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[Cinéma Gay] Mon avis sur le film In Bloom / En Émoi

Nouvelle chronique sur le cinéma gay, consacrée cette fois à un film américain, In Bloom, rebaptisé en France En Émoi.

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Titre original : In Bloom
Date de sortie France : 26 Mars 2014
Date de sortie (Israël) : 10 Juin 2014 (DVD Premiere)
Réalisé par : Chris Michael Birkmeier
Avec : Kyle Wigent, Tanner Rittenhouse, Jake Andrews, Adam Fane
Nationalité(s) : Américain
Genre(s) : Romance, Drame
Durée : 1h27

Synopsis : Rien ne semble pouvoir perturber l’harmonie qui règne dans le couple que forment Kurt et Paul. Solidement amoureux et portés par leur réussite professionnelle, les deux amants croquent la vie et l’amour à pleines dents. Jusqu’au jour où un jeune et sexy client, qui en pince pour Kurt, va déclencher une succession d’évènements impromptus qui met non seulement leur relation en danger, mais aussi leurs propres vies.

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Mon avis : Je continue mon périple de visionnage de films avec pour thème la romance entre deux hommes, et je tombe cette fois sur un petit bijou nommé « En Émoi », sorti très récemment puisqu’après avoir été diffusé dans divers festivals aux USA, il est n’est arrivé en DVD là-bas qu’en Juin 2014, tandis qu’il est sorti en France avant, en Mars 2014.

Le genre du cinéma gay est un genre difficilement renouvelable. Les réalisateurs doivent sans cesse se creuser les méninges afin de proposer du nouveau et éviter dans de tomber dans le déjà-vu, même si celui-ci est tout à fait plaisant. En effet, bien généralement, la thématique consiste à la rencontre en deux hommes, l’un des deux étant hétéro ou non, et l’histoire montre l’évolution de leur histoire.

In Bloom propose quelque chose de radicalement différent et de très original puisqu’il retourne tout le problème à l’envers : en effet, les deux héros du film sont déjà en couple au début de l’histoire, ce qui balaye la problématique de montrer leur rencontre, exercice souvent périlleux. Plus intéressant encore, la scène d’ouverture est un flash-forward (scène se passant dans le futur, à l’inverse d’un flash-back qui se déroule dans le passé) nous dévoilant d’office que le couple a rompu et que les deux protagonistes ne sont plus ensembles. Les bases sont posées. Passé cette scène, nous revenons quelques mois plus tôt, et on découvre Kurt et Paul alors dans une jolie romance que rien ne semble pouvoir briser. Le film va donc dépeindre leur rupture. Voilà un point de vue assez inédit et intéressant pour un film gay.

Le premier tiers du film peut sembler assez ennuyeux car on suit le quotidien de Paul et Kurt à travers leurs activités diverses, leurs sorties, leurs vies personnelles. Tout deux vivent la plupart du temps ensemble; Paul travaille dans une épicerie de New York, tandis que Kurt vit du traffic de drogue qui lui rapporte pas mal d’argent. Mais tout va commencer à s’enchaîner à partir de la fin du premier tiers, où Kurt va faire la rencontre d’un jeune garçon, Kevin, qui lui achète de la came, et pour lequel il va commencer à éprouver une certaine attirance. Cette attirance aura des conséquences sur l’amour qu’il porte à Paul, car leur couple va, peu à peu, commencer à s’effriter. Le film dépeint ainsi l’évolution de la relation entre deux personnes, qui une fois les joies de l’amour passées (ne dit-on pas que l’amour dure 3 ans ?), s’essouffle. Le temps change les choses. Au début l’amour est prenant et innocent, puis avec le temps les sentiments peuvent être amenés à disparaître.

Le deuxième tiers du film va s’intéresser à l’effritement du couple Paul / Kurt. Kurt va se rapprocher de plus en plus dangereusement de Kevin. Paul va forcément commencer à s’aperçevoir de quelque chose et à se poser des questions, devenir jaloux. Kurt va peu à peu perdre prise et se retrouver de plus en plus attiré par Kevin, mais on sent qu’il est indécis car cette attirance semble plus physique qu’émotionnelle. Alors que Paul est délaissé, Kurt, en pleine crise, va plonger d’autant plus dans la drogue afin d’oublier les dilemmes auxquels il fait face.

Enfin, la troisième et dernière partie du film s’articule autour de la rupture inévitable des deux amoureux. Ce qui est intéressant, c’est que cette dernière va montrer en profondeur l’évolution des personnages après leur rupture et ne pas simplement l’apporter comme un cheveu sur la soupe, car Kurt va maladroitement tenter de revenir vers Paul. Va-t-il réussir ou échouer, je ne vous dirai rien, à vous de voir le film pour le découvrir.

Au niveau de la réalisation, Birkmeier a fait un très beau travail. Le film est très atmosphérique et les décors sont bien souvent minimalistes, avec une mise en scène très théâtrale. On a beaucoup de plans serrés sur les visages des personnages ce qui permet une lecture approfondie de leurs émotions. Les décors se révèlent parfois étouffants comme le devient la relation entre Kurt et Paul. En effet, de nombreuses scènes sont tournées dans des espaces confinés : cage d’escaliers, toilettes, salle de bain, etc.

Les deux acteurs principaux, Kyle Wigent (Kurt) et Tanner Rittenhouse (Paul), sont parfaits dans leur rôle. Ils étaient en symbiose et s’accordaient à merveille ensemble. On peut dire qu’ils ont bien été choisis. Leur prestation est toujours juste, réaliste et attachante. Ce qui n’est pas toujours le cas dans d’autres films. Ces deux acteurs sont encore peu connus mais méritent à le devenir car ils ont beaucoup de talent à faire valoir. Les autres artistes qui apparaissent ont malheureusement un temps d’écran trop faible pour pouvoir véritablement les juger, étant donné que le film se focalise énormément sur Kurt et Paul.

La musique orchestrale, composée par le groupe Joywave, se veut extrêmement discrète, et participe à l’ambiance atmosphérique du film. En revanche, on trouve à de nombreuses reprises dans le métrage les musiques d’artistes divers, y compris de Joywave qui interprète plusieurs titres. Les musiques étaient très sympathiques, surtout celles de Joywave, entre le rock, la pop et l’électro. La musique de fin, appelée « Appearences » est tout simplement magnifique et magistrale, elle donne véritablement des frissons. Malheureusement, cette piste n’a jamais été commercialisée et est absolument introuvable. Après quelques recherches sur la page Facebook officielle du film, les créateurs du film ont indiqué qu’ils sont en train de voir pour sortir cette chanson en accord avec Joywave, mais pour l’instant toujours aucune nouvelle.

Pour conclure cette critique, vous l’aurez compris, In Bloom m’a beaucoup plu, et je le conseille volontiers à tous ceux qui souhaitent voir un film gay avec une construction originale et qui change un peu des sempiternels lieux communs. La relation entre Paul et Kurt est certes compliquée, mais elle est aussi très émouvante.


Pour chaque film gay, j’ajoute une petite note de fin, qui est bien évidemment cachée par une balise SPOILER, afin de vous dire comment, en quelques mots, est la fin : HEUREUSE, 50/50 ou TRISTE. Car personnellement, je suis plutôt amateur de fins joyeuses. Non pas que je n’apprécie pas les drames, mais j’aime bien voir quand même des choses positives de temps en temps. Ainsi, si vous souhaitez voir un film gay qui se termine bien pour voir quelque chose de joyeux, vous aurez le choix de voir comment se termine la fin en dévoilant la balise. Donc à vos risques et périls, ne passez pas votre curseur si vous ne voulez rien savoir !

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[Cinéma] Mon avis sur le film Godzilla 2014

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Titre original : Godzilla
Date de sortie France : 14 Mai 2014
Date de sortie (Israël) : 16 Mai 2014
Réalisé par : Gareth Edwards
Avec : Aaron Taylor-Johnson, Bryan Cranston, Ken Watanabe, Elizabeth Olsen
Nationalité(s) : Américain
Genre(s) : Catastrophe, Action, Science-Fiction
Durée : 2h03

Synopsis : Au Japon, une étrange créature ailée nommée MUTO s’échappe de la centrale nucléaire abandonnée de Janjira où elle a hiberné durant 15 ans, accumulant de l’énergie radioactive, et détruit tout dans son sillage. C’est alors qu’un monstre ancestral gigantesque, Godzilla, entre en scène.

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Mon avis : Après une première tentative de remake de la célèbre licence japonaise (qui compte près de 28 films) en 1998 signée Roland Emmerich et qui a connu un joli succès au box office, les américains décident de repartir de zéro et de créer un nouveau remake. Le Godzilla de Emmerich pour moi n’est pas un si mauvais film. C’est un bon blockbuster, qui reprend tous les critères du genre. Seulement, il y a un hic, qui fait que beaucoup de gens ont détesté ce film, et plus particulièrement les fans de Godzilla : il n’avait pas grand chose à voir avec Godzilla. La créature d’une part ne ressemblait que peu au Godzilla originel, et d’autres part pratiquement toutes les thématiques abordées dans la saga japonaise était survolées, voire éclipsées. On se retrouvait donc avec un simple monstre destructeur perdu dans New York et misant à fond sur la carte de la surenchère et des effets spéciaux. Le film avait malgré tout très bien fonctionné et il était même prévu de lancer la suite (basé sur le dernier oeuf restant à la fin du film).

Ce cru 2014 propose une vision tout à fait différente mais plus satisfaisante, beaucoup plus proche de la saga japonaise. On retrouve ainsi fortement le thème du danger nucléaire, qui n’était qu’un prétexte dans le film de 1998 et n’était évoqué qu’au début. De plus, le design de Godzilla est beaucoup plus fidèle à l’original tout en se démarquant avec une une vraie classe et un vrai charisme.

Alors certes, ce film reste un blockbuster, on ne va pas se mentir, mais un blockbuster intelligent et très bien ficelé, mené de main de maître par Gareth Edwards, habitué jusqu’ici aux petites productions (Monsters). L’originalité du film, c’est que, bien qu’il s’agisse d’un film catastrophe, il garde une dimension et un point de vue très humain. Ainsi, la mise en scène privilégie majoritairement des plans qui ne pourraient être filmés que depuis un endroit où pourrait se situer un humain en train d’observer les scènes : rue, haut d’un immeuble, dans un hélicoptère, sur un pont, au loin. Cela permet de mesurer l’ampleur du désastre d’un point de vue réaliste et bien plus effrayant.

Beaucoup ont critiqué à la sortie du film le fait qu’on ne voyait pratiquement pas Godzilla. Visiblement ils n’ont pas compris que Gareth Edwards a justement voulu éviter de retomber dans les travers du Godzilla 1998. Ici, le suspens et l’action montent crescendo. Godzilla est une ombre menaçante et invisible qui surgit sans prévenir et à point nommé, pour un dernier tiers de film complètement fou et hallucinant.

Les nouvelles créatures introduites, appelées MUTOs, ont un design très insectoïde, qui a rappelé pour certains la créature de Cloverfield. Leurs scènes sont tout aussi angoissantes que celles de Godzilla, puisque malgré leurs tailles gigantesques, les MUTOs surgissent généralement de nul part. Ils s’avèrent être de redoutables adversaires qui mettront autant à mal Godzilla que les humains.

Les acteurs sont convaincants, notamment Aaron Taylor-Johnson qui est trimballé malgré lui aux quatre coins du globe. Il n’y a peut-être que Ken Watanabe qui a l’air un peu trop constipé à chaque apparition de Godzilla, mais qui pourtant semble bien sûr de lui. Brian Cranston était parfait dans son rôle un peu fou et paranoïaque, piétinant dans les démons de son passé. Juliette Binoche, notre petite française nationale, a malheureusement un rôle trop peu important pour pouvoir juger de quoi que ce soit.

Au niveau de la musique, on a le droit à une très belle partition d’Alexandre Desplat (également un petit français !), décidément fort prisé ces derniers temps aux USA. Il rend un bel hommage aux Godzilla japonais tout en apportant sa touche personnelle. On se retrouve avec une musique bien calibrée, à la fois angoissante et glauque, mais aussi énergique pour les scènes impressionnantes.

Pour conclure, ce Godzilla 2014 version US est pour moi un pari réussi, qui rafraîchi le mythe du plus connu des Kaijus tout en rendant un hommage bien mérité à la franchise qui célèbre cette année ses 60 ans d’existence.

P.S. : Info de dernière minute, il semble que la Toho souhaite refaire un nouveau Godzilla japonais, ce qui en ferait le 25ème film version jap. La société de production se pose notamment la question de savoir s’ils resteront fidèles au Godzilla costumé ou si ce dernier passera à l’image de synthèse. En tous les cas ce film serait prévu pour 2016. À voir !

[Cinéma Gay] Mon avis sur le film Alata / Out In The Dark

Deuxième chronique sur le cinéma gay, cette fois consacré à un nouvel excellent cru du cinéma israélien, Alata, appelé Out In The Dark sur le marché américain.

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Titre original : Alata
Date de sortie France : 22 Mai 2013
Date de sortie (Israël) : 28 Février 2013
Réalisé par : Michael Mayer
Avec : Nicholas Jacob, Michael Aloni, Jamil Khoury, Loai Nofi
Nationalité(s) : Israélien, Américain, Palestinien
Genre(s) : Romance, Drame
Durée : 1h36

Synopsis : Nimer, un étudiant palestinien réfugié clandestinement à Tel-Aviv, rêve d’une vie meilleure à l’étranger. Une nuit, il rencontre Roy, un jeune avocat israélien. Ils s’éprennent l’un de l’autre. Au fil de leur relation, Nimer est confronté aux réalités cruelles de la communauté palestinienne – qui rejette son identité – et de la société israélienne – qui ne reconnaît pas sa nationalité. Sur fond de lutte familiale, politique et sociale, Nimer doit choisir entre son désir d’ailleurs et son amour pour Roy.

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Mon avis : Une véritable petite perle ! Décidément, j’aime beaucoup la manière dont le cinéma Israélien traite le thème gay. Souvent d’une manière qui reflète le fond des problèmes qui endiguent cette région du monde.

La relation entre les deux personnages principaux, Nimer et Roy, se met assez rapidement en place, ce qui permet d’explorer en profondeur leur amour mais aussi leurs différences. Nimer vient du côté Palestinien, d’une famille encrée dans la religion et attachée à sa réputation, gangrénée par le traffic et les magouilles de son frère Nabil, qui cache illégalement des armes et collabore étroitement avec la police mafieuse. Alors qu’au contraire, Roy vit depuis toujours dans une bulle protégée du côté Israélien, issu d’une famille aisée, et jouissant d’un métier confortable (il est jeune avocat).

Malgré cette contradiction culturelle, les deux jeunes hommes vont tomber éperdument amoureux l’un de l’autre. Et, alors que Nimer se retrouve pris au centre d’un conflit qui l’empêche de vivre librement, Roy va tout faire pour tenter de l’aider.

Ce qui frappe dans ce film c’est son côté assez claustrophobique et angoissant, puisqu’on suit principalement Nimer, et que, tout au long du film, on sent qu’il n’a pas vraiment de « chez lui ». C’est une lutte de tous les instants pour pouvoir poursuivre ses études et continuer à aller à Tel-Aviv. Il se retrouve souvent à fuir, ce qui entraîne un sentiment assez sombre et pessimiste. D’ailleurs, le titre film, Alata, signifie « obscurité », ce qui veut tout dire.

Mais grâce à Roy, Nimer va pouvoir trouver un peu de bonheur et de lumière, s’accrocher à un espoir d’ailleurs. La mise en scène est intimiste, calme, ponctuée de scènes tendres et douces, et passe la vitesse supérieure quand Nimer doit fuir pour sa liberté et sa vie.

La film bénéficie d’une bande son magnifique, réalisée par Mark Holden et Michael Lopez, avec de jolis arrangements mais aussi des pointes tristes et lugubres qui accentuent la noirceur de certaines situations. Mention spéciale pour la scène de la piscine, pleine de tendresse et de subtilité, accompagnée d’une musique totalement envoutante.

L’histoire nous montre à quel point il est difficile de vivre librement sa sexualité du côté palestinien, fortement ancré dans la religion. La révélation du secret de Nimer entraîne son départ et sa famille se sent bafouée, niant son choix et refusant ce qu’il est vraiment. Preuve encore qu’ici, en Europe, malgré la présence d’extrémistes arriérés, nous sommes quand même bien plus libres et bien plus en sécurité. Malheureusement, tous les homosexuels n’ont pas cette chance. Et c’est parfois même pire dans certains pays africains …

Au final, Alata est pour moi un très joli film gay, on s’attache immédiatement à Roy et Nimer, à leur relation, à leurs problèmes, à leurs dilemmes. Un beau petit bijou que je recommande à tous !

P.S. : Vous pourrez retrouver toutes les musiques du film, notamment celle de la piscine « Pool », sur la page officielle des artistes, ici : http://markholden.bandcamp.com/album/out-in-the-dark-soundtrack


Pour chaque film gay, j’ajoute une petite note de fin, qui est bien évidemment cachée par une balise SPOILER, afin de vous dire comment, en quelques mots, est la fin : HEUREUSE, 50/50 ou TRISTE. Car personnellement, je suis plutôt amateur de fins joyeuses. Non pas que je n’apprécie pas les drames, mais j’aime bien voir quand même des choses positives de temps en temps. Ainsi, si vous souhaitez voir un film gay qui se termine bien pour voir quelque chose de joyeux, vous aurez le choix de voir comment se termine la fin en dévoilant la balise. Donc à vos risques et périls, ne passez pas votre curseur si vous ne voulez rien savoir !

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[Cinéma Gay] Mon avis sur le film Yossi & Jagger

Depuis quelques temps, je suis sérieusement en train de me mettre à regarder quelques films issus du cinéma gay. Des films pour la plupart assez secrets, de petites productions méconnues du grand public, hormis quelques exceptions comme Le Secret de Brokeback Mountain. Et j’ai donc décidé pour cette raison de vous livrer mon avis sur les différents films de ce genre que je verrai.

Ce qu’il y a de génial avec le cinéma gay, c’est qu’il est représenté par toute une multitude de nationalités. On retrouve des films américains, français, allemands, espagnols, israéliens, chinois, japonais, etc. Chaque pays offre toujours une vision différente des choses en fonction du contexte humain, politique, historique, et c’est intéressant.

On commence avec un film qui m’a beaucoup ému et touché, Yossi & Jagger 🙂

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Titre original : Yossi & Jagger
Date de sortie France : 07 Septembre 2005
Date de sortie (Israël) : 01 Août 2002
Réalisé par : Eytan Fox
Avec : Ohad Knoller, Yehuda Levi, Assi Cohen, Aya Koren
Nationalité(s) : Israélien
Genre(s) : Romance, Drame
Durée : 1h05

Synopsis : Yossi et Jagger sont officiers dans l’armée israélienne. Ils sont également amoureux l’un de l’autre. Leur rapport caché complique les choses à la base militaire où ils officient.

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Mon avis : Ce film a été un véritable coup de coeur pour moi ! Je crois que c’est la première fois que je regarde un film israélien, donc c’est une vraie découverte. Le film date déjà d’il y a plus de 10 ans, et on se dit que pour l’époque ça devait être une petite révolution de sortir ce genre de film au Moyen Orient.

C’est un film très particulier, on est assez loin des films américains du même type. On se retrouve plutôt ici avec un long-métrage intimiste, à budget très restreint, filmé majoritairement caméra à l’épaule. On est littéralement plongé dans l’ambiance et le quotidien d’une base militaire, à tel point que le style de la mise en scène fait allègrement penser à un reportage à certains moments.

Et on est aussitôt plongé dans le bain puisque dès le début du film, on apprend que Yossi et Lior (surnommé Jagger dans le film), les deux personnages principaux, entretiennent une relation amoureuse secrète, qu’ils sont obligés de dissimuler avec une extrême précaution afin que personne ne l’apprenne dans la base. Oubliez donc voir de nombreuses scènes entre les deux protagonistes, elles sont hélas assez rares car ils n’ont que peu d’occasions de se retrouver seuls. Mais chaque scène entre les deux, aussi rares soient-elles, sont toujours baignées d’une émotion extrême. Car il n’y a que dans ces petits moments de complicité que Yossi et Lior peuvent s’exprimer leur amour l’un envers l’autre.

Le seul soucis, c’est que Lior aimerait ne plus avoir à cacher le poids de cette romance, et surtout quitter l’armée pour pouvoir enfin vivre libre avec Yossi. Un engagement que Yossi n’est pas encore prêt à prendre. Mais à trop attendre, malheureusement on peut parfois perdre certaines choses.

La musique est très discrète, petit budget oblige, et cela rajoute encore un peu à l’effet « reportage » du film. En revanche, le film est ponctué de musiques extérieures d’artistes divers, notamment la magnifique chanson « Bo » de Rita. Une musique capable de faire verser des larmes.

Concernant le son, optez plutôt pour la version sous-titrée avec voix originales. Même si la VF est honnête, malheureusement rien ne retransmettra jamais aussi bien l’émotion que les vraies voix des acteurs.

Même si le film est très bon, malheureusement, il y a un gros point faible : la durée. En effet, le film ne dure que 1h tout au plus (sans le générique). Ce qui fait qu’on a que très peu de temps pour s’attacher à Yossi & Lior. Tout passe un peu trop vite. Il aurait été agréable d’avoir au minimum 15 minutes supplémentaires, ne serait-ce que pour entrer un peu plus dans l’intimité de ce couple secret, avoir quelques scènes additionnelles entre les deux. D’autant plus que la fin est très rapide et assez bouleversante.

Malgré ce point noir, Yossi & Jagger reste un film exceptionnel, qui montre à la perfection qu’entretenir une relation homosexuelle dans l’armée reste un tabou. Les deux acteurs interprètent leurs rôles avec brio et sont vraiment très mignons et subtils.

Pour ceux qui resteront sur leur faim, bonne nouvelle : le film a bénéficié d’une suite en 2012, sobrement nommée Yossi, qui nous permet de redécouvrir le personnage de Yossi 10 ans après les événements du premier opus. Je me dis en sachant cela qu’il faut garder espoir et qu’on aura peut-être aussi un jour une suite à Free Fall / Freier Fall au cinéma 😀


Pour chaque film gay, j’ajouterai une petite note de fin, qui sera bien évidemment cachée par une balise SPOILER, afin de vous dire comment, en quelques mots, est la fin : HEUREUSE, MITIGÉE ou TRISTE. Car personnellement, je suis plutôt amateur de fins joyeuses. Non pas que je n’apprécie pas les drames, mais j’aime bien voir quand même des choses positives de temps en temps. Ainsi, si vous souhaitez voir un film gay qui se termine bien pour voir quelque chose de joyeux, vous aurez le choix de voir comment se termine la fin en dévoilant la balise. Donc à vos risques et périls, ne passez pas votre curseur si vous ne voulez rien savoir !

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Mon avis sur le film The Mortal Instruments : La Cité des Ténèbres

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Titre original : The Mortal Instruments : City of Bones
Date de sortie France : 16 Octobre 2013
Date de sortie (USA) : 21 Août 2013
Réalisé par : Harald Zwart
Avec : Lily Collins, Jamie Campbell Bower, Robert Sheehan, Kevin Zegers, Lena Headey, Kevin Durand, Aidan Turner, Jemima West
Nationalité(s) : Américain, Allemand
Genre(s) : Fantastique , Action , Aventure
Durée : 2h10

Synopsis : New York, de nos jours. Au cours d’une soirée, Clary, 15 ans, est témoin d’un meurtre. Elle est terrifiée lorsque le corps de la victime disparaît mystérieusement devant ses yeux … Elle découvre alors l’existence d’une guerre invisible entre des forces démoniaques et la société secrète des Chasseurs d’Ombres. Le mystérieux Jace est l’un d’entre eux. À ses côtés, Clary va jouer dans cette aventure un rôle qu’elle n’aurait jamais imaginé.

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Nouvelle critique aujourd’hui, sur le film The Mortal Instruments : La Cité des Ténèbres. Comme je suis très en retard dans mes publications d’avis et critiques (j’en ai plus d’une quinzaine à rédiger, c’est ça de pas avoir la motivation ou le temps de le faire ^^), j’ai en réalité vu ce film il y a plusieurs mois maintenant.

Ce qui m’a motivé à le regarder, c’est toujours cette recherche que j’effectue de voir et lire le plus d’oeuvres possibles sur le thème de la bit-lit et des mondes de la nuit, afin de voir comment les auteurs traitent les créatures qui y sont reliés.

Je tiens tout d’abord à préciser que je n’ai pas lu le livre et ne ferait donc pas de comparaisons avec ce dernier. Globalement j’ai trouvé le film assez moyen.

Même si la prestation de Lilly Collins m’a convaincu, je dois avouer que j’ai eu plus de mal avec le traitement des autres personnages ainsi que le déroulement de l’histoire. Le constat que j’ai eu en finissant le film fut de m’être retrouvé devant un teenage movie lambda, avec peu de choses originales à se mettre sous la dent en terme de mise en scène.

Certes, sur le fond, le voyage se révèle intéressant, avec toute cette histoire de monde caché, protégé par des gardiens, les Chasseurs d’Ombres, mais sur la forme, ça pèche. La mise en scène est très banale et on retrouve pas mal de scènes assez niaises. J’ai trouvé le meilleur ami de l’héroïne absolument imbuvable, et son espèce de pseudo-crush avec qui elle a une amourette tête à claque. Le chef des Chasseurs d’Ombres m’a aussi agacé.

En revanche, j’ai beaucoup aimé le personnage interprété par Kevin Zegers (qui a également joué dans l’une de mes séries fétiches, Gossip Girl). Le fait qu’il éprouve une attirance pour Jace et qu’il décide de provoquer Clary m’a intéressé. Il faut dire que j’aime beaucoup les relations homme/homme dans ce genre d’univers, donc forcément ! On ne peut aussi qu’apprécier la prestation de Jonathan Rhys Meyers, mais on se demande vraiment ce que le pauvre fait là-dedans. Autre point fort, Lena Heady, convaincante dans son rôle mais assez peu présente.

Les amateurs de créatures mythiques seront ravis puisqu’on retrouve entre autre des sorciers, des loups-garous, des vampires, etc. Mais le soucis c’est que presque rien n’est dit à leur sujet dans le film. Qui sont-ils ? Quelles sont leur caractéristiques ? Hormis les Chasseurs d’Ombres, les autres clans sont assez sous-développés. Dommage, on aurait aimé en savoir un peu plus.

Concernant les effets spéciaux, c’était moyen en terme d’images de synthèse. Rien d’extraordinaire. Pour ce qui est des décors en revanche, ils étaient très soignés et l’intérieur du repaire des gardiens m’a beaucoup plu.

Pour la musique, au niveau de la composition, je dois dire que ça ne m’a pas vraiment marqué, car je n’en ai absolument aucun souvenir. En revanche, au niveau des diverses musiques d’artistes utilisées ça et là, je les ai trouvées très bien choisies et collant parfaitement à l’ambiance. La meilleure pour moi reste Calling From Abobe de Bassnectar utilisé dans la scène de la boîte de nuit où Claire découvre Jace. Il y en a ainsi plusieurs autres sympas à diverses reprises dans le film.

Au final, The Mortal Instruments reste pour moi un banal film bit-lit et fantastique. Il ne m’a pas ému plus que ça mais reste quand même un métrage sympathique pour les fans du genre.