Archives du mot-clé Hanno Koffler

Free Fall : Renaissance – Chapitre 7 (Version Française)

Le voilà le Chapitre 7 !! Depuis que j’ai commencé mon nouveau boulot, j’ai beaucoup moins de temps pour écrire car lorsque je rentre le soir je suis assez crevé, dur dur de trouver la motivation. Mais j’ai tellement envie de finir mon histoire que j’irai jusqu’au bout, je vous le promets. J’ai adoré écrire ce Chapitre 7 car il y a beaucoup de passages que je souhaitais mettre en scène depuis longtemps que je peux enfin coucher sur le papier. C’est assez émotionnel. J’espère que vous ressentirez les mêmes choses que moi lorsque je l’ai créé. Vous remarquerez également l’apparition d’un nouveau personnage, Kuba, directement sorti du film gay Ligne d’Eau / Floating Skycrapers : c’est un petit crossover que j’ai voulu faire car j’ai bien aimé ce film. Bonne lecture ! Et à très vite pour le Chapitre 8 je l’espère 🙂

holding-hands

 

Chapitre 7

La colère et le désespoir m’envahissent tandis que l’ambulance disparaît. Je claque mes poings sur le sol, de rage. Je vois mes larmes tomber sur le bitume. Plusieurs secondes s’écoulent pendant lesquelles le temps semble s’être arrêté. Je n’entends même plus les bruits de la ville autour de moi.

Je suis extirpé de mon égarement lorsque je sens deux mains chaudes attraper mes épaules et m’aider à me relever. Je ne comprends rien mais je me laisse faire. La personne me tient fermement et m’amène à l’écart, tandis que la foule qui m’observait commence à se disperser. On me pose sur un banc. C’est seulement à cet instant que je prends conscience qu’un homme âgé d’une trentaine d’année, plutôt mignon, avec de beaux yeux bleus et portant une petite moustache ainsi qu’une barbichette est assis à côté de moi et me fixe. C’est lui qui m’a aidé à me relever.

– J’ai vu ce qui s’est passé, est-ce que ça va ?

– Merci, je parviens à peine marmonner.

– Je m’appelle Kuba.

Je n’arrive même pas à répondre, tout juste à déglutir. Sûrement les effets de l’alcool mélangés au choc d’avoir retrouvé Kay pour le reperdre aussitôt.

– Dis, c’était qui ce mec ? Tu le connaissais ?

– Longue histoire.

– Suis-moi, je t’offre un café, je crois que tu en as besoin.

Kuba attrape mon bras pour le faire passer par dessus son épaule et nous rentrons quelques mètres plus loin dans un Starbuck encore ouvert. Après m’avoir installé à une table, il revient avec deux cafés latte.

– Merci …

J’avale une gorgée brûlante et cela me redonne un coup de fouet.

– Pourquoi tu n’es pas monté dans l’ambulance ? me demande Kuba.

– On ne m’y a pas autorisé.

– Tu dois sacrément aimer le type qui a été embarqué pour être aussi désespéré. Pourquoi tu n’essayes pas de rattraper l’ambulance ?

– Je ne sais pas …

Je décide de me confier et raconte à Kuba ce qui m’a mené à Düsseldorf. Je lui dois bien ça pour son aide. Il est le seul dans cette foule de badauds avides à être venu me voir.

– Attends, tu viens de retrouver ton « amour perdu », et tu le laisses filer comme ça ? Mais bouge-toi bon sang !

– Le destin n’arrête pas de me mettre des bâtons dans les roues. Que va-t-il encore se passer cette fois si je le revois, hein ? Dis le moi ?!

– Calme-toi … Ce que j’essaye de te dire, c’est que tu dois arrêter de laisser le destin décider pour toi. Tu l’as déjà fait en venant en Düsseldorf, et tu dois poursuivre en retrouvant Kay d’urgence. Laisse-moi te raconte quelque chose … Je suis polonais, et il y a quelques années, quand je vivais encore en Pologne, je suis tombé amoureux d’un homme … alors que j’étais en couple avec une nana. C’était l’amour fou. Mais le genre d’amour complètement impossible. Il s’appelait Michal. Le problème c’est que je n’ai pas fait grand chose pour le garder à mes côtés. J’ai tout foutu en l’air. Je n’ai pas pris les bonnes décisions au bon moment.

– Et qu’est-ce qui s’est passé ?

– Il est mort … On l’a retrouvé le crâne fracassé dans un parking souterrain.

– Je suis désolé, je prononce à demi-mot, choqué.

Je n’ose même pas imaginer comment je réagirais s’il arrivait une chose pareille à Kay.

– Mais le pire, poursuit-il, c’est que la fille avec qui j’étais est tombée enceinte. Heureusement, elle a finalement décidé d’avorter au bout d’un moment. Car je lui ai fait comprendre que j’avais découvert ma vraie nature. Et que je n’aurais pas pu apporter l’amour nécessaire à cet enfant. Et il était hors de question pour elle de l’élever seul. Après ça, j’ai décidé de recommencer à zéro et de fuir la Pologne. Je ne regrette pas d’être parti. J’ai laissé mes vieux démons derrière moi.

Son histoire me fait beaucoup penser à la mienne. Mais elle me fait également l’effet d’un électrochoc. Grâce à lui, je comprends plus que jamais que je dois tout faire pour récupérer Kay. Maintenant que je sais qu’il est là, je n’abandonnerai plus. Tous mes efforts ne seront pas vains.

– Il faut que tu retrouves ton Kay. Contrairement à moi, tu as encore la possibilité de changer les choses. Ne laisse pas cette chance t’échapper.

– Mais, comment savoir où ils l’ont emmené ? Il doit y avoir plusieurs hôpitaux dans cette ville !

– Justement, de la chance, tu en as. Je suis infirmier dans le coin. Je connais bien les hôpitaux des environs. Laisse-moi passer un ou deux coups de fils, je vais trouver où a été emmené Kay.

Kuba se lève aussitôt et sort dehors. Je patiente quelques minutes, complètement stressé. Et s’il ne trouvait pas où les secouristes ont emmené Kay ? Kuba revient enfin et se rassoit en face de moi.

– C’est bon, je l’ai trouvé. Il a été emmené à l’UniversitätsKlinikum. Ce n’est pas très loin, je t’y conduis. Tu ne peux pas prendre ta voiture avec ton état de fatigue.

Je sens une folle lueur d’espoir déferler en moi.

– Je vais mieux, je t’assure ! dis-je d’un air pressé, prêt à partir immédiatement.

– Tu ne sais même pas où c’est ! Arrête de dire des conneries. Allez, viens, on y va tout de suite.

Nous quittons le Starbuck puis nous rendons à la voiture de Kuba garée non loin. Je suis tellement excité que les secondes défilent sans que je m’en rende compte. Sur le trajet, Kuba commence à me parler :

– Écoute, je ne veux pas t’alarmer, mais d’après ce que m’a dit le médecin que j’ai eu tél, c’est assez grave. Ils ont retrouvé beaucoup de drogue dans son sang. Son état est critique. Ils ont déjà commencé à lui faire un double lavage. Dans un premier temps un lavage d’estomac, pour s’assurer qu’il n’ait plus de drogue dans le tube digestif. Ensuite ils vont lui ôter une partie de son sang et lui en transfuser en même temps.

Je panique totalement à l’idée que Kay ne tienne pas le coup. Tout ce processus a l’air très lourd. Après plusieurs minutes que je ne vois pas passer, nous arrivons enfin à l’UniverstätsKlinikum. Je sors aussitôt de la voiture et court vers l’entrée de l’hôpital, bientôt suivi de Kuba.

– Suis-moi, m’ordonne ce dernier.

Nous déambulons dans plusieurs couloirs avant d’arriver dans le service des urgences.

– Attend-moi là, je vais chercher le médecin urgentiste de charge cette nuit.

Je fais des centaines d’allers-retours dans le couloir, impatient. À un moment donné, je vois le secouriste qui avait refusé que je monte dans l’ambulance débouler dans le couloir. Il me regarde d’un air étrange. Je suis tellement énervé que je lui collerais bien mon poing en pleine figure, mais je me retiens. Mieux vaut ne pas chercher les ennuis maintenant. Il doit lire la fureur sur mon visage car il passe rapidement son chemin.

Kuba revient enfin en compagnie d’un homme d’une soixante d’années au visage sérieux.

– Bonsoir Monsieur, me salut-t-il. Je suis le médecin urgentiste.

– Bonsoir …

– Je vous présente Marc Borgmann, un ami proche de Kay, insiste Kuba.

– Votre ami est dans de sals draps, M. Borgmann. Nous avons déjà procédé au lavage d’estomac, mais toute la drogue a déjà pénétré son système sanguin. Il risque un arrêt cardiaque. Nous avons tenté de contacter sa famille pour les prévenir mais nous n’avons trouvé aucun téléphone portable sur lui, tout juste son portefeuille, et bien sûr, le restant de sa drogue … Nous allons désormais procéder à la transfusion sanguine.

– Comment ça va se passer à partir de maintenant ? je demande.

– Hé bien, généralement, on utilise une ou plusieurs poches sanguines pour combler le sang qui est évacué, tout ceci associé à des médicaments. Le souci, c’est que nous n’avons plus de poches du même groupe sanguin que Kay, nous en sommes tombé à court plus tôt dans la journée. Nous venons de demander qu’on nous en apporte en urgence d’un hôpital voisin. Ils sont déjà en route, mais le mieux serait d’avoir une personne auprès de qui effectuer directement le transfert pour ne pas perdre de temps.

– Quel est le groupe sanguin de Kay ? intervient Kuba.

– D’après un premier bilan que nous avons effectué quand il est arrivé, A Positif.

J’en crois à peine mes yeux.

– Je suis également A Positif, dis-je aussitôt. Utilisez-moi. Tout de suite !

– Quelle aubaine ! s’exclame le médecin. Mais avant toute chose nous allons procéder à de rapides tests et à un questionnaire obligatoire, on ne peut pas prendre n’importe qui comme ça, vous comprenez bien.

– Ne perdons pas un temps précieux, faites ces tests tout de suite.

Nous nous rendons immédiatement dans une salle voisine où une infirmière procède à des vérifications. Elle effectue une prise de sang qu’elle insère ensuite dans une machine, puis me pose diverses questions pendant que les tests sont effectués. Étant donné que je n’ai pas subi d’opérations dans les mois précédents et que je n’ai pas d’antécédents, je suis éligible. Ce qui est de nouveau confirmé par les tests qui confirment entre autre mon groupe sanguin.

– Dieu merci, je pense tout bas. Kay, je vais te sortir de là.

Le médecin urgentiste revient, et après avoir reçu l’approbation de l’infirmière, m’emmène à travers un couloir puis dans une chambre. Là, j’y trouve Kay, complètement endormi, un masque à oxygène sur le visage. Son teint est plus livide que jamais, presque cadavérique. Cette vision me peine et je m’en veux encore plus de ne pas avoir tenté de le retrouver avant. On aurait pu éviter tout ça. Je m’approche de lui et saisit sa main froide. J’essaye de la réchauffer. De mon autre main je lui caresse tendrement le visage. Je remarque que le médecin m’observe.

– Qui est-il par rapport à vous, en réalité ? me demande le médecin.

– C’est une longue histoire. Mais … je l’aime. Et je ne le laisserai plus tomber. Allez, mettons-nous en route, je termine en séchant les larmes qui me montent aux yeux.

L’infirmière pénètre dans la pièce accompagnée de deux autres aides-soignants et au bout de plusieurs minutes, tout est mis en place. Je suis allongé dans un lit à côté de celui de Kay, et un cordon relit mon bras gauche à son bras droit. Son bras gauche est relié à une machine qui va lui extraire le sang vicié par la drogue. Je sens le médecin enfoncer une aiguille dans mon bras, et soudain, je vois mon propre sang rejoindre le corps de Kay.

– Bien, cela prendra quelques petites minutes. Une fois que ça sera terminé, nous devrons vous retransfuser du sang car vous en aurez tout de même donné une quantité non négligeable.

– Très bien, je réponds.

J’attrape la main droite de Kay et la sert fort, tandis que je sens mon propre sang rejoindre ses veines. Cela m’apaise de lui transmettre mon énergie et ma force vitale. J’observe avec attention son visage endormi. J’ai comme l’impression de déjà le voir reprendre quelques couleurs, ce qui me rend heureux.

– Kay, reste avec moi, je susurre. Fini de fuir. Fini les mensonges. C’est toi que j’aime. Maintenant j’en suis sûr, plus que jamais.

Je ferme les yeux et m’imagine le serrer fort. Après quelques minutes, l’infirmière revient dans la pièce.

– Je pense que ça ira m’annonce-t-elle.

Elle se dirige vers les ordinateurs de contrôle et analyse les données.

– On dirait que ses fonctions vitales sont de nouveaux stables, son cœur bat moins vite. Il va avoir besoin de beaucoup de repos maintenant. Il faut le laisser dormir.

On me défait la sonde de transfusion.

– Vous pouvez me suivre, annonce l’infirmière après m’avoir appliqué un petit pansement.

J’attends qu’elle ait quitté la salle, et avant de la rejoindre, je m’approche de Kay, ôte son masque même si cela est sans doute interdit, et l’embrasse délicatement sur la bouche. Ses lèvres sont toujours aussi douces et des souvenirs intenses me reviennent tels des flashes à leur contact.

– À très vite, mon amour.

Je me surprends à sortir cette phrase que je n’aurais jamais pensé dire un jour, même à Bettina. L’amour prend un tout autre sens pour moi désormais. J’en ai découvert le secret, l’essence même. Je remets son masque à Kay, l’observe une dernière fois, puis rejoints l’infirmière. On m’effectue une transfusion pour combler le sang que j’ai donné à Kay.

Kuba m’attendait dans le couloir. Je suis surpris de le trouver encore là.

– Kuba, je … je voulais te dire merci pour tout. Si nos chemins ne s’étaient pas croisés ce soir, je ne sais pas comment j’aurais fait. J’aurais peut-être laissé Kay à son propre sort. Rien que d’y penser, ça me dégoûte.

– Pas de soucis mon ami. Les infirmiers m’ont dit que l’état de Kay était beaucoup plus stable. Il va s’en sortir. Viens, je vais te ramener, tu pourras revenir le voir demain matin.

– Ok. Avant ça, j’aimerais qu’on laisse un mot de ma part à Kay. Car je dois repartir chez moi demain, malheureusement.

Je griffonne quelques mots sur un bout de papier rapidement : « Kay, je suis désolé d’avoir mis tout ce temps à revenir vers toi. Je t’ai abandonné comme un lâche. Je ne sais pas si tu te souviendras de nos retrouvailles en te réveillant, mais sache que si c’est le cas, tu n’as pas rêvé. J’étais bien là, à tes côtés. Je serai de retour à Düsseldorf la semaine prochaine, Samedi matin, à la gare. Je dois rentrer chez moi par obligation. Voici mon numéro si tu veux me contacter en attendant. Tu m’y attendras si tu le souhaites. En tout cas, moi j’y serai. Je t’aime. Marc. »

J’adresse mon mot à l’infirmière qui s’est occupée de moi, et lui demande de me promettre de le remettre à Kay à son réveil. J’aimerais tellement rester jusqu’à son réveil. Seulement je dois être de retour demain à la caserne. Ma petite période de repos prend fin et mon fils m’attend.

Kuba me ramène à ma voiture dans le centre-ville de Düsseldorf. Avant de le quitter, je le remercie de nouveau pour son aide précieuse et prend son numéro pour garder contact avec lui. Je retourne à l’hôtel mais décide de ne pas me rendormir. De toute manière je sais très bien que je ne retrouverai pas le sommeil. Je range mes affaires, paye ma chambre et repart aussitôt à la maison. Quand je traverse le pont qui surplombe le Rhin et que je quitte Düsseldorf, je regarde une dernière fois en direction de la ville illuminée, de l’hôpital, de Kay.

Puis j’attrape la photo de nous deux que j’ai retrouvée dans son appartement précédent et la contemple en conduisant.

– Kay, si tu as vraiment envie de me donner une seconde chance malgré le mal que j’ai fait, alors j’espère tu seras là Samedi prochain.

Musique du Chapitre

Free Fall : Renaissance – Chapter 6 (English Version)

Chapter 6

Here finally comes Chapter 6 of Free Fall : Renaissance ! I hope you will appreciate it because I know you were quite a lot to wait for it given to the numerous positive comments I got 🙂 I would like to thank you all once again for your great support. Yesterday, my website reached a record number of 203 daily visits, this is amazing ! Don’t forget to let me a little comment to give me your opinion ^^ Good reading, and see you soon for Chapter 7 !

Sad-Man-With-Umbrella-Walking-In-A-Lonely-Street-Digital-Art-Artwork

I drive straight to Düsseldorf. The journey takes me a few hours. When I finally arrive, it is very late in the night and I’m exhausted. By doing a quick search on my phone, I find a cheap hotel located at the border of the city. I decide to book a room there in order to rest myself and start my researches tomorrow.

I’m so excited at the thought of finding Kay back that I’m hardly able to sleep. When I wake up it is 9am. I take a quick shower, then have breakfast in the hotel restaurant. After having eaten, I go to the reception to book an additional night.

I take the car and drive to the Düsseldorf town centre. It is about 10.30am when I get out of my Golf. I have absolutely no idea where to begin. I have no phone number. No address. No contact. Kay could very well be everywhere and nowhere at the same time. It’s like looking for a needle in a haystack !

However, there has to be somewhere to begin with. So I decide to walk aimlessly in the streets of the centre. At least to discover a little bit the surroundings, as I’ve never been in this city before. I meander like this for three hours. Feeling the hunger coming up in me, I buy a sandwich that I devour quickly. I am unable to stand still. I’m so on edge to be so close to Kay but to have no idea where he is exactly.

After my lunch break, I head myself to the banks of the Rhine where I walk along, thoughtful. Who knows, maybe Kay is also walking alone in the city. Maybe we are both wandering, like two solitary and lost souls. No, he surely has found a new job.

I’m suddenly extracted from my thoughts when I catch sight in the distance along the promenade of a man from behind with short blond hair, with both the frail but athletic stature of Kay.

– Hey ! I shout in his direction.

There are so many hubbubs that the person doesn’t hear me. I start to run in his direction. But the crowd is so big that when I arrive at the place I thought I noticed Kay, I don’t see him anywhere. People turn back when I pass on and look at me with strange faces.

– Pfff, I must have illusions. This entire story is going to my head, I think in a whisper.

I sit down on a bench and decide to make a quick call to Lena to have news from Max.

– Everything is going on fine, she reassures me. Max is in the best of health. What about you ? Do your researches bear fruit ? Still no trace of Kay ?

– No, not really. But I’m getting closer to my goal. Someone told me he was in Düsseldorf.

– What ?! Düsseldorf ? You’ve gone that far ? That’s a bit of a trek, says Lena, surprised.

We continue to discuss during a few minutes then hang up. I continue my stroll, but, as I’m at the end of my tether, I find it preferable to go back to the hotel. I stay a couple hours in my room looking at the TV and dozing.

Suddenly, an idea crosses my mind. I remember that Kay loves nightclubs, and there must be a lot of them in the town centre. This thought gives me a renewal of energy. I quickly change my clothes and dash directly to my Golf in order to join to centre of Düsseldorf. It is almost 11pm.

After having walked a few minutes, I find what seems to be a hip place. I get inside and order a glass of alcohol to relax. I can’t help myself to examine every entry and every departure hoping to see Kay. I stay two hours before taking the initiative to change to another place. I’m wasting my time, there must be dozens of night clubs in a big city like Düsseldorf.

I walk along several streets before going up in a large artery called Bahnstrasse. The street is quite lively. At one point, I come face to face with what seems to be a gay club, named 2Box. I enter it by any chance and sit down on a small sofa. A few minutes later, a waiter comes to take my order. I choose a double whisky.

While drinking my glass, I observe with curiosity the numerous persons passionately swaying their hips on the dance floor to a background of electro music. It reminds me the terrible weeks I lived after Kay’s disappearance and my break-up with Bettina. I had become used to this kind of place because of my nervous depression. It was the only way I found to escape from reality. I came back every time dead drunk. I almost got fired from the police team because of my constant lateness and my bad performances. Luckily, from one day to the next, I decided to never set foot again in this kind of clubs and I rather started to run again in the forest to evacuate my anxiety.

I look at my watch : it is almost 2am. I feel like my face is burning and decide to refresh myself in the toilets. When I enter the room, I don’t notice anyone. I head for the washbasin, run the water then rinse thoroughly my face. It makes me feel way better. When I lift my head, I discover in the mirror that I’m not alone.

In the extension of the toilets where the WC cubicles are located, I see the legs of someone lying on the floor, as unconscious. The rest of his body is hidden behind the wall, which extends the toilets perpendicularly. As I do not see very well what is happening, I turn back and decide to get closer, surprised. I discover another old man with a paunchy belly kneeling over the torso of the person on the floor. Most likely two drunk guys giving themselves over to a suspicious hobby. But the man on the ground doesn’t move at all and seems really unconscious. The old one is fondling the other guy unbeknown to him. It worries me even if I know I should not interfere. Certainly my cop instinct.

When I get a little bit closer to see the person on the floor, I discern a washed-out jean, a beautiful white and soft skin, a black t-shirt. An angelic face, magnificent blue eyes and golden blond hair. Kay is just in front of me. He is the one lying on the ground.

The old man lifts up his head in my direction and looks at me with a sadistic air :

– So, what the hell are you doing, are you gonna stay there ogling or will you enjoy with me ?

At first, I don’t reply nor I move, totally shocked. Then, like a thunderbolt which doesn’t warn, I feel an irrepressible furiousness rise in me.

– You disgusting faded pig ! I grumble.

The man stares at me, surprised. I rush at him. I feel madness invading me. I grab him by the scruff of the neck violently, administer him a punch in the face then throw him away.

– Clear off right now before I crush your head beneath my feet ! I scream.

The deviant leaves the toilets in all haste, afraid.

– Kay ! I scream with all my strength while flinging myself at him. I lift up his back.

I stick my face to his. I feel tears flood my face and I see them reach Kay’s cheeks. I can’t believe Kay, my Kay, is here with me. We are finally reunited after all these months. What an incredible coincidence ! How many chances did I have to find him now ? For the first time, I feel like destiny is giving me a little help. But I would have preferred to find Kay in a better state even though.

– Kay do you hear me ? Wake up !

I try to shake him softly, in vain. I pull up his pants, which had been untied by the old pervert. Then while frisking quickly Kay, I discover in the palm of his left hand a sachet filled with pills. I also find LSD in one of his pockets. He took drugs. And he lost consciousness. Or worst. I thought he was only drunk. I feel panic swell in me. I check his pulse. He still breathes. Swamped by fear, I don’t see other solution than calling Emergencies with my cell phone. Someone answers and after having asked me the address and little details, I am told that an ambulance will arrive as soon as possible. But I have already stopped listening.

All my attention is now focused on Kay. His face once radiant and smiley is lifeless and it worries me. I hold him very tight in my arms. I try to warm up his cold body. We stay there on the floor for what seems like an eternity. I didn’t even take the time to warn someone in the club. All that matters to me is to create a protective envelope around Kay with my body. I don’t want to let him go away. Not anymore. At a moment on, I see Kay opening slightly his eyes. I suddenly feel his hand grasping mine strongly, and my pulse accelerates.

– Kay ? Kay ? It’s me Marc ! Don’t worry, I’m here ! You have nothing to fear ! I am back ! I say to him while fixing his woozy eyes. It seems to me I glimpse a little smile on his lips but I’m not sure of it.

Kay loses consciousness right away again. I fear the worst. Luckily, a few seconds later, two people who must be the owners of the club penetrate in the toilets in all haste, accompanied by emergency doctors.

– Why the hell did you not warn us ?! yells at me one of the bosses.

I don’t know what to answer. Then, everything happens so quickly that I don’t understand anything. My heart beats wildly. Kay gets snatched from me. He is extracted from the toilets. I try to lift up and follow the cortege to the outside of the club.

– What happened ? I’m asked briefly.

– I don’t know, I found him unconscious on the floor. I … I think he took a large dose of drugs, I explain while trembling.

Two doctors place Kay on a stretcher and put an oxygen mask on his face. A first-aid worker shouts at me and asks me additional questions about Kay, like his first and last name. While I’m occupied with the worker, I barely have the time to turn back to see Kay being shoved in the ambulance truck.

– Can I come with you ? I beg at the first-aid worker.

– Are you family related to this person ?

– No.

– I’m sorry, you can’t follow us then. We have to go right now, he will surely need a gastric lavage. Hoping that he survives, of course.

I feel like receiving a hammer blow on the head. I stay unmoving. In less than fifteen seconds, the ambulance has started and disappears in the darkness. I collapse on the ground. I shout in rage. The echo of my voice reverberates through the whole street. Several persons look at me but I don’t pay attention to them. I didn’t even think of asking where Kay was about to be brought. And no one took my phone number.

Barely do I find Kay back that he is taken from me straight away. Why is fate so cruel ?

Chapter’s Song


I chose this song from Mylène Farmer (probably the most famous female singer in France) in duo with Jean-Louis Murat for its extraordinary and spellbinding beauty. The story of two separated souls, one « alive », the other « dead », and which as a consequence cannot really meet up. This is also likely the same case for Marc and Kay for whom destiny don’t do any favor. But one must always keep hope alive and believe in his lucky star, otherwise no chance is given to tomorrow.

Free Fall : Renaissance – Chapitre 6 (Version Française)

Chapitre 6

Voici enfin venu le Chapitre 6 de Free Fall : Renaissance ! J’espère que vous l’apprécierez car je sais que vous étiez beaucoup à l’attendre au vu des très nombreux commentaires positifs que j’ai eus 🙂 J’aimerais à nouveau vous remercier pour votre soutien sans faille. Hier, mon site a atteint un record avec 203 visites journalière, c’est vraiment incroyable ! Bonne lecture, et à bientôt pour le Chapitre 7 !

Sad-Man-With-Umbrella-Walking-In-A-Lonely-Street-Digital-Art-Artwork

Je pars aussitôt pour Düsseldorf. Le trajet me prend quelques heures. Lorsque j’y arrive enfin, il est très tard dans la nuit et je suis exténué. En faisant une rapide recherche sur mon téléphone je trouve un hôtel pas très cher situé en périphérie de la ville. Je décide d’y passer le reste de la nuit afin de me reposer et démarrer mes recherches demain.

Je suis tellement excité à l’idée de retrouver Kay que je ne dors que d’un œil. Quand je me lève il est 9h. Je me douche rapidement puis je vais prendre un petit déjeuner au restaurant de l’hôtel. Après avoir mangé, je vais à l’accueil afin de bloquer une nuit supplémentaire.

Je reprends la voiture et décide de me rendre dans le centre de Düsseldorf. Il est environ 10h30 lorsque je sors de ma Golf. Je ne sais absolument pas par où commencer. Je n’ai aucun numéro. Aucune adresse. Aucun contact. Kay pourrait très bien être partout et nul part à la fois. Autant chercher une aiguille dans une botte de foin !

Néanmoins, il faut bien commencer quelque part. Je décide donc de marcher un peu au hasard dans les rues du centre. Au moins pour repérer un peu les lieux, puisque je ne suis jamais venu dans cette ville auparavant. Je déambule ainsi pendant trois heures. Sentant la faim monter en moi, j’achète un sandwich que je dévore rapidement. Je ne tiens pas en place. Je suis tellement énervé d’être si proche de Kay mais de n’avoir aucune idée d’où il se trouve exactement.

Après ma pause déjeuner, je me dirige vers les bords du Rhin que je longe, pensif. Si ça tombe, peut-être que Kay lui aussi marche seul dans la ville. Peut-être que nous errons tous les deux, telles deux âmes solitaires et perdues. Non, il doit sûrement avoir trouvé un nouveau job.

Je suis soudain extirpé de mes pensées quand j’aperçois au loin le long de la promenade un homme de dos aux cheveux cours blonds, avec la carrure à la fois frêle mais athlétique de Kay.

– Hey ! je crie dans sa direction.

Il y a tant de brouhaha que la personne ne m’entend pas. Je commence à courir dans sa direction, mais il y a tellement de monde que lorsque j’arrive à l’endroit où j’avais cru apercevoir Kay, je ne le vois plus nul part. Les gens se retournent sur mon passage et me regardent d’un air étrange.

– Pfff, je dois sûrement me faire des illusions. Toute cette histoire me monte à la tête, je pense tout bas.

Je m’assois sur un banc et décide de passer un rapide coup de fil à Lena afin de prendre des nouvelles de Max.

– Tout se passe bien, me rassure-t-elle. Max se porte à merveille. Et toi, que donnent tes recherches ? Toujours pas de trace de Kay ?

– Non, pas vraiment. Mais je me rapproche du but. J’ai réussi à savoir qu’il se trouvait à Düsseldorf.

– Quoi ?! Düsseldorf ? Tu es allé jusque là-bas ? Ça en fait une trotte, me lance Lena, surprise.

Nous continuons à discuter durant quelques minutes puis nous raccrochons. Je poursuis ma balade, mais, à bout de nerf, je trouve préférable de retourner à l’hôtel. Je reste quelques heures dans ma chambre à regarder la télé et à somnoler.

Soudain une idée me vient à l’esprit. Je me souviens que Kay adore les boîtes de nuit, et il doit sûrement y avoir quelques discothèques branchées dans le centre-ville. Cette pensée me donne un regain d’énergie. Je change rapidement mes habits puis file aussitôt jusqu’à ma Golf pour repartir vers le centre de Düsseldorf. Il est presque 23h. Après avoir marché quelques minutes, je trouve ce qui semble être un lieu branché. J’y entre et prend un verre d’alcool pour m’aider à relâcher la pression. Je ne peux m’empêcher de scruter attentivement chaque entrée et sortie dans l’espoir de voir Kay. Je reste deux heures supplémentaires avant de prendre l’initiative de changer d’endroit. C’est peine perdue, il doit y avoir des dizaines de boîtes de nuit et de clubs dans une ville de la taille de Düsseldorf.

Je longe plusieurs rues avant de remonter une grande artère du nom de Bahnstrasse. La rue est assez animée. À un moment donné, je tombe nez à nez avec ce qui semble être un club gay, du nom de 2Box. J’y entre à tout hasard et m’installe sur une banquette. Quelques minutes plus tard, un serveur vient prendre ma commande. J’opte pour un double whisky.

Tandis que je bois mon verre, j’observe avec curiosité les nombreuses personnes se déhanchant passionnément sur la piste sur fond de musique électro. Cela me rappelle les quelques semaines atroces que j’ai vécues après la disparation de Kay et ma rupture avec Bettina. J’étais devenu coutumier de ce genre d’endroit à cause de ma dépression nerveuse. C’était le seul moyen que j’avais trouvé pour échapper à la réalité. Je revenais chaque fois ivre mort. J’avais bien failli être viré de la caserne à cause de mes retards incessants et de mes mauvaises performances. Heureusement, du jour au lendemain j’ai décidé de ne plus remettre les pieds dans ce genre d’endroit et je me suis plutôt mis à recourir dans la forêt pour évacuer mes angoisses.

Je regarde ma montre : il est bientôt 2h. J’ai l’impression que mon visage est en feu et je décide d’aller me rafraîchir aux toilettes. Quand je rentre dans la pièce, je ne remarque personne au début. Je me dirige vers l’un des lavabos, fais couler de l’eau puis me rince abondamment le visage. Cela me fait un bien fou. En relevant ma tête, je constate dans le miroir que je ne suis pas seul. Dans le prolongement des toilettes où se situent les cabines, j’aperçois les jambes d’une personne allongée à terre, comme inconsciente. Le reste de son corps est caché derrière le mur qui prolonge les toilettes perpendiculairement. Ne voyant pas très bien ce qui se passe, je me retourne et décide de me rapprocher, surpris. Je découvre alors un autre homme assez âgé au ventre bedonnant agenouillé sur le torse de la personne au sol. Sûrement deux types soul qui s’adonnent à un loisir douteux. Mais l’homme à terre ne bouge pas du tout et semble bien inconscient. Le vieux est en train de le tripoter à son insu. Cela m’inquiète même si je sais que je ne devrais pas m’en mêler. Sûrement mon instinct de flic.

Quand je m’approche un peu plus pour observer la personne au sol, je discerne un jean délavé, une belle peau blanche et douce, un t-shirt noir. Un visage angélique, des yeux bleus magnifiques et des cheveux blonds dorés. J’en reste totalement blême. Incapable de bouger. Kay est juste devant moi. C’est lui qui est au sol.

L’homme lève la tête vers moi et me regarde d’un air sadique.

– Ben alors, qu’est-ce tu fous, tu vas rester là à mater ou tu en profites avec moi ?

Au début je ne réponds pas ni ne bouge, sous le choc. Puis, comme un coup de tonnerre qui ne prévient pas, je sens une rage irrépressible monter en moi.

– Espèce de vieux porc dégueulasse, dis-je en grognant.

L’homme me regarde d’un air surpris. Je fonce sur lui, je sens la folie m’envahir. Je l’attrape par le col avec violence, lui décoche un coup de poing et le balance sur le côté.

– Dégage de là tout de suite où je te défonce la tronche ! je hurle.

Le type part à toute vitesse des toilettes, apeuré.

– Kay, je crie de toute mes forces en me jetant à terre et en soulevant son dos.

Je colle mon visage au sien. Je sens des larmes inonder mon visage et je les vois rejoindre les joues de Kay. Je n’arrive pas à croire que Kay, mon Kay, est là avec moi. Nous sommes finalement réunis après tout ce temps. Quel hasard incroyable ! Combien de chance avais-je de le retrouver maintenant ? Pour la première fois, je sens que le destin me donne un coup de pouce. Mais j’aurais tout de même préféré retrouver Kay dans un meilleur état.

– Kay est-ce que tu m’entends ? Réveille-toi !

Je tente de le secouer doucement, en vain. Je remonte son pantalon qui avait été défait par le vieux pervers. Puis en fouillant rapidement Kay, je découvre dans la paume de sa main gauche un sachet de pilules. Je retrouve également du LSD dans l’une de ses poches. Il s’est drogué. Et il a perdu connaissance. Ou pire. Je pensais qu’il était seulement alcoolisé. Je sens la panique enfler en moi. Je vérifie son pouls. Il respire encore. Submergé par l’angoisse, je ne vois plus d’autres solutions que d’appeler les urgences depuis mon téléphone portable. Une personne décroche et après m’avoir demandé l’adresse, on me prévient aussitôt qu’une ambulance arrive au plus vite, mais je n’écoute déjà plus.

Toute mon attention est désormais focalisée sur Kay. Son visage jadis radieux et souriant est inanimé et cela m’inquiète. Je le sers très fort contre moi. Je tente de réchauffer son corps refroidi. Nous restons là par terre durant ce qui me semble être une éternité. Je n’ai même pas pris le temps de prévenir quelqu’un dans le club. Tout ce qui compte pour moi c’est de créer une enveloppe protectrice autour de Kay avec mon corps. Je ne veux plus le laisser partir. Plus jamais. À un moment donné, je vois Kay ouvrir très légèrement les yeux. Je sens soudain sa main serrer fort la mienne et mon pouls s’accélère.

– Kay ? Kay ? C’est moi Marc ! Ne t’inquiète pas je suis là ! Tu n’as plus rien à craindre ! Je suis revenu ! lui dis-je en fixant ses yeux vaseux. Il me semble apercevoir un léger sourire sur ses lèvres mais je n’en suis pas certain.

Kay reperd connaissance aussitôt. Je crains le pire. Heureusement, quelques secondes plus tard, deux personnes qui doivent vraisemblablement être les patrons du club pénètrent dans les toilettes en tout hâte, accompagnées d’urgentistes.

– Mais pourquoi vous n’êtes pas venu nous prévenir ?! me hurle un des patrons.

Je ne sais pas quoi répondre. Ensuite, tout se passe tellement vite que je n’y comprends plus rien. Mon cœur bat à cent à l’heure. On m’arrache Kay des bras. On l’extirpe des toilettes. J’essaye de me relever et de suivre le cortège jusqu’à l’extérieur du club.

– Que s’est-il passé ? me demande-t-on brièvement.

– Je ne sais pas, je l’ai trouvé inconscient sur le sol. Je … je crois qu’il a pris une forte dose de drogue, j’explique en tremblotant.

Deux personnes posent Kay sur un brancard et lui mettent un masque à oxygène sur la bouche. Un secouriste m’apostrophe et me pose plusieurs questions complémentaires au sujet de Kay, comme son nom et son prénom. Alors que j’ai le dos tourné, j’ai tout juste le temps de me retourner pour voir Kay être fourré sans ménagement dans un camion d’ambulance.

– Je peux vous accompagner ? je supplie l’un des secouristes.

– Avez-vous un lien de parenté avec cette personne ?

– Non.

– Désolé, vous ne pouvez pas nous suivre dans ce cas. Nous devons partir au plus vite, il va sûrement avoir besoin d’un lavage d’estomac. En espérant qu’il tienne le coup bien sûr.

J’ai l’impression de recevoir un coup de marteau sur la tête. Je reste immobile. En à peine une quinzaine de secondes, l’ambulance a démarré et disparaît dans les ténèbres. Je m’écroule sur le sol. Je hurle de rage. L’écho de ma voix résonne dans toute la rue. Plusieurs personnes me regardent mais je n’y prête aucune attention. Je n’ai même pas pensé à demander où Kay allait être emmené. Et personne n’a pris mon numéro de portable.

À peine ai-je retrouvé Kay qu’on me l’arrache aussitôt. Pourquoi le destin est-il si cruel ?

Musique du Chapitre


J’ai choisi cette musique de Mylène Farmer en duo avec Jean-Louis Murat pour son extraordinaire et envoûtante beauté. L’histoire de deux âmes séparées, l’une « vivante », l’autre « morte », et qui ne peuvent donc pas véritablement se rejoindre. C’est un peu aussi le cas pour Marc et Kay pour qui le destin ne fait pas de faveur. Mais il faut toujours garder espoir et croire en sa bonne étoile, sinon on ne donne aucune chance au lendemain.

Free Fall : Renaissance – Chapter 5 (English Version)

Hello ! Here is Chapter 5, well motivated to write it following your warm comments. Eh Eh I leave you languishing, when Marc will finally see Kay again ?? Or perhaps never ? Continue to read Free Fall : Renaissance to find out 😀

Chapitre 5

PhotoMarc

Contrary to what I had imagined, track down Kay, or at least his new living place, was not that complicated. A brief look in the police files to which I could have access thanks to an internal contact taught me Kay had asked for a transfer in a town located about 80 kilometres far from here.

It took me around two hours to reach that city. Once arrived near the obtained address, I park in the street. I hesitate during what appears to be long minutes before getting out of the car. This is completely crazy. What am I about to say to Kay ? How will he react when seeing me ? I tremble just by the thought of it. The last time I saw him, I clearly suggested him it was preferable to leave in order to avoid troubles and I had abandoned him. He will never be able to forgive me.

I reflect on this entire story. Actually, I have been a perfect egotistic from the beginning to the end with Kay. This is him who has always bent over backwards for me, to help me, for us to live our relationship secretly. And I have almost never expressed all the love I truly felt for him in return. He was entirely right when he said me “With you Marc, it’s always me, me, me”. I never thought about him, about his problems, about everything he could feel. By the way was he really in love with me ? Maybe our relation was just physical. At least, I will know for sure when I will see him. As for me, I know I have deep feelings towards him, otherwise I would not come up to here.

When I finally decide to get out of my Golf, I join the building where Kay is domiciled. It is the beginning of the evening, and I dare hope he is home right now. When I arrive in front of the block, I realize an entry code is necessary to get in, and there is no intercom.

– Scheisse.

I’m blocked outside. This only thing I can do is go back to my car and hope having the chance to see Kay get in or get out. Just when I am about to leave, an old woman waves at me and come open the door.

– You come to see somebody ? she asks me.

– Hello. Yes, I come to visit Kay. Kay Engel.

– Come in young man, I’m the janitor.

I penetrate in the entrance hall of the building.

– Are you sure you are at the right place ? Kay has vacated the premises not so long ago, she says to me while turning over.

I am surprised and terribly disappointed at the same time by this announcement.

– How long ?

– Nearly two weeks now. He has departed so quickly, in all haste. So well that he has left a mount of stuff, and the landlord pesters me for his apartment to be cleared. There are a lot of personal objects, I don’t know where to start.

– Would you mind showing me his apartment ?

– No, no problem. Follow me.

We take the stairs to go to the second floor. The old woman opens the door of the apartment.

– Have you forgotten something at his place ?

– Uh, yes, I lie, destabilized by her question. He had borrowed me a document I need urgently.

– Very well, I let you. I will verify that the cleaning agent has washed the bathroom and that it is in order for the first visits meanwhile.

While the janitor is leaving, I go in Kay’s bedroom. Everything is tidy and the bed is made. I can’t help myself sitting on it and breathe the sheets while sweeping my hand on them. I have the impression of smelling the sweet scent of Kay.

My gaze turns upon the bedside table. I open its drawer and find with surprise a damaged photo inside. I grab it and discover with emotion a shot of Kay and I we took during a jogging session we made in the forest. We are smiling and we look happy. I had completely forgotten that picture. I had let it to him because I didn’t want to take the risk that Bettina finds it, even if it would have change nothing in the end.

Emotion rises in me at the sight of this beautiful image, so well that tears start to fill my eyes.

I get up and join an adjacent room filled with darkness. When I open the light, I discover with surprise a place full of paintings and sketches left as they are.

– Young man, your friend has left many drawings and paintings, as you can see, tells me the janitor while arriving at the bedroom doorstep. Isn’t it what you’re looking after ?

Surprised in my loneliness, I discreetly dry my tears and turn toward her.

– What are you talking about ? Uh no, the canvases don’t matter.

She joins me and enters the room.

– Have you found what you were looking after then ?

– No, I say while hiding the photo in one of my back pockets.

– So this is maybe in this room after all. Cast a glance there.

– Kay has created all of this ? I say with astonishment.

– Indeed.

I never knew Kay was drawing and painting. He never talked to me about it and I never saw any painting in his last apartment where we used to see each other. I’m struck when looking more precisely at his drafts to realize they all represent a masculine figure.

– I’ve discussed a little bit with Kay, he confided in me sometimes. He was a solitary person, with a hidden nature, explains to me the old woman. From what he has told me, all these paintings represent a boy he used to know, a certain Marc.

I feel a thrill travel across my back but let nothing of it appear. I then approach myself from other canvases and observe closer the drawings. There is no doubt we can recognize some of my physical features on them.

– What looks strange, is that Marc seems so sad on these canvases. Like jaded, bitter, she says to me.

– Or heartbroken, I mumble.

– Kay never said to me who this Marc was.

– Maybe he was just his model ? I throw to cover myself in case the old woman would recognize me from the drafts; I prefer to stay discreet as much as possible.

The janitor gets closer to me and points a finger upon several sketches.

– It may have started that way, but it became more. Look at the way he … captured Marc. The curve of his back. The softness of his skin. Kay was under the spell of Marc, spending every waking moment painting him. He was in every brush stroke. I know it doesn’t concern me, but Kay loved this man, it’s obvious.

– But they were not together, I say trying to put up a smokescreen. Kay never talked to me about a Marc.

– Frankly, I find that hard to believe. I don’t know, maybe Kay wanted all this to remain secret. Maybe they broke up. Painting was probably the only way Kay had to be able to live this romance.

– But if they loved each other so much, I asked, why would Marc push him away ?

– Maybe there was someone else, someone that don’t wanted them to be together. Or Marc didn’t feel worthy of Kay, he doubted the way he felt about him. Or all of this together.

I remain silent a few moments. Until I notice the gaze of the janitor looking hard at me.

– You’re Marc, isn’t it ? she questions me.

I gave myself away.

– Yes … I admit in a whisper.

– I figured it out the moment I saw you arrive. I was telling myself that your face was familiar to me. I had already seen it on those sketches several times.

I don’t know what to answer her.

– It is not for something that you came back. It’s for Kay.

– And he is gone now, I finally answer her, bitter.

A few tears flood my face.

– I love him so much. I would give anything to find him again, I say while touching smoothly one of the sketches, which represents me in Kay’s arms, as if nothing could separate us, as if we were together for eternity, frozen into that pleasant position.

– I can perhaps help you. The only thing I know is that before leaving, Kay told me he was heading to Düsseldorf, to flee as far as possible. To start over.

– Did he give any address ? I ask feeling an insane hope invade me.

– No. As I told you, he left so quickly.

I stay a few more minutes inside the apartment. I take care of getting back some drawings as a souvenir, in case I would never see Kay again. I dry my tears and after having warmly thanked the old woman, I leave the building.

In the street, I take back out the photo where I am with Kay. Why do you escape me when I finally decide to repair my mistake ?

I hold on to my deep desire to see Kay again. As long as I won’t have found him, I won’t surrender. I get back inside my car and turn on my GPS.

Direction Düsseldorf.

Chapter’s Song

Free Fall : Renaissance – Chapitre 5 (Version Française)

Salut ! Voici le Chapitre 5, bien motivé pour l’écrire suite à vos commentaires chaleureux. Hé hé je vous fais languir, mais quand Marc va-t-il enfin revoir Kay ?? Ou peut-être jamais ? Continuez à lire Free Fall : Renaissance pour le savoir 😀

Chapitre 5

PhotoMarc

Contrairement à ce que j’avais imaginé, retrouver la trace de Kay, ou du moins son nouveau lieu de vie, n’avait pas été si compliqué. Un rapide coup d’œil dans les fichiers de la police auxquels j’avais pu avoir accès grâce à un contact interne m’avait appris que Kay avait demandé un transfert dans une ville située à environ 80 kilomètres.

Il me fallut environ deux heures pour la rejoindre. Une fois arrivé non loin de l’adresse obtenue, je me gare dans la rue. J’hésite de très longues minutes avant de sortir. C’est complètement fou. Que vais-je dire à Kay ? Comment va-t-il réagir en me voyant ? J’en tremble rien que d’y penser. La dernière fois que je l’ai vu, je lui ai clairement laissé entendre qu’il était préférable de partir afin d’éviter les ennuis et je l’avais laissé tomber. Jamais il ne pourra me pardonner.

Je réfléchis à toute cette histoire. En réalité, j’ai été un parfait égoïste du début à la fin avec Kay. C’est lui qui s’est toujours plié en quatre pour moi, pour m’aider, pour qu’on vive notre relation secrètement. Et moi en retour je ne lui ai pratiquement jamais exprimé tout l’amour que je ressentais véritablement pour lui. Il avait entièrement raison quand il m’avait dit « Avec toi Marc, c’est toujours moi, moi, moi ». Je n’ai jamais pensé à lui, à ses problèmes, à tout ce qu’il a pu ressentir. D’ailleurs était-il vraiment amoureux de moi ? Peut-être que notre relation était juste physique. Au moins, j’en aurais le cœur net en le voyant. Mais de mon côté je sais que j’ai de forts sentiments pour lui, sinon je ne viendrais pas jusqu’ici.

Lorsque je me décide enfin à sortir de ma Golf, je rejoins l’immeuble où est domicilié Kay. C’est le début de soirée, et j’ose espérer qu’il est chez lui en ce moment. En arrivant devant le bâtiment, je me rends compte qu’il faut un digicode pour rentrer à l’intérieur, et il n’y a pas d’interphone …

– Scheisse.

Je suis bloqué dehors. Il ne me reste plus qu’à retourner dans la voiture en espérant avoir la chance de voir rentrer ou sortir Kay. Au moment où je m’apprête à repartir, une vieille dame me fait signe et vient m’ouvrir la porte.

– Vous venez voir quelqu’un ? me demande-t-elle.

– Bonjour. Oui, je viens voir Kay. Kay Engel.

– Entrez jeune homme, je suis la concierge.

Je pénètre dans le vestibule de l’immeuble.

– Êtes-vous sûr que vous êtes au bon endroit ? Kay a quitté les lieux il y a peu de temps, me dit-elle en se retournant.

Je suis à la fois surpris et terriblement déçu de cette annonce.

– Combien de temps ?

– Environ deux semaines maintenant. Il est parti tellement rapidement, en toute hâte. Si bien qu’il a laissé tout un tas d’affaires, et le propriétaire me tanne pour que son appartement soit débarrassé. Il a laissé beaucoup d’objets personnels, je ne sais pas comment je vais m’y prendre.

– Ça vous dérangerait de me montrer son appartement ?

– Non, pas de problèmes. Suivez-moi.

Nous prenons les escaliers pour arriver au deuxième étage. La vieille dame ouvre la porte de l’appartement.

– Vous avez oublié quelque chose chez lui ?

– Euh, oui, mentis-je, déstabilisé par sa question. Il m’avait emprunté un document dont j’ai besoin en urgence.

– Hé bien, je vous laisse, je vais vérifier que la salle de bain a bien été nettoyée par la femme de ménage et qu’elle est propre pour les premières visites pendant ce temps.

Tandis que la concierge est partie, je me rends dans la chambre de Kay. Tout est ordonné et le lit est fait. Je ne peux m’empêcher de m’asseoir dessus et de respirer les draps tout en passant ma main dessus. J’ai l’impression de sentir la douce odeur de Kay.

Mon regard se porte sur la table de chevet. J’en ouvre le tiroir et y trouve avec surprise une photo abîmée dedans. Je l’attrape et découvre avec émotion un cliché de Kay et moi que nous avions pris lors d’une séance de jogging dans la forêt. Nous sourions et avons l’air heureux. J’avais complètement oublié cette photo. Je lui avais laissée car je ne voulais pas prendre le risque que Bettina la découvre, même si cela n’aurait au final rien changé.

L’émotion monte en moi à la vue de cette belle image, si bien que j’en ai les larmes aux yeux.

Je me lève et rejoins une pièce attenante à la chambre emplie de ténèbres. Quand j’allume la lumière, je découvre avec surprise un endroit rempli de tableaux et de croquis laissés tels quel.

– Jeune homme, votre ami a laissé plusieurs dessins et peintures, comme vous pouvez le voir, me dit la concierge en arrivant sur le pas de la porte de chambre. Ce n’est pas ce que vous cherchez par hasard ?

Surpris dans ma solitude, je sèche discrètement mes larmes et me retourne vers elle.

– De quoi vous parlez ? Euh non, les toiles n’ont aucune importance.

Elle me rejoint et entre dans la pièce.

– Vous avez trouvé ce que vous cherchiez dans ce cas ?

– Non, dis-je en cachant la photo dans une de mes poches arrière.

– Alors c’est peut-être dans cette pièce. Jetez-y quand même un œil.

– C’est Kay qui a créé tout ça ? fais-je avec étonnement.

– En effet.

Je n’avais jamais su que Kay dessinait et peignait. Il ne m’en avait jamais parlé et je n’ai vu aucun tableau dans son précédent appartement où nous avions l’habitude de nous voir. Je suis frappé lorsqu’en regardant plus précisément des esquisses, je m’aperçois qu’elles représentent toutes une figure masculine.

– J’ai un peu discuté avec Kay, il se confiait de temps en temps à moi. C’était quelqu’un de solitaire, avec une nature cachée, m’explique la concierge. D’après ce qu’il m’a expliqué, tous ces tableaux représentent un garçon qu’il a connu, un certain Marc.

Je sens un frisson parcourir mon corps mais n’en laisse rien paraître. Je m’approche alors d’autres toiles et observe de plus près les dessins. Il ne fait plus de doute qu’on reconnaît certains de mes traits dessus.

– Ce qui est étrange, c’est que ce Marc semble si triste sur ces toiles. Comme désabusé, amer, me dit-elle.

– Ou il a le cœur brisé, bafouillé-je.

– Kay ne m’a jamais dit qui était ce Marc.

– Peut-être que c’était juste son modèle ? lancé-je pour me couvrir au cas où la concierge me reconnaitrait à partir des ébauches, je préfère rester discret autant que possible.

La concierge s’approche de moi et me montre du doigt plusieurs croquis.

– Ça a peut-être commencé comme ça, mais ça a pris une autre dimension, m’explique-t-elle. Il suffit de voir comment il a représenté ce Marc. La courbe de son dos. La douceur de sa peau. Il était sous son charme, passait tout son temps à le peindre. Il inspirait chaque coup de pinceau. Je sais que je n’ai pas à me mêler de tout ça, mais j’ai l’impression que Kay était amoureux de ce Marc.

– Mais ils n’étaient pas ensemble, dis-je pour tenter d’effacer les pistes. Kay ne m’a jamais parlé d’un Marc.

– Très franchement, j’ai du mal à y croire. Je ne sais pas, peut-être que Kay voulait que tout ça reste secret. Peut-être qu’ils se sont séparés. La peinture était sans doute le seul moyen qu’avait Kay pour pouvoir vivre cette histoire.

– Mais s’ils s’aimaient comme des dingues, demandé-je, pourquoi Marc l’aurait repoussé alors ?

– Peut-être qu’il y avait une tierce personne ou des gens qui ont empêché que ces deux là soient ensemble. Ou bien Marc pensait ne pas être digne de Kay. Ou les deux.

Je reste muet quelques instants. Jusqu’à ce que je remarque le regard de la concierge qui me dévisage.

– Vous êtes Marc, n’est-ce pas ? me demande-t-elle.

Je me suis trahi moi-même.

– Oui … j’avoue dans un murmure.

– Je l’ai deviné dès que je vous ai vu arriver. Je me disais bien que votre visage me rappelait quelqu’un. Je l’avais vu sur ces croquis à plusieurs reprises.

Je ne sais pas quoi lui répondre.

– Ce n’est pas quelque chose que vous êtes revenu chercher. C’est Kay.

– Et il n’est plus là désormais, je lui réponds, déçu.

Quelques larmes inondent mon visage.

– Je l’aime tellement. Je donnerais n’importe quoi pour le retrouver, dis-je en effleurant un des croquis me représentant dans les bras de Kay, comme si rien ne pouvait nous séparer, comme si nous étions ensemble pour l’éternité, figés dans cette agréable position.

– Je peux peut-être vous aider. Tout ce que je sais, c’est qu’avant de partir, Kay m’a dit qu’il s’en allait pour Düsseldorf, pour fuir le plus loin possible. Pour recommencer à zéro.

– Il ne vous a donné aucune adresse ? je demande en sentant un fol espoir m’envahir.

– Non. Comme je vous l’ai dit, il est parti si vite.

Je reste encore quelques minutes dans l’appartement. Je prends soin de récupérer quelques croquis en souvenir, au cas où je ne reverrais jamais Kay. Je sèche mes larmes et après avoir remercié chaudement la concierge, je quitte l’immeuble.

Dans la rue, je ressors la photo où je suis avec Kay. Pourquoi m’échappes-tu alors que je décide enfin de réparer mon erreur ?

Je m’accroche à mon désir sans faille de revoir Kay. Tant que je ne l’aurais pas retrouvé, je ne baisserai pas les bras. Je rentre dans ma voiture et mets en route mon GPS.

Direction Düsseldorf.

Musique du Chapitre

Free Fall : Renaissance – Chapter 4 (English Version)

Dear friends, the English translation for the Chapter 4 of Free Fall : Renaissance, my sequel to the German movie Free Fall / Freier Fall, is finally here ! I apologize for the lateness, I know a lot of you have been waiting for it !! But it’s available now =D Don’t hesitate to write a comment to give your thoughts about this chapter and your expectations for what’s coming next 🙂 (or if I made a weird translation, nobody’s perfect xD).

Chapter 4

IMG_3023

It has now been a little week since Max is by my side. Colleagues have been very surprised. I had to adapt to this new rhythm of life. I am so absorbed by Max that I forget Kay little by little. His memory slowly crumbles inside of me as days go by. In a way, it relieves me, because it helps me let my fears behind me. Max is my new priority, and sadly I can’t continue to wallow in self-pity if I want to be fully present for him.

I was eligible for a few days of paternity leave as an exception, but this period ended the day before yesterday. Luckily, Matthias’ brother Lukas has proposed his help to keep Lukas yesterday and today. Even if he is quite free with his cashier job, Lukas works part-time and is not always available. So I will have to find a baby-sitter quickly.

As Bettina asked me, I didn’t try to contact her. And I didn’t have to. Yesterday evening, I received a surprise visit from her. Her first words were :

– I am sorry, Marc …

At this point, it is no more time to be sorry. We have discussed about this sudden reversal of situation. I told her I accepted the care of Max, despite everything it implied. That I was even ready to leave my job if necessary. She announced me she was going to South America for a month with her sister, because she needed to have a break after this whole story. I said nothing. Now that I have Max, I have my own problems to handle, and I don’t have time to take care of Bettina’s. If she wants to leave, so be it.

Today, after work, I discuss with Matthias in the locker room.

– I am in the shit, I admit to him.

– Why ?

– Your brother can’t help me forever to keep Max, and I don’t have a lot of solutions. I thought about taking a baby-sitter, during the time I will need to get a stable situation to handle all of this, but it’s not that simple. I really want to find a trustworthy person.

– I recognize it’s not easy to find the suitable person. You know what, I will ask Steffi if she knows someone.

– Thanks, that’s really kind.

When I get back to the apartment, Lukas is preparing the dinner for Max. I go take Max in my arms then join Lukas. He smiles to me.

– Lukas, thank you so much to have accepted helping me, I tell him.

– Oh, you’re welcome. I don’t do a lot, you know.

He takes a short pause and looks at me with his puny gaze.

– However, I am sorry but I won’t be able to make it tomorrow. My boss called me to do extra hours.

– Damn, it comes at the bad time, I say while I cradle Max. Your brother promised me to ask Steffi if she knows someone, I cross fingers so she can accomplish a miracle !

Lukas packs his stuff then grabs his bag.

– Here you go, everything is ready Marc, you just have to give Max his meal. He is really adorable and calm, it is a pleasure to keep him.

– Thank you.

– So, it’s time for me to go, see you !

– Wait, I hail at him before he leaves while replacing Max in his cradle.

I go grab an envelop in a drawer then give it to Lukas.

– There, this is for you.

– What is it ?

– Some money, to thank you for helping me.

– Marc, I … says Lukas before giving me back the envelop, embarrassed.

I say no with my head.

– Keep it for you ! Now go.

One hour after Lukas has left, I give Max his meal and drowse some moments on the couch. I try to find a solution for tomorrow. Either I pretend to be sick to keep Max, or I find someone. I am extracted from my thoughts when I feel my cell phone vibrating in my pocket. It’s Marc calling.

– Hello ?

– Marc, I found your solution !

This is Steffi’s voice.

– Hi Steffi.

– I’ve got a friend, Lena. She just finished her childcare studies. She seeks a job in a school, but she hasn’t found anything yet. So meanwhile, I was thinking she could serve your purpose. She is 25 and very nice, you’ll see.

I think about it for a few seconds.

– That’s ok. Contact her and ask her if she can begin tomorrow morning at 8am. Lukas will not be able to take care of my little guy. So I really need her if she is available.

– Count on me, I’ll let you know as soon as possible.

We hang up. I really hope this Lena will be what I need, otherwise I’m in the shit. If I’m not able to raise my child properly, social services could very well come across me and take Max away from me forever to replace him in a host family, and I really don’t want this to happen.

A few minutes later, I receive a text message from Steffi. She confirms me that all is ok and that Lena will be able to begin tomorrow morning. Phew ! I let out a sigh of relief. It is already late and I don’t have a minute to lose. Tomorrow, I start at 8.30am, and everything needs to be ready for this Lena to take charge of Max. I immediately begin to gather important stuff, to wash Max’s dirty clothes and to tidy up what’s lying around. Even if finally, I realize that Lukas has already done the most of it, so much that I don’t have a lot to do. Once all is over, I cradle Max who has already fallen asleep, and, exhausted after this hard day, I myself go to bed. Max is very calm during the night and I only have to wake up once.

Around 8am, while I’m drinking a tea and I’m eating a buttered toast with ham, someone knocks at the door. When I open, I discover a very beautiful young woman on the doormat. Her iris tinted with green and hazel perfectly fit with her long ginger hair. Small and discreet freckles strew her prominent cheekbones and her large forehead. Her lips are fleshly and luscious. She addresses me a smile and hold out her hand.

Karoline-Herfurth-hat-nicht-viel-Gespuer-fuer-Mode_ArtikelQuer

– Good morning, I’m Lena.

– I’m pleased to meet you. My name is Marc. Come in.

She penetrates in the corridor and we move to the small living room.

– Thank you so much for having accepted to help me, especially so quickly, and so early.

– You’re welcome, she says to me with a little sweet voice. This is normal. That’s a perfect timing because I was searching for a little job meanwhile, as I just finished my childcare studies.

– Yes, Steffi explained me that..

She addresses me a new smile to which I answer. Her aura does not leave me indifferent.

– Come, it’s time to meet Max and explain you where are the things you will need.

We discuss for fifteen minutes and look over everything she will need to take care of Max.

– So, I have to leave now, I announce her. Duty calls me!

– Good Luck, Marc. I’m sure everything’s will be ok with Max. Isn’t it, sweetheart ? she whispers while kissing Max that she’s holding in her arms.

When I come back in the evening, I briefly explain to Lena my actual situation, my story with Bettina, taking care of not revealing anything about Kay. I just tell her that the couple I formed with Bettina was doomed to fail and that we had preferred to split up. Lena shows herself to be very comprehensive, and it touches me.

Several exhausting days flow by, and I inwardly thank Steffi for finding Lena. Everything suits perfectly, and she relieves me from a considerable weight. On the evening, I’m able to spend some time with my son without having to preoccupy myself about the rest. Of course, it does create a hole in my budget. This is the reason why, every time I get the opportunity to take care of Max myself, I don’t ask Lena to come.

However, I’m starting to experience a strange feeling toward her. She is very attractive and irresistible. Her charm doesn’t leave me unmoved. Some sort of connection sets in between the both of us since a few days. So much it’s now been two days I invite her to stay for dinner.

We are precisely eating a potato salad, and she addresses me a conniving gaze.

– So, how’s been your day ? she asks me while eating a piece of potato.

– For once, it was less exhausting than usual. I’m really wondering how I would handle all of this if I had to take care of Max every day. Thanks again to you, Lena.

She throws an embarrassed smile at me. Suddenly, I feel her hand slide onto my thigh under the table. As I don’t know how to interpret this movement, I friendly touch her hand, even if her gesture wakes up desire in me. She seems confused and removes her hand.

Some days later, I start a leave period of five days, and Lukas has asked to keep Max today, which I accepted. I took advantage of this opportunity to invite Lena to go outside for a walk, as the sun is shining. After a wander in the shopping center of the city, we go to a nearby park. The atmosphere is calm.

– Thanks for offering me to go outside, but you know, I could have kept Max, says Lena.

– It’s a pleasure for me to spend time with you, I admit timidly.

– Me too, she whispers to me.

Suddenly, I feel her fingers gently touch mine, and we start walking hand in hand. At the beginning, it makes me feel a little bit ill at ease, but I let nothing appear about it. Something restrains me, disturbs me, even if I’m happy to spend some time with such a kind and attractive person.

At a moment on, we stop to sit down on a bench with a view on the lake of the park, and Lena fixes her gaze on me. Her face comes slowly closer to mine, until I feel her lips touch mine. We start to kiss tenderly, and I answer her call. I close my eyes to savour this moment.

Then abruptly, an image of Kay crosses my mind. I immediately detach myself from Lena, and a feeling of anxiety and regret insinuates into me, stabs me.

– I’m sorry … This is not possible. I … I love someone else.

I remain speechless. It got out all alone. I put my hand on my mouth, half chocked. I just said I loved him. That I still loved Kay. Lena stares at me with a lost and incredulous expression. I rise from the bench and turn towards the forest.

– Sorry, throws softly Lena while joining me. I didn’t mean to push you around. I … I thought … that you needed to relax, to change your mind. It was stupid coming from me. I can leave if you want, you don’t have to keep me as baby-sitter after this.

I slightly pivot in her direction, confused.

– No, it’s ok. How could you know ? And I need you for Max. Let’s leave it there.

Lena gets closer to me, and I turn my face towards hers. She discovers my eyes filled with tears.

– What’s going on, Marc ? It’s been two weeks since we know each other now. Nothing prevents you from talking to me. Explain me everything.

I hesitate for a moment when seeing her sadden expression. She looks honest.

– Can you keep a secret ?

We sit down on the bench again, and I tell her all the whole truth about my past. Bettina, Kay, Gregor. All is revealed.

– Oh, Marc, I am so sorry, she says while taking my hand. Why haven’t you spoken to me about all of this earlier ?

– This is not the kind of thing you tell everyone, Lena. It can literally break a life. And do a lot of harm.

– So … this Kay, you love him ? He is this “someone else” ? she questions me.

6594

– Yes, I confess with difficulty.

– But where is he ? Why don’t you try to find him again ?

I look at her with a little smile.

– This is what everyone keeps telling me lately. But I don’t know. I don’t dare try. I’m afraid to discover what Kay has become. To be disappointed. Maybe he has found someone else. Maybe he would not even accept to see me again.

– But what do you have to lose Marc ? Go ahead. Stop asking yourself those questions. You have five days of leave that are beginning. This is the moment or never to take the most of it. If you want I can keep Max during that time.

– You would do this for me ?

– Of course. If it allows you to feel better and go forward. And Max is an angel. It’s not like if I had to keep a little demon, she smiles.

Lena comes back home with me. We separate in the courtyard of the barracks. Before leaving, she says softly while putting her both hands on my shoulders and looking me straight into the eyes :

– Think about my proposal. Send me a message if you wish me to come tomorrow and the other days.

– Thanks, Lena …

She kisses my right cheek.

I have dinner in company with my son and Lukas. I confess him that I plan to find Kay back. After all, Lukas was the first to have instilled me that idea and have motivated me to do so.

– I’m proud of you Marc. This is the only solution if you want to have answers, he congratulates me.

During the night, I sleep very bad. All that happened those last few days, and most particularly today, worries me. I see Kay in my dreams asking me where I am. I weight the pros and the cons. Find him again ? Leave him ?

When I wake up in the morning, my decision is taken. I’ve contacted Lena. I’ve prepared a travel bag. Everything remains to be done now.

I’m coming, Kay.

Chapter’s Song

Free Fall : Renaissance – Chapitre 4 (Version Française)

Chers amis, voici enfin le Chapitre 4 de Free Fall : Renaissance, ma suite au film allemand Free Fall / Freier Fall ! Il a été un peu long à arriver, mais il est enfin là 😀 Au programme : Marc doit s’occuper de Max et la troublante Lena va débarquer. Marc va également prendre une décision importante concernant Kay ! IMG_3023

Cela fait une petite semaine que Max est à mes côtés. Les collègues ont été très surpris. Il a fallut m’adapter à ce nouveau rythme de vie. Je suis tellement absorbé par Max que j’en oublie peu à peu Kay. Son souvenir s’essouffle lentement en moi tandis que les jours passent. Dans un sens, cela me soulage, car j’en oublie mes angoisses. Max est ma nouvelle priorité, et malheureusement je ne peux pas continuer à m’apitoyer sur mon sort si je veux être pleinement présent pour lui.

J’ai eu le droit à quelques jours de congé à titre exceptionnel, mais cette période a pris fin avant-hier. Heureusement, Lukas le frère de Matthias a proposé son aide pour garder Max hier et aujourd’hui. Même s’il est plutôt libre avec son boulot de caissier, Lukas travaille quand même à temps partiel et n’est pas toujours disponible. Il va donc falloir que je trouve une baby-sitter rapidement.

Comme Bettina me l’a demandé, je n’ai pas cherché à la contacter. Et je n’ai pas eu à le faire. Hier soir, j’ai reçu une visite surprise de sa part. Ses premiers mots ont été :

– Je suis désolée, Marc …

À ce stade, il n’est plus l’heure d’être désolé. Nous avons discuté de ce revirement soudain de situation. Je lui ai dit que j’acceptais la garde de Max, malgré tout ce que cela impliquait. Que j’étais même prêt à quitter mon boulot s’il le fallait. Elle m’a annoncé qu’elle partait un mois avec sa sœur en Amérique du Sud, parce qu’elle avait besoin de faire un break après toute cette histoire. Je n’ai rien dit. Maintenant que j’ai Max, j’ai mes propres soucis à gérer, et je n’ai pas le temps de m’occuper de ceux de Bettina. Si elle veut partir, qu’elle parte.

Aujourd’hui, après le travail, je discute avec Matthias dans les vestiaires.

– Je suis dans la mouise, lui avoué-je.

– Pourquoi ça ?

– Ton frère ne peut pas me dépanner éternellement pour garder Max, et je n’ai pas beaucoup de solutions. J’ai pensé à prendre une baby-sitter, le temps de trouver une situation stable pour gérer tout ça, mais ce n’est pas évident. J’ai vraiment envie de trouver quelqu’un de confiance.

– Je reconnais que c’est pas facile de trouver la personne adéquate. Tu sais quoi, je vais demander à Steffi si elle ne connaît pas quelqu’un.

– Merci, c’est vraiment sympa.

Quand je rentre à l’appart, Lukas est en train de préparer le repas de Max. Je vais prendre Max dans mes bras puis je m’approche de Lukas. Il m’adresse un sourire.

– Lukas, merci mille fois d’avoir accepté de m’aider, lui dis-je.

– Oh de rien. C’est pas grand chose, tu sais.

Il marque une courte pause et me regarde avec son air chétif.

– Par contre, je suis désolé mais demain je ne pourrai pas être là. Mon boss m’a appelé pour faire des heures.

– Mince, ça tombe mal, fais-je en berçant Max. Ton frère m’a promis de demander à Steffi si elle ne connaissait pas quelqu’un, je croise les doigts pour qu’elle fasse un miracle !

Lukas range quelques affaires puis attrape son sac.

– Voilà, tout est prêt Marc, tu n’as plus qu’à donner son repas à Max. Il est vraiment adorable et calme, c’est un bonheur de le garder.

– C’est gentil.

– Allez, je te laisse, à plus !

– Attends, le hélé-je avant qu’il ne s’en aille et en reposant Max dans son berceau.

Je vais chercher une enveloppe dans un tiroir de ma commode puis me dirige vers Lukas et la lui tend.

– Tiens, c’est pour toi.

– Qu’est-ce que c’est ?

– Un peu d’argent, pour te remercier de m’avoir aidé.

– Marc, je … me lance Lukas en me redonnant l’enveloppe, gêné.

Je fais non de la tête.

– Tu gardes ça pour toi ! Allez file.

Une heure après le départ de Lukas, j’ai donné son repas à Max et je m’assoupi quelques instants dans le sofa. J’essaye de trouver une solution pour demain. Soit je me fais porter pâle pour garder Max, soit je trouve quelqu’un. Je suis extirpé de mes pensées quand je sens mon portable vibrer dans ma poche. C’est Marc qui m’appelle.

– Allô ?

– Marc, j’ai trouvé ta solution !

C’est la voix de Steffi.

– Salut Steffi.

– J’ai une amie, Lena, qui vient de finir ses études de puéricultrice. Elle cherche un job dans une école, mais elle n’a encore rien trouvé, alors en attendant, je me disais qu’elle pourrait faire l’affaire. Elle a 25 ans et elle est super sympa, tu vas voir.

Je réfléchis quelques secondes.

– C’est d’accord. Contacte-la et demande lui si elle peut commencer dès demain matin à 8h. Lukas ne pourra pas s’occuper du petit. Alors j’ai vraiment besoin d’elle si elle est dispo.

– Compte sur moi, je te tiens au courant.

On raccroche. J’espère vraiment que cette Lena fera l’affaire, sinon je suis cuit. Si je ne suis pas en mesure de m’occuper correctement de Max, les services sociaux pourraient très bien me tomber dessus et me l’enlever à tout jamais pour le placer dans une famille d’accueil, et je ne tiens pas à ce que cela arrive.

Quelques minutes plus tard, je reçois un SMS de Steffi. Elle me confirme que tout est ok et que Lena pourra commencer demain matin. Ouf ! Je pousse un soupir de soulagement. Il est déjà tard et je n’ai pas une minute à perdre. Demain, je commence à 8h30, et il faut que tout soit prêt pour que cette Lena puisse s’occuper de Max. Je me mets donc aussitôt à rassembler les affaires importantes, à nettoyer les habits sales de Max et à ranger ce qui traîne. Même si au final, je me rends compte que Lukas s’est déjà occupé de ça, ce qui fait qu’il ne me reste pas grand chose à mettre en ordre. Une fois que tout est terminé, je berce Max qui est déjà endormi, et, exténué après cette dure journée, je vais moi-même me coucher. Max est très calme pendant la nuit et ne m’oblige à me réveiller qu’une seule fois.

Vers 8h, alors que je suis en train de boire un thé et que j’avale une tartine beurrée avec du jambon, quelqu’un frappe à la porte. En ouvrant, je découvre une très jolie jeune femme sur le paillasson. Ses iris teintés de vert et de noisette s’accordent parfaitement avec ses longs cheveux rouquins. De petites tâches de rousseur discrètes parsèment ses pommettes saillantes et son large front. Ses lèvres sont charnues et pulpeuses. Elle m’adresse un sourire et me tend la main.

Karoline-Herfurth-hat-nicht-viel-Gespuer-fuer-Mode_ArtikelQuer

– Bonjour, je suis Lena.

– Enchanté Lena. Moi c’est Marc. Entre.

Elle pénètre dans le couloir et nous avançons vers le petit salon.

– Merci énormément d’avoir accepté de me venir en aide, surtout aussi rapidement, et aussi tôt.

– De rien, me dit-elle d’une petite voix sucrée. C’est normal. Ça tombe vraiment bien car je recherchais un petit job en attendant, comme je viens de terminer mes études de puéricultrice.

– Oui, Steffi m’a expliqué ça.

Elle m’adresse un nouveau un sourire auquel je réponds. Son aura ne me laisse pas indifférent.

– Viens, je vais te faire rencontrer Max et t’expliquer où sont les affaires dont tu auras besoin.

Nous discutons pendant un quart d’heure et passons en revue tout ce dont elle aura besoin.

– Bon, il va falloir que j’y aille, annoncé-je. Le devoir m’appelle !

– Bon courage, Marc. Je suis sûr que tout va se bien passer avec Max, n’est-ce pas trésor, chuchote-t-elle en embrassant Max qu’elle tient dans ses bras.

En revenant le soir, j’explique brièvement à Lena ma situation actuelle, mon histoire avec Bettina, en prenant soin de ne rien révéler sur Kay. Je lui dis simplement que le couple que je formais avec Bettina était voué à l’échec et que nous avions préféré nous séparer. Lena se montre très compréhensive, et ça me touche.

Plusieurs journées assez épuisantes s’écoulent, et je remercie intérieurement Steffi de m’avoir trouvé Lena. Tout se passe à merveille, et elle me décharge d’un poids considérable. Le soir, je suis en mesure de passer du temps avec mon fils sans avoir à me préoccuper du reste. Bien évidemment, cela fait un trou dans mon budget, et c’est pourquoi dès lors que j’ai l’occasion de m’occuper de Max moi-même, je ne fais pas venir Lena.

Mais je commence à éprouver un sentiment étrange à son égard. Elle est vraiment très séduisante et irrésistible. Son charme ne me laisse pas indifférent. Une sorte de courant s’installe entre nous deux depuis plusieurs jours. Si bien que cela fait deux soirs que je l’invite à rester dîner.

Nous sommes justement en train de manger une salade de pomme de terre, et celle-ci m’adresse un regard complice.

– Alors, comment s’est passée ta journée ? me demande-t-elle en avalant une bouchée.

– Pour une fois, c’était moins crevant que d’habitude. Mais je me demande comment je ferais si je devais encore m’occuper de Max le soir. Encore merci à toi, Lena.

Elle me lance un sourire gêné. Soudain, je sens sa main glisser sur ma cuisse sous la table. Ne sachant pas comment interpréter ce geste, je lui effleure la main amicalement, même si son geste éveille en moi de l’envie. Elle semble confuse et retire sa main.

Quelques jours plus tard, je débute une période de congé de quatre jours, et Lukas a demandé à garder Max aujourd’hui, ce que j’ai accepté. J’en ai donc profité pour inviter Lena à sortir pour profiter du beau temps. Après avoir fait un tour dans une galerie marchande, nous nous promenons dans un parc. L’ambiance est assez calme.

– Merci de m’avoir proposé de sortir, mais tu sais, j’aurais pu garder Max, me lance Lena.

– Ça me fait plaisir de passer du temps avec toi, lui avoué-je timidement.

– Moi aussi, me souffle-t-elle.

Soudainement, je sens ses doigts effleurer les miens, et nous commençons à marcher main dans la main. Au début, cela me met quelque peu mal à l’aise, mais je n’en laisse rien paraître. Quelque chose me freine, me gêne, même si je suis heureux de passer du temps avec une personne aussi gentille et séduisante.

À un moment donné, nous nous arrêtons pour nous asseoir sur un banc donnant sur le lac du parc, et Lena me fixe du regard. Son visage se rapproche lentement du mien, jusqu’à ce que je sente ses lèvres toucher les miennes. Nous commençons à nous embrasser délicatement, et je réponds à son appel. Je ferme les yeux pour savourer cet instant.

Puis brusquement, une image de Kay me vient à l’esprit. Je me détache aussitôt de Lena, et un sentiment d’anxiété et de regret s’insinue en moi, me poignarde.

– Excuse-moi … Ce n’est pas possible. Je … J’aime quelqu’un d’autre.

Je reste interdit. C’est sorti tout seul. Je mets ma main devant ma bouche, à moitié choqué. Je viens de sortir que je l’aimais. Que j’aimais encore Kay. Lena me regarde d’un air perdu et incrédule. Je me lève du banc et me retourne vers la forêt.

– Désolé, me lance doucement Lena en me rejoignant. Je ne voulais pas te brusquer. Je … Je pensais … Que tu avais besoin de te détendre, de te changer les idées. C’était stupide de ma part. Si tu veux je m’en vais, tu n’es pas obligé de me garder comme baby-sitter après ça.

Je pivote légèrement vers elle, confus.

– Non, c’est bon. Tu ne pouvais pas savoir. Et puis j’ai besoin de toi pour Max. Restons en là.

Lena s’approche de moi, et je me retourne vers elle. Elle découvre mes yeux en larme.

– Qu’est-ce qui se passe, Marc ? Ça fait presque deux semaines qu’on se connaît maintenant. Rien ne t’empêche de me parler. Explique-moi tout.

J’hésite quelques instants en voyant son air désolé. Elle a l’air sincère.

– Tu sais garder un secret ?

Nous nous rasseyons sur le banc, et je lui raconte toute la vérité sur mon passé. Bettina, Kay, Gregor. Tout y passe.

– Oh Marc, je suis vraiment désolée, me dit-elle en me prenant la main. Pourquoi tu ne m’as pas parlé de tout ça plus tôt ?

– Ce n’est pas le genre de chose que tu racontes à tout le monde Lena. Ça peut briser une vie. Et faire très mal.

– Alors … ce Kay, tu l’aimes ? C’est lui ce quelqu’un d’autre ? m’interroge-t-elle.

6594

– Oui, avoué-je péniblement.

– Mais où est-il, pourquoi tu n’essayes pas de le retrouver ?

Je la regarde avec un léger sourire.

– C’est ce que tout le monde me dit ces derniers temps. Mais je ne sais pas. Je n’ose pas me lancer. J’ai peur de découvrir ce qu’est devenu Kay. D’être déçu. Peut-être qu’il a trouvé quelqu’un d’autre. Peut-être qu’il n’accepterait même pas de me revoir.

– Mais qu’est-ce que tu as à perdre Marc ? Fonce. Cesse de te poser des questions. Tu as cinq jours de congé qui commencent. C’est le moment où jamais d’en profiter. Si tu veux je garde Max pendant ce temps.

– Tu ferais ça pour moi ?

– Bien sûr. Si ça peut te permettre d’aller mieux et d’avancer. Et puis Max est un ange. Ce n’est pas comme si je devais garder un petit démon, sourie-t-elle.

Lena me raccompagne jusque chez moi. Nous nous quittons dans la cours de la caserne. Avant de partir, elle me dit doucement en mettant ses deux mains sur mes épaules et me regardant droit dans les yeux :

– Réfléchis à ma proposition. Envoie-moi un message si tu souhaites que je vienne demain et les autres jours.

– Merci, Lena …

Je dîne en compagnie de mon fils et de Lukas. Je lui avoue que je compte retrouver Kay. C’est lui qui le premier m’avait insufflé cette idée au bar et m’avait le plus motivé.

– Je suis fier de toi Marc. C’est la seule solution si tu veux avoir des réponses, me félicite-t-il.

Pendant la nuit, je dors très mal. Tout ce qui s’est passé ces derniers jours, et plus particulièrement aujourd’hui, me travaille. Je revois Kay dans mon rêve me demandant où je suis. Je pèse sans arrêt le pour et le contre. Le retrouver ? Le laisser ?

Quand je me lève au matin, j’ai pris ma décision. J’ai contacté Lena. J’ai préparé un sac de voyage. Tout reste à faire désormais.

J’arrive, Kay.

Musique du Chapitre