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Free Fall : Renaissance – Chapitre 9 (Version Française)

Salut les amis ! Tout d’abord je vous souhaite à tous un très joyeux Noël 🙂 J’espère que vous passez un moment merveilleux en compagnie de vos familles et de vos amis. Qui dit Noël, dit cadeaux ! Et justement, j’ai un joli cadeau à vous offrir : le Chapitre 9 de Free Fall : Renaissance 😀 C’est vraiment le Chapitre que j’attendais le plus de pouvoir écrire, car c’est enfin le moment de la vraie « réunnion » de Marc et Kay ! Que va-t-il se passer ? À vous de lire pour le découvrir ^^

Chapitre 9

Free Fall Chap 9

Kay et moi sortons silencieusement de la gare. Mon cœur bat à tout rompre. Je n’arrive toujours pas à réaliser qu’il est enfin là, pour de vrai, à mes côtés. Pas ailleurs. Pas dans un état second. Pas inanimé. Il me lance un petit regard de côté et me souris. Je lui réponds par un sourire dissimulé, presque gêné.

Nous marchons à pied pendant quelques minutes et rejoignons les berges du Rhin, où nous profitons du soleil pour nous installer sur un banc face au fleuve. Je me doutais qu’il serait nécessaire pour nous de discuter, au moins pour s’expliquer, car Kay a dû énormément souffrir. Il voudra en parler.

– Jamais je n’aurais cru te revoir, Marc, débute-t-il. J’avais tiré un trait sur toi après m’être tiré. Tu étais le seul soutien que j’avais dans la Task et tu m’as abandonné. Je sais que ce n’était pas une situation évidente pour toi. Tu étais pris entre moi, Bettina, ton fils, ton boulot, tes obligations. Je t’en ai peut-être trop demandé, me lance-t-il. Mais j’espérais au moins avoir une épaule sur la quelle me reposer un peu. La tienne.

Je sens le poids de la responsabilité et de la faute tomber sur moi. Il n’a pas tord. Je le regarde droit dans les yeux.

– Kay, je … c’est vrai, tu as raison. Je ne savais plus comment m’en sortir. Je vais être franc avec toi : j’ai décidé de couper les ponts car je pensais que ce que je faisais était une erreur. Que tu n’étais qu’une aventure. C’est seulement après que Bettina soit revenue que j’ai réalisé à quel point je m’étais trompé.

Je marque une pause et contemple à nouveau le fleuve. Je sens le regard de Kay posé sur moi.

– Pourquoi tu es revenu, Marc ? me demande-t-il.

– J’ai compris que ce n’était pas que ça. Que c’était bien plus. Tu as ouvert quelque chose en moi, Kay. Quelque chose que je ne connaissais pas. Tu as libéré le vrai Marc. Ma vie était si plate, si morose, si monotone et si uniforme. La seule chose qui me motivait, c’était de savoir que j’allais être père. Puis tu es apparu. Tu as changé tout ça. Avec toi je me sentais moi-même. Mais je n’ai pas géré comme je l’aurais dû. J’ai été incapable d’assumer. Je n’ai pas avoué les choses. Et enfin je suis tombé en chute libre. Kay, si tu savais comme je suis désolé. Tu avais raison, quand nous nous étions engueulés dans ton appartement. Je n’ai été qu’un sale égoïste, je n’ai pensé qu’à moi. Et quand je me suis enfin rendu compte de tout cela, j’ai voulu revenir vers toi, je suis allé à ton appartement, mais tu n’étais plus là. Tu avais disparu. Kay, je me sentais si seul, si perdu sans toi. Je me suis aperçu que je t’aimais. Oui, que j’étais profondément amoureux de toi. Et que je ne voulais plus jamais te quitter.

Les larmes me montent à nouveau aux yeux.

– Hé, Marc, me dit doucement Kay en me prenant la main. Que tu me dises tout ça, ça résout déjà une bonne partie des choses. Pourquoi ne pas m’avoir fait ces aveux avant ?

– Je n’en ai pas eu le courage. C’était impossible pour moi à l’époque.

Kay effleure mon visage avec ses doigts. J’en ai des frissons dans tout le corps.

– Il faut aussi que je t’avoue quelque chose, m’annonce-t-il. Je tiens à m’excuser également. Je t’en ai trop demandé. Dans un sens, j’ai été égoïste aussi, car je ne te voulais rien que pour moi. Je n’ai pas pris en compte le fait que tu avais déjà une famille. Je pensais pouvoir t’arracher à ta femme et à ton fils, et ce n’était pas bien. J’étais furieux. Furieux de ne pas t’avoir chaque soir à mes côtés. J’ai failli faire foirer ta carrière, car si on avait appris pour nous deux, adieu la police.

Son discours me fait le plus grand bien, car j’ai l’impression qu’un abcès se crève enfin. Il se lève du banc.

– Viens, je t’emmène, continuons cette discussion chez moi. Je veux être seul avec toi.

Vingt minutes plus tard, nous nous retrouvons dans le nouvel appartement de Kay, situé en centre-ville, dans un joli quartier. Il va directement vers le frigo et sort deux bières qu’il décapsule. Son appartement possède un petit balcon sur lequel nous nous rendons, ce qui me rappelle le bon vieux temps.

– Pourquoi tu es parti ? j’ose finalement lui demander.

– Tu oublies que c’est toi qui m’a conseillé de me casser, me répond-t-il d’un ton accusateur.

– C’est vrai mais … je ne pensais pas ce que je disais.

– De toute manière, je n’ai pas vraiment eu le choix. Dès que Gregor Limpinski et les autres ont appris pour moi, j’étais grillé. Gregor a commencé à s’acharner sur moi. Après la petite fête chez toi, il m’a trouvé et m’a tabassé, comme tu l’as constaté lors de notre dernière entrevue …

Je me sens soudain énormément coupable. Je ne sais pas quoi répondre. Kay s’en charge.

– Mais ça ne s’est pas arrêté là. J’ai appris quelques jours plus tard par Britt qu’il avait été viré. Pour t’avoir agressé. J’avais pris une chambre dans un petit hôtel miteux en bordure de la ville. Quelqu’un lui a donné mon numéro de portable. D’abord, il m’a appelé. Il me menaçait, me disait que tout était ma faute, que si je n’étais pas arrivé dans l’unité rien de tout ça ne se serait produit. Il m’a clairement fait comprendre qu’il voulait ma mort. Il était complètement dérangé, cinglé. J’ai coupé ma ligne téléphonique.

Cela explique pourquoi je n’ai pas réussi à joindre Kay quand je suis revenu dans son appartement.

– Et je ne sais pas comment, un soir, il a trouvé mon hôtel. Il vociférait à l’extérieur de ma chambre, complètement ivre. J’ai fait comme si je n’étais pas là. Dès le lendemain, j’ai fuit dans une autre ville, en espérant qu’il me laisse en paix. Je n’avais pas vraiment peur, mais je voulais juste tout oublier, toi y compris, car c’était trop dur. De toute manière, personne n’aurait pu me venir en aide. Dans cette histoire, j’étais seul.

Je n’en reviens pas.

– Kay, je suis tellement désolé. Je ne pensais pas que ça avait pris de telles proportions. On n’avait plus entendu parler de Gregor après que Werner Brant l’a viré.

– Ce n’est pas de ta faute. Toujours est-il qu’il a à nouveau, je ne sais comment, réussi à retrouver ma trace. Il avait l’adresse de mon nouvel appartement, et j’ai dû fuir en catastrophe, encore une fois. On aurait dit qu’il ne s’arrêterait pas tant qu’il n’aurait pas eu ma peau. Il rejette tous ses maux sur moi. Alors j’ai décidé de partir encore plus loin, ici, à Düsseldorf. Ça fait environ deux mois que je suis tranquille.

Sans crier gare, je le saisis et le sert fort dans mes bras, comme pour le protéger. Il plonge son visage dans mon épaule.

– Kay, je suis là maintenant. Et je te promets que je ne laisserai plus qui que ce soit te faire du mal désormais.

Je sors la photo où nous sommes ensemble de ma poche et la lui montre.

– J’y suis allé, dans ce studio. Je ne savais même pas que tu dessinais, dis-je en pointant du doigt un croquis accroché au mur. Je me rends compte que j’ignorais beaucoup de choses à ton sujet.

– On ignorait beaucoup de choses l’un sur l’autre, il ajoute. Coincés dans notre relation cachée, nous n’avions pas véritablement le temps et l’opportunité d’apprendre à mieux nous connaître. Maintenant on va pouvoir rattraper le temps perdu. Dessiner me permettait de garder un fragment de toi à mes côtés. Mais ce n’était qu’une illusion.

Nous continuons à discuter de tout et de rien, à nous remémorer les bons moments du passé, en essayant d’éclipser les mauvais. Puis nous nous rendons compte que plusieurs heures se sont écoulées. Il est pratiquement 20h.

– Viens, m’annonce Kay. Je t’invite à dîner. Je meurs de faim.

– Avec plaisir.

Nous sortons dans un restaurant italien du centre-ville. Nous passons la quasi intégralité du repas à nous observer avec des regards complices, comme si les trois mois où nous ne nous sommes pas revus avaient disparu de nos mémoires. Je sens un bien fou m’envahir. Tout ce dont j’ai toujours rêvé depuis que Kay est parti se réalise. Je le retrouve enfin, et nous rions ensemble.

Après le dîner, nous revenons chez Kay. La nuit est tombée. L’ambiance est calme, sereine et reposante. Nous allons sur le balcon fumer une cigarette. La lune est pleine.

– Kay, tu m’as fait très peur, la semaine dernière, je ne peux m’empêcher de lui dire. Quand je t’ai retrouvé dans ce bar, j’ai bien cru que tu étais mort. Pourquoi tu as fait une chose pareille ?

– J’étais désespéré. J’avais l’impression que ma vie n’avait plus aucune signification, plus aucun sens. Je suis sorti comme j’en avais l’habitude, et j’ai bu. Trop bu. Mélangé ça avec des pilules. Je ne sais pas ce qui m’a pris. Merci de m’avoir sauvé la vie en donnant ton sang. Toute cette semaine je me suis senti misérable. Pathétique. J’ai vraiment hésité à venir te retrouver à la gare. J’avais honte de ce que tu aurais pu penser.

Kay se rapproche de moi et se blottit dans mes bras. Je sens qu’il a besoin d’affection. Lui qui pouvait paraître parfois si détaché. Je l’enlace.

– Heureusement que tu m’as retrouvé, poursuit-il. Réfléchis, combien y avait-il de chances que tu me trouves là, à cet endroit ? Je crois que c’est le destin qui nous a réuni. Si deux personnes sont faites pour être ensemble, alors elles se retrouvent.

– Tu le penses vraiment ? je demande.

– Oui.

– Moi aussi, j’avoue. Quand tu n’étais plus là, c’est ma foi en toi qui m’a fait tenir face au chaos.

J’approche mes lèvres de celles de Kay et l’embrasse fougueusement. Il répond à mon appel, et je sens nos deux langues se mêler savoureusement l’une à l’autre. Mes mains descendent le long de son corps. J’ôte son t-shirt, et je sens qu’il fait la même chose avec le mien. Petit à petit, nous retournons à l’intérieur de l’appartement en laissant les portes du balcon grandes ouvertes. Nous nous jetons sur le lit et enlevons délicatement le restant de nos habits. Aucune lumière n’est allumée. Seul le clair de lune illumine nos corps nus, collés l’un contre l’autre. Une petite brise emplit la pièce et les rideaux transparents des portes du balcon se mettent à flotter dans l’air. L’endroit est plongé dans une ambiance bleutée et nocturne.

Je sers tellement fort Kay contre moi, je contemple ses yeux et son corps magnifique. Je ne veux plus le relâcher. Ses mains douces effleurent mes jambes, mon dos, mon torse et mon visage, m’aspirant dans un kaléidoscope de sensations indescriptibles. J’embrasse à mon tour le corps de Kay. Je savoure chaque bouchée, chaque centimètre carré de sa peau de porcelaine. Je sens l’excitation de mes sens grimper en flèche.

Nous commençons à faire l’amour dans un va-et-vient délicat, empli de tendresse. Kay attrape ma main. Il dépose un baiser délicieux sur chacun de mes doigts. Ma bouche mordille et titille son torse, ses tétons, son cou, ses joues puis ses oreilles. Je ne peux m’empêcher d’humer l’odeur exquise de ses cheveux dorés. Des ondes de plaisir intense traversent nos deux corps, qui se mêlent et se fondent l’un en l’autre.

Toute notion de temps a de nouveau disparu, comme lors de nos retrouvailles à la gare, et j’ignore combien de minutes voire d’heures dure notre étreinte savoureuse, jusqu’à ce que nous atteignions le point de paroxysme où nous jouissons au même moment en nous embrassant mutuellement.

Quelques instants plus tard, enfermés dans notre bulle d’affection, où nous avons l’impression que plus rien ne peut nous atteindre, nous nous endormons paisiblement dans les bras l’un de l’autre.

Nous sommes réveillés le lendemain matin par les premières lueurs du soleil qui viennent chatouiller nos visages. Je m’aperçois que je suis assoupi sur le torse de Kay, mes mains enlaçant son ventre.

– Salut toi, me susurre-t-il en plongeant ses mains dans mes cheveux froissés.

Je me relève, m’approche de son visage et l’embrasse.

– J’ai l’impression de me réveiller au Paradis, dis-je en souriant.

Nous restons à barboter au lit une heure de plus, profitant de l’instant présent. Puis nous décidons enfin de nous lever. Nous allons prendre une douche ensemble, l’occasion pour nous de passer un nouveau moment complice, et pour moi d’admirer la beauté de Kay. Je masse et lave délicatement chacune des parties de son corps qui semble fragile. Je ressens le besoin profond de le protéger. Je découvre sur son bras droit la cicatrice de la transfusion de la semaine dernière. Comme pour effacer un mauvais souvenir, je passe ma main dessus avec un peu de savon.

Après nous êtres lavés et préparés, nous sortons prendre le petit déjeuner en extérieur. Nous passons le restant du Dimanche à Cologne, non loin de Düsseldorf, à gambader, à discuter, à rigoler, comme si rien n’avait changé, comme s’il s’agissait d’un premier amour, innocent et pur. Nous nous fichons éperdument du regard que les gens peuvent bien avoir sur nous. Nous visitons le Dom, la grande cathédrale, et nous terminons la journée en nous rendant dans le magnifique zoo de Cologne.

Puis il est l’heure de revenir à Düsseldorf, et pour moi de rentrer. Sur le trajet du retour, nous restons silencieux dans la voiture de Kay, main dans la main, car nous savons que d’ici une heure, nous ne serons plus ensembles. De retour à l’appartement, j’emballe mes affaires et Kay me raccompagne jusqu’à la gare. Je sens la tristesse monter en moi. Le genre de tristesse qui vous prend aux tripes lorsque vous devez quitter une personne à qui vous tenez énormément avant un long voyage.

– Je ne veux pas partir, je souffle.

Kay me rejoint et me prend dans ses bras. Je pose ma tête sur son épaule. Je me délecte de ce dernier instant qu’il nous reste avant mon départ.

– Et moi j’aimerais tellement que tu restes. Mais tu dois partir. Ton fils t’attend.

– Je reviens le weekend prochain, promis.

– Marc, j’ai passé deux jours formidables à tes côtés. Jamais je n’aurais pensé avant la semaine dernière qu’on se retrouverait. Je n’avais tellement plus d’espoir que j’en avais oublié la possibilité que ça se produise. Pour moi ça n’était qu’une illusion. Je n’ai même pas cherché à revenir vers toi. Merci d’avoir eu ce courage, cette force, de me retrouver. Ça a beaucoup de valeur à mes yeux, plus que tu ne peux l’imaginer. Personne n’a jamais fait ça pour moi.

Je dépose un baiser sur ses lèvres, puis grimpe dans le train qui vient d’arriver sur le quais. Une fois monté à l’intérieur, je me retourne vers lui.

– À la semaine prochaine, je lui lance.

– Dépêche toi de revenir, me répond-il de son air malicieux.

Puis la porte se referme. Au moment où le train commence à avancer, il me crie :

– Pussy !

Je rigole et lui fait un doigt d’honneur. Tandis que je m’éloigne, je l’observe à travers le carreau. Petit à petit, je vois sa silhouette rapetisser, jusqu’à disparaître de mon champ de vision. Je pensais être terriblement malheureux, mais je m’étonne à sourire, car je sais que je le reverrai très bientôt. À dans une semaine, Kay.

Musique du Chapitre

Free Fall : Renaissance – Chapter 8 (English Version)

Chapter 8, finally ! A chapter tremendously awaited by a lot of you because it marks the most important turning point in this fanfiction, the very reason why I created it in order to please myself and the others. To compensate a thing that frustrated us all : Free Fall’s ending ! I don’t say you more and I let you discover all of this. Just as a reminder, I still have 2 chapters to publish before it all ends 🙂 Have a good read and gros bisous ❤

10705309_10201679100014341_1481171910_nBeautiful Fanart by Lupera-GER

Chapter 8

After several hours of driving, I come back home totally exhausted. It is about noon when I arrive. I find Lena and my son Max with a great pleasure. After these intense past days, I feel like I need some calm and most importantly some rest, and the fact to be with Max do me a world of good

– He has been very quiet, announces Lena, who is cooking a meal with a succulent smell.

I hold Max in my arms and he does a great smile to me.

– I’m starving !

– So sit down, says Lena while preparing plates.

I’m so hungry that I serve myself up twice. Then, down on my last ounce of strength, I head to my bedroom where I collapse on the bed. I sleep almost all the afternoon. Sunday comes to its end and Lena leaves the place. She will come back tomorrow to take care of Max.

The next morning, I get back to work with difficulty but I am happy to see Matthias again. During one mission outside of the barracks where we are together, I tell him about the last news and announce him that I have found back Kay.

– I am really happy for you buddy, he smiles at me while patting on my shoulder.

On Wednesday evening, we all go have a drink in a pub of the city. Lukas and Lena are also there. Max sleeps peacefully in his pushchair.

I go out have a smoke with Lukas and also inform him about my difficult reunion with Kay.

– I go back to Düsseldorf on Saturday. I hope he will be there.

– If he loves you and still cares for you, he will be, Lukas reassures me. You have still and all made that entire trip to find him while you did not even know where he had gone. He cannot ignore that. A few people would have done the same, Marc.

– I know. But this is also thanks to you and the others. You have all offered such an amazing support that I won’t ever know how to thank you all. You made me aware that I had to move myself.

– And it was worth it. I sincerely think that Kay will be there.

Despite Lukas optimistic words, I don’t receive any call from Kay during the week, which worries me a lot and casts doubt for a while on my will to go back to Düsseldorf. Did the nurse who took care of him hand over my paper ? Or is it maybe Kay who does not wish to hear about me anymore ? But a promise is a promise and I will go to Düsseldorf on Saturday morning.

The rest of the week passes at an incredible speed and I avoid asking myself too many questions. On Friday evening, I am not able to find sleep. The bay windows of my bedroom are wide opened and the curtains are floating in the air. I observe the stars in the cloudless sky, contemplative. I can’t stop to worry myself sick thinking about tomorrow. I’m afraid that Kay won’t be at the meeting. Maybe he hasn’t forgiven me to abandon him. To have been selfish. Maybe he has even someone new into his life. I banish all those negative thoughts from my head as best as I can while trying to be optimistic, but it remains difficult.

Finally, morning rises and now it is not possible to turn away anymore. My destiny is underway. Lena arrives around 7am to keep Max for the whole weekend, as I am not sure when I will be back. I finish packing a small suitcase where I’ve put the necessary things then head towards the living room to say goodbye to my son. When I’m about the leave, Lena joins me.

– Good luck, she whispers to me while kissing me on the forehead. I hope you will find what you’re waiting for.

– Thank you, I say, a bit stressed.

I finally take the car and drive to the train station where I take my train for Düsseldorf. The trip lasts a couple hours during which I stay totally impassive and silent. I think of nothing. I only feel a ball of anxiety intensifying little by little inside me, as the train gets closer to the final destination.

I arrive in the Düsseldorf train station around 11am. I scan the platform as the train slows down to finally stop. I grab my suitcase and get out of the railcar. I stay unmoving on the platform and look around. No Kay to be seen. I start to move forward to join the inside of the train station.

What can I do except waiting ? Maybe Kay has already come, already waited and has already left not seeing me arriving. It is true I was not even able to specify him when I was arriving as I did not have any mean to contact him directly. I should have perhaps taken a train before to arrive early enough. Something I had not thought about.

During long minutes, I stare at the travellers going back and forth. I feel like an intruder in this crowd in movement. Not being at my proper place. Little by little, the train station gets empty, very few trains landing on the platforms. The calm reappears. Being unable to stand still, I get up and start to pace up and down through the building.

I’m losing my time. Kay didn’t come, is not there, and won’t come. How to forgive an idiot such as me, despite all the possible efforts ? How to forgive someone who abandoned you at the moment where you needed support the most ? I ask myself how I would have reacted in Kay’s place.

Lost in my confusion, I don’t notice that I stand rooted alone like an imbecile right in the middle of the strain station. People around me must think I am crazy.

But suddenly, I hear a voice in the distance, behind me. It reaches my hears like an unhoped melody, one that I thought I would never hear again. I immediately recognize this typical, sarcastic tone :

– I didn’t think I would see you again one day.

I only need a fraction of second to recognize Kay’s voice. I turn around, stupefied, stunned, unable to believe it.

He stands there, in front of me, fifteen meters away from me. His face is magnificent, his look angelic, his air fragile. He has a much more beautiful appearance than the one from last week at the hospital.

No word is able to get out of my mouth. We look each other for several seconds. I feel like I face a mirage, or an illusion. But he is really there, I don’t dream, I’m sure of it. I’ve been waiting this moment for months. However I’m afraid of tempting anything. Is he furious ? Will he send me packing ? Whatever.

I let my suitcase fall on the floor. Tears start to trickle on my cheeks. I stagger slowly as a zombie towards him. He launches his usual little lopsided smile at me and begins to walk in my direction too. It puts my mind at rest in one go.

We literally throw in each other arms. This is only when I feel the contact of his skin that I’m sure I’m not dreaming. In this specific moment, nothing else matters. Time has frozen. I hold him as tight as possible, not wishing to let him go. His sweet fragrance reaches softly my nostrils. I don’t how many seconds, even minutes, we stay like this, embraced.

Then, finally, he whispers gently in my hear :

– You’ve come back.

I finally manage, with difficulty, to let escape fragments of words.

– Kay, I am so sorry.

He loosens from me, takes my face into his hands, and with his thumbs dry my tears.

– Let’s talk about this later.

Without warning, he throws an ardent kiss at me to which I succumb instantly, powerless. Several months ago, I would have sharply pushed him away, embarrassed, stuck in the constraint of decency, of the unsaid things, of shame. But today, I’ve changed, and I don’t give a shit of people around me or what they can think.

I answer Kay’s invitation by kissing him languorously. I feel like a part of the nightmare and my demons are dispelled, exorcised. I live a moment of pure happiness. One that I have not lived since a long time ago, except for Max’s birth. Life finally offers me an illuminated flower after having left me cloistered in dark room.

I press my forehead against Kay’s. I run my fingers across his golden hair.

– Thanks for coming, I murmur him tenderly.

– No, Marc. Thank you for finding me … and to have saved my life, he replies while sticking his face against my cheek.

It is as if we had never left each other. As if our past complicity was intact.

– Come, let’s go for a stroll, says Kay. We have a lot to talk about and to catch up.

Chapter’s Song

Free Fall : Renaissance – Chapitre 8 (Version Française)

Le voilà enfin, ce Chapitre 8 ! Un chapitre énormément attendu par beaucoup d’entre vous car il marque le tournant le plus important de cette fanfiction, la raison même pour laquelle je l’ai créée afin de me faire plaisir et de vous faire plaisir. Pour palier une chose qui nous a tous beaucoup frustré : la fin de Free Fall ! Je ne vous en dis pas plus et je vous laisse découvrir tout ça. Pour rappel, il me reste encore 2 chapitres à publier avant que tout ne se termine 🙂 Bonne lecture et gros bisous ❤

10705309_10201679100014341_1481171910_nMagnifique Fanart par Lupera-GER

Chapitre 8

Après quelques heures de route, je rentre totalement épuisé chez moi. Il est environ midi quand je suis de retour. Je retrouve Lena et mon fils Max avec un grand plaisir. Après ces derniers jours intenses, je sens que j’ai besoin de calme et surtout de repos, et le fait d’être avec Max me fait le plus grand bien.

– Il a été très sage, m’annonce Lena, qui est en train de mitonner un repas dont l’odeur succulente parvient jusqu’à mes narines.

Je serre Max dans mes bras et il me fait un grand sourire.

– Je meurs de faim !

– Alors à table, dit Lena en préparant des assiettes.

Je suis si affamé que je me ressers deux fois. Puis, à bout de force, je me rends dans ma chambre où je m’écroule sur le lit. Je dors pratiquement toute l’après-midi. Le dimanche se termine et Lena quitte les lieux. Elle reviendra demain pour s’occuper de Max.

Le lendemain matin, je reprends le travail avec difficulté mais je suis heureux de retrouver Matthias. Pendant une mission hors de la caserne où nous sommes ensemble, j’en profite pour lui raconter les dernières nouvelles et lui annoncer que j’ai retrouvé Kay.

– Je suis vraiment content pour toi, mon pote, me sourit-il en me tapotant l’épaule.

Le Mercredi soir, nous allons tous prendre un verre dans un pub de la ville. Lukas et Lena sont également là. Max dort tranquillement dans sa poussette.

Je sors fumer une cigarette avec Lukas et l’informe également de mes retrouvailles difficiles avec Kay.

– Je retourne à Düsseldorf Samedi. J’espère qu’il sera là.

– S’il t’aime et s’il tient toujours à toi, il sera là, me rassure Lukas. Tu as quand même fait tout ce chemin pour le retrouver alors que tu ne savais même pas où il était parti. Il ne pourra pas l’ignorer. Peu de gens auraient fait ce que tu as entrepris, Marc.

– Je sais. Mais c’est aussi grâce à toi et aux autres. Vous m’avez tous tellement soutenus que je ne saurai jamais comment vous remercier. Vous m’avez fait prendre conscience qu’il fallait que je me bouge.

– Et ça a payé. Je pense sincèrement que Kay sera là.

Malgré les paroles optimistes de Lukas, je ne reçois aucun appel de Kay pendant la semaine, ce qui m’inquiète énormément et remet pendant un temps en question mon envie de revenir à Düsseldorf. L’infirmière qui s’est occupée de lui a-t-elle bien transmis mon mot ? Est-ce que Kay ne veut plus entendre parler de moi ? Mais une promesse est une promesse et j’irai à Düsseldorf Samedi matin.

Le restant de la semaine passe à une vitesse complètement folle et j’évite de me poser trop de questions. Le Vendredi soir, je ne parviens pas à trouver le sommeil. Les baies vitrées de ma chambre sont grande ouvertes et les rideaux flottent dans l’air. J’observe les étoiles dans le ciel dégagé, pensif. Je ne cesse de me ronger l’esprit en pensant à demain. J’ai peur que Kay ne soit pas au rendez-vous. Peut-être qu’il ne m’a pas pardonné de l’avoir abandonné. D’avoir été égoïste. Peut-être qu’il a même déjà une nouvelle personne dans sa vie. Je chasse toutes ces idées néfastes de ma tête tant bien que mal en essayant d’être optimiste, mais cela reste difficile.

Finalement, le matin arrive et désormais il n’est plus possible de faire demi-tour. Mon destin est en marche. Lena arrive vers 7h pour garder Max pendant le week-end, car je ne sais pas quand je serai de retour. Je boucle une petite valise où j’ai mis le nécessaire puis me dirige vers le salon afin de dire au revoir à mon fils. Au moment de partir, Lena me rejoint.

– Bonne chance, me souffle-t-elle tendrement en me faisant un bisou sur le front. J’espère que tu trouveras ce que tu attends.

– Merci, dis-je, légèrement stressé.

Je prends enfin la voiture et me dirige vers la gare où j’embarque dans mon train pour Düsseldorf. Le trajet dure quelques heures pendant lesquelles je reste totalement impassible et silencieux. Je ne pense à rien. Je sens seulement une boule d’angoisse s’intensifier petit à petit en moi, au fur et à mesure que je me rapproche de la destination finale.

J’arrive en gare de Düsseldorf vers 11h. Je scrute le quai tandis que le train ralenti sa marche pour finalement s’arrêter. J’attrape mon petit bagage et descends du wagon. Je reste immobile sur la plateforme et observe les alentours. Pas de Kay à l’horizon. Je me mets à avancer pour rejoindre l’intérieur de la grande gare.

Que faire à part attendre ? Peut-être que Kay est déjà passé, m’a déjà attendu et est déjà reparti ne me voyant pas arriver. Il est vrai que je n’ai même pas pu lui préciser à quelle heure je débarquais n’ayant aucun moyen de le contacter directement. J’aurais sans doute dû prendre un train plus tôt pour arriver suffisamment à l’avance. Une chose à laquelle je n’avais pas réfléchi.

Pendant de longues minutes, j’observe les voyageurs aller et venir. J’ai l’impression d’être un intrus dans cette foule en mouvement. De ne pas être à ma place. Petit à petit, la gare se vide, peu de trains débarquant sur les quais. Le calme revient. Ne tenant plus en place, je me lève et commence à faire les cent pas de long en large.

Je perds mon temps. Kay n’est pas venu, n’est pas là, et ne viendra pas. Comment peut-on pardonner un idiot tel que moi, malgré tous les efforts possibles ? Comment pardonner quelqu’un qui vous a abandonné, au moment où vous aviez le plus besoin de soutien ? Je me demande comment j’aurais réagi à la place de Kay.

Perdu dans mon égarement, je ne remarque pas que je suis planté seul comme un imbécile en plein milieu de la gare. Les gens autour doivent penser que je suis fou.

Mais soudain, j’entends une voix au loin, derrière moi. Elle parvient à mes oreilles comme une mélodie inespérée, qu’on n’escomptait plus entendre. Je reconnais immédiatement ce ton sarcastique, typique :

– Je ne pensais pas te revoir un jour.

Il ne me faut qu’une fraction de seconde pour reconnaître la voix de Kay. Je me retourne, hébété, abasourdi, n’y croyant pas.

Il se tient là, face à moi, à une quinzaine de mètres. Son visage est magnifique, son regard angélique, son air fragile. Il a une mine beaucoup plus belle que celle de la semaine dernière à l’hôpital.

Aucun mot ne parvient à sortir de ma bouche. Nous nous regardons pendant plusieurs secondes. J’ai l’impression d’être face à un mirage, face à une illusion. Mais il est bien là, je ne rêve pas, j’en suis sûr. J’ai attendu ce moment pendant des mois. Pourtant j’ai peur de tenter quoi que ce soit. Est-il furieux ? Va-t-il m’envoyer paitre ? Qu’importe.

Je laisse tomber mon sac à terre. Des larmes commencent à couler sur mes joues. Je titube lentement comme un zombie vers lui. Il me lance son petit sourire en coin habituel et commence à s’avancer vers moi aussi, ce qui me rassure d’un coup.

Nous nous jetons littéralement dans les bras l’un de l’autre. C’est seulement lorsque je sens le contact de sa peau que je suis sûr de ne pas rêver. En cet instant précis, plus rien n’a aucune importance. Le temps est figé. Je le sers aussi fort que possible, ne voulant plus le laisser partir. Son doux parfum vient effleurer mes narines. Je ne sais pas combien de secondes, voire de minutes, nous restons ainsi, dans notre étreinte.

Puis finalement, il me susurre délicatement à l’oreille :

– Tu es revenu.

J’arrive enfin, difficilement, à sortir quelques bribes de mots.

– Kay, je suis tellement désolé.

Il se desserre de moi, prends mon visage entre ses mains, et de ses pouces sèche mes larmes.

– On en parlera plus tard.

Sans crier gare, il me lance un baiser fougueux auquel je succombe instantanément, impuissant. Il y a quelques mois, je l’aurais vivement repoussé, gêné, coincé dans le carcan de la pudeur, des non-dits, de la honte. Mais aujourd’hui, j’ai changé, et je me fiche totalement des gens qui sont autour de moi et de ce qu’ils peuvent bien penser.

Je réponds à son invitation en l’embrassant langoureusement. J’ai l’impression qu’une partie du cauchemar et de mes démons sont chassés, exorcisés. Je vis un moment de pur bonheur. De ceux que je n’ai pas vécus depuis bien longtemps, à part la naissance de Max. La vie m’offre enfin une fleur lumineuse après m’avoir cloîtré dans une pièce sombre.

Je presse mon front contre celui de Kay. Je glisse mes doigts à travers ses cheveux dorés.

– Merci d’être venu, je lui murmure tendrement.

– Non, Marc. Merci à toi d’être venu me retrouver … et de m’avoir sauvé la vie, me répond-t-il en collant son visage contre ma joue.

C’est comme si nous ne nous étions jamais quittés. Comme si notre complicité d’autrefois était intacte.

– Viens, allons faire un tour, me dit Kay. Nous avons beaucoup de choses à nous dire et à rattraper.

Musique du Chapitre

Free Fall : Renaissance – Chapter 7 (English Version)

Here comes Chapter 7 !! Since I’ve started my new job, I’ve got less time to write as when I come back in the evening I’m pretty tired, hard to find the motivation. But I am so wishing to finish my story that I will achieve it, I promise. I loved writing Chapter 7 cause there are a lot of passages I wanted to write since a while and I can finally set them down on paper. This is pretty emotional. I hope you will feel the same things as me when I created it. You will notice the apparition of a new character, Kuba, directly taken from the gay movie Floating Skycrapers : this is a little crossover I wanted to make because I liked this movie a lot. Have a good read ! And see you soon for Chapter 8 I hope 🙂

P.S. : I translated Chapter 7 as fast as I could so you can read it as soon as possible. So if native speakers see some weird sentences or expressions just tell me so I can correct them ^^

holding-hands

Chapter’s Song

Anger and despair invade me while the ambulance disappears. I slam my fists on the ground, of rage. I see my tears fall on the asphalt. Several seconds pass by during which time seems to have stopped. I do not even hear the sounds of the city anymore around me.

I am extracted from my confusion when I feel two warm hands grab my shoulders and help me to stand up. I don’t understand anything but I let myself go. The person holds me firmly and brings me apart, while the crowd who was observing me starts to scatter. I am placed on a bench. It is only at that instant I realize that a man aged around 30, pretty cute, with beautiful blue eyes and wearing a little mustache as well as a goatee is sat by my side and stares at me. He is the one who helped me get up.

– I saw what happened, are you ok ?

– Thank you, I am barely able to mumble.

– My name is Kuba.

I can’t even answer, just gulp. Surely the effects of alcohol mixed with the shock of having found Kay just to lose him straight away.

– Tell me, who was that guy ? Did you know him ?

– Long story.

– Follow me, I’ll offer you a coffee, I think you need one.

Kuba grabs my arm and passes it around his shoulder and we get in a few meters away in a Starbucks still opened. After having installed me at a table, he comes back with two cafés latte.

– Thanks …

I swallow a boiling mouthful and it gives me an immediate boost.

– Why didn’t you go into the ambulance ? asks me Kuba.

– I was not authorized to do so.

– You must deeply love the guy who was taken by the ambulance to be so desperate. Why don’t you try to catch it back ?

– I don’t know …

I decide to tell the whole truth to Kuba and explains him what brought me to Düsseldorf. I owe him at least this for his help. He is the only one in that greedy crowd of onlookers to have come across me.

– Wait, you just found back your “lost love”, and you let him fly away like this ? Move yourself, god damn it !

– Fate doesn’t stop putting spokes in my wheels. What will happen again this time if I see him again, uh ? Tell me !?

– Calm down … What I’m trying to say, is that you must stop to let fate decide for you. You already did that by coming to Düsseldorf, and you must continue by finding Kay once again as soon as possible. Let me tell you something … I’m polish, and a few years back, when I was still living in Poland, I fell in love with a man … while I was in a couple with a chick. It was crazy love. But the kind of totally impossible love. His name was Michal. The problem is that I didn’t do much to keep him by my side. I screw everything up. I didn’t take the right decisions at the right time.

– And what happened ?

– He died … He was found with the skull smashed in an underground parking.

– I’m sorry, I pronounce intuitively, shocked.

I cannot even imagine how I would react if such a thing happened to Kay.

– But the worst, he continues, is that the girl with whom I was became pregnant. Hopefully, she finally decided to abort after a moment. Because I made it clear to her that I had discovered my true nature. That I would not have been able to bring the necessary love to this child. And it was out of question for her to raise the baby alone. After that, I decided to start over and to flee from Poland. I don’t regret it. I’ve left my old demons behind me.

His story reminds me my own a lot. But it also comes to me as a bombshell. Thanks to him, I understand more than ever that I must do everything to get back Kay. Now that I know where he is, I will not abandon him anymore. All my efforts won’t be useless

– You need to find your Kay back. Contrary to me, you still have the possibility to change things. Don’t let that chance escape from you.

– But, how can I know where they brought him ? There must be several hospitals in this city !

– That’s the point, chance, you’ve got some. I’m a nurse nearby. I know well the hospitals in the region. Let me make one or two phone calls, I will find where Kay has been brought.

Kuba stands up immediately and gets out. I wait a few minutes, totally stressed. What if he is not able to find where the first aids brought Kay ? Kuba finally comes back and sits down again in front of me.

– It’s ok, I found him. He was taken to the UniversitätsKlinikum. It’s not that far, I will drive. You can’t take your car with your tiredness state.

I feel a crazy light of hope surge in me.

– I feel better, trust me ! I say in a hurry, ready to go right away.

– You don’t even know where it is ! Stop saying bullshit. So, come one, let’s go there right now.

We leave the Starbucks then head up to Kuba’s car parked near. I am so excited that seconds pass by without I can realize it. On the road, Kuba starts talking to me :

– Listen, I don’t want to alarm you, but according to what the doctor I got on the phone told me, it’s pretty serious. They found a lot of drug in his blood. His state is critical. They have already started to do him a double lavage. In a first time, a stomach lavage, to be sure there is no trace of drug left in his alimentary canal. Then, they will take out some of his blood and transfuse him fresh one at the same time.

I totally freak out at the idea that Kay is not able to endure this. All this process seems very heavy. After several minutes that I don’t count, we finally arrive at the UniversitätsKlinikum. I immediately get out of the car and run to the entrance of the hospital, soon followed by Kuba.

– Follow me, he orders.

We meander through several corridors before arriving in the emergencies service.

– Wait here for me, I’ll go find the emergency doctor in charge tonight.

I go round and round a hundred of time in the hallway, impatient. At a moment on, I see the first aid worker who had refused me to get in the ambulance dropping in the corridor. He stares at me with a strange air. I’m so mad that I would enjoy smashing my first in his face, but I restrain myself. Better not to look for trouble at the moment. He must reed the fury on my face because he quickly goes on his way.

Kuba finally comes back accompanied by a man in his sixties with a serious face.

– Good evening Sir, he greets me. I’m the emergency doctor.

– Good evening …

– I present to you Marc Borgmann, a close friend of Kay, insists Kuba.

– Your friend got himself into deep shit, Mr. Borgmann. We have proceeded to the stomach lavage, but the entire drug has already penetrated his bloodstream. He risks a cardiac arrest. We have tried to contact his family to inform them but couldn’t find any phone on him, just his wallet, and of course, the rest of his drug … We are now going to proceed to the blood transfusion.

– How is it about to go on starting from now ? I ask.

– Well, generally, we use one or several blood bags to fill in the blood which is being evacuated, all of this mixed with medicines. The problem is, that we don’t have bags with Kay’s blood group anymore, we ran out of them earlier today. We just asked a nearby hospital to bring us some urgently. They are already en route, but the best would be to have a donor from whom we could perform the transfusion directly to avoid losing time.

– What is the blood group of Kay ? speaks Kuba.

– From a first checkup we made when he arrived, A Positive.

I can’t believe my eyes.

– I am also A Positive, I say. Use me. Right now !

– What a godsend ! exclaims the doctor. But before doing anything, you must undertake quick tests and a compulsory questionnaire, we cannot take anyone like this, I’m sure you understand that.

– Let’s not lose some precious time, make these tests now.

We immediately head to a nearby room where a nurse performs some verifications. She does a blood test that she puts into a machine, then asks me diverse questions while the tests are being made. As I have not undergone any surgery or operation in the previous months and do not have any medical history, I am eligible. Which is confirmed once again by the blood tests testifying among other things my blood group.

– Thank god, I think quietly. Kay, I’m gonna get you out of here.

The emergency doctor comes back, and after having received the approbation of the nurse, takes me through the hallway then to a treatment room. There, I find Kay, totally asleep, an oxygen mask on this face. His complexion his more deathly pale than ever, almost cadaveric. This vision hurts me and I feel even guiltier not to have tried finding him back before. We could have prevented all of this. I get closer to him and grab his cold hand. I try to warm it up. With my other hand I caress tenderly his face. I notice that the doctor observes me.

– Who is he in relation to you, actually ? he questions me.

– That’s a long story. But … I love him. And I will never abandon him anymore. So, let’s start, I finish by drying the tears reaching my eyes.

The nurse penetrates in the room accompanied with two other auxiliaries and after several minutes, everything is set up. I’m lying on a bed next to Kay’s, and a cord links up my left arm to his right arm. His left arm is connected to the machine that will extract his blood fouled by drug. I feel the doctor thrust the needle in my arm, and suddenly, I see my own blood reach Kay’s body.

– Well, this will take a few little minutes. Once this will be over, we will have to transfuse you some blood because you are about to give Kay a sizeable amount of yours.

– Very well, I answer.

I grab Kay’s right arm and hold it tight, while I feel my own blood reach his veins. It appeases me to give him my energy and my vital force. I gaze with attention at his sleeping face. It seems to me like he already recovers, which makes me happy.

– Kay, stay with me, I whisper. No more running. No more lies. You are the one I love. Now I’m sure of it, more than ever.

I close my eyes and imagine holding him in my arms. After some minutes, the nurse comes back in the room.

– I think that will be enough, she announces me.

She heads toward the control computers and analyse the data.

– It seems his vital functions are once again stable, his heart beats less fast. He will need a lot of rest now. We have to let him sleep.

The drainage tube is removed from my arm.

– You can follow me, speaks the nurse after putting me a little band-aid.

I wait for her to leave the room, and before joining her, I get closer to Kay, take off his mask even if it must be forbidden, and kiss him gently on his mouth. His lips are still so soft and intense memories surface like flashes upon their contact.

– See you soon, my love.

I surprise myself to let out this sentence I would have never thought saying one day, even to Bettina. Love takes an all-new sense for me now. I have discovered the secret of it, its very essence. I put Kay his mask back, observe him one last time, and then rejoin the nurse. I am given a quick transfusion to fill in the blood I gave to Kay.

Kuba was waiting for me in the hallway. I am surprised to find him still there.

– Kuba, I … I wanted to say thank you for everything. If our paths hadn’t crossed tonight, I don’t know how I would have managed all of this. I would have maybe let Kay to his own fate. Just to think of it, it disgusts me.

– No worries my friend. The nurses told that Kay’s state was a lot more stable. He will go through. Come, I will bring you to your car, you can come back to see him tomorrow morning.

– Ok. But before that, I would like to let a message to Kay. Because I have to leave tomorrow, unfortunately.

I scribble a few words on a piece of paper quickly : “Kay, I am sorry to have taken all this time to come back toward you. I abandoned you like a coward. I don’t know if you will remember our reunion when you will wake up, but know that if it is the case, it was not a dream. I was there, by your side. I will be back in Düsseldorf next week, on Saturday morning, at the train station. I have to go home under obligation. Here is my number if you want to contact me meanwhile. You will wait for me there if you wish so. In any case, I will be there myself. I love you. Marc.

I address the message to the nurse who took care of me, and ask her to promise me to give it to Kay when he wakes up. I would so much like to stay here until his awakening. Except that I must be back tomorrow at the barracks. My little break is over and my son awaits me.

Kuba brings me back to my car in the town centre of Düsseldorf. Before leaving him, I thank him once again for his precious help and take his number to keep in touch with him. I go back to the hotel but decide not to go to bed. Anyhow I know very well that I won’t be able to find sleep. I pack my stuff, pay my room and leave straight away. When I cross the bridge overhanging the Rhine exiting Düsseldorf, I look one last time in direction of the illuminated city, of the hospital, of Kay.

Then I grab the picture of us I found in his previous apartment and contemplate it while driving.

– Kay, if you’re really willing to give me a second chance despite the bad things I made, then I hope you will be there next Saturday.

Free Fall : Renaissance – Chapitre 7 (Version Française)

Le voilà le Chapitre 7 !! Depuis que j’ai commencé mon nouveau boulot, j’ai beaucoup moins de temps pour écrire car lorsque je rentre le soir je suis assez crevé, dur dur de trouver la motivation. Mais j’ai tellement envie de finir mon histoire que j’irai jusqu’au bout, je vous le promets. J’ai adoré écrire ce Chapitre 7 car il y a beaucoup de passages que je souhaitais mettre en scène depuis longtemps que je peux enfin coucher sur le papier. C’est assez émotionnel. J’espère que vous ressentirez les mêmes choses que moi lorsque je l’ai créé. Vous remarquerez également l’apparition d’un nouveau personnage, Kuba, directement sorti du film gay Ligne d’Eau / Floating Skycrapers : c’est un petit crossover que j’ai voulu faire car j’ai bien aimé ce film. Bonne lecture ! Et à très vite pour le Chapitre 8 je l’espère 🙂

holding-hands

 

Chapitre 7

La colère et le désespoir m’envahissent tandis que l’ambulance disparaît. Je claque mes poings sur le sol, de rage. Je vois mes larmes tomber sur le bitume. Plusieurs secondes s’écoulent pendant lesquelles le temps semble s’être arrêté. Je n’entends même plus les bruits de la ville autour de moi.

Je suis extirpé de mon égarement lorsque je sens deux mains chaudes attraper mes épaules et m’aider à me relever. Je ne comprends rien mais je me laisse faire. La personne me tient fermement et m’amène à l’écart, tandis que la foule qui m’observait commence à se disperser. On me pose sur un banc. C’est seulement à cet instant que je prends conscience qu’un homme âgé d’une trentaine d’année, plutôt mignon, avec de beaux yeux bleus et portant une petite moustache ainsi qu’une barbichette est assis à côté de moi et me fixe. C’est lui qui m’a aidé à me relever.

– J’ai vu ce qui s’est passé, est-ce que ça va ?

– Merci, je parviens à peine marmonner.

– Je m’appelle Kuba.

Je n’arrive même pas à répondre, tout juste à déglutir. Sûrement les effets de l’alcool mélangés au choc d’avoir retrouvé Kay pour le reperdre aussitôt.

– Dis, c’était qui ce mec ? Tu le connaissais ?

– Longue histoire.

– Suis-moi, je t’offre un café, je crois que tu en as besoin.

Kuba attrape mon bras pour le faire passer par dessus son épaule et nous rentrons quelques mètres plus loin dans un Starbuck encore ouvert. Après m’avoir installé à une table, il revient avec deux cafés latte.

– Merci …

J’avale une gorgée brûlante et cela me redonne un coup de fouet.

– Pourquoi tu n’es pas monté dans l’ambulance ? me demande Kuba.

– On ne m’y a pas autorisé.

– Tu dois sacrément aimer le type qui a été embarqué pour être aussi désespéré. Pourquoi tu n’essayes pas de rattraper l’ambulance ?

– Je ne sais pas …

Je décide de me confier et raconte à Kuba ce qui m’a mené à Düsseldorf. Je lui dois bien ça pour son aide. Il est le seul dans cette foule de badauds avides à être venu me voir.

– Attends, tu viens de retrouver ton « amour perdu », et tu le laisses filer comme ça ? Mais bouge-toi bon sang !

– Le destin n’arrête pas de me mettre des bâtons dans les roues. Que va-t-il encore se passer cette fois si je le revois, hein ? Dis le moi ?!

– Calme-toi … Ce que j’essaye de te dire, c’est que tu dois arrêter de laisser le destin décider pour toi. Tu l’as déjà fait en venant en Düsseldorf, et tu dois poursuivre en retrouvant Kay d’urgence. Laisse-moi te raconte quelque chose … Je suis polonais, et il y a quelques années, quand je vivais encore en Pologne, je suis tombé amoureux d’un homme … alors que j’étais en couple avec une nana. C’était l’amour fou. Mais le genre d’amour complètement impossible. Il s’appelait Michal. Le problème c’est que je n’ai pas fait grand chose pour le garder à mes côtés. J’ai tout foutu en l’air. Je n’ai pas pris les bonnes décisions au bon moment.

– Et qu’est-ce qui s’est passé ?

– Il est mort … On l’a retrouvé le crâne fracassé dans un parking souterrain.

– Je suis désolé, je prononce à demi-mot, choqué.

Je n’ose même pas imaginer comment je réagirais s’il arrivait une chose pareille à Kay.

– Mais le pire, poursuit-il, c’est que la fille avec qui j’étais est tombée enceinte. Heureusement, elle a finalement décidé d’avorter au bout d’un moment. Car je lui ai fait comprendre que j’avais découvert ma vraie nature. Et que je n’aurais pas pu apporter l’amour nécessaire à cet enfant. Et il était hors de question pour elle de l’élever seul. Après ça, j’ai décidé de recommencer à zéro et de fuir la Pologne. Je ne regrette pas d’être parti. J’ai laissé mes vieux démons derrière moi.

Son histoire me fait beaucoup penser à la mienne. Mais elle me fait également l’effet d’un électrochoc. Grâce à lui, je comprends plus que jamais que je dois tout faire pour récupérer Kay. Maintenant que je sais qu’il est là, je n’abandonnerai plus. Tous mes efforts ne seront pas vains.

– Il faut que tu retrouves ton Kay. Contrairement à moi, tu as encore la possibilité de changer les choses. Ne laisse pas cette chance t’échapper.

– Mais, comment savoir où ils l’ont emmené ? Il doit y avoir plusieurs hôpitaux dans cette ville !

– Justement, de la chance, tu en as. Je suis infirmier dans le coin. Je connais bien les hôpitaux des environs. Laisse-moi passer un ou deux coups de fils, je vais trouver où a été emmené Kay.

Kuba se lève aussitôt et sort dehors. Je patiente quelques minutes, complètement stressé. Et s’il ne trouvait pas où les secouristes ont emmené Kay ? Kuba revient enfin et se rassoit en face de moi.

– C’est bon, je l’ai trouvé. Il a été emmené à l’UniversitätsKlinikum. Ce n’est pas très loin, je t’y conduis. Tu ne peux pas prendre ta voiture avec ton état de fatigue.

Je sens une folle lueur d’espoir déferler en moi.

– Je vais mieux, je t’assure ! dis-je d’un air pressé, prêt à partir immédiatement.

– Tu ne sais même pas où c’est ! Arrête de dire des conneries. Allez, viens, on y va tout de suite.

Nous quittons le Starbuck puis nous rendons à la voiture de Kuba garée non loin. Je suis tellement excité que les secondes défilent sans que je m’en rende compte. Sur le trajet, Kuba commence à me parler :

– Écoute, je ne veux pas t’alarmer, mais d’après ce que m’a dit le médecin que j’ai eu tél, c’est assez grave. Ils ont retrouvé beaucoup de drogue dans son sang. Son état est critique. Ils ont déjà commencé à lui faire un double lavage. Dans un premier temps un lavage d’estomac, pour s’assurer qu’il n’ait plus de drogue dans le tube digestif. Ensuite ils vont lui ôter une partie de son sang et lui en transfuser en même temps.

Je panique totalement à l’idée que Kay ne tienne pas le coup. Tout ce processus a l’air très lourd. Après plusieurs minutes que je ne vois pas passer, nous arrivons enfin à l’UniverstätsKlinikum. Je sors aussitôt de la voiture et court vers l’entrée de l’hôpital, bientôt suivi de Kuba.

– Suis-moi, m’ordonne ce dernier.

Nous déambulons dans plusieurs couloirs avant d’arriver dans le service des urgences.

– Attend-moi là, je vais chercher le médecin urgentiste de charge cette nuit.

Je fais des centaines d’allers-retours dans le couloir, impatient. À un moment donné, je vois le secouriste qui avait refusé que je monte dans l’ambulance débouler dans le couloir. Il me regarde d’un air étrange. Je suis tellement énervé que je lui collerais bien mon poing en pleine figure, mais je me retiens. Mieux vaut ne pas chercher les ennuis maintenant. Il doit lire la fureur sur mon visage car il passe rapidement son chemin.

Kuba revient enfin en compagnie d’un homme d’une soixante d’années au visage sérieux.

– Bonsoir Monsieur, me salut-t-il. Je suis le médecin urgentiste.

– Bonsoir …

– Je vous présente Marc Borgmann, un ami proche de Kay, insiste Kuba.

– Votre ami est dans de sals draps, M. Borgmann. Nous avons déjà procédé au lavage d’estomac, mais toute la drogue a déjà pénétré son système sanguin. Il risque un arrêt cardiaque. Nous avons tenté de contacter sa famille pour les prévenir mais nous n’avons trouvé aucun téléphone portable sur lui, tout juste son portefeuille, et bien sûr, le restant de sa drogue … Nous allons désormais procéder à la transfusion sanguine.

– Comment ça va se passer à partir de maintenant ? je demande.

– Hé bien, généralement, on utilise une ou plusieurs poches sanguines pour combler le sang qui est évacué, tout ceci associé à des médicaments. Le souci, c’est que nous n’avons plus de poches du même groupe sanguin que Kay, nous en sommes tombé à court plus tôt dans la journée. Nous venons de demander qu’on nous en apporte en urgence d’un hôpital voisin. Ils sont déjà en route, mais le mieux serait d’avoir une personne auprès de qui effectuer directement le transfert pour ne pas perdre de temps.

– Quel est le groupe sanguin de Kay ? intervient Kuba.

– D’après un premier bilan que nous avons effectué quand il est arrivé, A Positif.

J’en crois à peine mes yeux.

– Je suis également A Positif, dis-je aussitôt. Utilisez-moi. Tout de suite !

– Quelle aubaine ! s’exclame le médecin. Mais avant toute chose nous allons procéder à de rapides tests et à un questionnaire obligatoire, on ne peut pas prendre n’importe qui comme ça, vous comprenez bien.

– Ne perdons pas un temps précieux, faites ces tests tout de suite.

Nous nous rendons immédiatement dans une salle voisine où une infirmière procède à des vérifications. Elle effectue une prise de sang qu’elle insère ensuite dans une machine, puis me pose diverses questions pendant que les tests sont effectués. Étant donné que je n’ai pas subi d’opérations dans les mois précédents et que je n’ai pas d’antécédents, je suis éligible. Ce qui est de nouveau confirmé par les tests qui confirment entre autre mon groupe sanguin.

– Dieu merci, je pense tout bas. Kay, je vais te sortir de là.

Le médecin urgentiste revient, et après avoir reçu l’approbation de l’infirmière, m’emmène à travers un couloir puis dans une chambre. Là, j’y trouve Kay, complètement endormi, un masque à oxygène sur le visage. Son teint est plus livide que jamais, presque cadavérique. Cette vision me peine et je m’en veux encore plus de ne pas avoir tenté de le retrouver avant. On aurait pu éviter tout ça. Je m’approche de lui et saisit sa main froide. J’essaye de la réchauffer. De mon autre main je lui caresse tendrement le visage. Je remarque que le médecin m’observe.

– Qui est-il par rapport à vous, en réalité ? me demande le médecin.

– C’est une longue histoire. Mais … je l’aime. Et je ne le laisserai plus tomber. Allez, mettons-nous en route, je termine en séchant les larmes qui me montent aux yeux.

L’infirmière pénètre dans la pièce accompagnée de deux autres aides-soignants et au bout de plusieurs minutes, tout est mis en place. Je suis allongé dans un lit à côté de celui de Kay, et un cordon relit mon bras gauche à son bras droit. Son bras gauche est relié à une machine qui va lui extraire le sang vicié par la drogue. Je sens le médecin enfoncer une aiguille dans mon bras, et soudain, je vois mon propre sang rejoindre le corps de Kay.

– Bien, cela prendra quelques petites minutes. Une fois que ça sera terminé, nous devrons vous retransfuser du sang car vous en aurez tout de même donné une quantité non négligeable.

– Très bien, je réponds.

J’attrape la main droite de Kay et la sert fort, tandis que je sens mon propre sang rejoindre ses veines. Cela m’apaise de lui transmettre mon énergie et ma force vitale. J’observe avec attention son visage endormi. J’ai comme l’impression de déjà le voir reprendre quelques couleurs, ce qui me rend heureux.

– Kay, reste avec moi, je susurre. Fini de fuir. Fini les mensonges. C’est toi que j’aime. Maintenant j’en suis sûr, plus que jamais.

Je ferme les yeux et m’imagine le serrer fort. Après quelques minutes, l’infirmière revient dans la pièce.

– Je pense que ça ira m’annonce-t-elle.

Elle se dirige vers les ordinateurs de contrôle et analyse les données.

– On dirait que ses fonctions vitales sont de nouveaux stables, son cœur bat moins vite. Il va avoir besoin de beaucoup de repos maintenant. Il faut le laisser dormir.

On me défait la sonde de transfusion.

– Vous pouvez me suivre, annonce l’infirmière après m’avoir appliqué un petit pansement.

J’attends qu’elle ait quitté la salle, et avant de la rejoindre, je m’approche de Kay, ôte son masque même si cela est sans doute interdit, et l’embrasse délicatement sur la bouche. Ses lèvres sont toujours aussi douces et des souvenirs intenses me reviennent tels des flashes à leur contact.

– À très vite, mon amour.

Je me surprends à sortir cette phrase que je n’aurais jamais pensé dire un jour, même à Bettina. L’amour prend un tout autre sens pour moi désormais. J’en ai découvert le secret, l’essence même. Je remets son masque à Kay, l’observe une dernière fois, puis rejoints l’infirmière. On m’effectue une transfusion pour combler le sang que j’ai donné à Kay.

Kuba m’attendait dans le couloir. Je suis surpris de le trouver encore là.

– Kuba, je … je voulais te dire merci pour tout. Si nos chemins ne s’étaient pas croisés ce soir, je ne sais pas comment j’aurais fait. J’aurais peut-être laissé Kay à son propre sort. Rien que d’y penser, ça me dégoûte.

– Pas de soucis mon ami. Les infirmiers m’ont dit que l’état de Kay était beaucoup plus stable. Il va s’en sortir. Viens, je vais te ramener, tu pourras revenir le voir demain matin.

– Ok. Avant ça, j’aimerais qu’on laisse un mot de ma part à Kay. Car je dois repartir chez moi demain, malheureusement.

Je griffonne quelques mots sur un bout de papier rapidement : « Kay, je suis désolé d’avoir mis tout ce temps à revenir vers toi. Je t’ai abandonné comme un lâche. Je ne sais pas si tu te souviendras de nos retrouvailles en te réveillant, mais sache que si c’est le cas, tu n’as pas rêvé. J’étais bien là, à tes côtés. Je serai de retour à Düsseldorf la semaine prochaine, Samedi matin, à la gare. Je dois rentrer chez moi par obligation. Voici mon numéro si tu veux me contacter en attendant. Tu m’y attendras si tu le souhaites. En tout cas, moi j’y serai. Je t’aime. Marc. »

J’adresse mon mot à l’infirmière qui s’est occupée de moi, et lui demande de me promettre de le remettre à Kay à son réveil. J’aimerais tellement rester jusqu’à son réveil. Seulement je dois être de retour demain à la caserne. Ma petite période de repos prend fin et mon fils m’attend.

Kuba me ramène à ma voiture dans le centre-ville de Düsseldorf. Avant de le quitter, je le remercie de nouveau pour son aide précieuse et prend son numéro pour garder contact avec lui. Je retourne à l’hôtel mais décide de ne pas me rendormir. De toute manière je sais très bien que je ne retrouverai pas le sommeil. Je range mes affaires, paye ma chambre et repart aussitôt à la maison. Quand je traverse le pont qui surplombe le Rhin et que je quitte Düsseldorf, je regarde une dernière fois en direction de la ville illuminée, de l’hôpital, de Kay.

Puis j’attrape la photo de nous deux que j’ai retrouvée dans son appartement précédent et la contemple en conduisant.

– Kay, si tu as vraiment envie de me donner une seconde chance malgré le mal que j’ai fait, alors j’espère tu seras là Samedi prochain.

Musique du Chapitre

Free Fall : Renaissance – Chapter 6 (English Version)

Chapter 6

Here finally comes Chapter 6 of Free Fall : Renaissance ! I hope you will appreciate it because I know you were quite a lot to wait for it given to the numerous positive comments I got 🙂 I would like to thank you all once again for your great support. Yesterday, my website reached a record number of 203 daily visits, this is amazing ! Don’t forget to let me a little comment to give me your opinion ^^ Good reading, and see you soon for Chapter 7 !

Sad-Man-With-Umbrella-Walking-In-A-Lonely-Street-Digital-Art-Artwork

I drive straight to Düsseldorf. The journey takes me a few hours. When I finally arrive, it is very late in the night and I’m exhausted. By doing a quick search on my phone, I find a cheap hotel located at the border of the city. I decide to book a room there in order to rest myself and start my researches tomorrow.

I’m so excited at the thought of finding Kay back that I’m hardly able to sleep. When I wake up it is 9am. I take a quick shower, then have breakfast in the hotel restaurant. After having eaten, I go to the reception to book an additional night.

I take the car and drive to the Düsseldorf town centre. It is about 10.30am when I get out of my Golf. I have absolutely no idea where to begin. I have no phone number. No address. No contact. Kay could very well be everywhere and nowhere at the same time. It’s like looking for a needle in a haystack !

However, there has to be somewhere to begin with. So I decide to walk aimlessly in the streets of the centre. At least to discover a little bit the surroundings, as I’ve never been in this city before. I meander like this for three hours. Feeling the hunger coming up in me, I buy a sandwich that I devour quickly. I am unable to stand still. I’m so on edge to be so close to Kay but to have no idea where he is exactly.

After my lunch break, I head myself to the banks of the Rhine where I walk along, thoughtful. Who knows, maybe Kay is also walking alone in the city. Maybe we are both wandering, like two solitary and lost souls. No, he surely has found a new job.

I’m suddenly extracted from my thoughts when I catch sight in the distance along the promenade of a man from behind with short blond hair, with both the frail but athletic stature of Kay.

– Hey ! I shout in his direction.

There are so many hubbubs that the person doesn’t hear me. I start to run in his direction. But the crowd is so big that when I arrive at the place I thought I noticed Kay, I don’t see him anywhere. People turn back when I pass on and look at me with strange faces.

– Pfff, I must have illusions. This entire story is going to my head, I think in a whisper.

I sit down on a bench and decide to make a quick call to Lena to have news from Max.

– Everything is going on fine, she reassures me. Max is in the best of health. What about you ? Do your researches bear fruit ? Still no trace of Kay ?

– No, not really. But I’m getting closer to my goal. Someone told me he was in Düsseldorf.

– What ?! Düsseldorf ? You’ve gone that far ? That’s a bit of a trek, says Lena, surprised.

We continue to discuss during a few minutes then hang up. I continue my stroll, but, as I’m at the end of my tether, I find it preferable to go back to the hotel. I stay a couple hours in my room looking at the TV and dozing.

Suddenly, an idea crosses my mind. I remember that Kay loves nightclubs, and there must be a lot of them in the town centre. This thought gives me a renewal of energy. I quickly change my clothes and dash directly to my Golf in order to join to centre of Düsseldorf. It is almost 11pm.

After having walked a few minutes, I find what seems to be a hip place. I get inside and order a glass of alcohol to relax. I can’t help myself to examine every entry and every departure hoping to see Kay. I stay two hours before taking the initiative to change to another place. I’m wasting my time, there must be dozens of night clubs in a big city like Düsseldorf.

I walk along several streets before going up in a large artery called Bahnstrasse. The street is quite lively. At one point, I come face to face with what seems to be a gay club, named 2Box. I enter it by any chance and sit down on a small sofa. A few minutes later, a waiter comes to take my order. I choose a double whisky.

While drinking my glass, I observe with curiosity the numerous persons passionately swaying their hips on the dance floor to a background of electro music. It reminds me the terrible weeks I lived after Kay’s disappearance and my break-up with Bettina. I had become used to this kind of place because of my nervous depression. It was the only way I found to escape from reality. I came back every time dead drunk. I almost got fired from the police team because of my constant lateness and my bad performances. Luckily, from one day to the next, I decided to never set foot again in this kind of clubs and I rather started to run again in the forest to evacuate my anxiety.

I look at my watch : it is almost 2am. I feel like my face is burning and decide to refresh myself in the toilets. When I enter the room, I don’t notice anyone. I head for the washbasin, run the water then rinse thoroughly my face. It makes me feel way better. When I lift my head, I discover in the mirror that I’m not alone.

In the extension of the toilets where the WC cubicles are located, I see the legs of someone lying on the floor, as unconscious. The rest of his body is hidden behind the wall, which extends the toilets perpendicularly. As I do not see very well what is happening, I turn back and decide to get closer, surprised. I discover another old man with a paunchy belly kneeling over the torso of the person on the floor. Most likely two drunk guys giving themselves over to a suspicious hobby. But the man on the ground doesn’t move at all and seems really unconscious. The old one is fondling the other guy unbeknown to him. It worries me even if I know I should not interfere. Certainly my cop instinct.

When I get a little bit closer to see the person on the floor, I discern a washed-out jean, a beautiful white and soft skin, a black t-shirt. An angelic face, magnificent blue eyes and golden blond hair. Kay is just in front of me. He is the one lying on the ground.

The old man lifts up his head in my direction and looks at me with a sadistic air :

– So, what the hell are you doing, are you gonna stay there ogling or will you enjoy with me ?

At first, I don’t reply nor I move, totally shocked. Then, like a thunderbolt which doesn’t warn, I feel an irrepressible furiousness rise in me.

– You disgusting faded pig ! I grumble.

The man stares at me, surprised. I rush at him. I feel madness invading me. I grab him by the scruff of the neck violently, administer him a punch in the face then throw him away.

– Clear off right now before I crush your head beneath my feet ! I scream.

The deviant leaves the toilets in all haste, afraid.

– Kay ! I scream with all my strength while flinging myself at him. I lift up his back.

I stick my face to his. I feel tears flood my face and I see them reach Kay’s cheeks. I can’t believe Kay, my Kay, is here with me. We are finally reunited after all these months. What an incredible coincidence ! How many chances did I have to find him now ? For the first time, I feel like destiny is giving me a little help. But I would have preferred to find Kay in a better state even though.

– Kay do you hear me ? Wake up !

I try to shake him softly, in vain. I pull up his pants, which had been untied by the old pervert. Then while frisking quickly Kay, I discover in the palm of his left hand a sachet filled with pills. I also find LSD in one of his pockets. He took drugs. And he lost consciousness. Or worst. I thought he was only drunk. I feel panic swell in me. I check his pulse. He still breathes. Swamped by fear, I don’t see other solution than calling Emergencies with my cell phone. Someone answers and after having asked me the address and little details, I am told that an ambulance will arrive as soon as possible. But I have already stopped listening.

All my attention is now focused on Kay. His face once radiant and smiley is lifeless and it worries me. I hold him very tight in my arms. I try to warm up his cold body. We stay there on the floor for what seems like an eternity. I didn’t even take the time to warn someone in the club. All that matters to me is to create a protective envelope around Kay with my body. I don’t want to let him go away. Not anymore. At a moment on, I see Kay opening slightly his eyes. I suddenly feel his hand grasping mine strongly, and my pulse accelerates.

– Kay ? Kay ? It’s me Marc ! Don’t worry, I’m here ! You have nothing to fear ! I am back ! I say to him while fixing his woozy eyes. It seems to me I glimpse a little smile on his lips but I’m not sure of it.

Kay loses consciousness right away again. I fear the worst. Luckily, a few seconds later, two people who must be the owners of the club penetrate in the toilets in all haste, accompanied by emergency doctors.

– Why the hell did you not warn us ?! yells at me one of the bosses.

I don’t know what to answer. Then, everything happens so quickly that I don’t understand anything. My heart beats wildly. Kay gets snatched from me. He is extracted from the toilets. I try to lift up and follow the cortege to the outside of the club.

– What happened ? I’m asked briefly.

– I don’t know, I found him unconscious on the floor. I … I think he took a large dose of drugs, I explain while trembling.

Two doctors place Kay on a stretcher and put an oxygen mask on his face. A first-aid worker shouts at me and asks me additional questions about Kay, like his first and last name. While I’m occupied with the worker, I barely have the time to turn back to see Kay being shoved in the ambulance truck.

– Can I come with you ? I beg at the first-aid worker.

– Are you family related to this person ?

– No.

– I’m sorry, you can’t follow us then. We have to go right now, he will surely need a gastric lavage. Hoping that he survives, of course.

I feel like receiving a hammer blow on the head. I stay unmoving. In less than fifteen seconds, the ambulance has started and disappears in the darkness. I collapse on the ground. I shout in rage. The echo of my voice reverberates through the whole street. Several persons look at me but I don’t pay attention to them. I didn’t even think of asking where Kay was about to be brought. And no one took my phone number.

Barely do I find Kay back that he is taken from me straight away. Why is fate so cruel ?

Chapter’s Song


I chose this song from Mylène Farmer (probably the most famous female singer in France) in duo with Jean-Louis Murat for its extraordinary and spellbinding beauty. The story of two separated souls, one « alive », the other « dead », and which as a consequence cannot really meet up. This is also likely the same case for Marc and Kay for whom destiny don’t do any favor. But one must always keep hope alive and believe in his lucky star, otherwise no chance is given to tomorrow.

Free Fall : Renaissance – Chapitre 6 (Version Française)

Chapitre 6

Voici enfin venu le Chapitre 6 de Free Fall : Renaissance ! J’espère que vous l’apprécierez car je sais que vous étiez beaucoup à l’attendre au vu des très nombreux commentaires positifs que j’ai eus 🙂 J’aimerais à nouveau vous remercier pour votre soutien sans faille. Hier, mon site a atteint un record avec 203 visites journalière, c’est vraiment incroyable ! Bonne lecture, et à bientôt pour le Chapitre 7 !

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Je pars aussitôt pour Düsseldorf. Le trajet me prend quelques heures. Lorsque j’y arrive enfin, il est très tard dans la nuit et je suis exténué. En faisant une rapide recherche sur mon téléphone je trouve un hôtel pas très cher situé en périphérie de la ville. Je décide d’y passer le reste de la nuit afin de me reposer et démarrer mes recherches demain.

Je suis tellement excité à l’idée de retrouver Kay que je ne dors que d’un œil. Quand je me lève il est 9h. Je me douche rapidement puis je vais prendre un petit déjeuner au restaurant de l’hôtel. Après avoir mangé, je vais à l’accueil afin de bloquer une nuit supplémentaire.

Je reprends la voiture et décide de me rendre dans le centre de Düsseldorf. Il est environ 10h30 lorsque je sors de ma Golf. Je ne sais absolument pas par où commencer. Je n’ai aucun numéro. Aucune adresse. Aucun contact. Kay pourrait très bien être partout et nul part à la fois. Autant chercher une aiguille dans une botte de foin !

Néanmoins, il faut bien commencer quelque part. Je décide donc de marcher un peu au hasard dans les rues du centre. Au moins pour repérer un peu les lieux, puisque je ne suis jamais venu dans cette ville auparavant. Je déambule ainsi pendant trois heures. Sentant la faim monter en moi, j’achète un sandwich que je dévore rapidement. Je ne tiens pas en place. Je suis tellement énervé d’être si proche de Kay mais de n’avoir aucune idée d’où il se trouve exactement.

Après ma pause déjeuner, je me dirige vers les bords du Rhin que je longe, pensif. Si ça tombe, peut-être que Kay lui aussi marche seul dans la ville. Peut-être que nous errons tous les deux, telles deux âmes solitaires et perdues. Non, il doit sûrement avoir trouvé un nouveau job.

Je suis soudain extirpé de mes pensées quand j’aperçois au loin le long de la promenade un homme de dos aux cheveux cours blonds, avec la carrure à la fois frêle mais athlétique de Kay.

– Hey ! je crie dans sa direction.

Il y a tant de brouhaha que la personne ne m’entend pas. Je commence à courir dans sa direction, mais il y a tellement de monde que lorsque j’arrive à l’endroit où j’avais cru apercevoir Kay, je ne le vois plus nul part. Les gens se retournent sur mon passage et me regardent d’un air étrange.

– Pfff, je dois sûrement me faire des illusions. Toute cette histoire me monte à la tête, je pense tout bas.

Je m’assois sur un banc et décide de passer un rapide coup de fil à Lena afin de prendre des nouvelles de Max.

– Tout se passe bien, me rassure-t-elle. Max se porte à merveille. Et toi, que donnent tes recherches ? Toujours pas de trace de Kay ?

– Non, pas vraiment. Mais je me rapproche du but. J’ai réussi à savoir qu’il se trouvait à Düsseldorf.

– Quoi ?! Düsseldorf ? Tu es allé jusque là-bas ? Ça en fait une trotte, me lance Lena, surprise.

Nous continuons à discuter durant quelques minutes puis nous raccrochons. Je poursuis ma balade, mais, à bout de nerf, je trouve préférable de retourner à l’hôtel. Je reste quelques heures dans ma chambre à regarder la télé et à somnoler.

Soudain une idée me vient à l’esprit. Je me souviens que Kay adore les boîtes de nuit, et il doit sûrement y avoir quelques discothèques branchées dans le centre-ville. Cette pensée me donne un regain d’énergie. Je change rapidement mes habits puis file aussitôt jusqu’à ma Golf pour repartir vers le centre de Düsseldorf. Il est presque 23h. Après avoir marché quelques minutes, je trouve ce qui semble être un lieu branché. J’y entre et prend un verre d’alcool pour m’aider à relâcher la pression. Je ne peux m’empêcher de scruter attentivement chaque entrée et sortie dans l’espoir de voir Kay. Je reste deux heures supplémentaires avant de prendre l’initiative de changer d’endroit. C’est peine perdue, il doit y avoir des dizaines de boîtes de nuit et de clubs dans une ville de la taille de Düsseldorf.

Je longe plusieurs rues avant de remonter une grande artère du nom de Bahnstrasse. La rue est assez animée. À un moment donné, je tombe nez à nez avec ce qui semble être un club gay, du nom de 2Box. J’y entre à tout hasard et m’installe sur une banquette. Quelques minutes plus tard, un serveur vient prendre ma commande. J’opte pour un double whisky.

Tandis que je bois mon verre, j’observe avec curiosité les nombreuses personnes se déhanchant passionnément sur la piste sur fond de musique électro. Cela me rappelle les quelques semaines atroces que j’ai vécues après la disparation de Kay et ma rupture avec Bettina. J’étais devenu coutumier de ce genre d’endroit à cause de ma dépression nerveuse. C’était le seul moyen que j’avais trouvé pour échapper à la réalité. Je revenais chaque fois ivre mort. J’avais bien failli être viré de la caserne à cause de mes retards incessants et de mes mauvaises performances. Heureusement, du jour au lendemain j’ai décidé de ne plus remettre les pieds dans ce genre d’endroit et je me suis plutôt mis à recourir dans la forêt pour évacuer mes angoisses.

Je regarde ma montre : il est bientôt 2h. J’ai l’impression que mon visage est en feu et je décide d’aller me rafraîchir aux toilettes. Quand je rentre dans la pièce, je ne remarque personne au début. Je me dirige vers l’un des lavabos, fais couler de l’eau puis me rince abondamment le visage. Cela me fait un bien fou. En relevant ma tête, je constate dans le miroir que je ne suis pas seul. Dans le prolongement des toilettes où se situent les cabines, j’aperçois les jambes d’une personne allongée à terre, comme inconsciente. Le reste de son corps est caché derrière le mur qui prolonge les toilettes perpendiculairement. Ne voyant pas très bien ce qui se passe, je me retourne et décide de me rapprocher, surpris. Je découvre alors un autre homme assez âgé au ventre bedonnant agenouillé sur le torse de la personne au sol. Sûrement deux types soul qui s’adonnent à un loisir douteux. Mais l’homme à terre ne bouge pas du tout et semble bien inconscient. Le vieux est en train de le tripoter à son insu. Cela m’inquiète même si je sais que je ne devrais pas m’en mêler. Sûrement mon instinct de flic.

Quand je m’approche un peu plus pour observer la personne au sol, je discerne un jean délavé, une belle peau blanche et douce, un t-shirt noir. Un visage angélique, des yeux bleus magnifiques et des cheveux blonds dorés. J’en reste totalement blême. Incapable de bouger. Kay est juste devant moi. C’est lui qui est au sol.

L’homme lève la tête vers moi et me regarde d’un air sadique.

– Ben alors, qu’est-ce tu fous, tu vas rester là à mater ou tu en profites avec moi ?

Au début je ne réponds pas ni ne bouge, sous le choc. Puis, comme un coup de tonnerre qui ne prévient pas, je sens une rage irrépressible monter en moi.

– Espèce de vieux porc dégueulasse, dis-je en grognant.

L’homme me regarde d’un air surpris. Je fonce sur lui, je sens la folie m’envahir. Je l’attrape par le col avec violence, lui décoche un coup de poing et le balance sur le côté.

– Dégage de là tout de suite où je te défonce la tronche ! je hurle.

Le type part à toute vitesse des toilettes, apeuré.

– Kay, je crie de toute mes forces en me jetant à terre et en soulevant son dos.

Je colle mon visage au sien. Je sens des larmes inonder mon visage et je les vois rejoindre les joues de Kay. Je n’arrive pas à croire que Kay, mon Kay, est là avec moi. Nous sommes finalement réunis après tout ce temps. Quel hasard incroyable ! Combien de chance avais-je de le retrouver maintenant ? Pour la première fois, je sens que le destin me donne un coup de pouce. Mais j’aurais tout de même préféré retrouver Kay dans un meilleur état.

– Kay est-ce que tu m’entends ? Réveille-toi !

Je tente de le secouer doucement, en vain. Je remonte son pantalon qui avait été défait par le vieux pervers. Puis en fouillant rapidement Kay, je découvre dans la paume de sa main gauche un sachet de pilules. Je retrouve également du LSD dans l’une de ses poches. Il s’est drogué. Et il a perdu connaissance. Ou pire. Je pensais qu’il était seulement alcoolisé. Je sens la panique enfler en moi. Je vérifie son pouls. Il respire encore. Submergé par l’angoisse, je ne vois plus d’autres solutions que d’appeler les urgences depuis mon téléphone portable. Une personne décroche et après m’avoir demandé l’adresse, on me prévient aussitôt qu’une ambulance arrive au plus vite, mais je n’écoute déjà plus.

Toute mon attention est désormais focalisée sur Kay. Son visage jadis radieux et souriant est inanimé et cela m’inquiète. Je le sers très fort contre moi. Je tente de réchauffer son corps refroidi. Nous restons là par terre durant ce qui me semble être une éternité. Je n’ai même pas pris le temps de prévenir quelqu’un dans le club. Tout ce qui compte pour moi c’est de créer une enveloppe protectrice autour de Kay avec mon corps. Je ne veux plus le laisser partir. Plus jamais. À un moment donné, je vois Kay ouvrir très légèrement les yeux. Je sens soudain sa main serrer fort la mienne et mon pouls s’accélère.

– Kay ? Kay ? C’est moi Marc ! Ne t’inquiète pas je suis là ! Tu n’as plus rien à craindre ! Je suis revenu ! lui dis-je en fixant ses yeux vaseux. Il me semble apercevoir un léger sourire sur ses lèvres mais je n’en suis pas certain.

Kay reperd connaissance aussitôt. Je crains le pire. Heureusement, quelques secondes plus tard, deux personnes qui doivent vraisemblablement être les patrons du club pénètrent dans les toilettes en tout hâte, accompagnées d’urgentistes.

– Mais pourquoi vous n’êtes pas venu nous prévenir ?! me hurle un des patrons.

Je ne sais pas quoi répondre. Ensuite, tout se passe tellement vite que je n’y comprends plus rien. Mon cœur bat à cent à l’heure. On m’arrache Kay des bras. On l’extirpe des toilettes. J’essaye de me relever et de suivre le cortège jusqu’à l’extérieur du club.

– Que s’est-il passé ? me demande-t-on brièvement.

– Je ne sais pas, je l’ai trouvé inconscient sur le sol. Je … je crois qu’il a pris une forte dose de drogue, j’explique en tremblotant.

Deux personnes posent Kay sur un brancard et lui mettent un masque à oxygène sur la bouche. Un secouriste m’apostrophe et me pose plusieurs questions complémentaires au sujet de Kay, comme son nom et son prénom. Alors que j’ai le dos tourné, j’ai tout juste le temps de me retourner pour voir Kay être fourré sans ménagement dans un camion d’ambulance.

– Je peux vous accompagner ? je supplie l’un des secouristes.

– Avez-vous un lien de parenté avec cette personne ?

– Non.

– Désolé, vous ne pouvez pas nous suivre dans ce cas. Nous devons partir au plus vite, il va sûrement avoir besoin d’un lavage d’estomac. En espérant qu’il tienne le coup bien sûr.

J’ai l’impression de recevoir un coup de marteau sur la tête. Je reste immobile. En à peine une quinzaine de secondes, l’ambulance a démarré et disparaît dans les ténèbres. Je m’écroule sur le sol. Je hurle de rage. L’écho de ma voix résonne dans toute la rue. Plusieurs personnes me regardent mais je n’y prête aucune attention. Je n’ai même pas pensé à demander où Kay allait être emmené. Et personne n’a pris mon numéro de portable.

À peine ai-je retrouvé Kay qu’on me l’arrache aussitôt. Pourquoi le destin est-il si cruel ?

Musique du Chapitre


J’ai choisi cette musique de Mylène Farmer en duo avec Jean-Louis Murat pour son extraordinaire et envoûtante beauté. L’histoire de deux âmes séparées, l’une « vivante », l’autre « morte », et qui ne peuvent donc pas véritablement se rejoindre. C’est un peu aussi le cas pour Marc et Kay pour qui le destin ne fait pas de faveur. Mais il faut toujours garder espoir et croire en sa bonne étoile, sinon on ne donne aucune chance au lendemain.

Free Fall : Renaissance – Chapter 5 (English Version)

Hello ! Here is Chapter 5, well motivated to write it following your warm comments. Eh Eh I leave you languishing, when Marc will finally see Kay again ?? Or perhaps never ? Continue to read Free Fall : Renaissance to find out 😀

Chapitre 5

PhotoMarc

Contrary to what I had imagined, track down Kay, or at least his new living place, was not that complicated. A brief look in the police files to which I could have access thanks to an internal contact taught me Kay had asked for a transfer in a town located about 80 kilometres far from here.

It took me around two hours to reach that city. Once arrived near the obtained address, I park in the street. I hesitate during what appears to be long minutes before getting out of the car. This is completely crazy. What am I about to say to Kay ? How will he react when seeing me ? I tremble just by the thought of it. The last time I saw him, I clearly suggested him it was preferable to leave in order to avoid troubles and I had abandoned him. He will never be able to forgive me.

I reflect on this entire story. Actually, I have been a perfect egotistic from the beginning to the end with Kay. This is him who has always bent over backwards for me, to help me, for us to live our relationship secretly. And I have almost never expressed all the love I truly felt for him in return. He was entirely right when he said me “With you Marc, it’s always me, me, me”. I never thought about him, about his problems, about everything he could feel. By the way was he really in love with me ? Maybe our relation was just physical. At least, I will know for sure when I will see him. As for me, I know I have deep feelings towards him, otherwise I would not come up to here.

When I finally decide to get out of my Golf, I join the building where Kay is domiciled. It is the beginning of the evening, and I dare hope he is home right now. When I arrive in front of the block, I realize an entry code is necessary to get in, and there is no intercom.

– Scheisse.

I’m blocked outside. This only thing I can do is go back to my car and hope having the chance to see Kay get in or get out. Just when I am about to leave, an old woman waves at me and come open the door.

– You come to see somebody ? she asks me.

– Hello. Yes, I come to visit Kay. Kay Engel.

– Come in young man, I’m the janitor.

I penetrate in the entrance hall of the building.

– Are you sure you are at the right place ? Kay has vacated the premises not so long ago, she says to me while turning over.

I am surprised and terribly disappointed at the same time by this announcement.

– How long ?

– Nearly two weeks now. He has departed so quickly, in all haste. So well that he has left a mount of stuff, and the landlord pesters me for his apartment to be cleared. There are a lot of personal objects, I don’t know where to start.

– Would you mind showing me his apartment ?

– No, no problem. Follow me.

We take the stairs to go to the second floor. The old woman opens the door of the apartment.

– Have you forgotten something at his place ?

– Uh, yes, I lie, destabilized by her question. He had borrowed me a document I need urgently.

– Very well, I let you. I will verify that the cleaning agent has washed the bathroom and that it is in order for the first visits meanwhile.

While the janitor is leaving, I go in Kay’s bedroom. Everything is tidy and the bed is made. I can’t help myself sitting on it and breathe the sheets while sweeping my hand on them. I have the impression of smelling the sweet scent of Kay.

My gaze turns upon the bedside table. I open its drawer and find with surprise a damaged photo inside. I grab it and discover with emotion a shot of Kay and I we took during a jogging session we made in the forest. We are smiling and we look happy. I had completely forgotten that picture. I had let it to him because I didn’t want to take the risk that Bettina finds it, even if it would have change nothing in the end.

Emotion rises in me at the sight of this beautiful image, so well that tears start to fill my eyes.

I get up and join an adjacent room filled with darkness. When I open the light, I discover with surprise a place full of paintings and sketches left as they are.

– Young man, your friend has left many drawings and paintings, as you can see, tells me the janitor while arriving at the bedroom doorstep. Isn’t it what you’re looking after ?

Surprised in my loneliness, I discreetly dry my tears and turn toward her.

– What are you talking about ? Uh no, the canvases don’t matter.

She joins me and enters the room.

– Have you found what you were looking after then ?

– No, I say while hiding the photo in one of my back pockets.

– So this is maybe in this room after all. Cast a glance there.

– Kay has created all of this ? I say with astonishment.

– Indeed.

I never knew Kay was drawing and painting. He never talked to me about it and I never saw any painting in his last apartment where we used to see each other. I’m struck when looking more precisely at his drafts to realize they all represent a masculine figure.

– I’ve discussed a little bit with Kay, he confided in me sometimes. He was a solitary person, with a hidden nature, explains to me the old woman. From what he has told me, all these paintings represent a boy he used to know, a certain Marc.

I feel a thrill travel across my back but let nothing of it appear. I then approach myself from other canvases and observe closer the drawings. There is no doubt we can recognize some of my physical features on them.

– What looks strange, is that Marc seems so sad on these canvases. Like jaded, bitter, she says to me.

– Or heartbroken, I mumble.

– Kay never said to me who this Marc was.

– Maybe he was just his model ? I throw to cover myself in case the old woman would recognize me from the drafts; I prefer to stay discreet as much as possible.

The janitor gets closer to me and points a finger upon several sketches.

– It may have started that way, but it became more. Look at the way he … captured Marc. The curve of his back. The softness of his skin. Kay was under the spell of Marc, spending every waking moment painting him. He was in every brush stroke. I know it doesn’t concern me, but Kay loved this man, it’s obvious.

– But they were not together, I say trying to put up a smokescreen. Kay never talked to me about a Marc.

– Frankly, I find that hard to believe. I don’t know, maybe Kay wanted all this to remain secret. Maybe they broke up. Painting was probably the only way Kay had to be able to live this romance.

– But if they loved each other so much, I asked, why would Marc push him away ?

– Maybe there was someone else, someone that don’t wanted them to be together. Or Marc didn’t feel worthy of Kay, he doubted the way he felt about him. Or all of this together.

I remain silent a few moments. Until I notice the gaze of the janitor looking hard at me.

– You’re Marc, isn’t it ? she questions me.

I gave myself away.

– Yes … I admit in a whisper.

– I figured it out the moment I saw you arrive. I was telling myself that your face was familiar to me. I had already seen it on those sketches several times.

I don’t know what to answer her.

– It is not for something that you came back. It’s for Kay.

– And he is gone now, I finally answer her, bitter.

A few tears flood my face.

– I love him so much. I would give anything to find him again, I say while touching smoothly one of the sketches, which represents me in Kay’s arms, as if nothing could separate us, as if we were together for eternity, frozen into that pleasant position.

– I can perhaps help you. The only thing I know is that before leaving, Kay told me he was heading to Düsseldorf, to flee as far as possible. To start over.

– Did he give any address ? I ask feeling an insane hope invade me.

– No. As I told you, he left so quickly.

I stay a few more minutes inside the apartment. I take care of getting back some drawings as a souvenir, in case I would never see Kay again. I dry my tears and after having warmly thanked the old woman, I leave the building.

In the street, I take back out the photo where I am with Kay. Why do you escape me when I finally decide to repair my mistake ?

I hold on to my deep desire to see Kay again. As long as I won’t have found him, I won’t surrender. I get back inside my car and turn on my GPS.

Direction Düsseldorf.

Chapter’s Song

Free Fall : Renaissance – Chapitre 5 (Version Française)

Salut ! Voici le Chapitre 5, bien motivé pour l’écrire suite à vos commentaires chaleureux. Hé hé je vous fais languir, mais quand Marc va-t-il enfin revoir Kay ?? Ou peut-être jamais ? Continuez à lire Free Fall : Renaissance pour le savoir 😀

Chapitre 5

PhotoMarc

Contrairement à ce que j’avais imaginé, retrouver la trace de Kay, ou du moins son nouveau lieu de vie, n’avait pas été si compliqué. Un rapide coup d’œil dans les fichiers de la police auxquels j’avais pu avoir accès grâce à un contact interne m’avait appris que Kay avait demandé un transfert dans une ville située à environ 80 kilomètres.

Il me fallut environ deux heures pour la rejoindre. Une fois arrivé non loin de l’adresse obtenue, je me gare dans la rue. J’hésite de très longues minutes avant de sortir. C’est complètement fou. Que vais-je dire à Kay ? Comment va-t-il réagir en me voyant ? J’en tremble rien que d’y penser. La dernière fois que je l’ai vu, je lui ai clairement laissé entendre qu’il était préférable de partir afin d’éviter les ennuis et je l’avais laissé tomber. Jamais il ne pourra me pardonner.

Je réfléchis à toute cette histoire. En réalité, j’ai été un parfait égoïste du début à la fin avec Kay. C’est lui qui s’est toujours plié en quatre pour moi, pour m’aider, pour qu’on vive notre relation secrètement. Et moi en retour je ne lui ai pratiquement jamais exprimé tout l’amour que je ressentais véritablement pour lui. Il avait entièrement raison quand il m’avait dit « Avec toi Marc, c’est toujours moi, moi, moi ». Je n’ai jamais pensé à lui, à ses problèmes, à tout ce qu’il a pu ressentir. D’ailleurs était-il vraiment amoureux de moi ? Peut-être que notre relation était juste physique. Au moins, j’en aurais le cœur net en le voyant. Mais de mon côté je sais que j’ai de forts sentiments pour lui, sinon je ne viendrais pas jusqu’ici.

Lorsque je me décide enfin à sortir de ma Golf, je rejoins l’immeuble où est domicilié Kay. C’est le début de soirée, et j’ose espérer qu’il est chez lui en ce moment. En arrivant devant le bâtiment, je me rends compte qu’il faut un digicode pour rentrer à l’intérieur, et il n’y a pas d’interphone …

– Scheisse.

Je suis bloqué dehors. Il ne me reste plus qu’à retourner dans la voiture en espérant avoir la chance de voir rentrer ou sortir Kay. Au moment où je m’apprête à repartir, une vieille dame me fait signe et vient m’ouvrir la porte.

– Vous venez voir quelqu’un ? me demande-t-elle.

– Bonjour. Oui, je viens voir Kay. Kay Engel.

– Entrez jeune homme, je suis la concierge.

Je pénètre dans le vestibule de l’immeuble.

– Êtes-vous sûr que vous êtes au bon endroit ? Kay a quitté les lieux il y a peu de temps, me dit-elle en se retournant.

Je suis à la fois surpris et terriblement déçu de cette annonce.

– Combien de temps ?

– Environ deux semaines maintenant. Il est parti tellement rapidement, en toute hâte. Si bien qu’il a laissé tout un tas d’affaires, et le propriétaire me tanne pour que son appartement soit débarrassé. Il a laissé beaucoup d’objets personnels, je ne sais pas comment je vais m’y prendre.

– Ça vous dérangerait de me montrer son appartement ?

– Non, pas de problèmes. Suivez-moi.

Nous prenons les escaliers pour arriver au deuxième étage. La vieille dame ouvre la porte de l’appartement.

– Vous avez oublié quelque chose chez lui ?

– Euh, oui, mentis-je, déstabilisé par sa question. Il m’avait emprunté un document dont j’ai besoin en urgence.

– Hé bien, je vous laisse, je vais vérifier que la salle de bain a bien été nettoyée par la femme de ménage et qu’elle est propre pour les premières visites pendant ce temps.

Tandis que la concierge est partie, je me rends dans la chambre de Kay. Tout est ordonné et le lit est fait. Je ne peux m’empêcher de m’asseoir dessus et de respirer les draps tout en passant ma main dessus. J’ai l’impression de sentir la douce odeur de Kay.

Mon regard se porte sur la table de chevet. J’en ouvre le tiroir et y trouve avec surprise une photo abîmée dedans. Je l’attrape et découvre avec émotion un cliché de Kay et moi que nous avions pris lors d’une séance de jogging dans la forêt. Nous sourions et avons l’air heureux. J’avais complètement oublié cette photo. Je lui avais laissée car je ne voulais pas prendre le risque que Bettina la découvre, même si cela n’aurait au final rien changé.

L’émotion monte en moi à la vue de cette belle image, si bien que j’en ai les larmes aux yeux.

Je me lève et rejoins une pièce attenante à la chambre emplie de ténèbres. Quand j’allume la lumière, je découvre avec surprise un endroit rempli de tableaux et de croquis laissés tels quel.

– Jeune homme, votre ami a laissé plusieurs dessins et peintures, comme vous pouvez le voir, me dit la concierge en arrivant sur le pas de la porte de chambre. Ce n’est pas ce que vous cherchez par hasard ?

Surpris dans ma solitude, je sèche discrètement mes larmes et me retourne vers elle.

– De quoi vous parlez ? Euh non, les toiles n’ont aucune importance.

Elle me rejoint et entre dans la pièce.

– Vous avez trouvé ce que vous cherchiez dans ce cas ?

– Non, dis-je en cachant la photo dans une de mes poches arrière.

– Alors c’est peut-être dans cette pièce. Jetez-y quand même un œil.

– C’est Kay qui a créé tout ça ? fais-je avec étonnement.

– En effet.

Je n’avais jamais su que Kay dessinait et peignait. Il ne m’en avait jamais parlé et je n’ai vu aucun tableau dans son précédent appartement où nous avions l’habitude de nous voir. Je suis frappé lorsqu’en regardant plus précisément des esquisses, je m’aperçois qu’elles représentent toutes une figure masculine.

– J’ai un peu discuté avec Kay, il se confiait de temps en temps à moi. C’était quelqu’un de solitaire, avec une nature cachée, m’explique la concierge. D’après ce qu’il m’a expliqué, tous ces tableaux représentent un garçon qu’il a connu, un certain Marc.

Je sens un frisson parcourir mon corps mais n’en laisse rien paraître. Je m’approche alors d’autres toiles et observe de plus près les dessins. Il ne fait plus de doute qu’on reconnaît certains de mes traits dessus.

– Ce qui est étrange, c’est que ce Marc semble si triste sur ces toiles. Comme désabusé, amer, me dit-elle.

– Ou il a le cœur brisé, bafouillé-je.

– Kay ne m’a jamais dit qui était ce Marc.

– Peut-être que c’était juste son modèle ? lancé-je pour me couvrir au cas où la concierge me reconnaitrait à partir des ébauches, je préfère rester discret autant que possible.

La concierge s’approche de moi et me montre du doigt plusieurs croquis.

– Ça a peut-être commencé comme ça, mais ça a pris une autre dimension, m’explique-t-elle. Il suffit de voir comment il a représenté ce Marc. La courbe de son dos. La douceur de sa peau. Il était sous son charme, passait tout son temps à le peindre. Il inspirait chaque coup de pinceau. Je sais que je n’ai pas à me mêler de tout ça, mais j’ai l’impression que Kay était amoureux de ce Marc.

– Mais ils n’étaient pas ensemble, dis-je pour tenter d’effacer les pistes. Kay ne m’a jamais parlé d’un Marc.

– Très franchement, j’ai du mal à y croire. Je ne sais pas, peut-être que Kay voulait que tout ça reste secret. Peut-être qu’ils se sont séparés. La peinture était sans doute le seul moyen qu’avait Kay pour pouvoir vivre cette histoire.

– Mais s’ils s’aimaient comme des dingues, demandé-je, pourquoi Marc l’aurait repoussé alors ?

– Peut-être qu’il y avait une tierce personne ou des gens qui ont empêché que ces deux là soient ensemble. Ou bien Marc pensait ne pas être digne de Kay. Ou les deux.

Je reste muet quelques instants. Jusqu’à ce que je remarque le regard de la concierge qui me dévisage.

– Vous êtes Marc, n’est-ce pas ? me demande-t-elle.

Je me suis trahi moi-même.

– Oui … j’avoue dans un murmure.

– Je l’ai deviné dès que je vous ai vu arriver. Je me disais bien que votre visage me rappelait quelqu’un. Je l’avais vu sur ces croquis à plusieurs reprises.

Je ne sais pas quoi lui répondre.

– Ce n’est pas quelque chose que vous êtes revenu chercher. C’est Kay.

– Et il n’est plus là désormais, je lui réponds, déçu.

Quelques larmes inondent mon visage.

– Je l’aime tellement. Je donnerais n’importe quoi pour le retrouver, dis-je en effleurant un des croquis me représentant dans les bras de Kay, comme si rien ne pouvait nous séparer, comme si nous étions ensemble pour l’éternité, figés dans cette agréable position.

– Je peux peut-être vous aider. Tout ce que je sais, c’est qu’avant de partir, Kay m’a dit qu’il s’en allait pour Düsseldorf, pour fuir le plus loin possible. Pour recommencer à zéro.

– Il ne vous a donné aucune adresse ? je demande en sentant un fol espoir m’envahir.

– Non. Comme je vous l’ai dit, il est parti si vite.

Je reste encore quelques minutes dans l’appartement. Je prends soin de récupérer quelques croquis en souvenir, au cas où je ne reverrais jamais Kay. Je sèche mes larmes et après avoir remercié chaudement la concierge, je quitte l’immeuble.

Dans la rue, je ressors la photo où je suis avec Kay. Pourquoi m’échappes-tu alors que je décide enfin de réparer mon erreur ?

Je m’accroche à mon désir sans faille de revoir Kay. Tant que je ne l’aurais pas retrouvé, je ne baisserai pas les bras. Je rentre dans ma voiture et mets en route mon GPS.

Direction Düsseldorf.

Musique du Chapitre

Free Fall : Renaissance – Chapter 4 (English Version)

Dear friends, the English translation for the Chapter 4 of Free Fall : Renaissance, my sequel to the German movie Free Fall / Freier Fall, is finally here ! I apologize for the lateness, I know a lot of you have been waiting for it !! But it’s available now =D Don’t hesitate to write a comment to give your thoughts about this chapter and your expectations for what’s coming next 🙂 (or if I made a weird translation, nobody’s perfect xD).

Chapter 4

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It has now been a little week since Max is by my side. Colleagues have been very surprised. I had to adapt to this new rhythm of life. I am so absorbed by Max that I forget Kay little by little. His memory slowly crumbles inside of me as days go by. In a way, it relieves me, because it helps me let my fears behind me. Max is my new priority, and sadly I can’t continue to wallow in self-pity if I want to be fully present for him.

I was eligible for a few days of paternity leave as an exception, but this period ended the day before yesterday. Luckily, Matthias’ brother Lukas has proposed his help to keep Lukas yesterday and today. Even if he is quite free with his cashier job, Lukas works part-time and is not always available. So I will have to find a baby-sitter quickly.

As Bettina asked me, I didn’t try to contact her. And I didn’t have to. Yesterday evening, I received a surprise visit from her. Her first words were :

– I am sorry, Marc …

At this point, it is no more time to be sorry. We have discussed about this sudden reversal of situation. I told her I accepted the care of Max, despite everything it implied. That I was even ready to leave my job if necessary. She announced me she was going to South America for a month with her sister, because she needed to have a break after this whole story. I said nothing. Now that I have Max, I have my own problems to handle, and I don’t have time to take care of Bettina’s. If she wants to leave, so be it.

Today, after work, I discuss with Matthias in the locker room.

– I am in the shit, I admit to him.

– Why ?

– Your brother can’t help me forever to keep Max, and I don’t have a lot of solutions. I thought about taking a baby-sitter, during the time I will need to get a stable situation to handle all of this, but it’s not that simple. I really want to find a trustworthy person.

– I recognize it’s not easy to find the suitable person. You know what, I will ask Steffi if she knows someone.

– Thanks, that’s really kind.

When I get back to the apartment, Lukas is preparing the dinner for Max. I go take Max in my arms then join Lukas. He smiles to me.

– Lukas, thank you so much to have accepted helping me, I tell him.

– Oh, you’re welcome. I don’t do a lot, you know.

He takes a short pause and looks at me with his puny gaze.

– However, I am sorry but I won’t be able to make it tomorrow. My boss called me to do extra hours.

– Damn, it comes at the bad time, I say while I cradle Max. Your brother promised me to ask Steffi if she knows someone, I cross fingers so she can accomplish a miracle !

Lukas packs his stuff then grabs his bag.

– Here you go, everything is ready Marc, you just have to give Max his meal. He is really adorable and calm, it is a pleasure to keep him.

– Thank you.

– So, it’s time for me to go, see you !

– Wait, I hail at him before he leaves while replacing Max in his cradle.

I go grab an envelop in a drawer then give it to Lukas.

– There, this is for you.

– What is it ?

– Some money, to thank you for helping me.

– Marc, I … says Lukas before giving me back the envelop, embarrassed.

I say no with my head.

– Keep it for you ! Now go.

One hour after Lukas has left, I give Max his meal and drowse some moments on the couch. I try to find a solution for tomorrow. Either I pretend to be sick to keep Max, or I find someone. I am extracted from my thoughts when I feel my cell phone vibrating in my pocket. It’s Marc calling.

– Hello ?

– Marc, I found your solution !

This is Steffi’s voice.

– Hi Steffi.

– I’ve got a friend, Lena. She just finished her childcare studies. She seeks a job in a school, but she hasn’t found anything yet. So meanwhile, I was thinking she could serve your purpose. She is 25 and very nice, you’ll see.

I think about it for a few seconds.

– That’s ok. Contact her and ask her if she can begin tomorrow morning at 8am. Lukas will not be able to take care of my little guy. So I really need her if she is available.

– Count on me, I’ll let you know as soon as possible.

We hang up. I really hope this Lena will be what I need, otherwise I’m in the shit. If I’m not able to raise my child properly, social services could very well come across me and take Max away from me forever to replace him in a host family, and I really don’t want this to happen.

A few minutes later, I receive a text message from Steffi. She confirms me that all is ok and that Lena will be able to begin tomorrow morning. Phew ! I let out a sigh of relief. It is already late and I don’t have a minute to lose. Tomorrow, I start at 8.30am, and everything needs to be ready for this Lena to take charge of Max. I immediately begin to gather important stuff, to wash Max’s dirty clothes and to tidy up what’s lying around. Even if finally, I realize that Lukas has already done the most of it, so much that I don’t have a lot to do. Once all is over, I cradle Max who has already fallen asleep, and, exhausted after this hard day, I myself go to bed. Max is very calm during the night and I only have to wake up once.

Around 8am, while I’m drinking a tea and I’m eating a buttered toast with ham, someone knocks at the door. When I open, I discover a very beautiful young woman on the doormat. Her iris tinted with green and hazel perfectly fit with her long ginger hair. Small and discreet freckles strew her prominent cheekbones and her large forehead. Her lips are fleshly and luscious. She addresses me a smile and hold out her hand.

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– Good morning, I’m Lena.

– I’m pleased to meet you. My name is Marc. Come in.

She penetrates in the corridor and we move to the small living room.

– Thank you so much for having accepted to help me, especially so quickly, and so early.

– You’re welcome, she says to me with a little sweet voice. This is normal. That’s a perfect timing because I was searching for a little job meanwhile, as I just finished my childcare studies.

– Yes, Steffi explained me that..

She addresses me a new smile to which I answer. Her aura does not leave me indifferent.

– Come, it’s time to meet Max and explain you where are the things you will need.

We discuss for fifteen minutes and look over everything she will need to take care of Max.

– So, I have to leave now, I announce her. Duty calls me!

– Good Luck, Marc. I’m sure everything’s will be ok with Max. Isn’t it, sweetheart ? she whispers while kissing Max that she’s holding in her arms.

When I come back in the evening, I briefly explain to Lena my actual situation, my story with Bettina, taking care of not revealing anything about Kay. I just tell her that the couple I formed with Bettina was doomed to fail and that we had preferred to split up. Lena shows herself to be very comprehensive, and it touches me.

Several exhausting days flow by, and I inwardly thank Steffi for finding Lena. Everything suits perfectly, and she relieves me from a considerable weight. On the evening, I’m able to spend some time with my son without having to preoccupy myself about the rest. Of course, it does create a hole in my budget. This is the reason why, every time I get the opportunity to take care of Max myself, I don’t ask Lena to come.

However, I’m starting to experience a strange feeling toward her. She is very attractive and irresistible. Her charm doesn’t leave me unmoved. Some sort of connection sets in between the both of us since a few days. So much it’s now been two days I invite her to stay for dinner.

We are precisely eating a potato salad, and she addresses me a conniving gaze.

– So, how’s been your day ? she asks me while eating a piece of potato.

– For once, it was less exhausting than usual. I’m really wondering how I would handle all of this if I had to take care of Max every day. Thanks again to you, Lena.

She throws an embarrassed smile at me. Suddenly, I feel her hand slide onto my thigh under the table. As I don’t know how to interpret this movement, I friendly touch her hand, even if her gesture wakes up desire in me. She seems confused and removes her hand.

Some days later, I start a leave period of five days, and Lukas has asked to keep Max today, which I accepted. I took advantage of this opportunity to invite Lena to go outside for a walk, as the sun is shining. After a wander in the shopping center of the city, we go to a nearby park. The atmosphere is calm.

– Thanks for offering me to go outside, but you know, I could have kept Max, says Lena.

– It’s a pleasure for me to spend time with you, I admit timidly.

– Me too, she whispers to me.

Suddenly, I feel her fingers gently touch mine, and we start walking hand in hand. At the beginning, it makes me feel a little bit ill at ease, but I let nothing appear about it. Something restrains me, disturbs me, even if I’m happy to spend some time with such a kind and attractive person.

At a moment on, we stop to sit down on a bench with a view on the lake of the park, and Lena fixes her gaze on me. Her face comes slowly closer to mine, until I feel her lips touch mine. We start to kiss tenderly, and I answer her call. I close my eyes to savour this moment.

Then abruptly, an image of Kay crosses my mind. I immediately detach myself from Lena, and a feeling of anxiety and regret insinuates into me, stabs me.

– I’m sorry … This is not possible. I … I love someone else.

I remain speechless. It got out all alone. I put my hand on my mouth, half chocked. I just said I loved him. That I still loved Kay. Lena stares at me with a lost and incredulous expression. I rise from the bench and turn towards the forest.

– Sorry, throws softly Lena while joining me. I didn’t mean to push you around. I … I thought … that you needed to relax, to change your mind. It was stupid coming from me. I can leave if you want, you don’t have to keep me as baby-sitter after this.

I slightly pivot in her direction, confused.

– No, it’s ok. How could you know ? And I need you for Max. Let’s leave it there.

Lena gets closer to me, and I turn my face towards hers. She discovers my eyes filled with tears.

– What’s going on, Marc ? It’s been two weeks since we know each other now. Nothing prevents you from talking to me. Explain me everything.

I hesitate for a moment when seeing her sadden expression. She looks honest.

– Can you keep a secret ?

We sit down on the bench again, and I tell her all the whole truth about my past. Bettina, Kay, Gregor. All is revealed.

– Oh, Marc, I am so sorry, she says while taking my hand. Why haven’t you spoken to me about all of this earlier ?

– This is not the kind of thing you tell everyone, Lena. It can literally break a life. And do a lot of harm.

– So … this Kay, you love him ? He is this “someone else” ? she questions me.

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– Yes, I confess with difficulty.

– But where is he ? Why don’t you try to find him again ?

I look at her with a little smile.

– This is what everyone keeps telling me lately. But I don’t know. I don’t dare try. I’m afraid to discover what Kay has become. To be disappointed. Maybe he has found someone else. Maybe he would not even accept to see me again.

– But what do you have to lose Marc ? Go ahead. Stop asking yourself those questions. You have five days of leave that are beginning. This is the moment or never to take the most of it. If you want I can keep Max during that time.

– You would do this for me ?

– Of course. If it allows you to feel better and go forward. And Max is an angel. It’s not like if I had to keep a little demon, she smiles.

Lena comes back home with me. We separate in the courtyard of the barracks. Before leaving, she says softly while putting her both hands on my shoulders and looking me straight into the eyes :

– Think about my proposal. Send me a message if you wish me to come tomorrow and the other days.

– Thanks, Lena …

She kisses my right cheek.

I have dinner in company with my son and Lukas. I confess him that I plan to find Kay back. After all, Lukas was the first to have instilled me that idea and have motivated me to do so.

– I’m proud of you Marc. This is the only solution if you want to have answers, he congratulates me.

During the night, I sleep very bad. All that happened those last few days, and most particularly today, worries me. I see Kay in my dreams asking me where I am. I weight the pros and the cons. Find him again ? Leave him ?

When I wake up in the morning, my decision is taken. I’ve contacted Lena. I’ve prepared a travel bag. Everything remains to be done now.

I’m coming, Kay.

Chapter’s Song