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Free Fall : Renaissance – Chapitre 10 – Chapitre Final (Version Française)

Voilà, l’aventure Free Fall : Renaissance touche à sa fin. Une formidable aventure débutée le 11 Mars 2014, il y a presque un an, date à laquelle j’ai officiellement publié le premier chapitre de ma fiction faisant directement suite au film. Vous êtes très nombreux à avoir attendu la conclusion de cette histoire, moi le premier. Je sais que ça a été très long, car j’ai parfois manqué de temps, et aussi de motivation pour écrire, donc je tiens sincèrement à remercier tous ceux qui ont continué à suivre la publication des chapitres et qui m’ont envoyés de nombreux messages de soutien. Je ne pensais vraiment pas que cette fiction sans prétention obtiendrait un tel succès. Comme je vous l’ai déjà annoncé précédemment, je songe à l’idée de proposer la fiction sous forme d’ebook / livre électronique. Je vous tiendrai informé de l’évolution de la chose, car j’aurai plus de temps à consacrer à cette question maintenant que Free Fall : Renaissance est terminé. Encore un grand merci à tous et bonne lecture !! P.S. : restez connectés Samedi prochain, une dernière petite surprise vous attend.

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Chapitre 10 – Chapitre Final

Cela ne fait que deux jours que j’ai laissé Kay à Düsseldorf, pour autant je n’ai envie que d’une seule chose : le revoir. Si cela ne tenait qu’à moi, je prendrais ma Golf et je le rejoindrais à nouveau pour ne plus le quitter. Malheureusement, même si je beigne dans un bonheur infini car je l’ai enfin retrouvé, je ne peux pas oublier ma vie ici, mon travail et surtout Max.

Au travail, on me complimente, car les gens doivent voir que mon silence et ma tristesse des mois passés se sont mués en une joie et un bonheur que rien ne pourrait arrêter. Tel un adolescent vivant ses premiers amours, je suis sans cesse rivé sur mon portable, en quête du moindre texto de Kay. C’est notre seul moyen pour échanger en plus de nos appels en attendant de pouvoir nous revoir.

– Dis donc, tu es tout le temps fourré sur ton téléphone, me charrie Matthias alors que nous sommes assis dans un fourgon en partance pour une mission. N’oublie pas ton job. Cette manifestation en centre-ville risque bien de dégénérer, ce n’est pas le moment de se déconcentrer.

– Tu as raison, mais je suis tellement excité depuis que j’ai retrouvé Kay, tu n’imagines pas à quel point.

– J’en suis le premier ravi, me dit Matthias, mais il ne faudrait pas que tu te fasses chopper par Brandt. Surtout que tu as été absent de nombreuses fois ces derniers temps. Tu es sur la corde raide.

La manifestation se déroule finalement dans le calme et nous patrouillons le restant de la journée afin d’assurer la sécurité des civils.

Lorsque je rentre au soir, je découvre avec stupéfaction Bettina dans le salon, en train de bercer Max. Lena n’est plus là.

– Je lui ai demandé de partir, annonce calmement Bettina, comme si de rien n’était.

– Tu es revenue du Brésil ?

– Oui, hier.

– Pourquoi tu es là ?

Bettina se lève et se rapproche de moi.

– Écoute Marc. J’aimerais essayer de recoller un peu les morceaux. Je sais que rien ne sera plus comme avant, mais pendant que j’étais au Brésil, je me suis aperçue que j’avais aussi ma part de responsabilité dans toute cette histoire. Je n’ai pas essayé de comprendre ce que tu traversais, car j’étais submergé par la colère et la rage.

Je suis surpris de ce discours.

– Il faut penser au bien-être de notre fils, poursuit-elle.

– Je suis d’accord avec toi sur ce point, et tu le sais déjà.

– On ne sera plus jamais ensemble, mais au moins, on peut essayer de faire en sorte d’entourer Max du mieux que nous pouvons. Je me suis rendue compte que j’ai commis quelque chose d’horrible en le laissant.

– Pourquoi tu es partie ? je demande.

– Je pense que j’ai fait un rejet total suite à cette situation. J’ai fait comme si je pouvais tout oublier, mais c’est impossible. Max est tout autant ton fils qu’il est le mien, donc je me suis dit que tu étais aussi en droit de l’élever. Et de ce que j’ai pu en discuter avec cette Lena, tu as été un père parfait.

Un moment de silence s’en suit.

– J’ai envie de discuter avec toi, de comprendre, finit-elle par dire.

Pour la première fois depuis plusieurs mois, je sens enfin que Bettina est prête à m’écouter, même si je lui en veux énormément d’avoir abandonné Max. Bien sûr, je suis aussi fautif en premier lieu de l’avoir trompée. Nous nous asseyons sur le sofa, et pendant plusieurs heures, je lui raconte de long en large tout mon ressenti, mais également tout ce qui s’est passé depuis son absence, notamment ma recherche de Kay et nos retrouvailles.

– Je ne vais pas dire que je suis heureuse, lance-t-elle, car c’est quand même l’homme qui a brisé notre couple, mais si ça te permet d’avancer et de te sentir mieux, alors je suis au moins contente pour toi.

– Merci Bettina.

Comme elle n’a pas vu Max depuis longtemps, je lui propose de lui confier quelques jours, ce qu’elle accepte avec plaisir. Car, comme elle l’a dit, Max a autant besoin de moi qu’il a besoin d’elle. Cet enfant est issu de notre union, et rien ne pourra changer ça, quelle que soit la situation actuelle.

Étant donné que Max est désormais entre les mains de Bettina, je me concentre le reste de la semaine sur mon travail pour repartir sur de bonnes bases. Je passe chaque soir dans notre ancienne maison afin de rendre visite à Bettina et voir Max. Notre relation, quoique toujours tendue, s’améliore considérablement. J’ai enfin le sentiment que ma vie reprend peu à peu une allure normale, ce que j’aurais cru impossible il y a encore quatre mois. Je suis satisfait d’avoir tenu bon.

Vendredi soir, j’appelle Kay.

– Bonsoir, mon amour.

– Salut toi. Tu viens toujours demain, rassure-moi ?

– Bien entendu !

J’en profite pour lui raconter le retour de Bettina.

– Tu ne peux pas savoir à quel point je suis impatient de te prendre dans mes bras, m’annonce-t-il. Cette semaine sans toi a été la plus longue de ma vie.

– Par contre, j’ai une mauvaise nouvelle. Je ne pourrai arriver qu’en plein milieu de la nuit, je suis désolé. Brandt nous a collé une foutue mission, et je ne peux pas me défiler. La bonne nouvelle, c’est qu’on a notre lundi, donc je pourrai quand même rester deux jours.

Le lendemain soir, je prends le train de nuit pour Düsseldorf. Je suis si pressé que je ne prends pas le temps de me changer. Je pars avec mon uniforme, mon arme de service et ma petite valise déjà préparée. Le train débarque en gare vers 4h30 du matin. Je me dirige aussitôt à pied vers l’appartement de Kay. Lorsque j’arrive devant l’immeuble et que je sonne en bas, aucune réponse. Cela m’inquiète et je suis bloqué. J’appelle sur le portable de Kay mais pas de réponse. Il doit dormir, me dis-je.

Fort heureusement, un groupe de jeunes fêtards légèrement ivres, probablement tout juste sortis de boîte, rentre dans l’immeuble. J’en profite pour m’engouffrer derrière eux. Quand j’arrive devant la porte de l’appartement Kay, je constate avec surprise qu’elle est entrouverte et la serrure défoncée, comme si quelqu’un avait donné un grand coup de pied pour l’ouvrir de force. Je me rue aussitôt à l’intérieur. L’appartement est sans dessus dessous. Il y a eu une lutte ici, c’est indéniable. La peur et l’angoisse m’envahissent aussitôt. Que s’est-il passé ? Où est Kay ? Puis soudain, je repense à ce qu’il m’a expliqué la semaine dernière : Gregor Limpinski l’avait poursuivi pendant plusieurs jours en le harcelant après son départ de l’unité. Ça ne peut être que lui. Je hurle de rage.

Je retrouve à peine Kay qu’on me le reprend aussitôt. J’essaye tant bien que mal de garder mon calme et commence à fouiller l’appartement à la recherche d’indices. Je ne mets pas longtemps à trouver une feuille de papier posée en évidence sur le lit de Kay. Un mot est inscrit dessus avec une écriture brouillonne : Rendez-vous à la Rheinturm. Si tu appelles les flics, je butte Kay. Il s’agit de la grande tour qui sert d’émetteur d’ondes pour la télévision et la radio dans la région de Düsseldorf.

Aucune indication de nom, mais je suis maintenant quasiment certain qu’il s’agit de Limpinski. Le salopard ! Je m’effondre au sol, impuissant. J’hésite un instant à appeler la police, mais je sais pour avoir travaillé avec lui que Gregor n’est pas du genre à plaisanter et qu’il est mentalement instable. Je vais devoir me débrouiller seul. Je me relève. Finalement, je me réjouis d’avoir emporté mon arme de service avec moi, car je ne sais pas ce qui m’attendra là-haut. Tout ce que j’espère, c’est que Kay est sain et sauf et que cet enfoiré ne l’a pas touché. Je ne préfère pas penser qu’il ait pu lui arriver autre chose. Je me demande surtout comment Gregor a réussi à se rendre en haut de la tour avec Kay sans être repéré. Mais s’il a réussi, c’est qu’il doit échafauder son plan depuis longtemps. Il était même au courant que je venais aujourd’hui. C’est logique, je pense. Il espère faire d’une pierre deux coups. Kay croyait être en sécurité, mais Gregor, d’une manière ou d’une autre, l’a retrouvé. Il est prêt à tout pour assouvir sa vengeance.

– Espèce d’enfoiré, je souffle.

Je vérifie mon arme de service, d’un calibre 9mm, et la planque minutieusement derrière mon pantalon. J’ôte ma veste d’uniforme et pique un sweatshirt de Kay que je trouve dans un placard et l’enfile. Je passe le sweatshirt par dessus mon pantalon afin de dissimuler mon arme. Sans attendre, je prends immédiatement la route vers la Rheinturm, en me faisant aussi discret que possible. J’enfile la capuche du sweat sur ma tête. Le temps d’arriver à la Rheinturm, il est à peu près 5h30. Un panneau indique que des travaux de rénovation ont lieu en haut de la tour pour plusieurs jours et que toute activité y est momentanément interrompue. Limpinski a vraiment bien choisi son moment.

Je trouve une porte d’accès à l’arrière de la tour. La serrure de sécurité est explosée. C’est probablement par là qu’a dû passer Gregor. Je me faufile sans un bruit, retire ma capuche et monte quatre à quatre les marches de l’escalier de secours, évitant l’ascenseur pour ne pas être repéré. Je suis épuisé en arrivant en haut, et m’arrête quelques secondes afin de reprendre mon souffle. J’ai peur qu’il soit trop tard. Que Kay soit mort. J’essaye de chasser cette pensée funeste de ma tête et pénètre dans la salle du restaurant panoramique de la Rheinturm, mais il n’y a aucun bruit. L’endroit est plongé dans la pénombre, uniquement éclairé par les lumières de la ville. Pas de signe de vie ici. J’inspecte les étages supérieurs du haut de la tour mais ne trouve rien ni personne non plus. J’en conclus donc que Gregor et Kay se trouvent au dernier niveau relié aux antennes.

J’ouvre délicatement la porte, une main derrière le dos, prêt à saisir mon arme. La pièce, plus étroite que les étages inférieurs, est composée de tours informatiques et remplies de disques durs. Seules les lueurs de la ville viennent éclairer l’endroit en plus des diodes vertes, rouges et bleues des ordinateurs. Je m’engage prudemment dans ce dédale de serveurs semblable à un labyrinthe. Aucun bruit. Et soudain j’entends sa voix grave dans mon dos.

– Alors espèce de sale tapette, tu as osé ramener tes couilles ici, félicitations.

Mes doutes sont confirmés. Je me retourne doucement et découvre avec effroi Gregor Limpinski, un pistolet à la main, directement braqué sur moi. Kay se trouve juste à côté de lui, agenouillé, un sac en tissu noir sur la tête et les mains liées derrière le dos. Il porte un t-shirt blanc tâché de sang.

– Qu’est-ce que tu lui as fait espèce de gros porc ? j’enrage.

Limpinski me lance un regard furieux puis affiche un sourire malsain.

– Tu es venu retrouver ton amant maudit ? C’est bien, vous allez pouvoir vous dire adieu.

Gregor ôte le sac et j’aperçois alors le visage tuméfié de Kay. Sa bouche est bâillonnée, de sorte qu’il ne peut pas parler ou appeler à l’aide. Je suis horrifié de le voir ainsi. Bien plus encore que lorsque je l’ai retrouvé dans ce bar, à moitié mort. Je sens une lumière d’espoir dans ses yeux humides lorsqu’il se rend compte de ma présence. La colère monte aussitôt en moi et j’avance vers Gregor, prêt à en découdre.

– Tssss, arrête-toi, mauvaise idée, maugrée-t-il.

Il braque son flingue sur la tempe de Kay. Je fais aussitôt halte.

– Ne fais pas ça, je t’en supplie, je hurle de désespoir.

Il agite son arme près du visage de Kay. Je vois son corps trembler et une larme couler le long de sa joue.

– Toi et ton copain avez foutu ma carrière en l’air, tu le sais ça ? J’allais être promu. Vous avez tout gâché. Si cette tafiole d’Angel ne s’était pas ramené dans l’unité, rien de tout ça ne serait arrivé.

Je lève les mains délicatement en signe de soumission et m’avance prudemment.

– Il n’est pas trop tard Gregor, tu peux encore te réengager, dis-je en essayant de tempérer la situation. On ne dira rien, je te le promets.

– Tu rigoles j’espère ? Tu crois sérieusement qu’une quelconque unité voudrait de moi ? J’ai été rayé de la liste. N’essaye pas de faire diversion.

– Pourquoi tu fais ça ? Crois-tu vraiment que ça en vaille la peine ?

– Je n’ai plus rien à perdre. Même ma putain de femme m’a quitté. J’ai cogné cette salope. Tout ce qu’il me reste, c’est la vengeance. Je vais vous abattre tous les deux.

Une peur irascible me prend soudain. Perdre Kay, perdre la vie. Hors de question.

– Tu seras pourchassé, traqué, si tu fais ça, je menace afin de le déstabiliser.

– Aucun risque, j’ai tout prévu. Je maquillerai la scène du crime. J’imagine déjà les gros titres : Deux amants maudits se déchirent. Pris de folie, il tue son compagnon et se suicide.

– Tu nages dans un délire total. Tu seras démasqué.

– Trêve de bavardage, il est temps de vous dire adieu. Un dernier mot pour Marc, Kay ?

Gregor lui retire son bâillon. Kay prend une grande inspiration. Je vois de nombreuses larmes commencer à couler sur son visage. Kay prend la parole en ne prêtant même pas attention à Gregor, l’ignorant :

– Marc, je t’aime tellement, prononce-t-il avec difficulté, sans doute pétrifié par la peur et la douleur. Ne tente rien d’impossible pour moi, ok ? Le plus important, c’est qu’on ait pu se retrouver, poursuit-il. Si j’avais dû mourir avant, seul, sans toi, je serais parti malheureux.

Kay fait une pause et toussote.

– Mais je peux mourir en paix sachant que nous sommes à nouveau ensemble. J’aurais dû anticiper que cette sous-merde me retrouverait, finit-il par dire en regardant Gregor d’un regard méprisant en affichant un sourire insolant.

Limpinski lui donne un coup dans le dos, probablement agacé par cette dernière phrase.

– Pathétique, crache Gregor. Je le butte d’abord, après c’est ton tour Borgmann.

Gregor enlève le cran de sûreté.

– Arrête, salopard ! je grogne.

– Ton visage est la dernière chose que j’emporte, me dit Kay avec un sourire.

Je vois le doigt de Limpinski se rapprocher de la détente, impuissant.

– Non ! je crie en extirpant mon arme aussi rapidement que possible, profitant de ce moment crucial d’inattention de Gregor. Je tire une balle dans sa direction. Manque de chance et à cause de la panique, la balle rate sa cible et s’encastre dans un mur.

– Fils de pute, hurle Gregor, en pointant son arme sur moi.

J’ai tout juste le temps de me jeter sur le côté quand il tire. Je perds mon pistolet au passage. La balle percute une vitre de la tour qui vole en éclat. Je me relève aussitôt et ne lui laisse pas le temps d’agir, fonçant droit sur lui. Je le culbute de toutes mes forces, l’emportant vers un mur où son dos se cogne avec violence. Son revolver vole à travers la pièce et s’écrase au sol.

Il m’attrape par les épaules et m’envoie valser sur le côté. Il est beaucoup plus fort que moi. Tandis que je me relève, je me rends compte qu’il se dirige vers son arme. Je ne lui laisse pas l’opportunité d’atteindre son but et me jette sur lui à nouveau. Je lui décoche un coup de poing en pleine figure. Son nez se met à saigner. Il grogne tel un animal et me rend coup pour coup. J’essaye tant bien que mal de parer ses assauts. Il semble pris d’une rage folle.

– Je vais t’éclater, sale raclure ! aboie-t-il.

Je tente de lui envoyer un nouveau coup, mais je m’aperçois qu’on se rapproche dangereusement de la vitre éclatée. Le vide me menace à quelques pas. D’un bref mouvement, je file sur le côté et tente d’abattre mon pied sur la jambe de Gregor afin de le faire chuter, en vain. Je suis à bout de force, déjà épuisé à la base par la montée de la tour. Finalement, il parvient à me plaque contre un mur et agrippe violemment mon cou de ses deux mains, commençant à le serrer mortellement. J’essaye de me défaire de son étreinte mais n’y parvient pas. Même mes jambes ne semblent plus vouloir bouger. Je n’arrive plus à respirer. Ma vision se brouille. Tout est fini. Merde !

J’entends tout à coup la voix de Kay derrière Gregor.

– Hé, connard !

Gregor se retourne, surpris. Il me lâche le cou. Je retombe au sol, à moitié inconscient. Il me faut quelques secondes pour découvrir Kay, debout. Il a profité de notre lutte et de l’inattention de Gregor pour réussir à faire passer ses poings liés sous ses jambes et à récupérer mon arme qu’il tient des deux mains, pointée sur Gregor.

– Tu n’oseras pas tirer, mauviette, dit Gregor avec un rire dérangé tandis que je peine à recouvrer mes esprits. Tu vas me laisser partir, mais je continuerai sans relâche à te traquer. Ce n’est pas fini, crois-moi, menace-t-il.

Kay ne se laisse pas démonter et braque fermement l’arme sur Gregor.

– Je ne plaisante plus.

– Tu auras ma mort sur la conscience, Angel.

Dans une tentative désespérée de s’en sortir, Gregor se jette sans prévenir sur Kay, qui vide aussitôt le chargeur, le criblant de balle. Gregor tombe à genou et regarde ses multiples blessures, le sang commençant à couler. Kay s’approche de lui.

– Oui, j’aurais ta mort sur la conscience sale enfoiré, c’est vrai … mais ça soulage, conclut Kay.

Limpinski s’effondre raide mort au sol. Le silence retombe dans la pièce. C’en est fini.

Kay s’écroule à son tour, à bout de force. Je le rejoins à la hâte et le prend dans mes bras. J’essuie son visage maculé de sang de mes mains.

– Kay, ça va ? Répond-moi !

Il m’adresse un sourire et caresse mon visage.

– Tu m’as sauvé la vie, lui dis-je en pleurant.

– C’était mon tour cette fois, trouve-t-il le courage de chuchoter en plaisantant.

Je l’embrasse et l’aide à se relever.

Je lui demande de s’accrocher à mon épaule afin de lui faciliter la marche. Nous nous rapprochons de la vitre brisée afin de respirer l’air frais.

– Il est arrivé sans prévenir, explique Kay. Je dormais en t’attendant, et il a fait irruption dans l’appartement. J’ai essayé de lutter, mais il m’a assommé. J’ai cru que j’étais en plein cauchemar quand je l’ai vu débarquer. Je pensais en être débarrassé. Mais j’ai surtout eu la plus grande peur de ma vie : ne plus jamais te revoir.

Je le sers dans mes bras pour le réconforter et le laisse verser ses larmes de chagrin.

– Je suis là maintenant, et Gregor ne fera plus jamais de mal à qui que ce soit. Il a eu ce qu’il méritait. Si ce n’était pas lui, alors c’était nous qui serions morts à l’heure qu’il est. Tu as fait ce qu’il fallait. Il s’agissait de légitime défense, on ne sera pas poursuivis. On expliquera tout à la police.

Je pose ma tête contre la sienne.

– J’ai cru que tu étais mort Kay. Quand je suis arrivé dans ton appartement. Quand j’ai couru pour venir ici. Je me suis dit que j’allais arriver trop tard.

– Je savais que tu viendrais, Marc.

Kay relève son visage vers le mien.

– Je t’aime.

– Moi aussi, je lui réponds.

Nous restons collés dans les bras l’un contre l’autre, en essayant d’oublier le traumatisme que nous venons de vivre.

– Désormais plus rien ne pourra nous éloigner. Je te promets de rester à tes côtés pour toujours, Kay. Plus de séparation. On s’installe ensemble, et on démarre une nouvelle vie. On a assez souffert. Tu es d’accord pour me suivre ?

– Plus que jamais, Marc.

Nos lèvres se rapprochent, et nous nous embrassons indéfiniment tandis que le soleil se lève, ses premières lueurs effleurant et réchauffant nos visages.

Nos démons sont à présent derrière nous. Tout ce qui aurait pu entraver notre relation fait parti du passé. Notre amour a surmonté les épreuves difficiles qui se sont mises sur notre chemin, de notre rencontre jusqu’à ce jour.

Un nouveau chapitre nous attend désormais.

Et pour la première fois, je regarde le visage de Kay illuminé par le soleil avec un nouvel espoir.

FIN

Musique du Chapitre

 
Une petite surprise rien que pour vous, un clip vidéo de ma création !

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Free Fall : Renaissance – Chapter 9 (English Version)

Hello my friends ! First of all I would like to wish all of you a very Merry Christmas 🙂 I hope you are spending a marvelous moment with your families and friends. Christmas usually means gifts ! And precisely, I have a beautiful gift to offer you : Chapter 9 of Free Fall : Renaissance 😀 It is really the Chapter I was waiting to be able to write, because it is finally the moment for the true « reunion » of Marc and Kay ! What is going to happen ? Read and discover ^^

Chapter 9

Free Fall Chap 9

Kay and me leave the train station silently. My heart is racing. I still can’t realize he is finally here, for real, by my side. Not somewhere else. Not in an altered state of mind. Not unanimated. He gives me a little look sideways and smiles at me. I answer him by a hidden smile, almost embarrassed.

We walk for several minutes and got to the banks of the Rhine, where we take advantage of the sun to site on a bench facing the river. I was sure it would be necessary for us to speak, at least to explain things to each other, because Kay has probably suffered a lot. He will want to talk about it.

– I never thought I would see you again, Marc, he begins. I had scrapped you after I left. You were the only support I had in the Task and you abandoned me. I know it was not an easy situation for you. You were taken between Bettina, your son, your job, your obligations, and me. Maybe I have asked too much from you, he throws at me. But I was at least hoping to have a shoulder on which to rest a little. Yours.

I feel the weight of responsibility and fault falling on me. He is not wrong. I look at him straight in the eyes.

– Kay, I … it’s true, you’re right. I didn’t know how to get through. I’m gonna be honest with you : I decided to break off all contact because I thought what I was doing was a mistake. That you were just an affair. This is only when Bettina came back that I realized how much I was wrong.

I mark a pause and contemplate the river again. I feel Kay fixing his gaze upon me.

– Why did you come back, Marc ? he asks me.

– I understood it was not only that. That it was so much more. You opened something in me Kay. Something I didn’t know about. You freed the real Marc. My life was so dull, so morose, so monotonous and so uniform. The only thing that motivated me, was to know I was about to be a father. Then you appeared. You changed all that. With you I was feeling myself. But I didn’t handle the situation as I should have. I was incapable of assuming. I didn’t admit things. And finally I have tumbled in free fall. Kay, if only you could know how sorry I am. You were right, when we argued in your apartment. I have only been a careless selfish. I only thought about myself. And when I finally realized all of this, I wanted to come back to you, I went to your apartment, but your were not there. You were gone. Kay, I felt so alone, so lost without you. I realized I loved you. Yes, that I was deeply in love with you. And that I didn’t want to leave you anymore.

Tears reach my eyes again.

– Hey, Marc, says Kay softly to me while taking my hand. The fact that you’re saying me all of this, it’s already resolving a big part of things. Why didn’t you confess all of this to before ?

– I didn’t have the nerve to do it. It was impossible for me at that time.

Kay brushed my face with his fingers. It gives me shivers all around my body.

– I also have something to admit to you, he announces me. I want to apologize too. I asked you too much. In a way, I have also been selfish, because I wanted you only for myself. I didn’t consider the fact that you already had a family. I thought I could reap you from your wife and your son, and it was not fair. I was furious. Furious not to have you by my side every night. I almost screwed up your carrier, because if someone had learnt for the both of us, goodbye the police.

His speech makes a world of good to me, because I feel that an abscess is burst. He gets up from the bench.

– Come, I take you, let’s continue this discussion in my home. I want to be alone with you.

Twenty minutes later, we arrive in the new apartment of Kay, located in the town centre, in a beautiful area. He goes directly to the fridge and grabs two bears, which he uncaps. His apartment possesses a small balcony on which we head. It reminds me the good old time.

– Why did you leave ? I finally dare to ask.

– You forget you are the one who advised me to get away, he answers me with an accusing tone.

– It’s true but … I didn’t think what I was saying.

– Anyway, I didn’t have much choice. As soon as Gregor Limpinski and the others learnt for me, I was fucked up. Gregor has started harassing me. After the little party at your house, he has found me and beaten me up, as you have noticed the last time we have seen each other …

I suddenly feel a lot guilty. I don’t know what to answer. Kay does it for me.

– But it has not stopped there. I have learnt few days later by Britt that he had been fired. For having assaulted you. I had taken a room in a small seedy hotel outside of town. Someone had given him my phone number. First, he called me. He was threatening me, saying that everything was my fault, that if I had not joined the team none of this would have happened. He has clearly made it clear to me that he wanted me dead. He was totally disturbed, crazy. I have shut down my phone line.

This explains why I have not been able to call Kay when I came back in his apartment.

– And I don’t know how, one night, he has found my hotel. He was vociferating outside of my room, completely drunk. I acted like I was not there. The next morning, I have fled somewhere else, hoping he would leave me in peace. I was not really afraid, I was just wishing to forget everything, including you, because it was too hard. Anyhow, no one was able to help me. In this story, I was alone.

I can’t believe it.

– Kay, I am so sorry. I didn’t imagine that this had come to such disproportionate consequences. We had not heard of Gregor anymore after Werner Brandt fired him.

– This is not your fault. So after that, I have moved to a new city. The fact remains that he has, I don’t know how, managed to trace me back. He had the address of my new apartment, and I have been forced to flee in haste, once again. It seemed like he wouldn’t stop until he would be able to destroy me. He shifts all his miseries upon me. So I have decided to go away even further, here, in Düsseldorf. I have not heard of him since two months now, I’m finally free.

Without warning, I seize him and hold him tight in my arms, as to protect him. He plunges his face in my shoulder.

– Kay, I am there now. And I promise I won’t let anyone hurt you from now on.

I take the photograph where we are together out of my pocket and show it to him.

– I’ve been there, I say, in this studio. I didn’t even know you were drawing. I realize I was ignoring so many things about you.

– We ignored a lot of things about each other, he adds. Stuck in our hidden relationship, we didn’t really have the time and opportunity to get to know better each other. Now we will be able to make up for the lost time. Drawing allowed me to keep a fragment of you by my side. But it was just an illusion.

We continue to discuss about everything and nothing, to look back on the good moments of the past, while trying to avoid the bad ones. Then we realize that several hours have passed. It is almost 8pm.

– Come, announces Kay. I invite your for dinner. I’m starving.

– With pleasure.

We go out in an Italian restaurant from town centre. We spend most of the meal to observe each other with knowing glances, as if the last three months where we haven’t seen each other had disappeared from our memories. I feel an unreal joy invading me. All I have ever dreamt of since Kay has gone is happening. I finally find him again, and we laugh together.

After the diner, we head back to Kay’s place. The night has fallen. The atmosphere is calm, serene and relaxing. We go on the balcony to smoke a cigarette. The moon is full.

– Kay, you scared the hell out of me last week, I can’t prevent myself from saying. When I found you in this bar, I really thought you were dead. Why have you done such a thing ?

– I was desperate. I was feeling like my life had no more meaning, no more sense. I have gotten out as I usually did, and I have drunk. Too much. Mixed that with pills. I don’t know what the fuck I was doing. Thanks for saving my life by giving your blood. The entire week I have felt miserable. Pathetic. I have really hesitated to come find you at the railway station. I was ashamed by what you could be thinking.

Kay gets closer to me and nestles in my arms. I feel he needs affection. He who could sometimes seem so detached. I embrace him.

– It’s a fortunate thing that you found me, he continues. Think about it, how many chances was there that you discover me there, at this place ? I think it is fate that has reunited us. If two persons are meant to be together, eventually they find their way back.

– Do you really believe that ? I ask.

– Yes.

– So do I, I admit. When you were not there anymore, it is my faith in you that has helped me resisting against chaos.

I approach my lips near Kay’s and kiss him passionately. He answers my invitation, and I feel both our tongues joining together tastily. My hands go down along his body. I take off his t-shirt, and I feel he is doing the same thing with mine. Little by little, we go back inside the apartment while leaving the doors of the balcony wide opened. We throw ourselves on the bed and remove tenderly the rest of our clothes. No light is opened. Only the moonlight illuminates our naked bodies, stuck against each other. A little breeze fills in the room and the transparent curtains of the balcony’s doors float in the air. The place is plunged in a bluish, nocturnal atmosphere.

I hold Kay so tight against me, I contemplate his eyes and his magnificent body. I don’t want to release him. His soft hands are caressing my legs, my back, my chest and my face, propelling me in a kaleidoscope of unimaginable sensations. I also kiss Kay’s body. I savour every bite, every inch of his porcelain skin. I feel the excitement of my senses rocketing.

We start to make love in a delicate back and forth, full of tenderness. Kay grabs my hand. He gently deposits a delicious kiss over all my fingers. My mouth nibbles and titillates his chest, his nipples, his neck, his cheeks, and his ears. I can’t stop myself from breathing the exquisite perfume of his golden hair. Waves of intense pleasure go throughout our two bodies, both merging and melting into one another.

All notions of time have disappeared, as when we met up again at the train station, and I ignore how many minutes, even hours, lasts our delicious embrace, until we reach the point of no-return where we come together at the same time while kissing each other.

A few moments later, shut-away in our bubble of affection, where we feel like nothing can affect us, we fall asleep peacefully in each other’s arms.

We are awakened the next morning by the first beams of the sun, which come tickle our faces. I realize I am drowsed on Kay’s torso, my hands around his stomach.

– Hello you, he whispers while plunging his hands in my dishevelled hair.

I lift up, approach my face near his and kiss him.

– I feel like I’m waking up in Paradise, I say while smiling.

We stay in the bed lazing one more hour, enjoying the present moment. Then we finally decide to get out of the bed. We take a shower together, the occasion for us to spend a new complicit moment, and for me to admire the beauty of Kay. I massage and wash carefully every part of his body which seems fragile. I feel the deep need to protect him. I discover on his right arm the scar of the transfusion from last week. As to erase a bad memory, I pass my hand over it with some soap.

After having washed and prepared ourselves, we get out to have breakfast outside. We spend the rest of the Sunday in Cologne, near Düsseldorf, to walk, discuss, laugh, as if nothing had changed, as if it was like a first love, innocent and pure. We don’t give a damn about the look people may give on us. We visit the Dom, Cologne’s huge cathedral, and finish the day by going to the beautiful zoo of the city.

Then it is time to come back to Düsseldorf, and for me to go home. On our way back, we remain silent in Kay’s car, hand in hand, because we know that in less than one hour, we will no longer be together until next time. Back at the apartment, I pack my stuff and Kay escorts me to the train station. I feel sadness rising up in me. The kind of sadness that is gut-wrenching when you have to leave a person you care a lot about before a long journey.

– I don’t want to leave, I say silently.

Kay joins me and takes me in his arms. I put my head on his shoulder. I savour this last moment we have left before my departure.

– And me I wish so much that you stay. But you have to leave. Your son is waiting for you.

– I come back next weekend, promised.

– Marc, I have spent two formidable days by your side. I would have never imagined before last week that we would find back together. I had abandoned so much hope that I had forgotten the possibility that it could happen. For me it was just an illusion. I have not even tried to come back to you. Thank your for having had this courage, this strength, to find me. It means a lot to me, more than you can imagine. No one has ever done this for me.

I deposit a kiss on his lips, then get into the train which just arrived. I turn back..

– See you next week, I throw at him.

– Hurry up to come back, he answer with his malicious air.

Then the door closes. When the train starts to move, he shouts at me :

– Pussy !

I laugh and give him a finger. As I move away, I observe him through the window. Little by little, I see his silhouette growing shorter, until he disappears from my sight. I thought I would be terribly unhappy, but I surprise myself to smile, because I know I will see him again very soon. See you in one week, Kay.

Chapter’s Song

Free Fall : Renaissance – Chapitre 9 (Version Française)

Salut les amis ! Tout d’abord je vous souhaite à tous un très joyeux Noël 🙂 J’espère que vous passez un moment merveilleux en compagnie de vos familles et de vos amis. Qui dit Noël, dit cadeaux ! Et justement, j’ai un joli cadeau à vous offrir : le Chapitre 9 de Free Fall : Renaissance 😀 C’est vraiment le Chapitre que j’attendais le plus de pouvoir écrire, car c’est enfin le moment de la vraie « réunnion » de Marc et Kay ! Que va-t-il se passer ? À vous de lire pour le découvrir ^^

Chapitre 9

Free Fall Chap 9

Kay et moi sortons silencieusement de la gare. Mon cœur bat à tout rompre. Je n’arrive toujours pas à réaliser qu’il est enfin là, pour de vrai, à mes côtés. Pas ailleurs. Pas dans un état second. Pas inanimé. Il me lance un petit regard de côté et me souris. Je lui réponds par un sourire dissimulé, presque gêné.

Nous marchons à pied pendant quelques minutes et rejoignons les berges du Rhin, où nous profitons du soleil pour nous installer sur un banc face au fleuve. Je me doutais qu’il serait nécessaire pour nous de discuter, au moins pour s’expliquer, car Kay a dû énormément souffrir. Il voudra en parler.

– Jamais je n’aurais cru te revoir, Marc, débute-t-il. J’avais tiré un trait sur toi après m’être tiré. Tu étais le seul soutien que j’avais dans la Task et tu m’as abandonné. Je sais que ce n’était pas une situation évidente pour toi. Tu étais pris entre moi, Bettina, ton fils, ton boulot, tes obligations. Je t’en ai peut-être trop demandé, me lance-t-il. Mais j’espérais au moins avoir une épaule sur la quelle me reposer un peu. La tienne.

Je sens le poids de la responsabilité et de la faute tomber sur moi. Il n’a pas tord. Je le regarde droit dans les yeux.

– Kay, je … c’est vrai, tu as raison. Je ne savais plus comment m’en sortir. Je vais être franc avec toi : j’ai décidé de couper les ponts car je pensais que ce que je faisais était une erreur. Que tu n’étais qu’une aventure. C’est seulement après que Bettina soit revenue que j’ai réalisé à quel point je m’étais trompé.

Je marque une pause et contemple à nouveau le fleuve. Je sens le regard de Kay posé sur moi.

– Pourquoi tu es revenu, Marc ? me demande-t-il.

– J’ai compris que ce n’était pas que ça. Que c’était bien plus. Tu as ouvert quelque chose en moi, Kay. Quelque chose que je ne connaissais pas. Tu as libéré le vrai Marc. Ma vie était si plate, si morose, si monotone et si uniforme. La seule chose qui me motivait, c’était de savoir que j’allais être père. Puis tu es apparu. Tu as changé tout ça. Avec toi je me sentais moi-même. Mais je n’ai pas géré comme je l’aurais dû. J’ai été incapable d’assumer. Je n’ai pas avoué les choses. Et enfin je suis tombé en chute libre. Kay, si tu savais comme je suis désolé. Tu avais raison, quand nous nous étions engueulés dans ton appartement. Je n’ai été qu’un sale égoïste, je n’ai pensé qu’à moi. Et quand je me suis enfin rendu compte de tout cela, j’ai voulu revenir vers toi, je suis allé à ton appartement, mais tu n’étais plus là. Tu avais disparu. Kay, je me sentais si seul, si perdu sans toi. Je me suis aperçu que je t’aimais. Oui, que j’étais profondément amoureux de toi. Et que je ne voulais plus jamais te quitter.

Les larmes me montent à nouveau aux yeux.

– Hé, Marc, me dit doucement Kay en me prenant la main. Que tu me dises tout ça, ça résout déjà une bonne partie des choses. Pourquoi ne pas m’avoir fait ces aveux avant ?

– Je n’en ai pas eu le courage. C’était impossible pour moi à l’époque.

Kay effleure mon visage avec ses doigts. J’en ai des frissons dans tout le corps.

– Il faut aussi que je t’avoue quelque chose, m’annonce-t-il. Je tiens à m’excuser également. Je t’en ai trop demandé. Dans un sens, j’ai été égoïste aussi, car je ne te voulais rien que pour moi. Je n’ai pas pris en compte le fait que tu avais déjà une famille. Je pensais pouvoir t’arracher à ta femme et à ton fils, et ce n’était pas bien. J’étais furieux. Furieux de ne pas t’avoir chaque soir à mes côtés. J’ai failli faire foirer ta carrière, car si on avait appris pour nous deux, adieu la police.

Son discours me fait le plus grand bien, car j’ai l’impression qu’un abcès se crève enfin. Il se lève du banc.

– Viens, je t’emmène, continuons cette discussion chez moi. Je veux être seul avec toi.

Vingt minutes plus tard, nous nous retrouvons dans le nouvel appartement de Kay, situé en centre-ville, dans un joli quartier. Il va directement vers le frigo et sort deux bières qu’il décapsule. Son appartement possède un petit balcon sur lequel nous nous rendons, ce qui me rappelle le bon vieux temps.

– Pourquoi tu es parti ? j’ose finalement lui demander.

– Tu oublies que c’est toi qui m’a conseillé de me casser, me répond-t-il d’un ton accusateur.

– C’est vrai mais … je ne pensais pas ce que je disais.

– De toute manière, je n’ai pas vraiment eu le choix. Dès que Gregor Limpinski et les autres ont appris pour moi, j’étais grillé. Gregor a commencé à s’acharner sur moi. Après la petite fête chez toi, il m’a trouvé et m’a tabassé, comme tu l’as constaté lors de notre dernière entrevue …

Je me sens soudain énormément coupable. Je ne sais pas quoi répondre. Kay s’en charge.

– Mais ça ne s’est pas arrêté là. J’ai appris quelques jours plus tard par Britt qu’il avait été viré. Pour t’avoir agressé. J’avais pris une chambre dans un petit hôtel miteux en bordure de la ville. Quelqu’un lui a donné mon numéro de portable. D’abord, il m’a appelé. Il me menaçait, me disait que tout était ma faute, que si je n’étais pas arrivé dans l’unité rien de tout ça ne se serait produit. Il m’a clairement fait comprendre qu’il voulait ma mort. Il était complètement dérangé, cinglé. J’ai coupé ma ligne téléphonique.

Cela explique pourquoi je n’ai pas réussi à joindre Kay quand je suis revenu dans son appartement.

– Et je ne sais pas comment, un soir, il a trouvé mon hôtel. Il vociférait à l’extérieur de ma chambre, complètement ivre. J’ai fait comme si je n’étais pas là. Dès le lendemain, j’ai fuit dans une autre ville, en espérant qu’il me laisse en paix. Je n’avais pas vraiment peur, mais je voulais juste tout oublier, toi y compris, car c’était trop dur. De toute manière, personne n’aurait pu me venir en aide. Dans cette histoire, j’étais seul.

Je n’en reviens pas.

– Kay, je suis tellement désolé. Je ne pensais pas que ça avait pris de telles proportions. On n’avait plus entendu parler de Gregor après que Werner Brant l’a viré.

– Ce n’est pas de ta faute. Toujours est-il qu’il a à nouveau, je ne sais comment, réussi à retrouver ma trace. Il avait l’adresse de mon nouvel appartement, et j’ai dû fuir en catastrophe, encore une fois. On aurait dit qu’il ne s’arrêterait pas tant qu’il n’aurait pas eu ma peau. Il rejette tous ses maux sur moi. Alors j’ai décidé de partir encore plus loin, ici, à Düsseldorf. Ça fait environ deux mois que je suis tranquille.

Sans crier gare, je le saisis et le sert fort dans mes bras, comme pour le protéger. Il plonge son visage dans mon épaule.

– Kay, je suis là maintenant. Et je te promets que je ne laisserai plus qui que ce soit te faire du mal désormais.

Je sors la photo où nous sommes ensemble de ma poche et la lui montre.

– J’y suis allé, dans ce studio. Je ne savais même pas que tu dessinais, dis-je en pointant du doigt un croquis accroché au mur. Je me rends compte que j’ignorais beaucoup de choses à ton sujet.

– On ignorait beaucoup de choses l’un sur l’autre, il ajoute. Coincés dans notre relation cachée, nous n’avions pas véritablement le temps et l’opportunité d’apprendre à mieux nous connaître. Maintenant on va pouvoir rattraper le temps perdu. Dessiner me permettait de garder un fragment de toi à mes côtés. Mais ce n’était qu’une illusion.

Nous continuons à discuter de tout et de rien, à nous remémorer les bons moments du passé, en essayant d’éclipser les mauvais. Puis nous nous rendons compte que plusieurs heures se sont écoulées. Il est pratiquement 20h.

– Viens, m’annonce Kay. Je t’invite à dîner. Je meurs de faim.

– Avec plaisir.

Nous sortons dans un restaurant italien du centre-ville. Nous passons la quasi intégralité du repas à nous observer avec des regards complices, comme si les trois mois où nous ne nous sommes pas revus avaient disparu de nos mémoires. Je sens un bien fou m’envahir. Tout ce dont j’ai toujours rêvé depuis que Kay est parti se réalise. Je le retrouve enfin, et nous rions ensemble.

Après le dîner, nous revenons chez Kay. La nuit est tombée. L’ambiance est calme, sereine et reposante. Nous allons sur le balcon fumer une cigarette. La lune est pleine.

– Kay, tu m’as fait très peur, la semaine dernière, je ne peux m’empêcher de lui dire. Quand je t’ai retrouvé dans ce bar, j’ai bien cru que tu étais mort. Pourquoi tu as fait une chose pareille ?

– J’étais désespéré. J’avais l’impression que ma vie n’avait plus aucune signification, plus aucun sens. Je suis sorti comme j’en avais l’habitude, et j’ai bu. Trop bu. Mélangé ça avec des pilules. Je ne sais pas ce qui m’a pris. Merci de m’avoir sauvé la vie en donnant ton sang. Toute cette semaine je me suis senti misérable. Pathétique. J’ai vraiment hésité à venir te retrouver à la gare. J’avais honte de ce que tu aurais pu penser.

Kay se rapproche de moi et se blottit dans mes bras. Je sens qu’il a besoin d’affection. Lui qui pouvait paraître parfois si détaché. Je l’enlace.

– Heureusement que tu m’as retrouvé, poursuit-il. Réfléchis, combien y avait-il de chances que tu me trouves là, à cet endroit ? Je crois que c’est le destin qui nous a réuni. Si deux personnes sont faites pour être ensemble, alors elles se retrouvent.

– Tu le penses vraiment ? je demande.

– Oui.

– Moi aussi, j’avoue. Quand tu n’étais plus là, c’est ma foi en toi qui m’a fait tenir face au chaos.

J’approche mes lèvres de celles de Kay et l’embrasse fougueusement. Il répond à mon appel, et je sens nos deux langues se mêler savoureusement l’une à l’autre. Mes mains descendent le long de son corps. J’ôte son t-shirt, et je sens qu’il fait la même chose avec le mien. Petit à petit, nous retournons à l’intérieur de l’appartement en laissant les portes du balcon grandes ouvertes. Nous nous jetons sur le lit et enlevons délicatement le restant de nos habits. Aucune lumière n’est allumée. Seul le clair de lune illumine nos corps nus, collés l’un contre l’autre. Une petite brise emplit la pièce et les rideaux transparents des portes du balcon se mettent à flotter dans l’air. L’endroit est plongé dans une ambiance bleutée et nocturne.

Je sers tellement fort Kay contre moi, je contemple ses yeux et son corps magnifique. Je ne veux plus le relâcher. Ses mains douces effleurent mes jambes, mon dos, mon torse et mon visage, m’aspirant dans un kaléidoscope de sensations indescriptibles. J’embrasse à mon tour le corps de Kay. Je savoure chaque bouchée, chaque centimètre carré de sa peau de porcelaine. Je sens l’excitation de mes sens grimper en flèche.

Nous commençons à faire l’amour dans un va-et-vient délicat, empli de tendresse. Kay attrape ma main. Il dépose un baiser délicieux sur chacun de mes doigts. Ma bouche mordille et titille son torse, ses tétons, son cou, ses joues puis ses oreilles. Je ne peux m’empêcher d’humer l’odeur exquise de ses cheveux dorés. Des ondes de plaisir intense traversent nos deux corps, qui se mêlent et se fondent l’un en l’autre.

Toute notion de temps a de nouveau disparu, comme lors de nos retrouvailles à la gare, et j’ignore combien de minutes voire d’heures dure notre étreinte savoureuse, jusqu’à ce que nous atteignions le point de paroxysme où nous jouissons au même moment en nous embrassant mutuellement.

Quelques instants plus tard, enfermés dans notre bulle d’affection, où nous avons l’impression que plus rien ne peut nous atteindre, nous nous endormons paisiblement dans les bras l’un de l’autre.

Nous sommes réveillés le lendemain matin par les premières lueurs du soleil qui viennent chatouiller nos visages. Je m’aperçois que je suis assoupi sur le torse de Kay, mes mains enlaçant son ventre.

– Salut toi, me susurre-t-il en plongeant ses mains dans mes cheveux froissés.

Je me relève, m’approche de son visage et l’embrasse.

– J’ai l’impression de me réveiller au Paradis, dis-je en souriant.

Nous restons à barboter au lit une heure de plus, profitant de l’instant présent. Puis nous décidons enfin de nous lever. Nous allons prendre une douche ensemble, l’occasion pour nous de passer un nouveau moment complice, et pour moi d’admirer la beauté de Kay. Je masse et lave délicatement chacune des parties de son corps qui semble fragile. Je ressens le besoin profond de le protéger. Je découvre sur son bras droit la cicatrice de la transfusion de la semaine dernière. Comme pour effacer un mauvais souvenir, je passe ma main dessus avec un peu de savon.

Après nous êtres lavés et préparés, nous sortons prendre le petit déjeuner en extérieur. Nous passons le restant du Dimanche à Cologne, non loin de Düsseldorf, à gambader, à discuter, à rigoler, comme si rien n’avait changé, comme s’il s’agissait d’un premier amour, innocent et pur. Nous nous fichons éperdument du regard que les gens peuvent bien avoir sur nous. Nous visitons le Dom, la grande cathédrale, et nous terminons la journée en nous rendant dans le magnifique zoo de Cologne.

Puis il est l’heure de revenir à Düsseldorf, et pour moi de rentrer. Sur le trajet du retour, nous restons silencieux dans la voiture de Kay, main dans la main, car nous savons que d’ici une heure, nous ne serons plus ensembles. De retour à l’appartement, j’emballe mes affaires et Kay me raccompagne jusqu’à la gare. Je sens la tristesse monter en moi. Le genre de tristesse qui vous prend aux tripes lorsque vous devez quitter une personne à qui vous tenez énormément avant un long voyage.

– Je ne veux pas partir, je souffle.

Kay me rejoint et me prend dans ses bras. Je pose ma tête sur son épaule. Je me délecte de ce dernier instant qu’il nous reste avant mon départ.

– Et moi j’aimerais tellement que tu restes. Mais tu dois partir. Ton fils t’attend.

– Je reviens le weekend prochain, promis.

– Marc, j’ai passé deux jours formidables à tes côtés. Jamais je n’aurais pensé avant la semaine dernière qu’on se retrouverait. Je n’avais tellement plus d’espoir que j’en avais oublié la possibilité que ça se produise. Pour moi ça n’était qu’une illusion. Je n’ai même pas cherché à revenir vers toi. Merci d’avoir eu ce courage, cette force, de me retrouver. Ça a beaucoup de valeur à mes yeux, plus que tu ne peux l’imaginer. Personne n’a jamais fait ça pour moi.

Je dépose un baiser sur ses lèvres, puis grimpe dans le train qui vient d’arriver sur le quais. Une fois monté à l’intérieur, je me retourne vers lui.

– À la semaine prochaine, je lui lance.

– Dépêche toi de revenir, me répond-il de son air malicieux.

Puis la porte se referme. Au moment où le train commence à avancer, il me crie :

– Pussy !

Je rigole et lui fait un doigt d’honneur. Tandis que je m’éloigne, je l’observe à travers le carreau. Petit à petit, je vois sa silhouette rapetisser, jusqu’à disparaître de mon champ de vision. Je pensais être terriblement malheureux, mais je m’étonne à sourire, car je sais que je le reverrai très bientôt. À dans une semaine, Kay.

Musique du Chapitre

Free Fall : Renaissance – Chapter 8 (English Version)

Chapter 8, finally ! A chapter tremendously awaited by a lot of you because it marks the most important turning point in this fanfiction, the very reason why I created it in order to please myself and the others. To compensate a thing that frustrated us all : Free Fall’s ending ! I don’t say you more and I let you discover all of this. Just as a reminder, I still have 2 chapters to publish before it all ends 🙂 Have a good read and gros bisous ❤

10705309_10201679100014341_1481171910_nBeautiful Fanart by Lupera-GER

Chapter 8

After several hours of driving, I come back home totally exhausted. It is about noon when I arrive. I find Lena and my son Max with a great pleasure. After these intense past days, I feel like I need some calm and most importantly some rest, and the fact to be with Max do me a world of good

– He has been very quiet, announces Lena, who is cooking a meal with a succulent smell.

I hold Max in my arms and he does a great smile to me.

– I’m starving !

– So sit down, says Lena while preparing plates.

I’m so hungry that I serve myself up twice. Then, down on my last ounce of strength, I head to my bedroom where I collapse on the bed. I sleep almost all the afternoon. Sunday comes to its end and Lena leaves the place. She will come back tomorrow to take care of Max.

The next morning, I get back to work with difficulty but I am happy to see Matthias again. During one mission outside of the barracks where we are together, I tell him about the last news and announce him that I have found back Kay.

– I am really happy for you buddy, he smiles at me while patting on my shoulder.

On Wednesday evening, we all go have a drink in a pub of the city. Lukas and Lena are also there. Max sleeps peacefully in his pushchair.

I go out have a smoke with Lukas and also inform him about my difficult reunion with Kay.

– I go back to Düsseldorf on Saturday. I hope he will be there.

– If he loves you and still cares for you, he will be, Lukas reassures me. You have still and all made that entire trip to find him while you did not even know where he had gone. He cannot ignore that. A few people would have done the same, Marc.

– I know. But this is also thanks to you and the others. You have all offered such an amazing support that I won’t ever know how to thank you all. You made me aware that I had to move myself.

– And it was worth it. I sincerely think that Kay will be there.

Despite Lukas optimistic words, I don’t receive any call from Kay during the week, which worries me a lot and casts doubt for a while on my will to go back to Düsseldorf. Did the nurse who took care of him hand over my paper ? Or is it maybe Kay who does not wish to hear about me anymore ? But a promise is a promise and I will go to Düsseldorf on Saturday morning.

The rest of the week passes at an incredible speed and I avoid asking myself too many questions. On Friday evening, I am not able to find sleep. The bay windows of my bedroom are wide opened and the curtains are floating in the air. I observe the stars in the cloudless sky, contemplative. I can’t stop to worry myself sick thinking about tomorrow. I’m afraid that Kay won’t be at the meeting. Maybe he hasn’t forgiven me to abandon him. To have been selfish. Maybe he has even someone new into his life. I banish all those negative thoughts from my head as best as I can while trying to be optimistic, but it remains difficult.

Finally, morning rises and now it is not possible to turn away anymore. My destiny is underway. Lena arrives around 7am to keep Max for the whole weekend, as I am not sure when I will be back. I finish packing a small suitcase where I’ve put the necessary things then head towards the living room to say goodbye to my son. When I’m about the leave, Lena joins me.

– Good luck, she whispers to me while kissing me on the forehead. I hope you will find what you’re waiting for.

– Thank you, I say, a bit stressed.

I finally take the car and drive to the train station where I take my train for Düsseldorf. The trip lasts a couple hours during which I stay totally impassive and silent. I think of nothing. I only feel a ball of anxiety intensifying little by little inside me, as the train gets closer to the final destination.

I arrive in the Düsseldorf train station around 11am. I scan the platform as the train slows down to finally stop. I grab my suitcase and get out of the railcar. I stay unmoving on the platform and look around. No Kay to be seen. I start to move forward to join the inside of the train station.

What can I do except waiting ? Maybe Kay has already come, already waited and has already left not seeing me arriving. It is true I was not even able to specify him when I was arriving as I did not have any mean to contact him directly. I should have perhaps taken a train before to arrive early enough. Something I had not thought about.

During long minutes, I stare at the travellers going back and forth. I feel like an intruder in this crowd in movement. Not being at my proper place. Little by little, the train station gets empty, very few trains landing on the platforms. The calm reappears. Being unable to stand still, I get up and start to pace up and down through the building.

I’m losing my time. Kay didn’t come, is not there, and won’t come. How to forgive an idiot such as me, despite all the possible efforts ? How to forgive someone who abandoned you at the moment where you needed support the most ? I ask myself how I would have reacted in Kay’s place.

Lost in my confusion, I don’t notice that I stand rooted alone like an imbecile right in the middle of the strain station. People around me must think I am crazy.

But suddenly, I hear a voice in the distance, behind me. It reaches my hears like an unhoped melody, one that I thought I would never hear again. I immediately recognize this typical, sarcastic tone :

– I didn’t think I would see you again one day.

I only need a fraction of second to recognize Kay’s voice. I turn around, stupefied, stunned, unable to believe it.

He stands there, in front of me, fifteen meters away from me. His face is magnificent, his look angelic, his air fragile. He has a much more beautiful appearance than the one from last week at the hospital.

No word is able to get out of my mouth. We look each other for several seconds. I feel like I face a mirage, or an illusion. But he is really there, I don’t dream, I’m sure of it. I’ve been waiting this moment for months. However I’m afraid of tempting anything. Is he furious ? Will he send me packing ? Whatever.

I let my suitcase fall on the floor. Tears start to trickle on my cheeks. I stagger slowly as a zombie towards him. He launches his usual little lopsided smile at me and begins to walk in my direction too. It puts my mind at rest in one go.

We literally throw in each other arms. This is only when I feel the contact of his skin that I’m sure I’m not dreaming. In this specific moment, nothing else matters. Time has frozen. I hold him as tight as possible, not wishing to let him go. His sweet fragrance reaches softly my nostrils. I don’t how many seconds, even minutes, we stay like this, embraced.

Then, finally, he whispers gently in my hear :

– You’ve come back.

I finally manage, with difficulty, to let escape fragments of words.

– Kay, I am so sorry.

He loosens from me, takes my face into his hands, and with his thumbs dry my tears.

– Let’s talk about this later.

Without warning, he throws an ardent kiss at me to which I succumb instantly, powerless. Several months ago, I would have sharply pushed him away, embarrassed, stuck in the constraint of decency, of the unsaid things, of shame. But today, I’ve changed, and I don’t give a shit of people around me or what they can think.

I answer Kay’s invitation by kissing him languorously. I feel like a part of the nightmare and my demons are dispelled, exorcised. I live a moment of pure happiness. One that I have not lived since a long time ago, except for Max’s birth. Life finally offers me an illuminated flower after having left me cloistered in dark room.

I press my forehead against Kay’s. I run my fingers across his golden hair.

– Thanks for coming, I murmur him tenderly.

– No, Marc. Thank you for finding me … and to have saved my life, he replies while sticking his face against my cheek.

It is as if we had never left each other. As if our past complicity was intact.

– Come, let’s go for a stroll, says Kay. We have a lot to talk about and to catch up.

Chapter’s Song

Free Fall : Renaissance – Chapitre 8 (Version Française)

Le voilà enfin, ce Chapitre 8 ! Un chapitre énormément attendu par beaucoup d’entre vous car il marque le tournant le plus important de cette fanfiction, la raison même pour laquelle je l’ai créée afin de me faire plaisir et de vous faire plaisir. Pour palier une chose qui nous a tous beaucoup frustré : la fin de Free Fall ! Je ne vous en dis pas plus et je vous laisse découvrir tout ça. Pour rappel, il me reste encore 2 chapitres à publier avant que tout ne se termine 🙂 Bonne lecture et gros bisous ❤

10705309_10201679100014341_1481171910_nMagnifique Fanart par Lupera-GER

Chapitre 8

Après quelques heures de route, je rentre totalement épuisé chez moi. Il est environ midi quand je suis de retour. Je retrouve Lena et mon fils Max avec un grand plaisir. Après ces derniers jours intenses, je sens que j’ai besoin de calme et surtout de repos, et le fait d’être avec Max me fait le plus grand bien.

– Il a été très sage, m’annonce Lena, qui est en train de mitonner un repas dont l’odeur succulente parvient jusqu’à mes narines.

Je serre Max dans mes bras et il me fait un grand sourire.

– Je meurs de faim !

– Alors à table, dit Lena en préparant des assiettes.

Je suis si affamé que je me ressers deux fois. Puis, à bout de force, je me rends dans ma chambre où je m’écroule sur le lit. Je dors pratiquement toute l’après-midi. Le dimanche se termine et Lena quitte les lieux. Elle reviendra demain pour s’occuper de Max.

Le lendemain matin, je reprends le travail avec difficulté mais je suis heureux de retrouver Matthias. Pendant une mission hors de la caserne où nous sommes ensemble, j’en profite pour lui raconter les dernières nouvelles et lui annoncer que j’ai retrouvé Kay.

– Je suis vraiment content pour toi, mon pote, me sourit-il en me tapotant l’épaule.

Le Mercredi soir, nous allons tous prendre un verre dans un pub de la ville. Lukas et Lena sont également là. Max dort tranquillement dans sa poussette.

Je sors fumer une cigarette avec Lukas et l’informe également de mes retrouvailles difficiles avec Kay.

– Je retourne à Düsseldorf Samedi. J’espère qu’il sera là.

– S’il t’aime et s’il tient toujours à toi, il sera là, me rassure Lukas. Tu as quand même fait tout ce chemin pour le retrouver alors que tu ne savais même pas où il était parti. Il ne pourra pas l’ignorer. Peu de gens auraient fait ce que tu as entrepris, Marc.

– Je sais. Mais c’est aussi grâce à toi et aux autres. Vous m’avez tous tellement soutenus que je ne saurai jamais comment vous remercier. Vous m’avez fait prendre conscience qu’il fallait que je me bouge.

– Et ça a payé. Je pense sincèrement que Kay sera là.

Malgré les paroles optimistes de Lukas, je ne reçois aucun appel de Kay pendant la semaine, ce qui m’inquiète énormément et remet pendant un temps en question mon envie de revenir à Düsseldorf. L’infirmière qui s’est occupée de lui a-t-elle bien transmis mon mot ? Est-ce que Kay ne veut plus entendre parler de moi ? Mais une promesse est une promesse et j’irai à Düsseldorf Samedi matin.

Le restant de la semaine passe à une vitesse complètement folle et j’évite de me poser trop de questions. Le Vendredi soir, je ne parviens pas à trouver le sommeil. Les baies vitrées de ma chambre sont grande ouvertes et les rideaux flottent dans l’air. J’observe les étoiles dans le ciel dégagé, pensif. Je ne cesse de me ronger l’esprit en pensant à demain. J’ai peur que Kay ne soit pas au rendez-vous. Peut-être qu’il ne m’a pas pardonné de l’avoir abandonné. D’avoir été égoïste. Peut-être qu’il a même déjà une nouvelle personne dans sa vie. Je chasse toutes ces idées néfastes de ma tête tant bien que mal en essayant d’être optimiste, mais cela reste difficile.

Finalement, le matin arrive et désormais il n’est plus possible de faire demi-tour. Mon destin est en marche. Lena arrive vers 7h pour garder Max pendant le week-end, car je ne sais pas quand je serai de retour. Je boucle une petite valise où j’ai mis le nécessaire puis me dirige vers le salon afin de dire au revoir à mon fils. Au moment de partir, Lena me rejoint.

– Bonne chance, me souffle-t-elle tendrement en me faisant un bisou sur le front. J’espère que tu trouveras ce que tu attends.

– Merci, dis-je, légèrement stressé.

Je prends enfin la voiture et me dirige vers la gare où j’embarque dans mon train pour Düsseldorf. Le trajet dure quelques heures pendant lesquelles je reste totalement impassible et silencieux. Je ne pense à rien. Je sens seulement une boule d’angoisse s’intensifier petit à petit en moi, au fur et à mesure que je me rapproche de la destination finale.

J’arrive en gare de Düsseldorf vers 11h. Je scrute le quai tandis que le train ralenti sa marche pour finalement s’arrêter. J’attrape mon petit bagage et descends du wagon. Je reste immobile sur la plateforme et observe les alentours. Pas de Kay à l’horizon. Je me mets à avancer pour rejoindre l’intérieur de la grande gare.

Que faire à part attendre ? Peut-être que Kay est déjà passé, m’a déjà attendu et est déjà reparti ne me voyant pas arriver. Il est vrai que je n’ai même pas pu lui préciser à quelle heure je débarquais n’ayant aucun moyen de le contacter directement. J’aurais sans doute dû prendre un train plus tôt pour arriver suffisamment à l’avance. Une chose à laquelle je n’avais pas réfléchi.

Pendant de longues minutes, j’observe les voyageurs aller et venir. J’ai l’impression d’être un intrus dans cette foule en mouvement. De ne pas être à ma place. Petit à petit, la gare se vide, peu de trains débarquant sur les quais. Le calme revient. Ne tenant plus en place, je me lève et commence à faire les cent pas de long en large.

Je perds mon temps. Kay n’est pas venu, n’est pas là, et ne viendra pas. Comment peut-on pardonner un idiot tel que moi, malgré tous les efforts possibles ? Comment pardonner quelqu’un qui vous a abandonné, au moment où vous aviez le plus besoin de soutien ? Je me demande comment j’aurais réagi à la place de Kay.

Perdu dans mon égarement, je ne remarque pas que je suis planté seul comme un imbécile en plein milieu de la gare. Les gens autour doivent penser que je suis fou.

Mais soudain, j’entends une voix au loin, derrière moi. Elle parvient à mes oreilles comme une mélodie inespérée, qu’on n’escomptait plus entendre. Je reconnais immédiatement ce ton sarcastique, typique :

– Je ne pensais pas te revoir un jour.

Il ne me faut qu’une fraction de seconde pour reconnaître la voix de Kay. Je me retourne, hébété, abasourdi, n’y croyant pas.

Il se tient là, face à moi, à une quinzaine de mètres. Son visage est magnifique, son regard angélique, son air fragile. Il a une mine beaucoup plus belle que celle de la semaine dernière à l’hôpital.

Aucun mot ne parvient à sortir de ma bouche. Nous nous regardons pendant plusieurs secondes. J’ai l’impression d’être face à un mirage, face à une illusion. Mais il est bien là, je ne rêve pas, j’en suis sûr. J’ai attendu ce moment pendant des mois. Pourtant j’ai peur de tenter quoi que ce soit. Est-il furieux ? Va-t-il m’envoyer paitre ? Qu’importe.

Je laisse tomber mon sac à terre. Des larmes commencent à couler sur mes joues. Je titube lentement comme un zombie vers lui. Il me lance son petit sourire en coin habituel et commence à s’avancer vers moi aussi, ce qui me rassure d’un coup.

Nous nous jetons littéralement dans les bras l’un de l’autre. C’est seulement lorsque je sens le contact de sa peau que je suis sûr de ne pas rêver. En cet instant précis, plus rien n’a aucune importance. Le temps est figé. Je le sers aussi fort que possible, ne voulant plus le laisser partir. Son doux parfum vient effleurer mes narines. Je ne sais pas combien de secondes, voire de minutes, nous restons ainsi, dans notre étreinte.

Puis finalement, il me susurre délicatement à l’oreille :

– Tu es revenu.

J’arrive enfin, difficilement, à sortir quelques bribes de mots.

– Kay, je suis tellement désolé.

Il se desserre de moi, prends mon visage entre ses mains, et de ses pouces sèche mes larmes.

– On en parlera plus tard.

Sans crier gare, il me lance un baiser fougueux auquel je succombe instantanément, impuissant. Il y a quelques mois, je l’aurais vivement repoussé, gêné, coincé dans le carcan de la pudeur, des non-dits, de la honte. Mais aujourd’hui, j’ai changé, et je me fiche totalement des gens qui sont autour de moi et de ce qu’ils peuvent bien penser.

Je réponds à son invitation en l’embrassant langoureusement. J’ai l’impression qu’une partie du cauchemar et de mes démons sont chassés, exorcisés. Je vis un moment de pur bonheur. De ceux que je n’ai pas vécus depuis bien longtemps, à part la naissance de Max. La vie m’offre enfin une fleur lumineuse après m’avoir cloîtré dans une pièce sombre.

Je presse mon front contre celui de Kay. Je glisse mes doigts à travers ses cheveux dorés.

– Merci d’être venu, je lui murmure tendrement.

– Non, Marc. Merci à toi d’être venu me retrouver … et de m’avoir sauvé la vie, me répond-t-il en collant son visage contre ma joue.

C’est comme si nous ne nous étions jamais quittés. Comme si notre complicité d’autrefois était intacte.

– Viens, allons faire un tour, me dit Kay. Nous avons beaucoup de choses à nous dire et à rattraper.

Musique du Chapitre

Chapitre 8 terminé ! Chapter 8 finished !

Coucou !! Ça y est, enfin, le Chapitre 8 de Free Fall : Renaissance est terminé ! J’ai pris le temps aujourd’hui de le finir. Comme d’habitude, afin que personne ne soit lésé, je ne le posterai qu’une fois traduit en anglais 🙂 Je ne vous promets rien mais je vais faire le maximum pour que la traduction soit finie aujourd’hui, demain au plus tard. Je fête mon anniversaire aujourd’hui (c’était le 10 Octobre mais on n’a pas eu le temps de faire quelque chose avant ^^), mais je vais essayer de commencer 😛 Bisous à tous !

Hello ! Finally, Chapter 8 of Free Fall : Renaissance is over ! I took some time today to finish it. As always, so that everyone can read it at the same time, I will post it once the english translating is done 🙂 I can’t promise anything but I will do the maximum to finish the translation today, tomorrow at the latest. I celebrate my birthday today (it was on the 10th of October but we had no time to do something before ^^), but I will try to start 😛 Kiss everyone !

Quelques nouvelles ! Some news !

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Coucou tout le monde !!

Je constate avec plaisir que je reçois de très nombreux commentaires me demandant le Chapitre 8 de Free Fall : Renaissance ! Je vous rassure, la suite est toujours prévue, je n’abandonnerai jamais mon projet 🙂 Je compte bien le terminer ! Seulement, avec le boulot et mes obligations personnelles, surtout ces dernières semaines, c’est très difficile de trouver du temps pour écrire. J’ai déjà commencé l’écriture du Chapitre 8 il y a quelques temps mais je n’ai pas encore pu terminer tout ça. Soyez donc rassurez, la suite arrive, il faut juste être patient 😉 Je peux également dors et déjà vous annoncer que Free Fall : Renaissance contiendra en tout et pour tout 10 Chapitres. Il en reste donc encore 3 avant que mon histoire ne touche à sa fin. Comme ça vous savez à quoi vous attendre ^^ Bisous à tous !!

Hello everyone !!

I notice with pleasure that I receive a lot of comments asking me for Chapter 8 of Free Fall : Renaissance ! Don’t worry, my sequel is still alive, and I will never abandon my project 🙂 I really wish to end it ! Problem is, with my job and my personal obligations, especially these past weeks, it has been really hard to find time to write. I have already started Chapter 8 writing some time ago but was not able to finish it. So be reassured, the next part is coming, you just have to be patient 😉 I can also already confirm you that Free Fall : Renaissance will contain all in all 10 Chapters. So 3 Chapters remain to be published before my story comes to its end. Now you know what to expect ^^ Kiss you all !!

P.S. : Thanx to @AlessaTamborini who is also impatient to read Chapter 8 for this beautiful fanart shared on Twitter !