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Free Fall : Renaissance – Chapitre 6 (Version Française)

Chapitre 6

Voici enfin venu le Chapitre 6 de Free Fall : Renaissance ! J’espère que vous l’apprécierez car je sais que vous étiez beaucoup à l’attendre au vu des très nombreux commentaires positifs que j’ai eus 🙂 J’aimerais à nouveau vous remercier pour votre soutien sans faille. Hier, mon site a atteint un record avec 203 visites journalière, c’est vraiment incroyable ! Bonne lecture, et à bientôt pour le Chapitre 7 !

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Je pars aussitôt pour Düsseldorf. Le trajet me prend quelques heures. Lorsque j’y arrive enfin, il est très tard dans la nuit et je suis exténué. En faisant une rapide recherche sur mon téléphone je trouve un hôtel pas très cher situé en périphérie de la ville. Je décide d’y passer le reste de la nuit afin de me reposer et démarrer mes recherches demain.

Je suis tellement excité à l’idée de retrouver Kay que je ne dors que d’un œil. Quand je me lève il est 9h. Je me douche rapidement puis je vais prendre un petit déjeuner au restaurant de l’hôtel. Après avoir mangé, je vais à l’accueil afin de bloquer une nuit supplémentaire.

Je reprends la voiture et décide de me rendre dans le centre de Düsseldorf. Il est environ 10h30 lorsque je sors de ma Golf. Je ne sais absolument pas par où commencer. Je n’ai aucun numéro. Aucune adresse. Aucun contact. Kay pourrait très bien être partout et nul part à la fois. Autant chercher une aiguille dans une botte de foin !

Néanmoins, il faut bien commencer quelque part. Je décide donc de marcher un peu au hasard dans les rues du centre. Au moins pour repérer un peu les lieux, puisque je ne suis jamais venu dans cette ville auparavant. Je déambule ainsi pendant trois heures. Sentant la faim monter en moi, j’achète un sandwich que je dévore rapidement. Je ne tiens pas en place. Je suis tellement énervé d’être si proche de Kay mais de n’avoir aucune idée d’où il se trouve exactement.

Après ma pause déjeuner, je me dirige vers les bords du Rhin que je longe, pensif. Si ça tombe, peut-être que Kay lui aussi marche seul dans la ville. Peut-être que nous errons tous les deux, telles deux âmes solitaires et perdues. Non, il doit sûrement avoir trouvé un nouveau job.

Je suis soudain extirpé de mes pensées quand j’aperçois au loin le long de la promenade un homme de dos aux cheveux cours blonds, avec la carrure à la fois frêle mais athlétique de Kay.

– Hey ! je crie dans sa direction.

Il y a tant de brouhaha que la personne ne m’entend pas. Je commence à courir dans sa direction, mais il y a tellement de monde que lorsque j’arrive à l’endroit où j’avais cru apercevoir Kay, je ne le vois plus nul part. Les gens se retournent sur mon passage et me regardent d’un air étrange.

– Pfff, je dois sûrement me faire des illusions. Toute cette histoire me monte à la tête, je pense tout bas.

Je m’assois sur un banc et décide de passer un rapide coup de fil à Lena afin de prendre des nouvelles de Max.

– Tout se passe bien, me rassure-t-elle. Max se porte à merveille. Et toi, que donnent tes recherches ? Toujours pas de trace de Kay ?

– Non, pas vraiment. Mais je me rapproche du but. J’ai réussi à savoir qu’il se trouvait à Düsseldorf.

– Quoi ?! Düsseldorf ? Tu es allé jusque là-bas ? Ça en fait une trotte, me lance Lena, surprise.

Nous continuons à discuter durant quelques minutes puis nous raccrochons. Je poursuis ma balade, mais, à bout de nerf, je trouve préférable de retourner à l’hôtel. Je reste quelques heures dans ma chambre à regarder la télé et à somnoler.

Soudain une idée me vient à l’esprit. Je me souviens que Kay adore les boîtes de nuit, et il doit sûrement y avoir quelques discothèques branchées dans le centre-ville. Cette pensée me donne un regain d’énergie. Je change rapidement mes habits puis file aussitôt jusqu’à ma Golf pour repartir vers le centre de Düsseldorf. Il est presque 23h. Après avoir marché quelques minutes, je trouve ce qui semble être un lieu branché. J’y entre et prend un verre d’alcool pour m’aider à relâcher la pression. Je ne peux m’empêcher de scruter attentivement chaque entrée et sortie dans l’espoir de voir Kay. Je reste deux heures supplémentaires avant de prendre l’initiative de changer d’endroit. C’est peine perdue, il doit y avoir des dizaines de boîtes de nuit et de clubs dans une ville de la taille de Düsseldorf.

Je longe plusieurs rues avant de remonter une grande artère du nom de Bahnstrasse. La rue est assez animée. À un moment donné, je tombe nez à nez avec ce qui semble être un club gay, du nom de 2Box. J’y entre à tout hasard et m’installe sur une banquette. Quelques minutes plus tard, un serveur vient prendre ma commande. J’opte pour un double whisky.

Tandis que je bois mon verre, j’observe avec curiosité les nombreuses personnes se déhanchant passionnément sur la piste sur fond de musique électro. Cela me rappelle les quelques semaines atroces que j’ai vécues après la disparation de Kay et ma rupture avec Bettina. J’étais devenu coutumier de ce genre d’endroit à cause de ma dépression nerveuse. C’était le seul moyen que j’avais trouvé pour échapper à la réalité. Je revenais chaque fois ivre mort. J’avais bien failli être viré de la caserne à cause de mes retards incessants et de mes mauvaises performances. Heureusement, du jour au lendemain j’ai décidé de ne plus remettre les pieds dans ce genre d’endroit et je me suis plutôt mis à recourir dans la forêt pour évacuer mes angoisses.

Je regarde ma montre : il est bientôt 2h. J’ai l’impression que mon visage est en feu et je décide d’aller me rafraîchir aux toilettes. Quand je rentre dans la pièce, je ne remarque personne au début. Je me dirige vers l’un des lavabos, fais couler de l’eau puis me rince abondamment le visage. Cela me fait un bien fou. En relevant ma tête, je constate dans le miroir que je ne suis pas seul. Dans le prolongement des toilettes où se situent les cabines, j’aperçois les jambes d’une personne allongée à terre, comme inconsciente. Le reste de son corps est caché derrière le mur qui prolonge les toilettes perpendiculairement. Ne voyant pas très bien ce qui se passe, je me retourne et décide de me rapprocher, surpris. Je découvre alors un autre homme assez âgé au ventre bedonnant agenouillé sur le torse de la personne au sol. Sûrement deux types soul qui s’adonnent à un loisir douteux. Mais l’homme à terre ne bouge pas du tout et semble bien inconscient. Le vieux est en train de le tripoter à son insu. Cela m’inquiète même si je sais que je ne devrais pas m’en mêler. Sûrement mon instinct de flic.

Quand je m’approche un peu plus pour observer la personne au sol, je discerne un jean délavé, une belle peau blanche et douce, un t-shirt noir. Un visage angélique, des yeux bleus magnifiques et des cheveux blonds dorés. J’en reste totalement blême. Incapable de bouger. Kay est juste devant moi. C’est lui qui est au sol.

L’homme lève la tête vers moi et me regarde d’un air sadique.

– Ben alors, qu’est-ce tu fous, tu vas rester là à mater ou tu en profites avec moi ?

Au début je ne réponds pas ni ne bouge, sous le choc. Puis, comme un coup de tonnerre qui ne prévient pas, je sens une rage irrépressible monter en moi.

– Espèce de vieux porc dégueulasse, dis-je en grognant.

L’homme me regarde d’un air surpris. Je fonce sur lui, je sens la folie m’envahir. Je l’attrape par le col avec violence, lui décoche un coup de poing et le balance sur le côté.

– Dégage de là tout de suite où je te défonce la tronche ! je hurle.

Le type part à toute vitesse des toilettes, apeuré.

– Kay, je crie de toute mes forces en me jetant à terre et en soulevant son dos.

Je colle mon visage au sien. Je sens des larmes inonder mon visage et je les vois rejoindre les joues de Kay. Je n’arrive pas à croire que Kay, mon Kay, est là avec moi. Nous sommes finalement réunis après tout ce temps. Quel hasard incroyable ! Combien de chance avais-je de le retrouver maintenant ? Pour la première fois, je sens que le destin me donne un coup de pouce. Mais j’aurais tout de même préféré retrouver Kay dans un meilleur état.

– Kay est-ce que tu m’entends ? Réveille-toi !

Je tente de le secouer doucement, en vain. Je remonte son pantalon qui avait été défait par le vieux pervers. Puis en fouillant rapidement Kay, je découvre dans la paume de sa main gauche un sachet de pilules. Je retrouve également du LSD dans l’une de ses poches. Il s’est drogué. Et il a perdu connaissance. Ou pire. Je pensais qu’il était seulement alcoolisé. Je sens la panique enfler en moi. Je vérifie son pouls. Il respire encore. Submergé par l’angoisse, je ne vois plus d’autres solutions que d’appeler les urgences depuis mon téléphone portable. Une personne décroche et après m’avoir demandé l’adresse, on me prévient aussitôt qu’une ambulance arrive au plus vite, mais je n’écoute déjà plus.

Toute mon attention est désormais focalisée sur Kay. Son visage jadis radieux et souriant est inanimé et cela m’inquiète. Je le sers très fort contre moi. Je tente de réchauffer son corps refroidi. Nous restons là par terre durant ce qui me semble être une éternité. Je n’ai même pas pris le temps de prévenir quelqu’un dans le club. Tout ce qui compte pour moi c’est de créer une enveloppe protectrice autour de Kay avec mon corps. Je ne veux plus le laisser partir. Plus jamais. À un moment donné, je vois Kay ouvrir très légèrement les yeux. Je sens soudain sa main serrer fort la mienne et mon pouls s’accélère.

– Kay ? Kay ? C’est moi Marc ! Ne t’inquiète pas je suis là ! Tu n’as plus rien à craindre ! Je suis revenu ! lui dis-je en fixant ses yeux vaseux. Il me semble apercevoir un léger sourire sur ses lèvres mais je n’en suis pas certain.

Kay reperd connaissance aussitôt. Je crains le pire. Heureusement, quelques secondes plus tard, deux personnes qui doivent vraisemblablement être les patrons du club pénètrent dans les toilettes en tout hâte, accompagnées d’urgentistes.

– Mais pourquoi vous n’êtes pas venu nous prévenir ?! me hurle un des patrons.

Je ne sais pas quoi répondre. Ensuite, tout se passe tellement vite que je n’y comprends plus rien. Mon cœur bat à cent à l’heure. On m’arrache Kay des bras. On l’extirpe des toilettes. J’essaye de me relever et de suivre le cortège jusqu’à l’extérieur du club.

– Que s’est-il passé ? me demande-t-on brièvement.

– Je ne sais pas, je l’ai trouvé inconscient sur le sol. Je … je crois qu’il a pris une forte dose de drogue, j’explique en tremblotant.

Deux personnes posent Kay sur un brancard et lui mettent un masque à oxygène sur la bouche. Un secouriste m’apostrophe et me pose plusieurs questions complémentaires au sujet de Kay, comme son nom et son prénom. Alors que j’ai le dos tourné, j’ai tout juste le temps de me retourner pour voir Kay être fourré sans ménagement dans un camion d’ambulance.

– Je peux vous accompagner ? je supplie l’un des secouristes.

– Avez-vous un lien de parenté avec cette personne ?

– Non.

– Désolé, vous ne pouvez pas nous suivre dans ce cas. Nous devons partir au plus vite, il va sûrement avoir besoin d’un lavage d’estomac. En espérant qu’il tienne le coup bien sûr.

J’ai l’impression de recevoir un coup de marteau sur la tête. Je reste immobile. En à peine une quinzaine de secondes, l’ambulance a démarré et disparaît dans les ténèbres. Je m’écroule sur le sol. Je hurle de rage. L’écho de ma voix résonne dans toute la rue. Plusieurs personnes me regardent mais je n’y prête aucune attention. Je n’ai même pas pensé à demander où Kay allait être emmené. Et personne n’a pris mon numéro de portable.

À peine ai-je retrouvé Kay qu’on me l’arrache aussitôt. Pourquoi le destin est-il si cruel ?

Musique du Chapitre


J’ai choisi cette musique de Mylène Farmer en duo avec Jean-Louis Murat pour son extraordinaire et envoûtante beauté. L’histoire de deux âmes séparées, l’une « vivante », l’autre « morte », et qui ne peuvent donc pas véritablement se rejoindre. C’est un peu aussi le cas pour Marc et Kay pour qui le destin ne fait pas de faveur. Mais il faut toujours garder espoir et croire en sa bonne étoile, sinon on ne donne aucune chance au lendemain.

Free Fall : Renaissance – Chapter 5 (English Version)

Hello ! Here is Chapter 5, well motivated to write it following your warm comments. Eh Eh I leave you languishing, when Marc will finally see Kay again ?? Or perhaps never ? Continue to read Free Fall : Renaissance to find out 😀

Chapitre 5

PhotoMarc

Contrary to what I had imagined, track down Kay, or at least his new living place, was not that complicated. A brief look in the police files to which I could have access thanks to an internal contact taught me Kay had asked for a transfer in a town located about 80 kilometres far from here.

It took me around two hours to reach that city. Once arrived near the obtained address, I park in the street. I hesitate during what appears to be long minutes before getting out of the car. This is completely crazy. What am I about to say to Kay ? How will he react when seeing me ? I tremble just by the thought of it. The last time I saw him, I clearly suggested him it was preferable to leave in order to avoid troubles and I had abandoned him. He will never be able to forgive me.

I reflect on this entire story. Actually, I have been a perfect egotistic from the beginning to the end with Kay. This is him who has always bent over backwards for me, to help me, for us to live our relationship secretly. And I have almost never expressed all the love I truly felt for him in return. He was entirely right when he said me “With you Marc, it’s always me, me, me”. I never thought about him, about his problems, about everything he could feel. By the way was he really in love with me ? Maybe our relation was just physical. At least, I will know for sure when I will see him. As for me, I know I have deep feelings towards him, otherwise I would not come up to here.

When I finally decide to get out of my Golf, I join the building where Kay is domiciled. It is the beginning of the evening, and I dare hope he is home right now. When I arrive in front of the block, I realize an entry code is necessary to get in, and there is no intercom.

– Scheisse.

I’m blocked outside. This only thing I can do is go back to my car and hope having the chance to see Kay get in or get out. Just when I am about to leave, an old woman waves at me and come open the door.

– You come to see somebody ? she asks me.

– Hello. Yes, I come to visit Kay. Kay Engel.

– Come in young man, I’m the janitor.

I penetrate in the entrance hall of the building.

– Are you sure you are at the right place ? Kay has vacated the premises not so long ago, she says to me while turning over.

I am surprised and terribly disappointed at the same time by this announcement.

– How long ?

– Nearly two weeks now. He has departed so quickly, in all haste. So well that he has left a mount of stuff, and the landlord pesters me for his apartment to be cleared. There are a lot of personal objects, I don’t know where to start.

– Would you mind showing me his apartment ?

– No, no problem. Follow me.

We take the stairs to go to the second floor. The old woman opens the door of the apartment.

– Have you forgotten something at his place ?

– Uh, yes, I lie, destabilized by her question. He had borrowed me a document I need urgently.

– Very well, I let you. I will verify that the cleaning agent has washed the bathroom and that it is in order for the first visits meanwhile.

While the janitor is leaving, I go in Kay’s bedroom. Everything is tidy and the bed is made. I can’t help myself sitting on it and breathe the sheets while sweeping my hand on them. I have the impression of smelling the sweet scent of Kay.

My gaze turns upon the bedside table. I open its drawer and find with surprise a damaged photo inside. I grab it and discover with emotion a shot of Kay and I we took during a jogging session we made in the forest. We are smiling and we look happy. I had completely forgotten that picture. I had let it to him because I didn’t want to take the risk that Bettina finds it, even if it would have change nothing in the end.

Emotion rises in me at the sight of this beautiful image, so well that tears start to fill my eyes.

I get up and join an adjacent room filled with darkness. When I open the light, I discover with surprise a place full of paintings and sketches left as they are.

– Young man, your friend has left many drawings and paintings, as you can see, tells me the janitor while arriving at the bedroom doorstep. Isn’t it what you’re looking after ?

Surprised in my loneliness, I discreetly dry my tears and turn toward her.

– What are you talking about ? Uh no, the canvases don’t matter.

She joins me and enters the room.

– Have you found what you were looking after then ?

– No, I say while hiding the photo in one of my back pockets.

– So this is maybe in this room after all. Cast a glance there.

– Kay has created all of this ? I say with astonishment.

– Indeed.

I never knew Kay was drawing and painting. He never talked to me about it and I never saw any painting in his last apartment where we used to see each other. I’m struck when looking more precisely at his drafts to realize they all represent a masculine figure.

– I’ve discussed a little bit with Kay, he confided in me sometimes. He was a solitary person, with a hidden nature, explains to me the old woman. From what he has told me, all these paintings represent a boy he used to know, a certain Marc.

I feel a thrill travel across my back but let nothing of it appear. I then approach myself from other canvases and observe closer the drawings. There is no doubt we can recognize some of my physical features on them.

– What looks strange, is that Marc seems so sad on these canvases. Like jaded, bitter, she says to me.

– Or heartbroken, I mumble.

– Kay never said to me who this Marc was.

– Maybe he was just his model ? I throw to cover myself in case the old woman would recognize me from the drafts; I prefer to stay discreet as much as possible.

The janitor gets closer to me and points a finger upon several sketches.

– It may have started that way, but it became more. Look at the way he … captured Marc. The curve of his back. The softness of his skin. Kay was under the spell of Marc, spending every waking moment painting him. He was in every brush stroke. I know it doesn’t concern me, but Kay loved this man, it’s obvious.

– But they were not together, I say trying to put up a smokescreen. Kay never talked to me about a Marc.

– Frankly, I find that hard to believe. I don’t know, maybe Kay wanted all this to remain secret. Maybe they broke up. Painting was probably the only way Kay had to be able to live this romance.

– But if they loved each other so much, I asked, why would Marc push him away ?

– Maybe there was someone else, someone that don’t wanted them to be together. Or Marc didn’t feel worthy of Kay, he doubted the way he felt about him. Or all of this together.

I remain silent a few moments. Until I notice the gaze of the janitor looking hard at me.

– You’re Marc, isn’t it ? she questions me.

I gave myself away.

– Yes … I admit in a whisper.

– I figured it out the moment I saw you arrive. I was telling myself that your face was familiar to me. I had already seen it on those sketches several times.

I don’t know what to answer her.

– It is not for something that you came back. It’s for Kay.

– And he is gone now, I finally answer her, bitter.

A few tears flood my face.

– I love him so much. I would give anything to find him again, I say while touching smoothly one of the sketches, which represents me in Kay’s arms, as if nothing could separate us, as if we were together for eternity, frozen into that pleasant position.

– I can perhaps help you. The only thing I know is that before leaving, Kay told me he was heading to Düsseldorf, to flee as far as possible. To start over.

– Did he give any address ? I ask feeling an insane hope invade me.

– No. As I told you, he left so quickly.

I stay a few more minutes inside the apartment. I take care of getting back some drawings as a souvenir, in case I would never see Kay again. I dry my tears and after having warmly thanked the old woman, I leave the building.

In the street, I take back out the photo where I am with Kay. Why do you escape me when I finally decide to repair my mistake ?

I hold on to my deep desire to see Kay again. As long as I won’t have found him, I won’t surrender. I get back inside my car and turn on my GPS.

Direction Düsseldorf.

Chapter’s Song

Free Fall : Renaissance – Chapitre 5 (Version Française)

Salut ! Voici le Chapitre 5, bien motivé pour l’écrire suite à vos commentaires chaleureux. Hé hé je vous fais languir, mais quand Marc va-t-il enfin revoir Kay ?? Ou peut-être jamais ? Continuez à lire Free Fall : Renaissance pour le savoir 😀

Chapitre 5

PhotoMarc

Contrairement à ce que j’avais imaginé, retrouver la trace de Kay, ou du moins son nouveau lieu de vie, n’avait pas été si compliqué. Un rapide coup d’œil dans les fichiers de la police auxquels j’avais pu avoir accès grâce à un contact interne m’avait appris que Kay avait demandé un transfert dans une ville située à environ 80 kilomètres.

Il me fallut environ deux heures pour la rejoindre. Une fois arrivé non loin de l’adresse obtenue, je me gare dans la rue. J’hésite de très longues minutes avant de sortir. C’est complètement fou. Que vais-je dire à Kay ? Comment va-t-il réagir en me voyant ? J’en tremble rien que d’y penser. La dernière fois que je l’ai vu, je lui ai clairement laissé entendre qu’il était préférable de partir afin d’éviter les ennuis et je l’avais laissé tomber. Jamais il ne pourra me pardonner.

Je réfléchis à toute cette histoire. En réalité, j’ai été un parfait égoïste du début à la fin avec Kay. C’est lui qui s’est toujours plié en quatre pour moi, pour m’aider, pour qu’on vive notre relation secrètement. Et moi en retour je ne lui ai pratiquement jamais exprimé tout l’amour que je ressentais véritablement pour lui. Il avait entièrement raison quand il m’avait dit « Avec toi Marc, c’est toujours moi, moi, moi ». Je n’ai jamais pensé à lui, à ses problèmes, à tout ce qu’il a pu ressentir. D’ailleurs était-il vraiment amoureux de moi ? Peut-être que notre relation était juste physique. Au moins, j’en aurais le cœur net en le voyant. Mais de mon côté je sais que j’ai de forts sentiments pour lui, sinon je ne viendrais pas jusqu’ici.

Lorsque je me décide enfin à sortir de ma Golf, je rejoins l’immeuble où est domicilié Kay. C’est le début de soirée, et j’ose espérer qu’il est chez lui en ce moment. En arrivant devant le bâtiment, je me rends compte qu’il faut un digicode pour rentrer à l’intérieur, et il n’y a pas d’interphone …

– Scheisse.

Je suis bloqué dehors. Il ne me reste plus qu’à retourner dans la voiture en espérant avoir la chance de voir rentrer ou sortir Kay. Au moment où je m’apprête à repartir, une vieille dame me fait signe et vient m’ouvrir la porte.

– Vous venez voir quelqu’un ? me demande-t-elle.

– Bonjour. Oui, je viens voir Kay. Kay Engel.

– Entrez jeune homme, je suis la concierge.

Je pénètre dans le vestibule de l’immeuble.

– Êtes-vous sûr que vous êtes au bon endroit ? Kay a quitté les lieux il y a peu de temps, me dit-elle en se retournant.

Je suis à la fois surpris et terriblement déçu de cette annonce.

– Combien de temps ?

– Environ deux semaines maintenant. Il est parti tellement rapidement, en toute hâte. Si bien qu’il a laissé tout un tas d’affaires, et le propriétaire me tanne pour que son appartement soit débarrassé. Il a laissé beaucoup d’objets personnels, je ne sais pas comment je vais m’y prendre.

– Ça vous dérangerait de me montrer son appartement ?

– Non, pas de problèmes. Suivez-moi.

Nous prenons les escaliers pour arriver au deuxième étage. La vieille dame ouvre la porte de l’appartement.

– Vous avez oublié quelque chose chez lui ?

– Euh, oui, mentis-je, déstabilisé par sa question. Il m’avait emprunté un document dont j’ai besoin en urgence.

– Hé bien, je vous laisse, je vais vérifier que la salle de bain a bien été nettoyée par la femme de ménage et qu’elle est propre pour les premières visites pendant ce temps.

Tandis que la concierge est partie, je me rends dans la chambre de Kay. Tout est ordonné et le lit est fait. Je ne peux m’empêcher de m’asseoir dessus et de respirer les draps tout en passant ma main dessus. J’ai l’impression de sentir la douce odeur de Kay.

Mon regard se porte sur la table de chevet. J’en ouvre le tiroir et y trouve avec surprise une photo abîmée dedans. Je l’attrape et découvre avec émotion un cliché de Kay et moi que nous avions pris lors d’une séance de jogging dans la forêt. Nous sourions et avons l’air heureux. J’avais complètement oublié cette photo. Je lui avais laissée car je ne voulais pas prendre le risque que Bettina la découvre, même si cela n’aurait au final rien changé.

L’émotion monte en moi à la vue de cette belle image, si bien que j’en ai les larmes aux yeux.

Je me lève et rejoins une pièce attenante à la chambre emplie de ténèbres. Quand j’allume la lumière, je découvre avec surprise un endroit rempli de tableaux et de croquis laissés tels quel.

– Jeune homme, votre ami a laissé plusieurs dessins et peintures, comme vous pouvez le voir, me dit la concierge en arrivant sur le pas de la porte de chambre. Ce n’est pas ce que vous cherchez par hasard ?

Surpris dans ma solitude, je sèche discrètement mes larmes et me retourne vers elle.

– De quoi vous parlez ? Euh non, les toiles n’ont aucune importance.

Elle me rejoint et entre dans la pièce.

– Vous avez trouvé ce que vous cherchiez dans ce cas ?

– Non, dis-je en cachant la photo dans une de mes poches arrière.

– Alors c’est peut-être dans cette pièce. Jetez-y quand même un œil.

– C’est Kay qui a créé tout ça ? fais-je avec étonnement.

– En effet.

Je n’avais jamais su que Kay dessinait et peignait. Il ne m’en avait jamais parlé et je n’ai vu aucun tableau dans son précédent appartement où nous avions l’habitude de nous voir. Je suis frappé lorsqu’en regardant plus précisément des esquisses, je m’aperçois qu’elles représentent toutes une figure masculine.

– J’ai un peu discuté avec Kay, il se confiait de temps en temps à moi. C’était quelqu’un de solitaire, avec une nature cachée, m’explique la concierge. D’après ce qu’il m’a expliqué, tous ces tableaux représentent un garçon qu’il a connu, un certain Marc.

Je sens un frisson parcourir mon corps mais n’en laisse rien paraître. Je m’approche alors d’autres toiles et observe de plus près les dessins. Il ne fait plus de doute qu’on reconnaît certains de mes traits dessus.

– Ce qui est étrange, c’est que ce Marc semble si triste sur ces toiles. Comme désabusé, amer, me dit-elle.

– Ou il a le cœur brisé, bafouillé-je.

– Kay ne m’a jamais dit qui était ce Marc.

– Peut-être que c’était juste son modèle ? lancé-je pour me couvrir au cas où la concierge me reconnaitrait à partir des ébauches, je préfère rester discret autant que possible.

La concierge s’approche de moi et me montre du doigt plusieurs croquis.

– Ça a peut-être commencé comme ça, mais ça a pris une autre dimension, m’explique-t-elle. Il suffit de voir comment il a représenté ce Marc. La courbe de son dos. La douceur de sa peau. Il était sous son charme, passait tout son temps à le peindre. Il inspirait chaque coup de pinceau. Je sais que je n’ai pas à me mêler de tout ça, mais j’ai l’impression que Kay était amoureux de ce Marc.

– Mais ils n’étaient pas ensemble, dis-je pour tenter d’effacer les pistes. Kay ne m’a jamais parlé d’un Marc.

– Très franchement, j’ai du mal à y croire. Je ne sais pas, peut-être que Kay voulait que tout ça reste secret. Peut-être qu’ils se sont séparés. La peinture était sans doute le seul moyen qu’avait Kay pour pouvoir vivre cette histoire.

– Mais s’ils s’aimaient comme des dingues, demandé-je, pourquoi Marc l’aurait repoussé alors ?

– Peut-être qu’il y avait une tierce personne ou des gens qui ont empêché que ces deux là soient ensemble. Ou bien Marc pensait ne pas être digne de Kay. Ou les deux.

Je reste muet quelques instants. Jusqu’à ce que je remarque le regard de la concierge qui me dévisage.

– Vous êtes Marc, n’est-ce pas ? me demande-t-elle.

Je me suis trahi moi-même.

– Oui … j’avoue dans un murmure.

– Je l’ai deviné dès que je vous ai vu arriver. Je me disais bien que votre visage me rappelait quelqu’un. Je l’avais vu sur ces croquis à plusieurs reprises.

Je ne sais pas quoi lui répondre.

– Ce n’est pas quelque chose que vous êtes revenu chercher. C’est Kay.

– Et il n’est plus là désormais, je lui réponds, déçu.

Quelques larmes inondent mon visage.

– Je l’aime tellement. Je donnerais n’importe quoi pour le retrouver, dis-je en effleurant un des croquis me représentant dans les bras de Kay, comme si rien ne pouvait nous séparer, comme si nous étions ensemble pour l’éternité, figés dans cette agréable position.

– Je peux peut-être vous aider. Tout ce que je sais, c’est qu’avant de partir, Kay m’a dit qu’il s’en allait pour Düsseldorf, pour fuir le plus loin possible. Pour recommencer à zéro.

– Il ne vous a donné aucune adresse ? je demande en sentant un fol espoir m’envahir.

– Non. Comme je vous l’ai dit, il est parti si vite.

Je reste encore quelques minutes dans l’appartement. Je prends soin de récupérer quelques croquis en souvenir, au cas où je ne reverrais jamais Kay. Je sèche mes larmes et après avoir remercié chaudement la concierge, je quitte l’immeuble.

Dans la rue, je ressors la photo où je suis avec Kay. Pourquoi m’échappes-tu alors que je décide enfin de réparer mon erreur ?

Je m’accroche à mon désir sans faille de revoir Kay. Tant que je ne l’aurais pas retrouvé, je ne baisserai pas les bras. Je rentre dans ma voiture et mets en route mon GPS.

Direction Düsseldorf.

Musique du Chapitre

Free Fall : Renaissance – Chapter 4 (English Version)

Dear friends, the English translation for the Chapter 4 of Free Fall : Renaissance, my sequel to the German movie Free Fall / Freier Fall, is finally here ! I apologize for the lateness, I know a lot of you have been waiting for it !! But it’s available now =D Don’t hesitate to write a comment to give your thoughts about this chapter and your expectations for what’s coming next 🙂 (or if I made a weird translation, nobody’s perfect xD).

Chapter 4

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It has now been a little week since Max is by my side. Colleagues have been very surprised. I had to adapt to this new rhythm of life. I am so absorbed by Max that I forget Kay little by little. His memory slowly crumbles inside of me as days go by. In a way, it relieves me, because it helps me let my fears behind me. Max is my new priority, and sadly I can’t continue to wallow in self-pity if I want to be fully present for him.

I was eligible for a few days of paternity leave as an exception, but this period ended the day before yesterday. Luckily, Matthias’ brother Lukas has proposed his help to keep Lukas yesterday and today. Even if he is quite free with his cashier job, Lukas works part-time and is not always available. So I will have to find a baby-sitter quickly.

As Bettina asked me, I didn’t try to contact her. And I didn’t have to. Yesterday evening, I received a surprise visit from her. Her first words were :

– I am sorry, Marc …

At this point, it is no more time to be sorry. We have discussed about this sudden reversal of situation. I told her I accepted the care of Max, despite everything it implied. That I was even ready to leave my job if necessary. She announced me she was going to South America for a month with her sister, because she needed to have a break after this whole story. I said nothing. Now that I have Max, I have my own problems to handle, and I don’t have time to take care of Bettina’s. If she wants to leave, so be it.

Today, after work, I discuss with Matthias in the locker room.

– I am in the shit, I admit to him.

– Why ?

– Your brother can’t help me forever to keep Max, and I don’t have a lot of solutions. I thought about taking a baby-sitter, during the time I will need to get a stable situation to handle all of this, but it’s not that simple. I really want to find a trustworthy person.

– I recognize it’s not easy to find the suitable person. You know what, I will ask Steffi if she knows someone.

– Thanks, that’s really kind.

When I get back to the apartment, Lukas is preparing the dinner for Max. I go take Max in my arms then join Lukas. He smiles to me.

– Lukas, thank you so much to have accepted helping me, I tell him.

– Oh, you’re welcome. I don’t do a lot, you know.

He takes a short pause and looks at me with his puny gaze.

– However, I am sorry but I won’t be able to make it tomorrow. My boss called me to do extra hours.

– Damn, it comes at the bad time, I say while I cradle Max. Your brother promised me to ask Steffi if she knows someone, I cross fingers so she can accomplish a miracle !

Lukas packs his stuff then grabs his bag.

– Here you go, everything is ready Marc, you just have to give Max his meal. He is really adorable and calm, it is a pleasure to keep him.

– Thank you.

– So, it’s time for me to go, see you !

– Wait, I hail at him before he leaves while replacing Max in his cradle.

I go grab an envelop in a drawer then give it to Lukas.

– There, this is for you.

– What is it ?

– Some money, to thank you for helping me.

– Marc, I … says Lukas before giving me back the envelop, embarrassed.

I say no with my head.

– Keep it for you ! Now go.

One hour after Lukas has left, I give Max his meal and drowse some moments on the couch. I try to find a solution for tomorrow. Either I pretend to be sick to keep Max, or I find someone. I am extracted from my thoughts when I feel my cell phone vibrating in my pocket. It’s Marc calling.

– Hello ?

– Marc, I found your solution !

This is Steffi’s voice.

– Hi Steffi.

– I’ve got a friend, Lena. She just finished her childcare studies. She seeks a job in a school, but she hasn’t found anything yet. So meanwhile, I was thinking she could serve your purpose. She is 25 and very nice, you’ll see.

I think about it for a few seconds.

– That’s ok. Contact her and ask her if she can begin tomorrow morning at 8am. Lukas will not be able to take care of my little guy. So I really need her if she is available.

– Count on me, I’ll let you know as soon as possible.

We hang up. I really hope this Lena will be what I need, otherwise I’m in the shit. If I’m not able to raise my child properly, social services could very well come across me and take Max away from me forever to replace him in a host family, and I really don’t want this to happen.

A few minutes later, I receive a text message from Steffi. She confirms me that all is ok and that Lena will be able to begin tomorrow morning. Phew ! I let out a sigh of relief. It is already late and I don’t have a minute to lose. Tomorrow, I start at 8.30am, and everything needs to be ready for this Lena to take charge of Max. I immediately begin to gather important stuff, to wash Max’s dirty clothes and to tidy up what’s lying around. Even if finally, I realize that Lukas has already done the most of it, so much that I don’t have a lot to do. Once all is over, I cradle Max who has already fallen asleep, and, exhausted after this hard day, I myself go to bed. Max is very calm during the night and I only have to wake up once.

Around 8am, while I’m drinking a tea and I’m eating a buttered toast with ham, someone knocks at the door. When I open, I discover a very beautiful young woman on the doormat. Her iris tinted with green and hazel perfectly fit with her long ginger hair. Small and discreet freckles strew her prominent cheekbones and her large forehead. Her lips are fleshly and luscious. She addresses me a smile and hold out her hand.

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– Good morning, I’m Lena.

– I’m pleased to meet you. My name is Marc. Come in.

She penetrates in the corridor and we move to the small living room.

– Thank you so much for having accepted to help me, especially so quickly, and so early.

– You’re welcome, she says to me with a little sweet voice. This is normal. That’s a perfect timing because I was searching for a little job meanwhile, as I just finished my childcare studies.

– Yes, Steffi explained me that..

She addresses me a new smile to which I answer. Her aura does not leave me indifferent.

– Come, it’s time to meet Max and explain you where are the things you will need.

We discuss for fifteen minutes and look over everything she will need to take care of Max.

– So, I have to leave now, I announce her. Duty calls me!

– Good Luck, Marc. I’m sure everything’s will be ok with Max. Isn’t it, sweetheart ? she whispers while kissing Max that she’s holding in her arms.

When I come back in the evening, I briefly explain to Lena my actual situation, my story with Bettina, taking care of not revealing anything about Kay. I just tell her that the couple I formed with Bettina was doomed to fail and that we had preferred to split up. Lena shows herself to be very comprehensive, and it touches me.

Several exhausting days flow by, and I inwardly thank Steffi for finding Lena. Everything suits perfectly, and she relieves me from a considerable weight. On the evening, I’m able to spend some time with my son without having to preoccupy myself about the rest. Of course, it does create a hole in my budget. This is the reason why, every time I get the opportunity to take care of Max myself, I don’t ask Lena to come.

However, I’m starting to experience a strange feeling toward her. She is very attractive and irresistible. Her charm doesn’t leave me unmoved. Some sort of connection sets in between the both of us since a few days. So much it’s now been two days I invite her to stay for dinner.

We are precisely eating a potato salad, and she addresses me a conniving gaze.

– So, how’s been your day ? she asks me while eating a piece of potato.

– For once, it was less exhausting than usual. I’m really wondering how I would handle all of this if I had to take care of Max every day. Thanks again to you, Lena.

She throws an embarrassed smile at me. Suddenly, I feel her hand slide onto my thigh under the table. As I don’t know how to interpret this movement, I friendly touch her hand, even if her gesture wakes up desire in me. She seems confused and removes her hand.

Some days later, I start a leave period of five days, and Lukas has asked to keep Max today, which I accepted. I took advantage of this opportunity to invite Lena to go outside for a walk, as the sun is shining. After a wander in the shopping center of the city, we go to a nearby park. The atmosphere is calm.

– Thanks for offering me to go outside, but you know, I could have kept Max, says Lena.

– It’s a pleasure for me to spend time with you, I admit timidly.

– Me too, she whispers to me.

Suddenly, I feel her fingers gently touch mine, and we start walking hand in hand. At the beginning, it makes me feel a little bit ill at ease, but I let nothing appear about it. Something restrains me, disturbs me, even if I’m happy to spend some time with such a kind and attractive person.

At a moment on, we stop to sit down on a bench with a view on the lake of the park, and Lena fixes her gaze on me. Her face comes slowly closer to mine, until I feel her lips touch mine. We start to kiss tenderly, and I answer her call. I close my eyes to savour this moment.

Then abruptly, an image of Kay crosses my mind. I immediately detach myself from Lena, and a feeling of anxiety and regret insinuates into me, stabs me.

– I’m sorry … This is not possible. I … I love someone else.

I remain speechless. It got out all alone. I put my hand on my mouth, half chocked. I just said I loved him. That I still loved Kay. Lena stares at me with a lost and incredulous expression. I rise from the bench and turn towards the forest.

– Sorry, throws softly Lena while joining me. I didn’t mean to push you around. I … I thought … that you needed to relax, to change your mind. It was stupid coming from me. I can leave if you want, you don’t have to keep me as baby-sitter after this.

I slightly pivot in her direction, confused.

– No, it’s ok. How could you know ? And I need you for Max. Let’s leave it there.

Lena gets closer to me, and I turn my face towards hers. She discovers my eyes filled with tears.

– What’s going on, Marc ? It’s been two weeks since we know each other now. Nothing prevents you from talking to me. Explain me everything.

I hesitate for a moment when seeing her sadden expression. She looks honest.

– Can you keep a secret ?

We sit down on the bench again, and I tell her all the whole truth about my past. Bettina, Kay, Gregor. All is revealed.

– Oh, Marc, I am so sorry, she says while taking my hand. Why haven’t you spoken to me about all of this earlier ?

– This is not the kind of thing you tell everyone, Lena. It can literally break a life. And do a lot of harm.

– So … this Kay, you love him ? He is this “someone else” ? she questions me.

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– Yes, I confess with difficulty.

– But where is he ? Why don’t you try to find him again ?

I look at her with a little smile.

– This is what everyone keeps telling me lately. But I don’t know. I don’t dare try. I’m afraid to discover what Kay has become. To be disappointed. Maybe he has found someone else. Maybe he would not even accept to see me again.

– But what do you have to lose Marc ? Go ahead. Stop asking yourself those questions. You have five days of leave that are beginning. This is the moment or never to take the most of it. If you want I can keep Max during that time.

– You would do this for me ?

– Of course. If it allows you to feel better and go forward. And Max is an angel. It’s not like if I had to keep a little demon, she smiles.

Lena comes back home with me. We separate in the courtyard of the barracks. Before leaving, she says softly while putting her both hands on my shoulders and looking me straight into the eyes :

– Think about my proposal. Send me a message if you wish me to come tomorrow and the other days.

– Thanks, Lena …

She kisses my right cheek.

I have dinner in company with my son and Lukas. I confess him that I plan to find Kay back. After all, Lukas was the first to have instilled me that idea and have motivated me to do so.

– I’m proud of you Marc. This is the only solution if you want to have answers, he congratulates me.

During the night, I sleep very bad. All that happened those last few days, and most particularly today, worries me. I see Kay in my dreams asking me where I am. I weight the pros and the cons. Find him again ? Leave him ?

When I wake up in the morning, my decision is taken. I’ve contacted Lena. I’ve prepared a travel bag. Everything remains to be done now.

I’m coming, Kay.

Chapter’s Song

Free Fall : Renaissance – Chapitre 4 (Version Française)

Chers amis, voici enfin le Chapitre 4 de Free Fall : Renaissance, ma suite au film allemand Free Fall / Freier Fall ! Il a été un peu long à arriver, mais il est enfin là 😀 Au programme : Marc doit s’occuper de Max et la troublante Lena va débarquer. Marc va également prendre une décision importante concernant Kay ! IMG_3023

Cela fait une petite semaine que Max est à mes côtés. Les collègues ont été très surpris. Il a fallut m’adapter à ce nouveau rythme de vie. Je suis tellement absorbé par Max que j’en oublie peu à peu Kay. Son souvenir s’essouffle lentement en moi tandis que les jours passent. Dans un sens, cela me soulage, car j’en oublie mes angoisses. Max est ma nouvelle priorité, et malheureusement je ne peux pas continuer à m’apitoyer sur mon sort si je veux être pleinement présent pour lui.

J’ai eu le droit à quelques jours de congé à titre exceptionnel, mais cette période a pris fin avant-hier. Heureusement, Lukas le frère de Matthias a proposé son aide pour garder Max hier et aujourd’hui. Même s’il est plutôt libre avec son boulot de caissier, Lukas travaille quand même à temps partiel et n’est pas toujours disponible. Il va donc falloir que je trouve une baby-sitter rapidement.

Comme Bettina me l’a demandé, je n’ai pas cherché à la contacter. Et je n’ai pas eu à le faire. Hier soir, j’ai reçu une visite surprise de sa part. Ses premiers mots ont été :

– Je suis désolée, Marc …

À ce stade, il n’est plus l’heure d’être désolé. Nous avons discuté de ce revirement soudain de situation. Je lui ai dit que j’acceptais la garde de Max, malgré tout ce que cela impliquait. Que j’étais même prêt à quitter mon boulot s’il le fallait. Elle m’a annoncé qu’elle partait un mois avec sa sœur en Amérique du Sud, parce qu’elle avait besoin de faire un break après toute cette histoire. Je n’ai rien dit. Maintenant que j’ai Max, j’ai mes propres soucis à gérer, et je n’ai pas le temps de m’occuper de ceux de Bettina. Si elle veut partir, qu’elle parte.

Aujourd’hui, après le travail, je discute avec Matthias dans les vestiaires.

– Je suis dans la mouise, lui avoué-je.

– Pourquoi ça ?

– Ton frère ne peut pas me dépanner éternellement pour garder Max, et je n’ai pas beaucoup de solutions. J’ai pensé à prendre une baby-sitter, le temps de trouver une situation stable pour gérer tout ça, mais ce n’est pas évident. J’ai vraiment envie de trouver quelqu’un de confiance.

– Je reconnais que c’est pas facile de trouver la personne adéquate. Tu sais quoi, je vais demander à Steffi si elle ne connaît pas quelqu’un.

– Merci, c’est vraiment sympa.

Quand je rentre à l’appart, Lukas est en train de préparer le repas de Max. Je vais prendre Max dans mes bras puis je m’approche de Lukas. Il m’adresse un sourire.

– Lukas, merci mille fois d’avoir accepté de m’aider, lui dis-je.

– Oh de rien. C’est pas grand chose, tu sais.

Il marque une courte pause et me regarde avec son air chétif.

– Par contre, je suis désolé mais demain je ne pourrai pas être là. Mon boss m’a appelé pour faire des heures.

– Mince, ça tombe mal, fais-je en berçant Max. Ton frère m’a promis de demander à Steffi si elle ne connaissait pas quelqu’un, je croise les doigts pour qu’elle fasse un miracle !

Lukas range quelques affaires puis attrape son sac.

– Voilà, tout est prêt Marc, tu n’as plus qu’à donner son repas à Max. Il est vraiment adorable et calme, c’est un bonheur de le garder.

– C’est gentil.

– Allez, je te laisse, à plus !

– Attends, le hélé-je avant qu’il ne s’en aille et en reposant Max dans son berceau.

Je vais chercher une enveloppe dans un tiroir de ma commode puis me dirige vers Lukas et la lui tend.

– Tiens, c’est pour toi.

– Qu’est-ce que c’est ?

– Un peu d’argent, pour te remercier de m’avoir aidé.

– Marc, je … me lance Lukas en me redonnant l’enveloppe, gêné.

Je fais non de la tête.

– Tu gardes ça pour toi ! Allez file.

Une heure après le départ de Lukas, j’ai donné son repas à Max et je m’assoupi quelques instants dans le sofa. J’essaye de trouver une solution pour demain. Soit je me fais porter pâle pour garder Max, soit je trouve quelqu’un. Je suis extirpé de mes pensées quand je sens mon portable vibrer dans ma poche. C’est Marc qui m’appelle.

– Allô ?

– Marc, j’ai trouvé ta solution !

C’est la voix de Steffi.

– Salut Steffi.

– J’ai une amie, Lena, qui vient de finir ses études de puéricultrice. Elle cherche un job dans une école, mais elle n’a encore rien trouvé, alors en attendant, je me disais qu’elle pourrait faire l’affaire. Elle a 25 ans et elle est super sympa, tu vas voir.

Je réfléchis quelques secondes.

– C’est d’accord. Contacte-la et demande lui si elle peut commencer dès demain matin à 8h. Lukas ne pourra pas s’occuper du petit. Alors j’ai vraiment besoin d’elle si elle est dispo.

– Compte sur moi, je te tiens au courant.

On raccroche. J’espère vraiment que cette Lena fera l’affaire, sinon je suis cuit. Si je ne suis pas en mesure de m’occuper correctement de Max, les services sociaux pourraient très bien me tomber dessus et me l’enlever à tout jamais pour le placer dans une famille d’accueil, et je ne tiens pas à ce que cela arrive.

Quelques minutes plus tard, je reçois un SMS de Steffi. Elle me confirme que tout est ok et que Lena pourra commencer demain matin. Ouf ! Je pousse un soupir de soulagement. Il est déjà tard et je n’ai pas une minute à perdre. Demain, je commence à 8h30, et il faut que tout soit prêt pour que cette Lena puisse s’occuper de Max. Je me mets donc aussitôt à rassembler les affaires importantes, à nettoyer les habits sales de Max et à ranger ce qui traîne. Même si au final, je me rends compte que Lukas s’est déjà occupé de ça, ce qui fait qu’il ne me reste pas grand chose à mettre en ordre. Une fois que tout est terminé, je berce Max qui est déjà endormi, et, exténué après cette dure journée, je vais moi-même me coucher. Max est très calme pendant la nuit et ne m’oblige à me réveiller qu’une seule fois.

Vers 8h, alors que je suis en train de boire un thé et que j’avale une tartine beurrée avec du jambon, quelqu’un frappe à la porte. En ouvrant, je découvre une très jolie jeune femme sur le paillasson. Ses iris teintés de vert et de noisette s’accordent parfaitement avec ses longs cheveux rouquins. De petites tâches de rousseur discrètes parsèment ses pommettes saillantes et son large front. Ses lèvres sont charnues et pulpeuses. Elle m’adresse un sourire et me tend la main.

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– Bonjour, je suis Lena.

– Enchanté Lena. Moi c’est Marc. Entre.

Elle pénètre dans le couloir et nous avançons vers le petit salon.

– Merci énormément d’avoir accepté de me venir en aide, surtout aussi rapidement, et aussi tôt.

– De rien, me dit-elle d’une petite voix sucrée. C’est normal. Ça tombe vraiment bien car je recherchais un petit job en attendant, comme je viens de terminer mes études de puéricultrice.

– Oui, Steffi m’a expliqué ça.

Elle m’adresse un nouveau un sourire auquel je réponds. Son aura ne me laisse pas indifférent.

– Viens, je vais te faire rencontrer Max et t’expliquer où sont les affaires dont tu auras besoin.

Nous discutons pendant un quart d’heure et passons en revue tout ce dont elle aura besoin.

– Bon, il va falloir que j’y aille, annoncé-je. Le devoir m’appelle !

– Bon courage, Marc. Je suis sûr que tout va se bien passer avec Max, n’est-ce pas trésor, chuchote-t-elle en embrassant Max qu’elle tient dans ses bras.

En revenant le soir, j’explique brièvement à Lena ma situation actuelle, mon histoire avec Bettina, en prenant soin de ne rien révéler sur Kay. Je lui dis simplement que le couple que je formais avec Bettina était voué à l’échec et que nous avions préféré nous séparer. Lena se montre très compréhensive, et ça me touche.

Plusieurs journées assez épuisantes s’écoulent, et je remercie intérieurement Steffi de m’avoir trouvé Lena. Tout se passe à merveille, et elle me décharge d’un poids considérable. Le soir, je suis en mesure de passer du temps avec mon fils sans avoir à me préoccuper du reste. Bien évidemment, cela fait un trou dans mon budget, et c’est pourquoi dès lors que j’ai l’occasion de m’occuper de Max moi-même, je ne fais pas venir Lena.

Mais je commence à éprouver un sentiment étrange à son égard. Elle est vraiment très séduisante et irrésistible. Son charme ne me laisse pas indifférent. Une sorte de courant s’installe entre nous deux depuis plusieurs jours. Si bien que cela fait deux soirs que je l’invite à rester dîner.

Nous sommes justement en train de manger une salade de pomme de terre, et celle-ci m’adresse un regard complice.

– Alors, comment s’est passée ta journée ? me demande-t-elle en avalant une bouchée.

– Pour une fois, c’était moins crevant que d’habitude. Mais je me demande comment je ferais si je devais encore m’occuper de Max le soir. Encore merci à toi, Lena.

Elle me lance un sourire gêné. Soudain, je sens sa main glisser sur ma cuisse sous la table. Ne sachant pas comment interpréter ce geste, je lui effleure la main amicalement, même si son geste éveille en moi de l’envie. Elle semble confuse et retire sa main.

Quelques jours plus tard, je débute une période de congé de quatre jours, et Lukas a demandé à garder Max aujourd’hui, ce que j’ai accepté. J’en ai donc profité pour inviter Lena à sortir pour profiter du beau temps. Après avoir fait un tour dans une galerie marchande, nous nous promenons dans un parc. L’ambiance est assez calme.

– Merci de m’avoir proposé de sortir, mais tu sais, j’aurais pu garder Max, me lance Lena.

– Ça me fait plaisir de passer du temps avec toi, lui avoué-je timidement.

– Moi aussi, me souffle-t-elle.

Soudainement, je sens ses doigts effleurer les miens, et nous commençons à marcher main dans la main. Au début, cela me met quelque peu mal à l’aise, mais je n’en laisse rien paraître. Quelque chose me freine, me gêne, même si je suis heureux de passer du temps avec une personne aussi gentille et séduisante.

À un moment donné, nous nous arrêtons pour nous asseoir sur un banc donnant sur le lac du parc, et Lena me fixe du regard. Son visage se rapproche lentement du mien, jusqu’à ce que je sente ses lèvres toucher les miennes. Nous commençons à nous embrasser délicatement, et je réponds à son appel. Je ferme les yeux pour savourer cet instant.

Puis brusquement, une image de Kay me vient à l’esprit. Je me détache aussitôt de Lena, et un sentiment d’anxiété et de regret s’insinue en moi, me poignarde.

– Excuse-moi … Ce n’est pas possible. Je … J’aime quelqu’un d’autre.

Je reste interdit. C’est sorti tout seul. Je mets ma main devant ma bouche, à moitié choqué. Je viens de sortir que je l’aimais. Que j’aimais encore Kay. Lena me regarde d’un air perdu et incrédule. Je me lève du banc et me retourne vers la forêt.

– Désolé, me lance doucement Lena en me rejoignant. Je ne voulais pas te brusquer. Je … Je pensais … Que tu avais besoin de te détendre, de te changer les idées. C’était stupide de ma part. Si tu veux je m’en vais, tu n’es pas obligé de me garder comme baby-sitter après ça.

Je pivote légèrement vers elle, confus.

– Non, c’est bon. Tu ne pouvais pas savoir. Et puis j’ai besoin de toi pour Max. Restons en là.

Lena s’approche de moi, et je me retourne vers elle. Elle découvre mes yeux en larme.

– Qu’est-ce qui se passe, Marc ? Ça fait presque deux semaines qu’on se connaît maintenant. Rien ne t’empêche de me parler. Explique-moi tout.

J’hésite quelques instants en voyant son air désolé. Elle a l’air sincère.

– Tu sais garder un secret ?

Nous nous rasseyons sur le banc, et je lui raconte toute la vérité sur mon passé. Bettina, Kay, Gregor. Tout y passe.

– Oh Marc, je suis vraiment désolée, me dit-elle en me prenant la main. Pourquoi tu ne m’as pas parlé de tout ça plus tôt ?

– Ce n’est pas le genre de chose que tu racontes à tout le monde Lena. Ça peut briser une vie. Et faire très mal.

– Alors … ce Kay, tu l’aimes ? C’est lui ce quelqu’un d’autre ? m’interroge-t-elle.

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– Oui, avoué-je péniblement.

– Mais où est-il, pourquoi tu n’essayes pas de le retrouver ?

Je la regarde avec un léger sourire.

– C’est ce que tout le monde me dit ces derniers temps. Mais je ne sais pas. Je n’ose pas me lancer. J’ai peur de découvrir ce qu’est devenu Kay. D’être déçu. Peut-être qu’il a trouvé quelqu’un d’autre. Peut-être qu’il n’accepterait même pas de me revoir.

– Mais qu’est-ce que tu as à perdre Marc ? Fonce. Cesse de te poser des questions. Tu as cinq jours de congé qui commencent. C’est le moment où jamais d’en profiter. Si tu veux je garde Max pendant ce temps.

– Tu ferais ça pour moi ?

– Bien sûr. Si ça peut te permettre d’aller mieux et d’avancer. Et puis Max est un ange. Ce n’est pas comme si je devais garder un petit démon, sourie-t-elle.

Lena me raccompagne jusque chez moi. Nous nous quittons dans la cours de la caserne. Avant de partir, elle me dit doucement en mettant ses deux mains sur mes épaules et me regardant droit dans les yeux :

– Réfléchis à ma proposition. Envoie-moi un message si tu souhaites que je vienne demain et les autres jours.

– Merci, Lena …

Je dîne en compagnie de mon fils et de Lukas. Je lui avoue que je compte retrouver Kay. C’est lui qui le premier m’avait insufflé cette idée au bar et m’avait le plus motivé.

– Je suis fier de toi Marc. C’est la seule solution si tu veux avoir des réponses, me félicite-t-il.

Pendant la nuit, je dors très mal. Tout ce qui s’est passé ces derniers jours, et plus particulièrement aujourd’hui, me travaille. Je revois Kay dans mon rêve me demandant où je suis. Je pèse sans arrêt le pour et le contre. Le retrouver ? Le laisser ?

Quand je me lève au matin, j’ai pris ma décision. J’ai contacté Lena. J’ai préparé un sac de voyage. Tout reste à faire désormais.

J’arrive, Kay.

Musique du Chapitre

Le Chapitre 4 de Free Fall Part 2 arrive / Chapter 4 of Free Fall Part 2 is coming

Salut tout le monde ! Je profite simplement de ce billet pour rassurer tous ceux qui suivent ma fiction faisant suite à Free Fall : elle n’est pas terminée, et le Chapitre 4 est en cours d’écriture. J’ai été assez occupé ces derniers temps donc ça me prend un peu plus de temps pour le finir, mais j’espère pouvoir le poster avant la fin de la semaine en français. La traduction anglais arrivera quelques jours après. Par ailleurs, on m’a demandé combien de chapitres je pensais écrire. Pour le moment je ne suis pas encore certain, mais je pense qu’il y aura en tout 8 chapitres 😉
J’aimerais à nouveau remercier tous ceux qui suivent l’histoire, je sais que vous êtes nombreux et j’ai beaucoup de retours positifs, donc un grand merci à tous pour votre fidélité !

Edit : J’ai été pas mal occupé cette semaine ce qui fait que je n’ai pas eu le temps de terminer le Chapitre 4 ! Je pense le poster soit demain ou Mardi ! Désolé ^^

Hello everyone ! I simply right this post to reassure those who follow my written sequel to Free Fall : it is not over, and I’m working on Chapter 4 at the moment. I was quite busy these past days so it takes me more time to finish it, but I hope I can post it before the end of the week in French. The English translation will follow some days after. By the way, I was asked how many chapters I have planned to right. For the moment I’m not sure yet, but I think there will be 8 chapters in all 😉
I would like to thank all the people follow my story, I know you’re quite a lot and I have a lot of positive feedback, so a big THANKS to all of you for your loyalty !

Edit : I was a little bit busy this week, so I think I will finish write Chapter 4 either tomorrow or on Tuesday. Sorry for this !

Free Fall : Renaissance – Chapter 3 (English Version)

Free Fall : Renaissance – Chapter 3

Here is the third chapter of my sequel to the movie Free Fall / Freier Fall ! I hope you’ll like it ! An unexpected event awaits Marc and it risks to change his daily life.

Photo

 

I feel soft hands go back along my hips, fondle my back, then embrace me. I turn over and contemplate the China seas colored eyes of Kay. He addresses me his angelic smile he does so well. I smile back at him and approach my face close to his. I kiss him passionately. He puts his hands on my cheeks. I hold them tight, as if I never wanted to let them go. He lays a soft kiss on the lobe of my left ear. I succumb to his call. I take him in my arms. The warmth of his naked body heats up mine.

He lays his head on my shoulder. I gently kiss his forehead. Our clinch lasts a few minutes, but I feel like I lose all notion of time. I wish I could stay with Kay in this peaceful sphere for eternity.

Suddenly, Kay lifts his head and looks at me with his mischievous yet innocent air. His sweet voice brushes my ears :

– Have you ever thought of leaving somewhere ? Starting over ?

I stare at him with a slight doubt.

– But this is what I did, no ?

– Why are we not together then Marc ? Where are you ? Come find me. Don’t leave me alone in darkness.

I wake up abruptly, covered with sweat. I breathe with difficulty.

– Kay … ? Kay !!! I scream while checking the sheets next to me.

I realize I’m just coming out of a dream only after a few seconds. It looked so real. Why have I awoken ? I would have preferred to stay in my dream with Kay over and over again. I cannot control myself any longer, so I crack up. Tears begin to soak my cheeks.

– Kay … I babble while crying.

I check my bed once again, in a crazy hope that Kay was really present. But there is nothing and no one. Only the void left by Kay.

– Shit ! I yell while throwing my pillow across the room.

From that moment on, it is clearly impossible for me to get back to sleep. This soft but hard dream haunts my mind. I give a look at my alarm clock : it is 3.50am. As I turn round and round since ten minutes, I decide to quickly put sport trousers and a hoodie. I grab a towel and my swimsuit that I stuff in a bag, then leave my apartment. I cross as discreetly as I can the courtyard to finally join the large building where the training swimming pool is located.

It is normally forbidden to go there during the night, but at this hour, there is no risk for me to be caught. I get undressed, put on my swimsuit, then slowly dive in the tepid water. It makes me feel great. I feel my muscles relax, loosen themselves. I take a deep breath and swim some laps. Finally, I decide to simply lie on my back in the water, as if I was stretched out on my bed, and let myself drift away by the flow. My ears are plunged in the water and I hear nothing except the aquatic sounds. There is only serenity left. I close my eyes. I think back at the time where Kay and I had fooled around in the swimming pool. Just after our reprimand by Werner Brandt. That was really the moment where we had started to become friends. Good old Kay. Always ready to break the rules. He never gave a fuck to be caught or about what people could have told him. He knew how to spice up his life, be carefree, open his heart wide. My exact opposite. Nothing like me. I think this is the reason why he attracted me straight from the beginning.

I melt into those peaceful thoughts and let myself go in the course of water. I ignore how long I stay like this, but after a while I decide to go back to the apartment before risking getting caught. Some officers arrive quite early at the barracks. I get out of the swimming pool, dry myself, put my clothes on and return to my place.

Until the early morning, I read a book and watch TV. At about 9.15am, I go to the barracks to go on my mission. Today, we cover the event from yesterday once again. Everything goes well.

At the end of the afternoon, while we are about to come back, we receive an emergency call from the command post announcing that a riot has started in the heated suburb of a nearby town. We are all requisitioned, as well as other units close from the place, in order to intervene quickly.

– Shit, hurls Matthias on an ironic tone. Me who thought of coming back quietly tonight !

– Shut up, Pfeiffer, fulminates Werner Brandt. Content yourself to follow the orders !

I inwardly curse this last minute mission, because Bettina fixed our appointment tonight, and I’ve let my cell phone at the barracks. Impossible to tell her my plans have changed.

– Scheisse, I whisper in silence.

On site, this is chaos. Apparently, a large group of troublemakers has decided to confront the police. We need a few hours to restore calm. At one point, lost in my thoughts, I don’t notice a young man rushing at me with a baseball bat in hand. I receive a blow on my right shoulder. I return myself instantly only to see the bat being aimed at my face. Fortunately, Matthias arrives just in time to throw himself onto the maniac, blocking him on the ground then handcuffing him.

– Thanks … I murmur to Matthias.

– What’s happening to you dude ?! Pull yourself together, we are not taking a stroll !

– Promised.

When the mission finally ends and we are back, it is around 11.30pm. I rush out of the anti-riot truck then run in all haste to the locker room where I undress my equipment. I don’t take any shower and hurry to my Golf.

I arrive at the house around midnight. I ring at the door but no one answers. Yet I see light through the pane. I mechanically open the door.

– Bettina ? I shout.

No answer. When I penetrate in the living room, I discover Max in his pram, which looks all ready, as if it was about to be taken away. A bag filled with clothes lies just beside. I give a quick glance in all the rooms, but there is no sign of Bettina. I come back to Max who is starting to writhe and take him in my arms.

– Hey baby. Shh. There.

I cradle him a few moments, kiss him, and then replace him in the pram. While doing this, I discover an envelope from Bettina on the couch. I grab it and find a letter inside :

– “Marc … I cannot continue like this. I tried to resist as hard as I could, to hold on, but I have reached my limits. I love Max with all my heart, but with our separation something has broken. Max is our son. I wanted us to raise him together. I had so many dreams. And they have all collapsed. I’m not going to hold forth … I leave Max in your care. I am not able to raise a child who will never have a father at this side. I am sorry, Marc. This was not the idea I had of family. I can’t stand to be alone with him. Don’t try to make me change my mind. Don’t wait for me. I will not be back until several days. I hope you’ll understand. Bettina.

– Fuck ! I scream while throwing the letter across the room.

How could she do this to me ? I feel the anger invading me. Of course, I would be the happiest of fathers if I could have Max, but I live in barracks, in a small apartment. Is it really a proper place to raise a child ? Has she thought about all this ?

I hear Max starting to cry. I take him in my arms to comfort him. He calms down little by little. Tears also start to spread on my cheeks.

– Don’t worry little guy, daddy’s always gonna be there for you. I will never abandon you, I whisper to his ear.

I grab the envelop left by Bettina once again and discover a wad of bills accompanied by a little note : “Marc, here is all the money you sent me since our break-up, and some more. I never used it. I hope it will help you. Bettina.”. Does she really think that money will resolve everything ? It will help, but won’t fix everything.

I have nothing left to do here. I put Max back in his pram. I go from room to room in order to close the lights and shutters. When I come back to Max, he has peacefully fallen asleep. I take his pram as well as several boxes of milk powder and baby’s bottles. Finally, I lock the house and walk a few steps.

I give a last glance at the house then look Max, and for the first time in many months, by observing him, my face illuminates itself. I don’t know why, but I have the feeling that a new life awaits me. Move forward, never turn back again.

Chapter’s Song

Free Fall : Renaissance – Chapitre 3 (Version Française)

Free Fall 2 : Renaissance – Chapitre 3

Voici le chapitre 3 de ma suite au film Free Fall / Freier Fall ! J’espère qu’il vous plaira ! Un évènement inattendu attend Marc et cela risque de bouleverser un peu sa vie quotidienne.

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Je sens des mains douces remonter le long de mes hanches, caresser mon dos, puis m’enlacer. Je me retourne et contemple les yeux couleur bleue des mers de chine de Kay. Il m’adresse ce sourire angélique qu’il sait si bien faire. Je lui souris à mon tour et approche mon visage du sien. Je l’embrasse passionnément. Ses mains se posent sur mes joues. Je les sers tellement fort, comme si je ne voulais jamais les quitter. Il dépose un doux baiser sur le lobe de mon oreille gauche. Je succombe à son appel. Je l’enlace, je le prends dans mes bras. La chaleur de son corps nu réchauffe le mien.

Il pose sa tête au creux de mes épaules. Je lui embrasse le front délicatement. Notre étreinte dure quelques minutes, mais j’ai l’impression d’avoir perdu la notion de temps. J’aimerais rester avec Kay dans cette sphère paisible pour l’éternité.

Soudain, Kay relève sa tête et me regarde de son air innocent mais pourtant si malicieux. Sa voix sucrée effleure mes oreilles :

– Tu n’as jamais pensé à te casser quelque part ? Recommencer à zéro ?

Je le regarde avec un léger doute.

– Mais c’est ce que j’ai fait non ?

– Alors pourquoi nous ne sommes pas ensemble Marc ? Où es-tu ? Viens me chercher. Ne me laisse plus seul, dans les ténèbres.

Je me réveille brusquement, recouvert de sueur. Je respire difficilement.

– Kay … ? Kay !!! crie-je en vérifiant les draps à côté de moi.

C’est seulement au bout de plusieurs secondes que je me rends compte que je sors d’un rêve. Tout ça avait l’air si réel. Pourquoi me suis-je réveillé ? J’aurais voulu rester là avec lui encore et encore. Je n’en peux plus et je craque. Des larmes commencent à inonder mes joues.

– Kay … je balbutie en pleurant.

Je vérifie à nouveau mon lit, dans un fol espoir que Kay ait bien été présent. Mais il n’y a rien ni personne. Juste le vide laissé par Kay.

– Merde ! je hurle en lançant un coussin à travers la pièce.

À partir de cet instant, il n’est clairement plus possible de me rendormir. Ce rêve si doux mais si dur hante mon esprit. Je jette un œil à mon réveil : il est 3h50. Comme je tourne en rond depuis dix minutes, je décide d’enfiler rapidement un pantalon de sport et un sweat. J’attrape une serviette et mon maillot de bain que je fourre dans un sac, puis je sors de mon appartement. Je traverse aussi discrètement que possible la cour, puis rejoints le grand bâtiment où est située la piscine de la caserne.

Il est normalement interdit d’y aller la nuit, mais à cette heure, je ne risque pas de me faire prendre. Je me déshabille, enfile mon maillot de bain, puis me plonge doucement dans l’eau tiède. Cela me fait un bien fou. Je sens mes muscles se décontracter, se détendre. Je prends une grande inspiration puis j’effectue quelques longueurs à la brasse. Enfin, je décide de simplement me mettre sur le dos, comme si j’étais allongé sur l’eau, puis me laisse porter par le courant. Mes oreilles sont dans l’eau et je n’entends plus rien hormis les bruits aquatiques. Quel calme. Je ferme mes yeux. Je repense à la fois où Kay et moi avions fait les fous dans la piscine. Juste après notre brimade par Werner Brandt. C’est vraiment là que nous avions commencé à nous lier d’amitié. Sacré Kay. Il était toujours prêt à enfreindre les règles. Il se fichait bien d’être attrapé ou de ce qu’on aurait pu lui dire. Il savait pimenter sa vie, être insouciant, ouvrir son cœur en grand. Mon exact opposé. Tout l’inverse de moi. Je crois que c’est pour ça qu’il m’a attiré dès le départ.

Je me fonds dans ces pensées paisibles et me laisse aller au fil de l’eau. J’ignore combien de temps je reste ainsi, mais au bout d’un moment je me décide à rentrer à l’appartement avant qu’on ne me prenne sur le fait accompli. Certains officiers arrivent assez tôt à la caserne. Je sors de l’eau, me sèche, me rhabille puis regagne l’appartement.

Jusqu’au petit matin, je lis un bouquin et je regarde la télé. Vers 9h15, je rejoins la caserne pour partir en mission. Aujourd’hui, nous couvrons de nouveau l’événement culturel de la veille. Tout se passe bien.

En fin d’après-midi, alors que nous nous apprêtons à rentrer à la caserne, nous recevons un appel urgent du poste central nous annonçant que des débordements ont lieu dans la banlieue chaude d’une ville voisine. Nous sommes tous réquisitionnés, ainsi que d’autres unités proches des lieux, afin d’intervenir rapidement.

– Merde, lance Matthias sur un ton ironique. Moi qui pensait rentrer tranquillement ce soir !

– La ferme, Pfeiffer, peste Werner Brandt. Contente-toi de suivre les ordres !

Je maudits intérieurement cette mission de dernière minute, car Bettina m’a donné rendez-vous ce soir, et j’ai laissé mon portable à la caserne. Impossible de la prévenir.

– Merde, je murmure en silence.

Sur place, c’est le chaos. Visiblement, un large groupe de casseurs a décidé d’en découdre avec la police. Il nous faut plusieurs heures avant de rétablir le calme. À un moment donné, perdu dans mes pensées, je ne fais pas attention à un jeune qui fonce sur moi avec une batte de baseball dans la main. Je reçois un coup à l’épaule droite. Je me retourne aussitôt et aperçois la batte se diriger en plein sur mon visage. Heureusement, Matthias arrive à temps et se jette sur le forcené, le bloquant au sol puis le menottant.

– Merci … je murmure à Matthias.

– Qu’est-ce qui t’arrive mec, ressaisis-toi, on est pas en balade là !

– Promis.

Quand la mission se termine enfin et que nous rentrons, il est près de 23h30. Je sors du camion anti-émeute en courant et retire mon équipement en toute hâte dans les vestiaires. Je ne prends pas de douche et fonce directement vers ma Golf.

J’arrive à la maison vers minuit. Je sonne à la porte mais personne ne répond. Pourtant je vois de la lumière à travers la vitre. J’ouvre machinalement la porte.

– Bettina ? je crie.

Aucune réponse. Quand j’arrive dans le salon, je découvre Max dans son landau. Celui-ci est déjà tout prêt, comme s’il était sur le point d’être emmené. Un sac d’affaires est posé juste à côté. Je jette un œil rapidement dans toutes les pièces, mais aucune trace de Bettina. Je reviens vers Max qui commence à s’agiter et le prend dans mes bras.

– Alors mon bébé. Chut. Là.

Je le berce quelques instants, l’embrasse, puis le replace dans son landau. C’est en le repositionnant que je découvre une enveloppe de la part de Bettina sur le canapé. Je l’attrape et y trouve une lettre :

– « Marc … Je ne peux plus continuer comme ça. J’ai essayé de résister autant que j’ai pu, de tenir bon, mais je suis arrivé au bout de mes limites. J’aime Max de tout mon cœur, mais avec notre rupture quelque chose s’est brisé. Max est notre fils. Je voulais que nous l’élevions ensemble. J’avais tellement de rêves. Et ils se sont tous effondrés. Je ne vais pas épiloguer longtemps … Je te confie la garde de Max. Je ne peux pas élever un enfant qui n’aura jamais son père à ses côtés. Je suis désolée, Marc. Ce n’est pas l’idée que je m’étais faite de la famille. Je ne supporte plus d’être seule avec lui. N’essaye pas de me faire changer d’avis. Ne m’attend pas. Je ne reviendrai pas avant plusieurs jours. J’espère que tu comprendras. Bettina. »

– Merde, je hurle en lançant sa lettre à travers la pièce.

Comment pouvait-elle me faire ça ? Je sens la colère m’envahir. Bien évidemment, je serais le plus heureux des pères si je pouvais avoir Max, mais je vis dans une caserne, dans un petit appartement. Est-ce un lieu vraiment approprié pour élever un enfant ? A-t-elle pensé à tout cela ?

J’entends Max qui se met à pleurer. Je le prends dans mes bras pour le réconforter et il se calme peu à peu. Des larmes commencent aussi à se répandre sur mes joues.

– T’inquiètes pas petit bonhomme, papa sera toujours là pour toi. Je ne te laisserai jamais tomber, je lui susurre à l’oreille.

J’attrape l’enveloppe de Bettina et y découvre une liasse de billets accompagnée d’un petit mot : «Marc, voici tout l’argent que tu m’as envoyé depuis notre rupture, et un peu plus. Je ne l’ai jamais utilisé. J’espère que ça t’aidera. Bettina. ». Elle croit vraiment que l’argent réglera tout ? Ça m’aidera, mais ça n’arrangera pas tout.

Je n’ai plus rien à faire ici. Je replace Max dans son landau. Je passe de pièce en pièce et ferme toutes les lumières ainsi que les volets. Quand je reviens vers Max, celui-ci s’est paisiblement endormi. J’emporte son landau ainsi que plusieurs boites de lait en poudre et des biberons. Enfin, je referme à clef à la maison et m’avance de quelques pas.

J’y jette un dernier coup d’œil puis je regarde Max et pour la première fois depuis longtemps, en l’observant, mon visage s’illumine. Je ne sais pas pourquoi, mais j’ai le sentiment qu’une nouvelle vie m’attend. Avancer, ne plus se retourner.

Musique du Chapitre

Free Fall : Renaissance – Chapter 2 (English Version)

Free Fall : Renaissance – Chapter 2

Here is the second chapter of my written sequel to the movie Free Fall =) Happy reading and don’t hesitate to leave me your opinion in the comments or to share 😉

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When I am back at the Task Force quarters, it is around 9am. Although the sun is now fully risen, it is still a little bit cold outside. I get into my apartment and prepare some tea to warm up myself. I then sit down on my sofa and gaze at the barracks square through my bay window. Here and there, numerous members of the Task* are preparing to set out on mission. My apartment is located on the third floor of the building, and overlooks the large inner courtyard of the barracks. I swallow a mouthful of burning tea. I feel its warmth spread in me. I enjoy these few minutes of relaxation before beginning my day to have a look at my cell phone, which I had left here. When I go running, I like to cut myself off everything.

I find a message from Bettina. She is asking me if I can visit her at home tomorrow evening and wants a quick answer. This is obviously pretty urgent, and I am a little bit scared of it, because she never sent me such text messages since our break-up. Generally, when we need to see each other, we prefer to call and plan a meeting some days before, even if our conversations never last very long. Having nothing planned for tomorrow, I confirm her my agreement.

I stay on the sofa some more instants to relax when I suddenly hear someone knock at the door. Surprised, I go open it and find Matthias.

– Hi Marc ! How are you doing ? he exclaims while entering the apartment without being asked to do so.

Matthias Pfeiffer is a friend I made two months ago. He is a 25 years old young man, with short cut blond hair and green eyes. He has a pretty impressive build, which originates from the sport he practices since his earliest childhood, rugby. He had just joined the unit when we met for the first time. In order to welcome Matthias as well as another newcomer, the whole squad went in a bar. This had reminded me the unexpected integration of Kay in the team a few months ago … The unit stays, but the faces change. These two new recruits had arrived to fill the successive departures of Kay and Gregor.

– Not so bad, I answer with a slight smile while closing the door.

 I quickly became friend with Matthias when he had started to reveal me his personal story. His parents abandoned him and his little brother while they were still very young. They were then placed from families to social care institutions. Matthias’ brother, Lukas, was of a frail and timid nature, and homosexual. Therefore, Matthias has always been there to protect and take care of him.

I was deeply affected by his life story, and I felt Matthias was in a position to understand my situation. This is the reason why one month after I met him, I also narrated him my own personal background, apprehensively. It is usually very rare I dare confide in someone. Fortunately, I had the right feeling, because Matthias showed himself very comprehensive, and vowed to keep the secret. Being able to talk about all of this with an outside person did me a world of good and took a weight off me. I opened my door to Matthias and I hope I won’t regret it one day. Because if there’s one thing I’ve learnt with all these months, it’s that police is a very closed-minded and homophobic environment. So I have to hide and preserve myself at all cost.

When I had finished to tell him everything, Matthias asked me if I was gay or straight, if I made a choice. I answered him that I had no idea, that there was probably nothing to choose, just to accept. I never felt an attraction for any other guy except Kay. He was the only one to have ever given rise to such an effect on me. Matthias affirmed me afterwards that love knows no frontier, that homosexuality and heterosexuality are at bottom the same thing. Because love never warns and you can never know when it will strike, and how.

– Let me guess, he says while sitting on the sofa. You’ve been running ?

I answer him by nodding.

– Still no sign of Kay ?

– Still not.

– Sorry dude … But you know, I don’t understand why you stay here, lamenting on your fate. Since I know you, it looks like you try to do everything to forget him, but when I look at you, I only notice one thing.

– Oh really, and what is it ? I ask him on a slightly annoyed tone.

– You’re dying to see him again.

– Stop talking bullshit. Kay left. It’s been three months I’ve not seen him. All is over, I moved on.

– Have you even tried to call him ? he insists.

– Yes, of course I did. When I discovered he had left his apartment and the unit without telling me, I tried to reach him on his phone, but the line was cut. He had changed his number. Listen Matthias, I don’t really want to talk about this …

– Ok, ok, ok, sorry, he apologies while getting on his feet.

– Why are you here anyway ?

– I just wanted to pick you up to go to work together.

– That’s nice. I forgot it’s almost time to leave. So let’s go.

It is 9.30am when we arrive in the barracks’ hall. I come across Britt, one of my colleagues, who was a close friend to Kay. She is consequently aware of the whole story, but, luckily, she held her tongue. She stares at me with a dark gaze. Our relation has become pretty cold. She has probably not liked my behaviour towards Kay or even my family. As long as she doesn’t reveal anything to the others, I don’t wont to offend her. So I avoid as much as I can to stand in her way.

Today, Frank is not here because he has taken some days off. The day passes pretty quickly. We are patrolling until tomorrow in the streets of a nearby town where a cultural event takes place in the open air. At the end of the day, Matthias and I decide to have a drink in a bar.

I go to the counter to order two beers and a bowl of chips for Matthias and I, and then join him.

– Pretty quiet day, huh ? he asks.

– Yeah it was okay, I reply while swallowing a mouthful of beer.

– You seemed a bit weird today. Something’s perturbing you ?

– What makes you say so ?

– It’s only been two months since I know you Marc Borgmann, but your trick of the poker-faced guy who tries to show nothing through doesn’t work with me.

I answer nothing and grab a chips.

– When we get to know you better, we can see quickly that something’s wrong with you. Especially when you’re doing that face, he continues while giggling.

– It’s about Bettina, I admit to him.

– Tell me.

I hesitate a few moments, but I finally decide myself to talk.

– She sent me this text message, in the morning. She wants me to visit her tomorrow evening, but I don’t really know why, and it scares me. I have the feeling something’s going to turn wrong.

– It cannot be worse that what you’ve already gone through.

– True, but, I don’t know … She entrusts Max to me more and more these days. I was lucky if I saw him once every three weeks in the beginning.

– This is the reason why you moved by the way.

– Exactly.

– Listen, don’t worry. You will see what she has to tell you tomorrow, okay ?

– I hope you’re right …

– Moreover, what are you complaining about ? Seriously, how many men who just split up got the chance to continue seeing their child like you ? Bettina could have very well broke off all ties and prevent you from seeing Max.

A feminine voice suddenly starts talking behind Matthias :

– Hey guys, I hope we’re not disturbing you. Lukas told me you were both here, so we decided to join you.

It is Steffi, Matthias’ girlfriend. Lukas, the young brother of Matthias, accompanies her.

– Hello beauty ! he exclaims while getting up from his chair to kiss her. And you, come here little guy ! He takes his brother in his arms then friendly tousle his hair.

We discuss all four quietly around our drinks. At one point, I feel the need to have a smoke outside. When I grab my pack, Lukas calls out to me :

– I come with you ! I’d like to smoke one too.

We both get out in front of the bar, and I offer him one cigarette. I tried to stop smoking some weeks ago, but this task proved itself to be far more complicated than expected. I came to the conclusion it was not the moment for me yet. A feeling of well-being invades me when I inhale my first puff. I look at Lukas. He is a bit taller than his brother, but he has a lean body, not like Matthias. His hair is also brighter.

– So, how is it going at the barracks, he asks me.

– It’s okay. It’s not always simple. The routine if you prefer.

– I see … I know I should not tell you this, but Matthias has talked to me about your story.

– Oh, I answer on a calm tone, whereas I feel upset inside of me by this announcement. I hope he hasn’t told anybody else, I worry to Lukas. I fully trust him. My reputation can be totally destroyed in the space of one day. You don’t know how police works. I was able to see it three months ago.

– No, don’t worry, you secret is well kept, I promise. The only reason why Matthias told me about it is because, as he has probably said to you, I’m gay. And I think he needed to have an external point of view.

– And, what did you say ? I ask while I take a drag on my cigarette.

– Listen … I’m almost ten years younger than you, so frankly I cannot really judge, especially as I’m not involved at all, but … something’s troubling me.

– What is it ?

– Why have you never tried to find Kay again ?

This question destabilizes me so much that I let my cigarette fall on the ground.

– I’m sorry, Marc, I didn’t mean … I didn’t mean to push you around, apologizes Lukas.

– It’s nothing. It’s just … I’m always embarrassed when I hear his name. And it’s difficult for me to talk about it. The wounds are still opened. I try to forget him, you understand. He took his decision, he left.

A few seconds of silence ensue. I decide to break it.

– And, I don’t even know who I am anymore. What I am. I don’t know if I prefer women, or if I like men.

Lukas places his hand on my shoulder and fixes his gaze on me.

– Listen Marc. Maybe you don’t have to choose. In the end, you are still the same. What occurred between you and Kay goes beyond the notion of orientation. Tell yourself that you have not fallen in love with a man, but with a human being. We are all human beings. Why do you want to put yourself in a box at all cost ? You are who you are, you are what you are, and it’s all that matters. Don’t ask yourself more questions. The more you torture your mind with it, the more your life will get complicated. Trust me.

This speech from Lukas strikes me with full force like a cannonball. He was not wrong. I was too tormented. Trapped inside a fog from which I couldn’t extract myself since three months.

Later, when I finally slip under the duvet from my bed, I am unable to help repeating  myself in a continuous loop Lukas’ statements in my head. “Why have you never tried to find Kay again ?”. Never a second this thought had crossed my mind. For me Kay had taken his decision and I had no right to question it, to go back. This was the punishment I had been inflicted, and I had to accept it. I always thought there was no possible expiation. I had to continue alone and get myself back together.

What if I tried to start searching for him ? No, this is totally insane … I will never find him again. I had quickly taken the decision to not catch him up. Because the truth was I realized during our romance that, paradoxically, the more I was getting away from Kay, the more I craved to be by his side. I had to burn the bridges.

I’m so gnawed in my thoughts that I open the bay window of my living room and light a cigarette to have a change of air. The big inner courtyard is calm, peaceful. No sound can be heard.

I think again about all those intimate moments passed with Kay. Plunged into his gaze and his arms, I felt safe, cut from the world, far from my oppressing family. This family which was incessantly trying to infiltrate in my life, which was asking so many questions, which always wanted to know everything. Kay was my secret sanctum. And thanks to him, I no longer had the feeling of suffocating. No, I was breathing.

I finally go back to my bed. As I’m still unable to fall asleep, I decide to put back out the last fragment of Kay I’ve got left. I have not hold it in my hands since more than two months. It is his almost black, navy-blue sweatshirt, which he often wore when we were running. I extract it from my chest of drawers. One day, he lent it to me, and I did not have the chance to give it him back.

I hold it tight against me, I smell its sweet scent. It is as if Kay was by my side once again for a brief moment. I calm down, and without realizing it, I fall in a deep sleep.

Task = Task is a special unit in the German police. It is equal to the CRS in France. The task for which they are best known is crowd and riot control and re-establishment of order.

Chapter’s Song


It took me some time to decide myself on a song. And I finally chose Fly. I’m not specially fan of Hilary Duff, but this song is really superb and the lyrics perfectly fit with this chapter’s idea. That means it is time for Marc to let his torments behind him, and above all, open this part of him he tries to hide. And finally, be positive in order to better move forward.

To see the lyrics : http://www.azlyrics.com/lyrics/hilaryduff/fly.html

Free Fall : Renaissance – Chapitre 2 (Version Française)

Free Fall : Renaissance – Chapitre 2

Voici le deuxième chapitre de ma suite écrite au film Free Fall =) Bonne lecture et n’hésitez pas à me laisser votre avis en commentaire ou à partager 😉

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Lorsque je suis de retour à la caserne, il est environ 9h. Bien que le soleil soit désormais levé, il fait toujours assez frais à l’extérieur. Je rentre dans mon appartement et me prépare du thé afin de me réchauffer, puis je m’assois dans mon canapé et observe la cour extérieure par la baie vitrée. Ici et là, de nombreux membres de la Task s’activent pour partir en mission. Mon appartement est situé au troisième étage de l’immeuble, et surplombe la grande cour intérieure de la caserne. J’avale une gorgée du thé encore brûlant. Je sens sa chaleur m’irradier. Je profite de ces quelques minutes de répit avant de commencer ma journée pour consulter mon portable que j’avais laissé ici. Lorsque je vais courir, j’aime bien me couper de tout.

J’y trouve un message de Bettina. Celle-ci me demande s’il est possible de passer demain soir à la maison et souhaite une confirmation rapidement. Visiblement c’est assez urgent, et cela me fait un peu peur, car elle ne m’a jamais envoyé ce genre de message depuis notre rupture. En général, quand nous avons besoin de nous voir, nous préférons nous appeler, même si nos conversations ne durent jamais très longtemps. N’ayant rien de prévu demain soir, je lui confirme mon accord.

Je reste encore quelques instants à me détendre sur le sofa, quand j’entends quelqu’un frapper à la porte. Surpris, je vais ouvrir et découvre Matthias.

– Salut Marc ! La forme ? s’exclame-t-il en rentrant dans l’appartement sans y avoir été invité.

Matthias Pfeiffer est un ami que je me suis fait il y a deux mois. C’est un jeune homme de 25 ans aux cheveux blonds coupés courts et aux yeux verts. Il possède une carrure assez imposante, qui lui vient du sport qu’il pratique depuis son plus jeune âge, le rubgy. Il venait d’intégrer l’unité quand nous nous sommes rencontrés pour la première fois. Afin d’accueillir Matthias ainsi qu’un autre nouveau venu, tout le commando avait été dans un bar. Cela m’avait rappelé l’intégration inattendue de Kay à l’équipe quelques mois plus tôt … L’unité reste, mais les gens changent. Ces deux nouvelles recrues étaient arrivées pour combler les départs successifs de Kay et de Gregor.

– Ça peut aller, je réponds avec un léger sourire en refermant la porte.

Je m’étais rapidement lié d’amitié avec Matthias quand celui-ci avait commencé à me dévoiler son histoire personnelle. Lui et son frère cadet avaient été abandonnés par leur leurs parents alors qu’ils étaient encore très jeunes, et avaient ensuite été placés de familles en foyers. Le frère de Matthias, Lukas, était homosexuel, et de nature assez fragile et craintive. Matthias avait donc toujours été là pour le protéger et veiller sur lui.

Son histoire m’avait beaucoup touché, et j’ai senti que Matthias était en mesure de comprendre ma situation. C’est pourquoi, un mois après l’avoir rencontré, je lui avais également narré mon propre parcours, non sans crainte. En temps normal, il est très rare que j’ose me confier. J’avais heureusement eu le bon pressentiment, car Matthias s’était montré très compréhensif, et avait juré de garder le secret. Pouvoir parler de tout cela avec une personne extérieure m’avait fait un bien fou et m’avais enlevé un poids. J’avais ouvert ma porte à Matthias et j’espère que je n’aurai pas à le regretter un jour. Car s’il y a bien une chose dont je me suis rendu compte au fil des mois dans la police, c’est que c’est un milieu très fermé d’esprit et homophobe. Alors je dois à tout pris me cacher et me préserver.

Lorsque j’eus terminé de tout lui raconter, Matthias m’avait demandé si j’étais gay ou hétéro, si j’avais fais un choix. Je lui avais répondu que je n’en savais rien, qu’il n’y avait sans doute rien à choisir, juste à accepter. Je n’avais jamais ressenti d’attirance pour un autre homme que Kay. Il était le seul à avoir produit un tel effet sur moi. Il m’avait alors répondu que l’amour n’avait pas de frontière, et que l’homosexualité et l’hétérosexualité n’était au fond que la même chose. Car l’amour ne prévient jamais et qu’on ne sait jamais qui il frappera, et de quelle manière.

– Laisse-moi deviner, dit-il en s’asseyant dans le sofa, tu as été courir ?

Je hoche la tête de haut en bas en signe de réponse.

– Toujours pas de trace de Kay ?

– Toujours pas.

– Désolé, mec … Mais tu sais, je ne comprends pas pourquoi tu restes là à te lamenter. Depuis que je te connais, on dirait que tu essayes de tout faire pour l’oublier, mais quand je te regarde, je n’ai l’impression que d’une chose, s’arrête-t-il.

– Ah oui, et quoi ? je lui demande sur un ton légèrement agacé.

– Que tu meurs d’envie de le revoir.

– Arrête de raconter des conneries. Kay est parti. Ça fait plus de trois mois que je ne l’ai pas revu. Tout est terminé, je suis passé à autre chose.

– Tu n’as même pas essayé de l’appeler ? insiste-t-il.

– Si, bien sûr. Quand j’ai découvert qu’il avait quitté son appartement et l’unité sans me prévenir, j’ai essayé de le joindre sur son téléphone, mais la ligne était coupée. Il avait changé de numéro. Écoute Matthias, je n’ai pas vraiment envie de parler de ça …

– Bon bon bon, désolé, s’excuse-t-il en se relevant du canapé.

– Pourquoi tu es là au fait ?

– J’avais envie de venir te chercher pour partir ensemble à la caserne.

– C’est gentil. C’est vrai qu’il est déjà l’heure de partir. Alors allons-y.

Il est 9h30 quand nous arrivons dans le hall de la caserne. Je croise Britt, une de mes collègues, qui était aussi une amie proche de Kay. Elle est de ce fait au courant de toute l’histoire, mais, heureusement, a su garder sa langue. Elle me dévisage d’un regard sombre. Notre relation est devenue assez froide après tout ceci. Elle n’a sûrement pas dû apprécier mon comportement vis à vis de Kay ou même de ma famille. Tant qu’elle ne révèle rien aux autres, je ne veux surtout pas la froisser, alors j’évite autant que faire se peut de me mettre en travers de sa route.

Aujourd’hui, Frank n’est pas là car il a pris plusieurs jours de congés. La journée se passe plutôt rapidement. Nous sommes de patrouille jusque demain dans les rues d’une ville voisine où a lieu une manifestation culturelle en extérieur. En fin de journée, nous décidons avec Matthias d’aller boire un verre dans un bar.

Je vais au comptoir chercher deux bières ainsi qu’un bol de chips, puis je rejoins Matthias.

– Journée plutôt tranquille, hein ? s’enquiert-il.

– Oui ça peut aller, dis-je en avalant une gorgée de bière.

– Tu avais l’air un peu bizarre aujourd’hui, quelque chose te perturbe ?

– Qu’est-ce qui te faire dire ça ?

– Ça ne fait que deux mois que je te connais Marc Borgmann, mais ton petit manège du mec renfermé qui ne veut rien laisser transparaître ne marche pas avec moi.

Je ne réponds rien et attrape une chips.

– Quand on te connaît mieux, on sait tout de suite que quelque chose ne va pas, surtout quand tu fais cette tête, poursuit-il en pouffant de rire.

– C’est à propos de Bettina, lui avoué-je.

– Raconte-moi.

J’hésite quelques instants, mais je me décide finalement à parler.

– Elle m’a envoyé ce texto, ce matin. Elle veut que je vienne la voir demain soir, mais je ne sais pas vraiment pourquoi, et ça me fait un peu peur. J’ai le pressentiment que quelque chose va mal tourner.

– Ça ne peut pas être pire que ce que tu as déjà vécu.

– C’est vrai, mais, je ne sais pas … Ces derniers temps, elle me confie de plus en plus Max, alors qu’au début j’avais de la chance si je le voyais une fois toutes les trois semaines.

– C’est pour ça que tu avais changé d’appart’ d’ailleurs.

– Exact.

– Écoute, ne te tracasse pas. Tu verras bien ce qu’elle aura à te dire demain, d’accord ?

– J’espère que tu as raison …

– Et puis, de quoi tu te plains ? Sérieusement, combien d’hommes qui viennent de se séparer ont la chance de pouvoir continuer à voir leur enfant comme toi ? Bettina aurait très bien pu couper les ponts définitivement et t’empêcher de voir Max.

Une voix féminine s’élève soudain derrière Matthias :

– Salut les mecs, j’espère qu’on ne vous dérange pas. Lukas m’a dit que vous étiez ici, alors on a décidé de vous rejoindre.

C’est Steffi, la petite amie de Matthias. Elle est venue accompagnée de Lukas, le jeune frère de Matthias.

– Hey, salut beauté, s’exclame-t-il en se levant de sa chaise pour l’embrasser. Et toi, viens ici p’tit mec ! Il serre son frère dans ses bras puis lui chiffonne amicalement les cheveux.

Nous discutons tranquillement tous les quatre autour de nos verres. À un moment donné, l’envie me prend d’aller fumer une cigarette dehors. Quand je sors mon paquet, Lukas m’interpelle :

– Je viens avec toi ! Je m’en grillerais bien une aussi.

Nous sortons tous les deux devant le bar, et je lui offre une cigarette. J’ai essayé d’arrêter de fumer il y a quelques semaines, mais la tâche s’avéra bien plus compliquée que prévu. J’en ai conclu que ce n’était pas encore le moment pour moi. Un sentiment de bien-être m’envahit lorsque j’inspire ma première bouffée. J’observe Lukas. Il est légèrement plus grand que son frère, mais il a un corps fin, contrairement à Matthias. Ses cheveux sont aussi plus clairs.

– Alors, ça se passe bien à la caserne ? me demande Lukas.

– Ça peut aller. Ce n’est pas toujours évident. La routine quoi.

– Je vois … Je sais que je ne devrais peut-être pas te dire ça, mais Matthias m’a un peu parlé de ton histoire.

– Ah, je réponds sur un ton calme, alors qu’au fond de moi je suis un peu agacé par cette nouvelle. J’espère qu’il n’en a parlé à personne d’autre, m’inquiété-je. Je lui fais entièrement confiance. Ma réputation peut être complètement détruite en l’espace d’une journée. Tu ne sais pas comment ça fonctionne dans la police. J’ai pu m’en apercevoir il y a trois mois.

– Non, ne t’inquiètes pas, ton secret est bien gardé. La seule raison pour laquelle Matthias m’a parlé de tout ça, c’est parce que comme il te l’a déjà dit je suis gay, et je pense qu’il avait besoin d’avoir un point de vue externe.

– Et alors, tu lui as dit quoi ? je demande en tirant sur ma cigarette.

– Écoute … j’ai pratiquement dix ans de moins que toi, alors franchement je ne peux pas vraiment juger, surtout que ça ne me concerne pas, mais … quelque chose me chiffonne.

– Quoi donc ?

– Pourquoi tu n’as jamais essayé de retrouver Kay ?

Cette question me déstabilise tant que je laisse tomber ma cigarette au sol par inadvertance.

– Je suis désolé, Marc, je ne voulais pas … je ne voulais pas te brusquer, s’excuse Lukas.

– C’est rien. C’est juste que … je suis toujours gêné quand j’entends son nom. Et j’ai beaucoup de mal à en parler. Je ne suis pas le genre de mec à s’épancher sur ses problèmes personnels. Les plaies sont encore ouvertes. J’essaye de l’oublier, tu comprends ? Il a pris sa décision, il est parti.

Quelques secondes de silence s’ensuivent, que je décide de briser.

– Et puis, je ne sais même plus qui je suis. Ce que je suis. Je ne sais pas si j’aime les femmes, ou si j’aime les hommes.

Lukas pose sa main sur mon épaule et me fixe dans les yeux.

– Écoute Marc. Peut-être que tu n’as pas à choisir. Au fond, tu es toujours le même. Ce qui s’est passé entre toi et Kay dépasse la notion d’orientation. Dis-toi que tu n’es pas tombé amoureux d’un homme, mais d’un être humain. Nous sommes tous des êtres humains. Pourquoi vouloir à tout pris te placer dans une case ? Tu es ce que tu es, tu es qui tu es, et c’est tout ce qui compte. Ne te pose pas plus de questions. Plus tu te tortures l’esprit avec ça, plus ta vie sera compliquée. Crois-moi.

Ce discours de Lukas me frappe de plein fouet comme un boulet de canon. Il n’avait pas tord. J’étais trop tourmenté. Piégé dans un brouillard dont je n’arrivais pas à m’extirper depuis trois mois.

Un peu plus tard, lorsque je me glisse enfin sous les couettes de mon lit, je ne peux m’empêcher de repasser en boucle les déclarations de Lukas dans ma tête. « Pourquoi n’as-tu jamais essayé de retrouver Kay ? ». Jamais une seule seconde cette pensée ne m’avait effleuré l’esprit. Pour moi Kay avait pris sa décision et je n’avais pas le droit de la remettre en cause, de revenir en arrière. C’était le châtiment qu’on m’avait infligé, et je devais l’accepter. J’ai toujours cru qu’il n’y avait pas d’expiation possible. Il fallait continuer seul et me reconstruire.

Et si j’essayais de me lancer à sa recherche ? Non, c’est complètement fou … Je ne le retrouverai jamais. J’avais très vite pris la décision de ne pas le rattraper car la vérité, c’est que je m’étais aperçu que durant notre idylle, paradoxalement, plus je m’éloignais de Kay, plus j’avais envie de le rejoindre et être à ses côtés. Il fallait couper les ponts.

Je suis si tiraillé dans mes pensées que j’ouvre la baie vitrée de mon salon et allume une cigarette pour changer d’air. La grande cour intérieure de la caserne est calme, paisible. On n’entend plus un bruit.

Je repense aux moments intimes passés avec Kay. Plongé dans son regard et dans ses bras, je me sentais en sécurité, coupé du monde, loin de ma famille oppressante. Cette famille qui sans arrêt tentait de s’infiltrer dans ma vie, qui me posait tant de questions, qui voulait toujours tout savoir. Kay était mon jardin secret. Et grâce à lui, je n’avais plus l’impression d’étouffer. Non, je respirais.

Finalement, je regagne mon lit. N’arrivant toujours pas à trouver le sommeil, je décide de ressortir le dernier fragment qu’il me reste de Kay. Je ne l’ai pas eu entre mes mains depuis plus de deux mois. Il s’agit de son sweat bleu marine, qu’il mettait souvent quand nous allions courir. Je l’extirpe d’un tiroir de ma commode. Un jour, il me l’avait prêté, et je n’avais pas eu l’occasion de le lui rendre.

Je le serre contre moi, j’hume son odeur. C’est comme si Kay était de nouveau à mes côtés pour un cours instant. Je m’apaise, et sans m’en rendre compte, le sommeil m’enlace enfin.

* Task = La Task est une unité spéciale de la police Allemande. L’équivalent des CRS en France.

Musique du Chapitre


J’ai mis beaucoup de temps avant de me décider sur une musique. Et j’ai finalement choisi Fly. Je ne suis pas spécialement fan d’Hilary Duff, mais cette musique est vraiment superbe et les paroles correspondent parfaitement à l’idée de ce chapitre. À savoir qu’il est temps pour Marc de laisser ses tourments derrière lui, et surtout, d’ouvrir cette partie en lui qu’il tente de dissimuler. Et au final, positiver pour mieux avancer.

Pour voir les paroles : http://www.azlyrics.com/lyrics/hilaryduff/fly.html