sera d’une aide précieuse. Les acteurs sont vraiment biens et jouent leurs rôles de manière convaincante

La mise en scène de Jaume Balagueró est très énergique et cet opus, une fois passée la phase nécessaire d’introduction, est clairement orienté action, et on sent que c’est le chapitre le plus ambitieux de la franchise en terme de budget. Globalement le tout est satisfaisant, on est à le fois happé par des scènes de corridors étouffantes, et à la fois « libérés » par des plans extérieurs montrant le bateau et l’océan. Reste quand même que certaines scènes de combat restent difficiles à suivre et parfois mal coordonnées, même si cela ne dure pas forcément longtemps. L’ambiance m’a beaucoup fait pensé au jeu vidéo Resident Evil : Revelations se déroulant lui aussi sur un grand bateau, en l’occurence un bateau de croisière, et ça m’a plu. On retrouve à nouveau quelques scènes d’anthologie comme dans REC 3, notamment Angela et Nic se défendant avec ardeur à l’aide d’un moteur de bateau servant à déchiqueter les infectés.

La musique était assez classique mais collait bien à l’ambiance générale du métrage. Elle n’a pas particulièrement retenu mon attention mais ne m’a pas déçue pour autant non plus.

Pour en revenir aux personnages, quel plaisir de retrouver Angela ! La pauvre se retrouve de nouveau enfermée après avoir été libérée de l’immeuble, et doit se démener pour comprendre où elle se trouve et ce qui se trame, avant que l’horreur ne déferle. En parlant d’horreur, attention, tout comme le 3, à ne pas vous laisser tromper par le titre. Si par « Apocalypse » vous vous attendez à voir les Enfers débarquer sous forme de pandémie sortie de l’immeuble avec une contagion mondiale, vous risquez d’être déçus. À mon sens, le titre « Apocalypse » fait plus référence au fait que ce qui se trouve sur le bateau doit à tout pris y rester afin d’éviter que le chaos ne se répande sur le continent.

Deux autres personnages m’ont beaucoup plus : Ricarte, le chef des scientifiques, qui était vraiment classe, même si un peu enfoiré sur les bords. Et aussi Nic, le fan d’Angela, drôle et sympathique, qui va finir par former un duo aussi improbable qu’irrésistible avec cette dernière. Guzman était un bon personnage aussi en tant que soutien à Angela.

Au niveau de la trame narrative, attendez-vous à quelques surprises, car ce que vous pensez savoir ou croire ne sera pas forcément la vérité, surtout que le réalisateur prend un malin plaisir à instiller le doute jusqu’au bout.

L’équipe scientifique présente sur le bateau permet de répondre à quelques questions laissées en suspens avec les deux premiers films, mais malheureusement cela apporte aussi de nouvelles interrogations, notamment au sujet du Ver, l’origine du Mal. En effet, il n’est pas bien clair si celui-ci est apparu pour la première fois en Tristana Medeiros, ou si cette dernière n’a été qu’un simple hôte comme un autre, à l’instar d’Angela. Si cette hypothèse est vérifiée, cela s’avèrerait assez décevant étant donné que Tristana est présentée depuis le départ comme la « patiente zéro », celle avec qui tout a commencé. Par ailleurs, d’où vient le Ver ? Est-il véritablement d’origine diabolique, la « voix » du démon, comme suggéré auparavant, ou alors une entité extraterrestre, comme le laissaient entendre certaines coupures de journal dans REC 1 ? Dans un sens, le fait qu’aucune véritable affirmation ne soit apportée n’est pas plus mal. Car le propre du fantastique, comme en littérature, n’est-il pas justement de laisser le spectateur douter sur la finalité de l’histoire, à l’instar par exemple des nombreuses nouvelles de Maupassant qui excellait dans ce genre terrifiant et malsain ?

Maintenant la question que vous vous posez, c’est : « Est-ce que le film conclut-il vraiment la saga » ? J’ai lu que beaucoup de gens avaient été déçus à ce sujet. Pour moi ça n’est pas le cas. Sans rien vous dévoiler, le film clôt en beauté les aventures d’Angela qui est quand même le personnage central de la franchise. Le film laisse toutefois une grande part de mystère avec une fin qui permet d’imaginer une ouverture possible pour une suite. Rien de cela n’est prévu à l’ordre du jour, mais Jaume Balagueró et Paco Plaza ont déjà plaisanté à ce sujet. Sait-on jamais ?

Pour conclure, REC 4 a pour moi été un film super, que j’ai adoré regarder. J’avais peur d’être déçu au vu des critiques qui m’avaient été faites, mais au final je l’ai apprécié de bout en bout. Comme quoi il ne faut jamais écouter les autres et les avis pré-conçus ! Je suis assez triste car avec REC 4 une page du cinéma d’horreur se tourne, la saga REC aura pour moi durablement marqué ce genre, et aura brillamment su s’imposer, car qui aurait cru qu’un simple film espagnol, loin des standards hollywoodiens, parviendrait à se muer en franchise s’exportant à l’international ? Un grand merci à Jaume Balagueró et Paco Plaza pour ces moments de frissons et de bonheur. Adieu REC !

P.S. : Si vous souhaitez en apprendre plus sur la saga [REC] (produits dérivés, univers) et avoir des news exclusives à son sujet, notamment les futures sorties DVD / Blu-Ray, je vous invite à vous rendre sur l’excellent blog de mon ami Khalen, qui est entièrement dédié à la franchise, à cette adresse : http://sagarec.wordpress.com. Khalen est toujours bien renseigné, et s’il y a du nouveau sur la franchise, c’est là que vous serez informés en premier lieu !

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